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Le projet Macron
Les Galeries Lafayette espèrent créer 1 000 emplois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, disait Henri Queuille.

Nous ne croyons pas à celle là, mais l'archivons pour mémoire : quand la loi Macron aura contraint les salariés au travail dominical et de nuit, nous les compterons, ces nouveaux emplois. Et pourrons avoir la mesure de l'arnaque, sauf qu'il sera trop tard.

Toujours plus de profit pour les uns, et de travail pour les autres. Si j'étais encore un enfant, je m'inscrirai à un parti de gauche... 

 
AUX GALERIES Lafayette, on croise les doigts pour que la loi Macron soit votée, du moins le volet sur le travail dominical. L'ouverture 52 dimanches par an se solderait en effet par une hausse de 5 à 7 % du chiffre d'affaires, soit 100 M€ de plus sur un total de 1,7 Md€.
 
La cible principale, ce sont les touristes étrangers qui représentent 50 % de la clientèle et génèrent à eux seuls plus de 1 Md€.
 
Une tendance confirmée par l'étude réalisée par Global Blue en décembre. Selon l'institut, 56 % des ventes détaxées (celles réalisées par les touristes hors Union européenne) à Paris se concentrent dans la zone du boulevard Haussmann. « Cela en fait la première zone commerciale internationale », souligne-t-on aux Galeries Lafayette. Ce grand magasin du boulevard Haussmann accueille chaque année 37 millions de visiteurs.
 
Et selon la direction, la création de 500 emplois directs et 500 emplois indirects serait à la clé de l'ouverture dominicale qui « se fera sur la base du volontariat », précise-t-on aux Galeries. Et d'ajouter : « A Nice, le magasin du groupe a ouvert 52 dimanches en 2014, ce qui a entraîné la création de 49 emplois et 10 % de chiffre d'affaires additionnel. »
 
Ouverture le dimanche : le cri d'alarme du patron de Galeries Lafayette Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Cette photo, publiée par les Echos, est insoutenable, et les personnes sensibles doivent en être éloigné (les Echos, vous savez, le pôle media du groupe LVMH...)

En effet, on y voit Philippe  Houzé, dans une attitude de détresse qui justifie qu'il puisse jeter des "cris d'alarme". Vraiment, quand le malheur humain s'exprime à ce point, chaque coeur se sent solidaire d'une telle horreur, et nous invitons ceux de nos lecteurs qui le pourraient à envoyer ce qu'ils peuvent, un euro, un sandwich, ou un chèque-vacances, à M. Houzé, qui a en charge, en plus, toute sa famille, mais qui veut rester propre, et surtout honnête.

Car le cadeau de M. Macron tarde à venir. Bientôt, si le vote des députés le confirme, ses salariés les moins payés pourront enfin travailler le dimanche et la nuit, sans contrepartie déterminée, afin d'assurer à M. Houzé l'amortissement de ses frais fixes, ce problème qui concerne toutes les entreprises, mais qui pourrait au moins être réglé pour la sienne, car tel est le bon plaisir de son ami Emmanuel. 

 

Ouverture le dimanche : le cri d'alarme du patron de Galeries Lafayette

Distribution  : Dans une interview aux « Echos », Philippe Houzé, président du directoire du groupe Galeries Lafayette, l'affirme : pouvoir ouvrir le dimanche, boulevard Haussmann, est « indispensable » pour ce champion français du grand magasin. Pour amortir ses frais fixes, le distributeur a besoin de pallier l'atonie de la demande française par un boom du chiffre d'affaires réalisé auprès de la clientèle touristique, friande du shopping le dimanche. A l'heure où la maire de Paris, Anne Hidalgo, reste hostile à ce projet d'ouverture dominicale, ce patron attend beaucoup de l'adoption de la loi Macron. A la tête d'un groupe familial, il revient sur l'ambitieux projet des Galeries sur les Champs-Elysées qui aboutira en 2018 et révèle avoir fait grimper sa participation au sein du capital du groupe Carrefour à 9,5 %
.

 
Travail dominical : le député Jean-Louis Roumegas veut la suppression de l'art. 74 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
L’ouverture dominicale ne doit pas être dépendante des élus, selon la Fédération du commerce associé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Si le relais de cet article par LSA-Conso ne saurait surprendre, il met néammoins l'accent sur l'alourdissement apporté par le projet Macron, dans lequel le Maire sera obligé de consulter en plus les conseillers municipaux et les élus de l'intercommunalité, d'une part, et surtout l'absence d'étude d'impact sur les compensations annoncées en zones touristiques. Bref, le plus grand désordre d'un projet bâclé. 

Mais par ailleurs, LSA-Conso publie aussi un article relevant que le travail du dimanche n'aura qu'un impact faible sur l'emploi (à la baisse ?). Pour une fois que nous sommes presque d'accord !

 
LSA 23 janvier 2015  par SYLVAIN AUBRIL

Le président de la Fédération du commerce associé veut convaincre les députés de laisser les commerçants décider de l'ouverture de leurs magasins le dimanche

Alors que le projet de loi Macron va être examiné à l’Assemblée nationale à partir du 26 janvier 2015, la Fédération du commerce associé regrette que l’ouverture des magasins le dimanche reste soumise à l’approbation du maire et des élus, et interpelle sur le coût des compensations salariales dans les zones touristiques.
 
La Fédération du commerce associé, qui représente les grandes enseignes d’indépendants, se félicite que le projet de loi Macron, qui va être examiné à partir du 26 janvier 2015 par les députés, prévoit l’ouverture des magasins 12 dimanches par an. "12 dimanches dans une année sur 52, on est encore dans une ouverture raisonnée respectueuse du repos dominical", souligne Eric Plat, président de la FCA.

TROP DE POUVOIRS DONNÉS AU MAIRES 
Mais c’est pour mieux pointer l’insatisfaction sur le texte issu de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale, qui a déjà modifié le projet de loi. Au départ, l’ouverture de cinq dimanches était acquise de droit, le maire ne pouvant intervenir que sur le choix des dates. Les députés de la Commission spéciale en ont décidé autrement : le maire conserve le choix de permettre aux magasins d’ouvrir ou non le dimanche.
 
LES RÔLE DES INTERCOMMUNALITÉS 
Quant aux 7 dimanches supplémentaires, il faut non seulement l’accord du maire, mais aussi du Conseil municipal et des élus de l’intercommunalité ! Le nouveau texte alourdit par ailleurs encore un peu plus la procédure en obligeant désormais le maire à consulter soit le conseil municipal soit, au-delà de 5 dimanches, l'organe délibérant de l'EPCI. Bref, le poids des députés qui sont également maires à l’Assemblée nationale a encore joué… Même s’il paraît de bon sens de renforcer les pouvoirs des communautés de communes, comme dans le cas du droit d’installation, mais à condition de ne pas rajouter au millefeuille administratif.

COÛTS SALARIAUX DANS LES ZONES TOURISTIQUES SAISONNIÈRES 
Ce n’est pas tout. Dans le texte, tous les magasins situés dans les nouvelles zones, commerciales, touristiques, touristiques internationales, devront proposer des compensations salariales pour pouvoir ouvrir le dimanche. Une obligation risquée zones dans les touristiques saisonnières, selon La Fédération du commerce associé. Bercy n’a d’ailleurs associé aucune étude d’impact économique sur ce sujet…

TRANSITION DE TROIS ANS
"En pratique, cette homogénéité des régimes de contreparties concernant des zones très différentes met en danger les zones touristiques traditionnelles qui, soumises à une forte saisonnalité, n'entrent pas dans la catégorie des ZTI, et ce même si un délai de transition de trois ans est envisagé", déplore la FCA. Qui peut encore espérer convaincre les députés de modifier leur appréciation la semaine prochaine. Mais il y a peu de chances qu’elle soit entendue, surtout pour le dernier point. 
 
Piketty : le porjet Macron n'est pas à la hauteur du défi principal qu'on a actuellement en Europe Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

AFP/Boursorama 23/01

[...] Faisant référence au projet de loi sur l'activité et la croissance de M. Macron, texte qui mêle lignes de bus nationales, nouvelles conditions d'installation des notaires et travail du dimanche, M. Piketty s'est dit "prêt à croire qu'il y a plein de choses positives (dans ce texte) mais ce n'est pas à la hauteur du défi principal qu'on a actuellement en Europe", à savoir "un nouveau traité budgétaire européen qui nous permette de sortir de l'austérité".[...] 

 
Le projet de réforme Macron n’emballe pas les syndicats, pourquoi ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Les syndicats se regroupent et font front devant le projet de loi Macron. Les objections sont nombreuses sur un projet de loi qui ne semble pas positionner les intérêts salariaux au premier plan, dans le cadre de l'assouplissement des règles sur le travail dominical.
La CGT, FO, Solidaires, FSU, au même titre que la CFTC, ne masquent pas leur réticence à l'égard du texte soutenu par le Ministre de l'économie, Emmanuel Macron. La nouveauté c'est bien, mais lorsque le message véhiculé par un texte nouveau contribue à un progrès social c'est beaucoup mieux !
 
Le projet a été amendé en commission de l'Assemblée nationale. Modifié, il abandonne ainsi la possibilité d'ouverture 5 dimanches par an sur simple demande au maire dans le domaine du commerce alimentaire au profit d'une possibilité d'ouverture pouvant s'étendre jusqu'à 12 dimanches par an selon la tournure des débats menés à un niveau intercommunal. Mais est–ce bien là l'essentiel ?  Patrick Ertz, siégeant à la tête de la présidence de la fédération CFTC du commerce, s'interroge sur la focalisation des esprits "sur les 12 dimanches" alors que bien plus grande est la problématique des "zones commerciales, touristiques et touristiques internationales qui elles, peuvent ouvrir 52 dimanches par an", ce dernier s'inquiétant de ce qui risque d'"être la généralisation du travail dominical en France". 
 
En clair, la nouveauté c'est bien, mais pas à n'importe quel prix ! Surtout lorsque l'enjeu est aussi important que ce droit au repos, si cher, et tant attendu pour enfin se retrouver en famille le dimanche.
 
Les plus virulents accusent même "une trahison vis-à-vis des salariés" ainsi que s'autorise à le dire la secrétaire générale de la fédération CGT du commerce, Amar Lagha. Quant au représentant de la CFTC, il s'explique sur ses réserves en dénonçant le manque de garanties du dispositif en naissance : "il faut aussi un socle minimal comme le doublement de la rémunération et sinon, au minimum conditionner les ouvertures à un accord de branche majoritaire, sinon, cela n'aura aucune valeur". Des corrections sont nécessaires, et les syndicats ne gratifieront pas de leur adhésion un projet aussi embryonnaire, le message est clair ! Les syndicats appellent d'ores et déjà à une mobilisation pour se faire entendre.
 
"Info-plus" Le respect des durées de repos hebdomadaire
Dans les établissements de commerce de détail, le repos dominical peut être supprimé, sur décision du maire, 5 dimanches dans l'année au maximum (article L3132-26 du Code du travail).
Une autorisation préalable au maire pour faire travailler les salariés le dimanche est nécessaire, mais les représentants du personnel ont d'abord leur mot à dire. Le CE doit être consulté au même titre que le CHSCT avant l'instauration du travail le dimanche dans l'établissement (Circ. DRT 19/92, 7 oct. 1992 : BO Trav., n° 92/23).
 
Travail du dimanche: les associations familiales inquiètes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
L'extension du travail du dimanche aura "des conséquences négatives" pour l'organisation des familles et pour le travail des femmes, a estimé jeudi l'Union nationale des associations familiales (Unaf).
 
A quelques jours du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi Macron qui prévoit de porter de cinq à douze le nombre de dimanches travaillés autorisés par les maires dans le commerce, l'Unaf identifie plusieurs "risques".
 
"Ce projet va, de fait, permettre à certains employeurs de faire travailler leurs salariés un dimanche sur quatre", affirme l'Unaf dans un communiqué, où elle juge que "le principe du volontariat est fictif dans un contexte de chômage de masse, qui plus est dans un secteur où les salariés, principalement des femmes, sont contraints à des temps partiels et à des horaires décalés".
 
Elle alerte sur les effets qu'aurait cette réforme sur "l'emploi des femmes, sur les besoins en modes de garde atypiques, sur l'organisation des familles", et soulève le problème d'"une femme seule qui n'a pas de solution de garde pour ses enfants".
 
"Les difficultés entre vie familiale et vie professionnelle sont déjà réelles: cette extension risque de renforcer le phénomène", avertit l'Unaf.
 
"Au regard des événements récents, qui reposent avec acuité la nécessité d'accorder du temps aux parents pour qu'ils exercent leur mission éducative", l'Unaf interpelle la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol, et les maires "sur leur responsabilité dans l'adaptation des dispositifs d'accueil des enfants (crèches et centres de loisirs)".
 
Loi Macron : le travail du dimanche devrait avoir des effets positifs (tu parles ! NDLR) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Voilà un exemple d'article inintelligent, dans le meilleur cas, ou de propagande dans le cas le plus probable. Il en existe de nombreux autres, tous sur le même modèle, car reprenant la même dépêche d'origine (voir par exemple Les News EchoBoursier.com, un peu plus orgiginal, Le FigaroLes Echos,Capital ...) Exception notable à ce concours de copier-coller, l'article de Nathalie Birchem. Serait-elle la seule journaliste de France à ne pas tenir les dépèches AFP pour parole d'Evangile ?

L'article est titré "le travail du dimanche devrait avoir des effets positifs". C'est effectivement ce que dit le Commissariat au Plan.

En revanche, et c'est en cela que ce titre constitue une manipulation, l'article ne relève pas que l'assertion du titre n'est qu'une hypothèse, que cette hypothèse n'est pas chiffrée, et qu'elle s'appuie sur des études obsolètes, non-extrapolables au contexte français, et ne prenant pas en compte ni le contexte économique (croissance zéro, CDD et temps partiels massifs), ni les impacts des également hypothétiques compensations, pour ne parler que de ses failles les plus évidentes.

De plus l'article ajoute une idée qui n'est pas dans le rapport de la Commission, mais extraite des déclarations de sa présidente, Mme Perrot. Cette dernière faisait remarquer que dans les études compilées par la commission, l'extension du travail du dimanche avait été massive. Et de dire que « si on veut que cette loi produise des effets utiles sur l’emploi, il faudrait vraiment que les maires fassent un usage assez intense de la possibilité qui leur est offerte d’ouvrir les commerces 12 dimanche par an ». Le journaliste en conclut donc que le travail du dimanche aura un effet "extrêmement positif" sur l'emploi, si on le libéralise massivement. Ce qui est doublement faux. En effet, dans ces études anciennes, l'impact positif de la dérégulation était lié au contexte de croissance économique. Et d'autre part, le projet actuel n'est pas une utilisation "massive", mais seulement de douze dimanche sous conditions. Ce qui sera massif, ce sont les 52 dimanches obligatoires des ZTI, que ne remarque par le journaliste !

De l'utilité de réfléchir avant d'écrire... Pour notre part, nous continuons l'analyse critique du travail de la Commission sur le wiki collaboratif , bienvenue à tous.

Par L'Entreprise avec AF P, publié le 21/01/2015 à  15:19, mis à jour à  15:22

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C'est la conclusion du commissariat général à la stratégie et à la prospective France Stratégie, chargé d'étudier les impacts des mesures contenues dans le projet de loi croissance et activité. A condition que le recours au travail dominical soit massif, nuance-t-il. 

Si les maires font un usage intense de l'extension du travail le dimanche, cela pourrait être favorable à l'emploi, a indiqué ce 21 janvier France Stratégie, le commissariat général à la stratégie et à la prospective chargé d'étudier les impacts du projet de loi Macron.
 
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron avait demandé début janvier à des think tanks de droite comme de gauche, mais également au commissariat général à la stratégie et à la prospective, France Stratégie, d'évaluer les mesures de sa loi afin d'alimenter la réflexion des parlementaires.  

La commission d'économistes nommés par Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France Stratégie, vient de rendre public ce 21 janvier, son rapport d'évaluation d'une disposition phare du projet de loi pour la croissance et l'activité : le travail du dimanche 

De la responsabilité des maires
La mesure constituant à autoriser l'ouverture des commerces jusqu'à 12 dimanches par an peut avoir, "de manière non ambiguë, des effets extrêmements positifs sur l'emploi et sur l'activité", a affirmé devant la presse Anne Perrot, professeure d'économie à Paris 1 et présidente de la commission, qui s'est appuyée sur des études réalisées dans des pays ayant assoupli leur législation en la matière. 

Elle a cependant insisté sur le fait que, dans la plupart des pays examinés, l'"extension du travail du dimanche (avait) été massive". En France, "si on veut que cette loi produise des effets utiles sur l'emploi, il faudrait vraiment que les maires fassent un usage assez intense de la possibilité qui leur est offerte d'ouvrir les commerces 12 dimanches par an", a précisé Mme Perrot. 

Pas d'études sur le volet social
Quant aux effets sur les activités sociales, religieuses et de loisirs le dimanche, la commission ne disposant pas d'études académiques internationales qui observent ces effets a conclu que "la réglementation interdisant au moins partiellement le travail du dimanche peut se justifier". 

La commission de France Stratégie doit publier d'ici le 26 janvier, date de début de l'examen du projet de loi Macron à l'Assemblée, des rapports sur la réforme des prud'hommes, l'urbanisme commercial et les professions réglementées. 
 
Des effets de la réforme du travail du dimanche sur l’emploi… Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Une étude menée par des experts indépendants estime que l’effet de la réforme Macron sur le travail dominical devrait être « extrêmement positif ». Sans dire comment.

La Croix, 22/1/15

Voilà une étude qui était très attendue. Réagissant à l’avis du Conseil d’État qui, début décembre, avait critiqué « le caractère lacunaire et les graves insuffisances de l’étude d’impact sur nombre de dispositions », le gouvernement avait demandé à France Stratégie de nommer une commission d’experts indépendants pour évaluer les effets possibles de son projet de loi sur la croissance et l’activité, notamment sur la controversée réforme du travail dominical.

Sans attendre le début de l’examen à l’Assemblée nationale, lundi 26 janvier, la commission, présidée par Anne Perrot, ancienne vice-présidente de l’Autorité de la concurrence, a rendu mercredi 21 janvier ses deux premières notes, l’une portant sur l’ouverture de l’offre de transport par autocar, l’autre sur la réforme du travail dominical.

UNE ÉVALUATION BASÉE SUR DES ÉTUDES ACADÉMIQUES

Et, sur le volet dominical du projet de loi, ce travail conclut « de manière non ambiguë » à « des effets extrêmement positifs » sur l’emploi, affirme Anne Perrot, qui est également professeure d’économie à Paris I.

Celle-ci insiste toutefois sur le fait que, dans la plupart des pays examinés, l’« extension du travail du dimanche (avait) été massive ». En France, précise-t-elle, « si on veut que cette loi produise des effets utiles sur l’emploi, il faudrait vraiment que les maires fassent un usage assez intense de la possibilité qui leur est offerte d’ouvrir les commerces 12 dimanches par an. »

Cependant, pour parvenir à cette conclusion, la commission a choisi de s’appuyer exclusivement sur la recension d’études académiques, parfois anciennes, évaluant après coup les effets d’une libéralisation assez importante de la législation sur le repos dominical.

Ainsi au Canada, une étude datant de 2005 conclut à « une hausse de l’emploi dans le secteur du commerce de détail de l’ordre de 3,1 % de l’emploi total de ce secteur mais la hausse a pu être plus importante (jusqu’à 12 %) dans certaines provinces qui ont largement libéralisé les ouvertures ».

Même conclusion aux Pays-Bas, où la dérégulation, intervenue en 1996, « aurait fait augmenter la durée moyenne du travail hebdomadaire (..) de 30 minutes en 2000 ». Aux États-Unis, une autre étude, publiée en 2005, a cette fois estimé que dans les États qui n’ont pas libéralisé le dimanche, le manque à gagner se situerait entre 2 et 6 % de l’emploi total du secteur.

« UNE AUGMENTATION SIGNIFICATIVE DE L’EMPLOI »

Plus récente, une étude menée par deux chercheurs et présentée à un comité de l’OCDE en 2014, tente une comparaison entre une trentaine de pays européens, dont une petite moitié restreint le travail le dimanche par une loi. Et, là encore, « les résultats indiquent une augmentation significative de l’emploi dans les pays qui ont connu un assouplissement de leur législation ». 

Selon un résumé en anglais de cette étude, fournie à La Croix par la commission Perrot, on aboutirait à « un impact net positif sur l’emploi pour neuf des seize secteurs examinés avec seulement 3 secteurs qui présentent un impact négatif ».

Cette augmentation s’explique à la fois par des embauches mais aussi par l’augmentation du nombre des entreprises dans la majorité des secteurs concernés par le travail dominical, ce qui, estime la commission Perrot « peut suggérer que l’effet sur le petit commerce est limité », même si, « on ne dispose pas d’éléments permettant d’évaluer spécifiquement les conséquences de l’ouverture le dimanche sur le commerce de centre-ville ». C’est justement tout le problème. En choisissant de limiter son étude à la restitution d’études universitaires « ex post », certainement fiables mais évaluant des expériences à l’étranger parfois anciennes, la commission Perrot n’entre pas assez dans les détails. Et ne permet pas de déterminer dans quelles conditions ces effets favorables pourraient, ou pas, se reproduire en France.

On aurait ainsi aimé comprendre par quel mécanisme plus de consommation le dimanche peut effectivement aboutir, à pouvoir d’achat constant, à des créations d’emplois. Faut-il pour cela que les consommateurs puisent dans leur épargne ? Et cela est-il sans conséquences ? Surtout, il serait important, avant d’entériner cette réforme, de mesurer dans quelles conditions les emplois éventuellement crées dans les commerces qui ouvrent le dimanche ne se font pas au détriment de ceux qui n’ouvrent pas le dimanche, ou d’autres secteurs.

Car certains autres travaux sèment le doute sur les perspectives d’« effets extrêmement positifs » sur l’emploi. Jusqu’ici, une seule étude indépendante des acteurs économiques, publiée au Credoc en 2008, a tenté d’évaluer ex ante les effets d’une réforme sur le commerce français. Et ses conclusions, qui aboutissent à quatre scénarios possibles (trois avec des pertes d’emplois de 1400, 12 200 et 21 600 emplois et un seul avec un gain de 8 000 emplois) laissent sceptiques. Elles auraient pour le moins mérité d’être analysées.

D’autant qu’une autre étude, tirant en 2013 le bilan de dix-huit mois de libéralisation du travail du dimanche en Italie, invite elle aussi à la plus grande prudence. Mené par le patronat italien lui-même, ce travail conclut en effet « à un solde négatif de 32 000 commerces, avec la perte estimée de 90 000 postes de travail ». 

Bref, il serait fort utile que les think tanks, de droite et de gauche, que le ministre de l’économie Emmanuel Macron a encouragés à plancher sur le sujet, complètent effectivement le travail livré par la commission Perrot.

Nathalie BIRCHEM

 
Le cas des Champs- Elysées Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les nouvelles ZTI sont les futures zones de droit dérogatoire, crées pour les riches touristes chinois, et où les salariés seront - comme en Chine d'ailleurs - au travail 52 dimanches par an et jusqu'à minuit si leur employeur le décide, avec des compensations qui seront fixées au gré des humeurs du même employeur. 

Il ne faudrait pas qu'Emmanuel Macron se prenne pour un génial créatif : le concept de zones de droit dérogatoire réservé à une catérogie de personnes beaucoup plus aisées que la moyenne a été inventé bien avant sa naissance ! Par exemple, en Union Soviétique avec les magasins réservés à la nomenklatura ! Wink

 

 
 
Champs-Elysées, boulevard Haussmann, Riviera ... Fréquentés par de nombreux touristes étrangers, la loi Macron a créé, selon les propres termes du ministre de l'Economie, un « régime à part »pour ces lieux à part. Dans ces zones touristiques internationales (ZTI), le travail sera possible le dimanche et en soirée jusqu'à minuit au lieu de 21 heures actuellement (ces trois heures étant payées doublement). La création de ces ZTI a suscité
des inquiétudes à gauche où l'on s'interroge sur le flou entourant leur définition. Les compensations y seront fixées par des accords de branche, d'entreprise ou de territoire, a insisté Emmanuel Macron .
 
Travail du dimanche : les syndicats toujours pas convaincus par la loi Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Malgré quelques modifications apportées au projet de loi initial, la CGT, la CFTC, FO, la FSU et Solidaires restent vent debout contre le texte qui sera défendu par Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale à partir du 26 janvier.

 
Les syndicats CFTC, FO, CGT, FSU et Solidaires ont réaffirmé lundi leur opposition au projet de loi Macron sur le travail dominical en dépit des modifications apportées au texte initial. Dimanche, la commission de l'Assemblée nationale a adopté notamment un amendement qui supprime dans le projet de loi la possibilité aux commerces non alimentaires d'ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande.

Cela laisse finalement le choix aux maires des ouvertures jusqu'à douze dimanches. Au-delà de cinq dimanches, les autorisations seront débattues au niveau intercommunal.

«C'est une régression sociale faite par la gauche, il n'y a rien de plus pour les salariés» dans ces amendements, a déploré Amar Lagha, le tout nouveau secrétaire général de la fédération CGT du commerce. «Le projet de loi Macron est bien loin des promesses du candidat Hollande, c'est une trahison vis-à-vis des salariés», a-t-il ajouté.

Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce, «ne comprend pas pourquoi tout le monde se focalise sur les 12 dimanches». Le problème, pour lui, «ce sont les zones commerciales, touristiques et touristiques internationales qui elles, peuvent ouvrir 52 dimanches par an, cela va être la généralisation du travail dominical en France». «Il faut aussi un socle minimal comme le doublement de la rémunération et sinon, au minimum conditionner les ouvertures à un accord de branche majoritaire, sinon, cela n'aura aucune valeur», estime-t-il.

Plusieurs manifestations prévues

Mercredi, un rassemblement contre le projet de loi est prévu devant le siège du parti socialiste à Paris à 10 heures à l'appel de la CGT. Et, le 26 janvier, premier jour de l'examen du projet à l'Assemblée nationale, une manifestation est prévue à 13 heures boulevard Haussmann à Paris, où sont situés les grands magasins, pour dénoncer la «banalisation du travail du dimanche et de nuit», à l'appel des unions régionales Ile-de-France CGT, FO, FSU et Solidaires et des syndicats du commerce parisien.

Dans un communiqué, la fédération FO du commerce appelle également à la mobilisation lundi prochain.
 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS