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Le projet Macron
Le dimanche dans le collimateur de la loi Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Libéraliser un peu plus l'ouverture des magasins le dimanche. C'est l'un des objectifs de la loi Macron actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. Echange d'arguments entre le député PS Stéphane Travert qui défend le projet et le syndicaliste CFTC Joseph Thouvenel qui y voit une régression sociale.

On s'attendait à des débats houleux. La majorité devait y jouer sa survie. A cause des attentats, rien ne s'est passé comme prévu. Au bout de deux semaines d'examen de la loi Macron, les premières centaines d'amendements ont été adoptés sans heurts, à l'exception du volet sur les notaires sur lequel Emmanuel Macron a reculé. Aux yeux de tous, détracteurs y compris, le ministre de l'Économie a passé avec brio son baptême du feu. Reste la question épineuse du travail du dimanche qui sera soumis au vote en fin de semaine. Les députés PS frondeurs ont accepté jusqu'ici de baisser d'un ton. Ils risquent de faire entendre leurs différences.

D'autant que, côté syndical, l'heure est à la contestation. Pour Joseph Thouvenel, grand spécialiste de la question, qui suit le dossier depuis des années pour la CFTC, « ce projet de loi représente une véritable régression sociale ». Dans une lettre adressée aux députés, le vice-président du syndicat chrétien dénonce le manque de sérieux de l'étude d'impact qui a servi de base de travail du législateur. Selon lui, ce rapport qu'il juge « bâclé et orienté » fait l'impasse sur de nombreuses questions : les conséquences sur l'emploi, la vie familiale, le lien social, la disparition des petits commerces, les coûts pour le salarié...

« Réalisée à la va-vite, cette étude s'appuie sur des enquêtes effectuées il y a dix ans au Canada et aux Pays-Bas, dans un tout autre contexte », accuse Joseph Thouvenel. « Elle ne fait aucune mention du rapport du Credoc, de 2008, et de celui de Confesercenti en Italie (2013) qui chiffrent les destructions d'emplois qu'entraînerait l'ouverture dominicale des grandes surfaces. Selon la fédération patronale italienne, la libéralisation du dimanche en Italie aurait conduit, depuis janvier 2012, à la fermeture de 32 000 entreprises et à la perte de 90 000 postes de travail. »

Rapporteur sur le sujet pour la loi Macron, le député PS Stéphane Travert défend, quant à lui, ce projet. Considéré comme « frondeur » – il n'a ni voté l'accord national interprofessionnel (ANI) ni le budget de la sécurité sociale –, ce député n'a pas été mis là par hasard : en 2013, il avait soutenu les salariés d'un supermarché dans sa circonscription de la Manche qui protestaient contre leurs conditions de travail le dimanche matin. Et il estime avoir fait évoluer le texte présenté par le gouvernement en commission pour protéger davantage les salariés, tout en s'adaptant à l'évolution des modes de vie. 
Voici, point par point quelques-uns des termes du litige et les rares accords entre Joseph Thouvenel et Stéphane Travert.
 

S'adapter aux modes de vie ?
Stéphane Travert : « Ce nouveau texte n'a pas vocation à tout libéraliser. Il s'agit d'abord de s'adapter à une évolution des modes de vie. Difficile pour un jeune couple francilien, après deux heure trente de transports en commun en semaine de faire leurs courses dans la foulée. Ils ne vont pas non plus revenir en RER avec leurs paquets de couche ou leur lait. »

Joseph Thouvenel : « Les foyers français disposent de deux jours consécutifs de repos. S'ils ne peuvent faire leurs courses en semaine, il leur reste encore le samedi. Certains peuvent même utiliser leur RTT. Ouvrir le dimanche, c'est entériner le matérialisme marchand et accepter qu'il prenne le pas sur tout le reste. »

Mieux protéger les salariés ?
S.T. : « On a posé le mot "volontaire" dans la loi et le principe de réversibilité. Un salarié peut être volontaire pour travailler le dimanche. Mais parce que sa vie change, il peut ne plus vouloir l'être. Sa vie professionnelle ne doit pas s'en trouver pénalisée. »

J.T. : « Il faut vraiment être naïf pour penser que les salariés ont le choix. Comme le déclarait le PS en 2008, la liberté dans ce domaine est un leurre. Un contrat de travail est toujours un contrat de subordination. Et la loi n'y changera rien. »

Limiter le nombre de dimanches ouverts ?
S.T. : « Le texte original prévoyait de porter le nombre d'ouvertures dominicales à douze par an contre cinq aujourd'hui. Après l'examen du texte en commission spéciale, le taquet de cinq dimanches minimums pour l'ouverture des magasins a sauté. Le maire pourra décider qu'entre zéro et douze dimanches pourront être travaillés. »

J.T. : « Cette disposition existe déjà dans la loi actuelle. Il ne s'agit donc pas d'un progrès mais d'un quasi statu quo, sachant que le nombre de dimanches où il sera possible d'ouvrir va encore augmenter. On est donc bien dans un mouvement de libéralisation. Dans tous les cas, l'effet sur la croissance sera nul, car l'argent dépensé ce jour-là ne le sera pas le reste de la semaine. »

Donner plus de pouvoir aux maires ?
S.T. : « Le nombre de jours travaillés sera discuté en conseil municipal. Au-delà du seuil de cinq jours, un avis de la communauté de commune doit même être rendu. Cela permet de garder une cohérence au sein des territoires et d'éviter des problèmes de concurrence. »

J.T. : « La pression commerciale risque d'être bien plus forte que la volonté des élus. Ces derniers ont souvent tendance à adopter une attitude libérale pour ne pas déplaire à leurs électeurs. Et la plupart des petits commerces n'ont pas les moyens d'ouvrir le dimanche. »

Augmenter la compensation salariale ?
S.T. : « Je vais proposer un amendement en séance publique, qui a de grandes chances d’être voté : pour les magasins alimentaires qui ouvrent le dimanche matin, les salariés bénéficieront d'une compensation de leur salaire fixé à un plancher minimum de 30 %. Les surfaces supérieures ou égales à 400 m2 seront concernées. 4000 magasins seront touchés par cette disposition. »

J.T. : « En 2009, lors du vote de la précédente loi Mallié sur le travail dominical, les politiques ont menti comme des arracheurs de dents. Ils ont tous promis pendant les débats que les salariés du dimanche seraient payés double. Or, à l'époque, la loi n'a garanti ces dispositions que sur quelques zones. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ? Et puis, ces 30 % représentent une bien maigre compensation. »

Que pensez-vous des propos de Manuel Valls ? Lors de son voyage en Chine, il a indiqué aux Chinois qu'ils ne seraient plus obligés de faire leurs courses à Londres.
S.T. : « Cela ne tient pas. Les touristes chinois prévoient leur voyage à l'avance. Leur parcours n'est pas déterminé par l'ouverture ou non des magasins, surtout quand il s'agit d'espaces de bricolage ! Pour des raisons de visas, difficile aussi de prendre l'Eurostar juste pour du shopping. »

J.T. : « Depuis quand les touristes chinois vont-ils faire leurs courses chez Bricorama ? Et depuis quand les tour-opérateurs établissent-ils leur programme en fonction des jours d'ouverture des magasins ? C'est ridicule ! Des touristes, il y en a tous les jours en France. De toute façon, ce qu'ils ne dépensent pas dans les grandes surfaces, ils le dépensent ailleurs : dans les musées, chez les bouquinistes, dans les transports ou les parcs de loisirs. »
 
Travail le dimanche : Hidalgo revendique un droit de veto Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Alors qu'Auchan, à la suite d'autres grands distributeurs, a prévenu que le travail du dimanche ne créerait aucun emploi, la bataille pour le travail du dimanche se résume à peu de chose : l'intérêt particulier des magasins du boulevard Haussmann et du Marais. A ce demander ce qui arriverait à M. Macron si son projet de loi ne passait pas.

Les Echos, 9/2/15

La maire de Paris se dit ouverte à la création de zones touristiques internationales, mais selon des critères précis et avec avis conforme de la municipalité.

L’Hôtel de ville contre Bercy, Anne Hidalgo contre Emmanuel Macron : le bras de fer sur l’extension du travail dominical à Paris s’est poursuivi ce lundi, dans un climat tendu mais laissant espérer que ce duel de poids lourds débouche sur un compromis. Devant le Conseil de Paris, la maire de la capitale a ouvert la porte à la création de zones touristiques internationales (ZTI), mais en posant deux conditions au gouvernement. D’une part, que les futures zones reposent sur des critères « stricts » et « objectifs » de mesure de la fréquentation touristique, comme « le pourcentage de paiement détaxé » ou la densité en magasins de luxe. Et surtout, deuxième exigence, que la création de ZTI ne soit possible qu’avec l’avis conforme de la municipalité. En clair, la maire veut un droit de veto alors que la loi Macron confie au seul gouvernement le soin de définir ces ZTI.

C’est la réponse de la bergère au berger tant, depuis le départ, la manoeuvre ourdie par Bercy visait à se donner les moyens de passer outre l’opposition du Conseil de Paris pour étendre le travail dominical, et nocturne (jusqu’à minuit), en particulier sur le boulevard Haussmann (Printemps et Galeries Lafayette) et les Champs-Elysées. « Prenons l’exemple du boulevard Haussmann qui serait classé en ZTI. La mairie doit pouvoir vérifier plusieurs sujets comme les compensations pour les salariés ou le risque d’encombrement le dimanche par les bus de l’entourage des magasins », justifie l’Hôtel de Ville, selon lequel « tous les parlementaires de la gauche parisienne nous soutiennent. » La mairie veut en outre instaurer des clauses de revoyure, avec possibilité de retirer l’autorisation de travail dominical en cas de non respect des engagements des enseignes, sur les créations d’emploi par exemple.

Des positions ambiguës

Avec cette négociation, Anne Hidalgo espère faire passer la pilule à sa majorité de gauche qui lui reproche - comme la droite - d’entretenir des positions ambiguës sur le sujet. Ce lundi, le Conseil de Paris a connu d’âpres débats autour du rapport rendu par la mission d’information et d’évaluation. Cette synthèse des positions des élus de Paris réalisées ces derniers mois confirme la forte opposition de la majorité municipale à l’extension du travail dominical. Le rapport montre notamment que 25 % des commerces sont déjà ouverts le dimanche à Paris. Le cabinet du maire promet à ses alliés que la maire se prononcera sur les ZTI une fois le cadre législatif connu, après le printemps.

A Bercy, on promet que des critères stricts pour les ZTI seront bien arrêtés, ce qui constitue un premier pas vers la position de la mairie. Et le droit de veto ? Officiellement, la réponse reste en suspens. Officieusement, Bercy a conscience de la nécessité d’aider Anne Hidalgo à faire passer une future extension en brandissant des gardes fous. Mais on y précise bien qu’il est « essentiel pour le gouvernement » qu’au final, les ZTI soient « effectivement » créées.

 
Dans la capitale, vers un compromis sur le travail du dimanche ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Depuis longtemps, nous répétons que les paragraphes sur le dimanche de la Loi Macron (Attali ?) sont la simple expression du travail des lobbyistes du Boulevard Haussmann. 

Cet article confirme notre thèse : le Gouvernement est prêt à tout, pourvu qu'il obtienne d'Anne Hidalgo une main-levée sur le Boulevard Haussmann, et sur le Marais (zone du BHV). 

Moi Président.....

 
 

Un article de la loi Macron prévoit de créer des « zones touristiques internationales » où les magasins pourraient ouvrir tous les dimanches et le soir sans l’accord des maires.

 
Le gouvernement cherche un compromis avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, hostile à une extension du travail dominical dans la capitale.

Alors que les députés doivent aborder début février les articles de la loi Macron sur le travail dominical, un bras de fer se joue en coulisses entre le gouvernement et la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Au centre de ce rapport de force : les « zones touristiques internationales » prévues par le projet de loi, dans lesquelles les magasins seraient autorisés à ouvrir tous les dimanches et le soir jusqu’à minuit. Pour l’exécutif, il s’agit d’étendre les possibilités d’ouverture des magasins, notamment dans la capitale, afin de profiter de la manne des touristes chinois, russes ou en provenance du Moyen-Orient, friands des produits de luxe français.

PRÉROGATIVES MUNICIPALES
Le hic est que ces « zones touristiques internationales », contrairement aux zones touristiques classiques, seraient créées par décret à l’initiative des ministres chargés du travail, du tourisme et du commerce, et non plus à celle du maire qui serait seulement consulté pour avis.

Une perte de prérogative qui a déclenché la colère de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui refuse de se laisser imposer une extension du travail dominical dans sa ville. D’autant que de nombreux élus socialistes, comme les partenaires de sa majorité, sont hostiles à aller au-delà des sept zones touristiques actuelles où les magasins sont déjà autorisés à ouvrir le dimanche.

Dans un rapport d’information confié à l’élu socialiste Bernard Gaudillère, qui doit être examiné aujourd’hui en Conseil de Paris, la position de la majorité est très claire : elle juge d’une part que « les arguments économiques en faveur d’une ouverture dominicale plus large ne sont pas concluants », 20 à 25 % des commerces étant déjà ouverts et d’autre part que « rétablir la tutelle de l’État sur Paris serait absolument injustifiable ».

NÉGOCIATIONS AUTOUR DU BOULEVARD HAUSSMANN
Des discussions ont cependant été engagées au début du mois de février 2015 entre le gouvernement et la maire de Paris pour tenter d’aboutir à un compromis.

Un amendement au projet de loi Macron pourrait être adopté soit pour restituer au maire le pouvoir de créer ces zones touristiques internationales, soit pour imposer un « avis conforme », ce qui équivaudrait à donner au maire un pouvoir de veto.

En échange, l’exécutif aimerait qu’Anne Hidalgo fasse preuve de plus de souplesse notamment à l’égard de la création d’une zone touristique internationale boulevard Haussmann, où sont installés les grands magasins.

Reste à savoir ce que la maire de Paris veut et peut concéder. Il y aura « des évolutions », mais elles resteront « exceptionnelles et marginales » a fait savoir son premier adjoint, Bruno Julliard.

Une extension de la zone touristique du Marais pour inclure le BHV pourrait être étudiée. La question des grands magasins semble, elle, plus délicate. D’autant que comme le souligne un bon connaisseur du dossier, une ouverture de ces magasins le dimanche nécessite un accord avec les syndicats du Printemps et des Galeries Lafayette, qui y sont tous opposés.

CÉLINE ROUDEN 
 
La CFTC écrit aux députés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

La CFTC aboutit dans ce remarquable courrier, aux mêmes conclusions que le CAD : le travail de la commission dirigée par Madame PERROT est d'une révoltante indigence, et à ce niveau de qualité, cette prestation aurait pu utilement être effectué par un étudiant pauvre, en un ou deux dimanches... 

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Monsieur le Député,

Le projet de loi « pour la croissance et l’activité » sur lequel vous êtes appelé à vous prononcer est accompagné d’un document dénommé «étude d’impact».

La CFTC s’est plus particulièrement penchée sur l’important travail de quelques feuillets consacré à la réforme du travail dominical au sein de cette « étude d’impact ».

Le qualificatif qui nous semble le mieux correspondre à ce document est : « AFFLIGEANT ».
 
A la décharge de ses rédacteurs, une étude sérieuse sur une problématique aussi complexe que le travail dominical demande plus que quelques semaines de travail.

Pour le reste, nous relevons de très nombreux manquements.
Rien ou presque sur :
  • Les conséquences sur la vie familiale.
  • Le lien social.
  • Le vivre ensemble.
  • L’effet de cascade (le travail dominical des uns, entraînant en cascade celui des autres).
  • La santé (notamment ce que le sociologue, Jean-Yves BOULIN, décrit comme une forme d’isolement social, qui peut finir par peser sur la santé mentale).
  • Le volontariat (ce que le parti socialiste qualifiait en 2008 de « fausse liberté pour le salarié »).
  • Les coûts pour le salarié (frais de transports, gardes d’enfants, frais de nourriture, etc…)
  • Internet.
  • Le commerce de proximité.
  • La désertification des territoires. 
  • L’isolement des personnes âgées dû à la disparition des petits commerces.
  • Le développement durable (quelles économies d’énergie et de production de gaz à effet de serre sont générés par la fermeture, une journée par semaine, des grandes surfaces et autres centres commerciaux par exemple).
  • La réussite scolaire (quelle conséquence sur le cursus scolaire des enfants qui n’ont pas de parents présents pour suivre devoirs et leçons ?).
  • La captation de chiffre d’affaires par les magasins implantés dans une ZC, une ZT ou une ZI, au détriment de ceux qui sont de l’autre côté de la zone.

Cette liste des impasses faites par « la commission d’étude des effets de la loi pour la croissance et l’activité » n’est malheureusement pas exhaustive.

Aucune mention n’est faite de l’étude du CREDOC sur l’ouverture des commerces le dimanche (2008) et de celle de CONFESERCENTI sur la libéralisation des commerces le dimanche en Italie (2013) qui, toutes deux, chiffrent les destructions d’emplois qu’entraînerait l’ouverture des grandes surfaces le 7ème jour (selon la fédération patronale CONFESERCENTI, la libéralisation du dimanche en Italie depuis le 1er janvier 2012 a conduit à la fermeture de 32.000 entreprises et à la perte de 90.000 postes de travail).

Pire peut-être, ces travaux « académiques » s’appuient sur des exemples extravagants pour vous convaincre que déréglementer le dimanche pourrait créer de l’emploi !

C’est le cas de l’étude canadienne, non officielle, de Mikal SKUTERUD (2005) dont les résultats indiquent que la dérégulation de l’ouverture des commerces « s’est traduite par une hausse de l’emploi dans le secteur du commerce de détail, de l’ordre de 3,1% de l’emploi total de ce secteur ».
Partant d’une situation où pratiquement aucun magasin n’était ouvert le dimanche, on peut s’étonner de la faiblesse de ce 3,1%... Partant de zéro, il est facile de progresser en pourcentage.

La situation française où commerces de proximité, superettes et marchés traditionnels, sont ouverts le dimanche matin (voire toute la journée pour certains magasins) n’étant en rien comparable.

Idem pour « l’exemple » Hollandais.

Quand aux Lander Allemands dont « certains ont augmenté les heures d’ouverture dominicale jusqu’à 70% », c’est exactement la même ambiguïté. 70% de presque rien, ne fait toujours pas grand-chose.

Heureusement que les rédacteurs avait pris soin, au détour d’un paragraphe, de parler « d’études empiriques »…

Comment comprendre l’affirmation de la page 3 : « 18 pays parmi les 33 ayant répondu, n’imposent aucune restriction sur le travail dominical. On trouve parmi eux aussi bien des pays Anglo-Saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni) que des pays scandinaves ».
Alors qu’en page 4, il est écrit à propos des Etats-Unis « Aujourd’hui, des contraintes sur l’ouverture des commerces, plus ou moins sévères selon les Etats et/ou les types de magasins, existent toujours ».

Monsieur le Député, quel que soit votre sentiment actuel concernant l’ouverture des grandes surfaces et des centres commerciaux le dimanche, le débat parlementaire mérite mieux qu’un travail bâclé et orienté.
 
Avant de vous prononcer sur l’extension de l’ouverture des commerces le dimanche, exigez que vous soit présenté une véritable étude d’impact sur ce choix de société qu’est la préservation d’un temps collectif, nécessaire à la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle.

En restant à votre entière disposition pour échanger avec vous sur ce sujet, veuillez agréer, Monsieur le député, l’expression de mes sentiments les meilleurs.


Joseph THOUVENEL
Vice-président
 
Le travail du dimanche fait de moins en moins recette Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le rapport de la commission d’évaluation municipale n’est pas favorable à une extension du travail dominical dans les commerces de la capitale, telle que voulue dans l’un des articles de la loi Macron. Un vœu du groupe des élus du Front de gauche vient conforter cette position.
 
Cet après-midi, les élus parisiens vont plancher sur le travail du dimanche. Et à part les conseillers de droite qui entendent proposer de placer tout Paris en « zone touristique internationale » ce qui induirait l’ouverture des commerces tous les dimanches de l’année, voire la nuit, la majorité de gauche, avec des nuances, n’est pas favorable à une extension du principe actuel. Alors que la loi du ministre Macron voudrait faire passer les possibilités d’ouverture de 5 dimanches à 12 par an comme une solution économique miracle. Sans tenir compte un seul instant des bouleversements familiaux que cela induirait…

Continuer d’avoir le droit de vivre

Mais les salariés du commerce parisien ne sont pas dupes. Car après ceux des grands boulevards, qui se sont mobilisés à plusieurs reprises ces dernières semaines, vendredi matin, c’était ceux du BHV qui a plus de 250 voix étaient venus manifester sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville, dénonçant la prise de position du maire (PS) du 4e arrondissement favorable à une extension de l’ouverture de ce grand magasin qui se trouve dans son périmètre. « C’est maintenant qu’il faut se battre, et tous ensemble on peut les faire reculer », précise Karl Ghazi, du Clic-P (regroupant la plupart des organisations syndicales du commerce). Les personnels dénoncent notamment le risque de suppression de deux jours de repos consécutifs et une détérioration de la vie familiale. Comme le disent Évelyne et Christian, « deux vendeurs aux salaires minables mais qui veulent continuer d’avoir le droit de vivre ».

Plusieurs élus parisiens étaient présents dans cette manifestation, comme Jérôme Gleizes, d’Europe Écologie-les Verts : « On s’oppose à la loi Macron, et on veut que la compétence sur les ouvertures dominicales reste dans les compétences municipales. » Évelyne Zarka, Didier Le Reste, Nicolas Bonnet-Oulaldj et Danièle Premel représentaient le Front de gauche. Lequel groupe politique a prévu de déposer en séance deux vœux sur le sujet. Un premier, de portée générale, et un second centré sur le BHV. « L’extension du travail du dimanche et de nuit est une question bien plus large que celle des grands boulevards parisiens », explique Didier Le Reste, élu du 10e arrondissement, en rappelant que la mission d’information et d’évaluation (MIE) initiée par la Ville de Paris, en juin 2014, pointe les faits suivant : « Seuls 15 % des touristes qui viennent à Paris viennent dans le but d’y faire des achats. Les autres viennent pour l’attractivité culturelle de la capitale. Un touriste européen passe en moyenne une semaine à Paris ; un touriste venant des pays d’Asie, quatre jours. Ce qui ne justifie donc en rien l’ouverture des magasins le dimanche. »

En conséquence, le texte des conseillers communistes Front de gauche demande « que la Mairie de Paris interpelle le gouvernement sur la généralisation du travail du dimanche et indique publiquement son refus de cette généralisation ». Et Didier Le Reste d’ajouter qu’« il y a une personne fortement favorable à l’ouverture des centres commerciaux des gares le dimanche, c’est le patron de la SNCF. Il espère ainsi humaniser ces espaces alors qu’il y a de moins en moins de cheminots. C’est totalement inacceptable » !

Quant à l’initiative du maire du 4e, il ne s’agit que d’une initiative « individuelle », a expliqué Olivia Polski, l’adjointe d’Anne Hidalgo en charge du commerce, tandis qu’elle recevait une délégation des manifestants du BHV. Et ce fut pour elle l’occasion de rappeler que la maire de Paris, conformément aux conclusions de la MIE, n’est favorable ni à une extension des possibilités d’ouverture, ni à une remise en cause par l’État des prérogatives relevant jusque-là des municipalités. Le travail du dimanche mobilise contre lui à Paris depuis avril 2014. Laurent Fabius, alors tout nouveau ministre du Tourisme, y voyait là un moyen de relancer l’attrait de la capitale pour les visiteurs étrangers. L’on se souvient pourtant des promesses du candidat Hollande qui, en 2012, réaffirmait « le principe du repos dominical ». Le Conseil de Paris continue ainsi de faire front contre le désormais projet de loi sur « l’activité et l’égalité des chances économiques » d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, élaboré sous la pression du Medef, qui évoque l’hypothétique création de 40 000 à 100 000 emplois grâce à l’ouverture dominicale. 
 
Le Medef en rêvait Macron l'a fait ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

La nouvelle république, 8/2/15

Une centaine de personnes ont répondu à l’appel des syndicats contre le projet de loi Macron hier devant la préfecture à Blois.

Le projet de loi Macron suscite l'hostilité mais pas l'unité de ses détracteurs. On a compté une centaine de personnes au rassemblement samedi à Blois : des adhérents de la CGT, de la FSU, de Solidaires, des militants du Nouveau Parti anticapitaliste, des jeunes communistes aussi. Mais pas l'ombre d'un notaire, d'un huissier ou d'un avocat, pourtant vent debout contre cette réforme.

En attendant, Alain Borg, secrétaire départemental de la CGT, a dit au micro tout le mal qu'il pense du projet de loi Macron, synonyme d'« aggravation de la politique d'austérité et de forte régression sociale ». 

De l'avis de Pierre, 71 ans, enseignant à la retraite et militant du NPA : « Pour les patrons, la loi Macron, c'est comme dans le cochon, tout est bon ! Travail du dimanche, secret des affaires, casse des prud'hommes, je suis vraiment hostile à ce climat. Quant à ce projet de mettre des autocars sur les routes, c'est totalement contradictoire, on ne peut pas d'un côté se dire favorable à l'écologie et de l'autre aggraver la pollution. Décidément, il n'y a rien de bon dans ce gouvernement… » 

Pour Anders, 19 ans, lycéen et membre des Jeunes communistes, « le travail du dimanche est une mauvaise chose pour les jeunes. Ceux qui ont un emploi pour financer leurs études n'auront même plus une journée pour faire du sport ou réviser leurs examens. Cette loi prépare surtout une privatisation des transports et du service public. À Blois, les élus communistes se sont battus au conseil municipal pour obtenir la navette gratuite en centre-ville, résultat, elle ne désemplit pas, c'est bien qu'elle est indispensable. » 

Selon Carole, 42 ans, architecte et membre du Parti de gauche, « le travail du dimanche est une régression, en particulier pour les femmes qui élèvent seules leurs enfants et qui devront dépenser de l'argent pour les faire garder. Cela va profiter à la grande distribution et nuire au petit commerce et aux marchés. Cette loi libérale n'aura que des effets négatifs sur l'emploi et les petites entreprises. » 

 
Croissance et activité ne passeront pas par le travail le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Quand la grande distibution, en la personne du Directeur Général d'Auchan, confirme les propos que tient le CAD depuis des années  : " le travail du dimanche ne résoudra pas nos problèmes et ne créera ni activité ni croissance" Au bémol près qu'il milite pour la dérégulation des 5 dimanches, et qu'il pousse vers un travail de nuit de 21 à 22 H (ce que permet déjà la loi lorsque cela est justifié), nul ne saurait lui reprocher de parler aussi de ses intérêts propres, nous applaudissons au bon sens économique de cette tribune : "Qui d’entre nous est prêt à consommer plus et à entamer son épargne pour le seul motif qu’un jour de plus lui est offert pour parcourir les magasins ?".

Et nous nous réjouissons du bonus : oui, il faut de la stabilité et de la visibilité fiscale. Oui, il faut de la croissance partagée. Oui, il faut de l'équité entre les diverses formes de commerce, et plus largement entre les diverses formes d'activité.

Vastes chantiers, qui sont là de vraies réformes de fond à engager sereinement, au contraire du travail bâclé de M. Macron, engagé dans l'irréflexion et la précipitation, le tout sans dialogue.

Un jour, cependant, il restera aux historiens à identifier les motivations des idéologues qui ont absolument faire croire que le travail du dimanche, c'était de l'emploi et de la croissance.   

 
  
Depuis quelques semaines, la question du travail dominical occupe quasiment tout l’espace du débat économique. Partisans et opposants, chacun avance ses arguments dans un débat plus animé par les postures ou les intuitions que par la prise en compte des enjeux réels.
 
Aussi, je souhaite, au nom d’Auchan Hypermarchés France, apporter ma contribution. Notre position est assise sur une conviction partagée : le dimanche n’est pas un jour banal ! C’est un jour de respiration sociale et culturelle. Il faut le préserver majoritairement comme tel. Pour le dire simplement, le dimanche, nous préférons nous réapproprier le temps plutôt qu’être en magasin !
 
Cette conviction est renforcée par l’observation économique. Au risque de doucher certains espoirs, ouvrir 12 dimanches au lieu de 5 ne créera pas plus de chiffre d’affaires pour nos magasins ni n’entraînera de vague de recrutements. Qui d’entre nous est prêt à consommer plus et à entamer son épargne pour le seul motif qu’un jour de plus lui est offert pour parcourir les magasins ? Le bénéfice sur l’activité et sur l’emploi sera donc nul.
 
Dès lors, pourquoi toucher au système actuel, qui a le mérite de répondre à une demande client ponctuelle mais réelle ? Combien sont-ils, ces dimanches où les consommateurs trouvent un réel avantage à l’étalement de leurs achats ? Noël et sa frénésie, le premier dimanche des soldes et peut-être le retour de vacances qui facilite les achats de dernière minute ? Conservons le système actuel des 5 dimanches, simplifions-le en supprimant le recours obligatoire à l’autorisation du maire et assurons-nous que la loi est bien respectée. Comment accepter que certains magasins, appuyés sur les plus grands groupes de distribution français ou allemands, ouvrent aujourd’hui les dimanches après-midi en violation ouverte avec la loi ?
 
Le projet de loi Macron entend libérer les énergies pour favoriser l’activité et la croissance ? Eh bien, chiche, Monsieur le Ministre ! Donnons les moyens aux entrepreneurs de créer de la richesse. Auchan sera à vos côtés dans cette démarche.
 
Nous n’attendons que cela car la perte de pouvoir d’achat des Français affecte durablement notre modèle économique et nos résultats, en sus d’une consommation atone et d’une inflation quasi nulle, et, au-delà, de la concurrence déloyale de l’e-commerce.
 
Ce qui crée de la croissance, c’est d’abord la stabilité et la visibilité fiscales à trois ans minimum, or, en six mois, Auchan France a subi, en totale contradiction avec l’esprit du pacte de responsabilité, deux nouvelles taxes dont le coût annuel avoisine 35 millions d’euros et qui démontrent une fois de plus que piloter nos entreprises avec sérénité est devenu une gageure.
 
Ce qui crée de la croissance durable, c’est l’équité entre les différentes formes de commerces. Alors que les ventes sur Internet génèrent 3 fois moins d’emplois que celles réalisées en magasins, les taxes qui pèsent sur les e-commerçants sont 2,5 fois moins élevées.
 
Ce qui crée de la croissance partagée, c’est le soutien aux entreprises qui développent de vraies politiques de partage de la richesse via l’actionnariat salarié, la participation et l’intéressement, par exemple par la baisse du forfait social, qui n’a cessé de croître ces dernières années.
 
Enfin, ce qui crée véritablement de la croissance, c’est de permettre aux consommateurs de faire leurs courses quand ils le souhaitent ou le peuvent, de 8 h 30 à 22 heures dans les zones urbaines qui vivent à ce rythme, sans aller jusqu’à l’exagération des ouvertures, ersatz de modernité d’une société qui ne sait plus se fixer de limites, souvent de bon sens.
 
Cessons de nous bercer d’illusions, le travail du dimanche ne résoudra pas nos problèmes et ne créera ni activité ni croissance. Des solutions existent, Auchan sera présent si l’on prend la voie de la libération des énergies.

 
Projet de loi « Macron » la CFTC demande une véritable étude d’impact Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Paris, le 5 février 2015
La CFTC a adressé un courrier aux députés pour dénoncer le caractère « affligeant » de l’ersatz d’étude d’impact sur la réforme du travail dominical qui leur a été communiquée par la Commission d’étude des effets de la Loi pour la croissance et l’activité.

La CFTC énumère de très nombreuses impasses faites par les rédacteurs du texte, comme les conséquences sur la vie familiale, le commerce de proximité, ou le développement durable.

La CFTC constate que le choix des études citées en référence, est totalement orienté. Rien par exemple sur la plus récente (2013) celle de CONFESERCENTI qui chiffre à 90 000 la perte de postes de travail en Italie depuis la libéralisation des commerces le dimanche.

Au vu des approximations et des contradictions de ce rapport, la CFTC demande aux députés d’exiger que leur soit présentée, une véritable étude d’impact sur ce choix de société qu’est la préservation d’un temps collectif, nécessaire à la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle.

Contact : Joseph Thouvenel
06.80.06.55.54

 
Le sénateur BOTREL, attentif sur le dimanche. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Envoyé 04/02/2015 16:56:26
Objet : Re: Fwd: Projet de loi Macron - Travail du dimanche

Merci, Monsieur le Sénateur, de votre attention à cette question du repos dominical, légitime et nécessaire, des salariés.

Qui ne serait d'accord sur des choix qui "libéreraient de la croissance", et permettraient de résoudre durablement la question du chômage, comme vous l'exprimez. Malheureusement, faute de démonstration contraire, le travail du dimanche ne crée ni croissance, ni emploi net. Nous avons défié publiquement le Ministre de l'Economie, ainsi que M. Gattaz et quelques autres, d'en apporter la moindre preuve. A ce jour, ce défi n'a pas été relevé, et nous pouvons nous en tenir aux conclusions de deux études, OFCE et CONFESERCENTI (ici : http://wiki.travail-dimanche.com/doku.php?id=wiki:ref), qui concluent au mieux à l'absence d'impact, mais possiblement à la destruction d'emploi, du fait des transferts entre grande distribution et commerce de centre ville, transferts qui eux sont certains.

Nous relevons avec vous que le contrat qui lie un employeur et un employé est un contrat de subordination, et que le volontariat, dans ces conditions, est une vue de l'esprit.

Enfin, effectivement, 13% des salariés travaillent habituellement le dimanche (environ un salarié sur huit), tandis que 15% travaillent occasionnellement (chiffres DARES 2011). Cette proportion est en croissance, à cause de l'accroissement de la part des secteurs professionnels concernés, et non à cause de choix personnels : pour 82% des salariés du dimanche, cette obligation représente une contrainte (FONDAPOL 2009), et génère des problèmes familiaux dans 40% des cas. Le travail du dimanche ne répond pas non plus à une demande des français, car ils sont régulièrement entre 60 et 80% à ne pas souhaiter personnellement travailler le dimanche. Il ne répond qu'aux pressions des groupes de pression de la grande distribution - celui des notaires, et celui des journalistes viennent de démonter leur puissance - pour ce qui concerne l'invention des ZC, et au pression du lobby du Boulevard Haussmann pour ce qui concerne la création sur mesure des ZTI.

Si les désordres causés par la loi Mallié, votée à la sauvette en 2009, sont à déplorer, la solution la plus sage consiste à aller vers son abrogation, et non sa prolongation via un projet Macron aussi sournois.

Nous restons extrêmement attentifs et déterminés sur ce dossier, forts de plus de 110.000 citoyens qui soutiennent notre initiative. 

Respectueusement,
Etienne NEUVILLE
Secrétaire Général


PS : nous alimentons une réflexion collective sur le sujet via un wiki participatif, http://wiki.travail-dimanche.com, sentez vous libre d'y participer si vous le souhaitez. Par ailleurs, nous avons reproduit votre message et notre réponse sur notre blog travail-dimanche.com 


------ Message d'origine ------
Expéditeur: Yannick Botrel
Date: 4 février 2015 14:01:54 UTC+01:00
Destinataire: destinataires inconnus: ;
Objet: Projet de loi Macron - Travail du dimanche

Madame, Monsieur,
Vous avez été nombreux à me solliciter pour affirmer votre attachement au repos dominical à l’approche de l’examen par le Sénat, en première lecture, du projet de loi « Macron ». Je prends bonne note de ces sollicitations qui nourriront mes réflexions personnelles sur ce texte. 

 Il me semble cependant prématuré de me positionner d’ores et déjà sur cette question : le projet de loi connait et connaitra des évolutions durant les débats parlementaires. Le Ministre en charge du dossier a d'ailleurs fait preuve d'un véritable sens de l'écoute durant les premiers jours d'examen du texte à l'Assemblée Nationale. 

 Je souhaite cependant vous indiquer ma plus grande attention sur ce dispositif et ma volonté de me prononcer avec pragmatisme sur cette question. 

Notre économie a besoin, dans une période de crise, de dégager de nouvelles perspectives afin de faciliter la croissance qui seule peut permettre de résoudre durablement la question du chômage dans notre pays. J’en ai l’intime conviction. 

Le travail du dimanche existe déjà aujourd’hui largement dans notre pays et ce projet de loi est davantage un léger élargissement des possibilités ouvertes (de 5 à 12 dimanches par an) qu’un chamboulement idéologique complet. De plus, de nombreuses personnes travaillent déjà le dimanche ou ne sont pas susceptibles de le faire et ne sont donc pas concernées par le texte. 

Cependant, cet élargissement ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Il faut donc analyser les conditions proposées par le gouvernement avec précision. Il serait faux de penser que le contrat de travail est un contrat qui place à égalité l’employeur et l’employé. En conséquence, la question de la compensation qui serait offerte à l’employé qui devrait travailler le dimanche est selon moi le nœud majeur sur cette problématique.

C’est dans cette optique que je me positionnerai, au sein de mon groupe politique, lors du vote sur ce dispositif et sur le projet de loi « Macron » dans sa globalité. 

Je vous remercie une nouvelle fois, Madame, Monsieur, de bien avoir voulu attirer mon attention sur cette question et reste à votre disposition pour toute précision.

Bien cordialement,

Yannick BOTREL - Sénateur des Côtes d’Armor.

 
Notaires, travail dominical, secret des affaires : face au lobbying, les reculades d'Emmanuel Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

M. Macron, qui avait déjà cédé au lobby de la grande distribution, en imaginant la création des ZC, et à l'association de lobbying très discrète regroupant les magasins du Boulevard Haussmann, en leur imaginant des ZTI sur mesure, cède devant les journalistes, et devant les notaires. Qui s'en étonnerait ?

En revanche, pour le dimanche, il ne s'agit pas d'une reculade, mais d'une apparence de reculade : les 5 dimanches de droit n'étaient pas intéressants, dans la plupart des cas, 3 dimanches suffisaient. Mais on pourra toujours aller à 12... 

Le Monde.fr  | 04.02.2015 à 10h57 • Mis à jour le 04.02.2015 à 13h32 | Par Ania Nussbaum

Alors que l'examen du projet de loi  « croissance et activité » pourrait se prolonger à l'Assemblée nationale, c'est une nouvelle reculade du ministre. Depuis le début des débats, le 26 janvier, le texte, qui a pour mots d'ordre simplification et fin des corporatismes, a évolué au gré des amendements.
1. Les notaires refusent de voir leurs tarifs encadrés
Le projet de loi prévoyait d'encadrer la rémunération des professions du droit, dont les notaires, qui auraient été tenus d'afficher leurs tarifs. Malgré les concessions d'Emmanuel Macron, qui prévoyait d'instiller de la concurrence entre les professionnels grâce à des tarifs variables, la mesure n'a pas résisté à l'intense lobbying du Conseil supérieur du notariat auprès des députés. Invoquant des milliers de suppressions d'emplois à la clé, les professionnels ont notamment manifesté le 10 décembre contre le projet de loi.
Selon un amendement, les actes de la vie courante devaient être soumis à un tarif fixe, quand d'autres pouvaient voir leurs prix varier entre un minimum et un maximum. Résultat : « un système compliqué », estimait le ministre ce lundi, à l'Assemblée nationale.
Emmanuel Macron a également affirmé avoir reçu des menaces de mort de la part d'opposants au texte, contre lesquels il compte porter plainte.
Le corridor tarifaire est donc remplacé par un autre dispositif d'encadrement, jugé moins complexe. Les « petits » actes de la vie quotidienne conservent un tarif fixe.
2. Secret des affaires : les journalistes montent au créneau
Un amendement du député socialiste Richard Ferrand, rapporteur de la loi, prévoyait la création d'un  « secret des affaires » pour protéger les entreprises de l'espionnage industriel. La révélation d'informations à caractère économique – par exemple, le processus de fabrication d'un produit – pouvait, selon le texte, être punie de lourdes peines de prison.
Dénonçant un risque de  « dérives liberticides », ONG et médias sont montés au créneau. La mesure  « menace d'entraver le travail d'enquête des journalistes », qui a permis de révéler le scandale du Médiator, de l'amiante ou des Luxleaks, affirmaient ces derniers dans une tribune publiée dans Le Monde, le 28 janvier.
Face à la mobilisation de la presse, le gouvernement a renoncé à légiférer sur le sujet pour le moment, annonçant un texte qui mêlera la protection du secret des affaires et celle des sources des journalistes.
3. Le travail dominical, au cas par cas en fonction des mairies
Dimanche 18 janvier au soir, les députés ont planché sur le travail dominical, une réforme à laquelle s'oppose une bonne partie des élus du PS.
Le projet de loi prévoyait l'ouverture des commerces au moins cinq dimanches dans l'année, et jusqu'à douze avec accord du maire. C'est raté : l'amendement du rapporteur socialiste Stéphane Travert a supprimé les cinq dimanches accordés à tous les commerces, laissant pleine latitude aux maires entre 0 et 5 dimanches. Au-delà, c'est le conseil municipal ou la communauté de communes qui décideront.
 
Appel: Loi Macron, pour nous c'est non ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
117 élus, syndicalistes, intellectuels et responsables associatifs, ont signé cet appel pour que la loi Macron, « Pour la croissance et l’activité » ne ne soit pas votée et soit retirée.
La loi dite loi Macron, « Pour la croissance et l’activité »,  dont le projet va être présenté au Parlement, est censée casser « les rigidités » qui bloqueraient l’économie française.

Les dispositions de la loi ont un fil directeur : « ce qui est bon pour le patronat est bon pour l’économie », quelles qu’en soient les conséquences pour les salariés. Cette loi est le complément du pacte de responsabilité dont les prétendues contreparties se sont révélées des illusions. Elle participe d’une tendance générale dans l’Union européenne au moins-disant social. La stagnation, voire la baisse, des salaires et des pensions, les coupes massives dans les dépenses publiques pèsent sur la demande globale et donc sur l’activité des entreprises. Ces dernières préfèrent verser de confortables dividendes à leurs actionnaires plutôt qu’investir.

Avec l’extension du travail du dimanche, de surcroît sans obligation légale de majoration salariale, et avec le maquillage outrancier du travail de nuit en travail de soirée, les conditions de travail des salariés sont attaquées. Une fois de plus les premières victimes en seront les femmes.

Avec la réforme du tribunal des prud’hommes qui renvoie des procédures devant des juges professionnels, ce sont les droits des salariés qui sont remis en cause.

Avec la dépénalisation du délit d’entrave, ce sont les employeurs qui sont protégés, pas les salariés.

Et désormais, si le tribunal administratif annule un plan social en raison d’insuffisance de motivation, les licenciements ne seront plus invalidés et les salariés ne seront plus indemnisés.

Par ailleurs, ce projet relance le processus de privatisation, notamment d’un certain nombre d’aéroports et fragilise le statut des locataires au profit des spéculateurs.
Il va permettre aux hôpitaux publics de créer des filiales à l’étranger, c’est-à-dire à se comporter comme des entreprises privées. Alors que le service public hospitalier est malade, entre autres, d’un manque de ressources, une partie de ces dernières pourront être utilisées à des fins d’opérations financières ou commerciales à l’étranger.

La déréglementation du transport par bus va en fait aggraver les inégalités d’accès, instituant un transport pour les pauvres. Elle aura pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. L’hypocrisie est ici de mise. Alors que le président de la République prend des postures d’écologiste, et alors que la France va accueillir en décembre 2015 la Conférence mondiale sur le climat (COP 21), le gouvernement propose une mesure qui va à l’encontre de tout bon sens en favorisant le transport privé par route au détriment du transport public dont le rail. Une autre solution serait de développer le transport par rail en faisant jouer à la SNCF son rôle de service public.

Ce projet de loi, en débat au Parlement, est guidé par une logique de déréglementation généralisée qui n'a comme objectif que le maintien des profits aux dépens des salaires, des pensions, seuls moyens de vivre pour la majorité de la population et au détriment de la protection sociale. Plus d’égalité, plus de fraternité, c’est ce que nous voulons, c’est le contraire de la loi Macron.

L’indispensable mobilisation sociale des salariés et des citoyens prend de l’ampleur.

Cette loi ne doit pas être votée, elle doit être retirée !

Les 117 premiers signataires
Eliane Assasi (sénatrice PCF) ; Clementine Autain (Ensemble) ; Ana Azaria (Femmes Égalité) ; Nicolas Baille (Secrétaire Général de la Fédération de l’Equipement et de l’Environnement CGT) ; Ludivine Bantigny (historienne) ; Maud Beckers (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Fatima-Ezzahra Ben-Omar (Les efFronté-e-s) ; Olivier Besancenot (NPA) ; Eric Beynel (porte parole de Solidaires) ; Jean-Luc Bindel (Secrétaire Général de  de la Fédération Agroalimentaire et Forestière CGT) ; Alima Boumediene-Thiery (avocate) ; Isabelle Bruno (politiste) ; Jean-Marc Canon (Secrétaire Général de l’UGFF-CGT) ; Céline Carlen (Secrétaire Générale de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris) ; Jean-Claude Chailley (Résistance sociale) ; Andre Chassaigne (deputé PCF) ; Laura Chatel (Secrétaire Fédérale Jeunes écolos) ; Gérard Chaouat (membre du BN du SNCS FSU) ; Boris Chenaud (Solidaires 34) ; Robert Cremieux (MNCP) ; Eric Coquerel (conseiller régional Ile de France, coordinateur politique du Parti de Gauche) ; Pierre Cours-Salies (sociologue) ; Thomas Coutrot (économiste, ATTAC) ; Claude Debons (syndicaliste) ; Bernard Dedeban (secrétaire de la FSU 31) ; Karima Delli (deputée europeenne, EELV) ; Laurent Degousée (Fédération Sud commerces et services) ; Caroline De Haas (féministe) ; Sandra Demarcq (NPA) ; Lina Desanti (Secrétaire Générale de l’Union Départementale CGT du Tarn-et-Garonne) ; Marie Hélène Durieux (Fédération Sud Santé Sociaux) ; Jean-Baptiste Eyraud (DAL) ; Gérard Filoche (Bureau national du Parti Socialiste) ; Pascal Franchet (CADTM) ; Jacqueline Fraysse (deputée, Ensemble) ; Michel Faujour (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU) ; Nicolas Galepides (Fédération Sud PTT) ; Bertrand Geay (politiste) ; Jerome Gleizes (conseiller de Paris, EELV) ; Caroline Guibet-Lafaye (philosophe) ; Patrick Hallinger (Convergences Defense des Services Publics) ; Elisabeth Hervouet (syndicaliste enseignant) ; Hervé Heurtebize (secrétaire national du SNUCLIAS FSU) ; Liem Hoang Ngoc (socialiste affligé, Bureau National du Parti Socialiste) ; Nordine Idir (MJCF) ; Maria Ines (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU) ; Sabina Issehnane (économiste, Les Economistes Atterrés) ; Lucien Jallamion (République et Socialisme) ; Pierre Khalfa (Fondation Copernic) ; Judith Krivine (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Bernard Lacroix (politiste) ;  Rose-Marie Lagrave (sociologue) ; Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) ; Christian Laval (sociologue) ; Frederic Lebaron (sociologue) ; Catherine Lebrun (porte parole de Solidaires) ; Valérie Lefebvre-Haussmann (Secrétaire Générale de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance CGT) ;Arlette Lemaire (secrétaire générale adjointe du SNASUB FSU) ; Valérie Lesage (Secrétaire de l’Union Régionale Ile-de-France CGT) ; Thierry Lescant (Ensemble) ; Marie-Noelle Lienemann (sénatrice, Bureau National du Parti Socialiste) ; Elise Lowy (EELV) ; Jean-Marie Harribey (économiste) ; Patrick Le Hyaric (directeur de l'Humanité) ; Arnaud Malaisé (syndicaliste enseignant) ; Emmanuel Maurel (députe europeen, Bureau National du Parti Socialiste) ; Jean-Pierre Martin (psychiatre) ; Christiane Marty (feministe) ; Gerard Mauger (sociologue) ; Caroline Mecary (avocate) ; Emmanuel Mehdbi (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU) ; Jean-Luc Mélenchon (député européen) ; Helene Michel (sociologue) ; Jean-Philippe Milesy (Rencontres sociales) ; Christian de Montlibert (sociologue) ; Carlos Moreira (Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT) ;  Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises pour l'Ecosocialisme) ; Francoise Nay (militante de la defense des Hopitaux Publics) ; Lucas Nédélec (Secrétaire Fédéral Jeunes Ecolos) ; Hervé Ossant (Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT de la Seine-Saint-Denis) ; Naila Ott (Sud Travail affaires sociales) ; Ugo Palheta (sociologue) ; Jean-Jacques Paris (ANECR) ; Willy Pelletier (Fondation Copernic) ; Marie Cécile Périllat (syndicaliste enseignant) ; Marc Peyrade (Secrétaire Général de la Fédération des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT) ; Christian Picquet (Gauche Unitaire) ; Christian Pierrel (PCOF) ; Véronique Ponvert (syndicaliste enseignant) ; Jack Potavin (GOEES) ; Christine Poupin (NPA) ; Colette Pronost (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU) ; Emmanuel Renault (philosophe) ; Jacques Rigaudiat (économiste) ; Michele Riot-Sarcey (historienne) ; Danielle Rollat (UNRPA) ; Suzy Rojtman (CNDF) ; Michel Rousseau (Marches européennes contre le Chômage) ; Jean Sammut (militant mutualiste) : Lydia Saouli (syndicaliste FSU ministère du Travail) ; Danielle Simonnet (conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti du Gauche) ; Evelyne Sire-Marin (magistrate) ; Valérie Soumaille (syndicaliste enseignant) ; Maya Surduts (CNDF) ; Christian Taillandier (secrétaire national du SNUITAM FSU) ; Baptiste Talbot (Secrétaire Général de la Fédération des Services Publics CGT) ; Charlotte Tempion (Solidaires 69) ; Christian Terrancle (Solidaires 31) ; Christian Topalov (sociologue) ; Victor Vauquois (responsable relations extérieures Jeunes Ecolos) ; Remy Viard (architecte) ; Philippe Villechalane (APEIS) ; Emmanuel Vire (Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes CGT) ; Jean-Luc Wabant (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Louis Weber (revue Savoir/Agir) ;Malika Zediri (APEIS).
 
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Le travail du dimanche en question :
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