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Le projet Macron
La loi Macron, tributaire de "l'opposition" ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

AFP, 17/2/15

[...] Dirigeants socialistes et gouvernement se montrent confiants sur son adoption, car les probables voix manquantes dans la majorité devraient être compensées par l'abstention d'une majorité d'UDI et l'abstention ou le vote "pour" d'une poignée d'UMP (Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre ... ). [...]

 
Travail du dimanche : la dictature du tout-économique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Pas facile, de s'appeler Sens Commun et de faire partie de l'UMP, le parti qui a initié contre vents et marées, le travail de M. Macron ! 

Sens Commun, 17/2

La loi Macron, qui doit être votée ce mardi dans son ensemble (après le vote de plusieurs de ses volets ce weekend), prévoit notamment l’assouplissement du travail en soirée et le dimanche avec :
  • ouverture 5 dimanches par an des commerces sans autorisation, 12 avec autorisation,
  • ouverture des magasins jusqu’à minuit en zone touristique,
  • versement par le commerce d’une compensation salariale en cas de travail du dimanche.
 
Le souhait d’apporter plus de flexibilité au sein de l’économie et en soutien à nos entreprises est louable. Mais beaucoup d’économistes sont très réservés sur les bénéfices réels d’une telle réforme et les conclusions des rares études d’impact menées sont divergentes, ce qui aurait dû inciter à la prudence.

Même en imaginant un effet économique positif, ne se fera-t-il pas principalement aux dépens du petit commerce ? Certes, l’ouverture le dimanche restera une option et non une obligation. Mais, concurrence oblige, tous les magasins préfèreront ouvrir de peur de voir leur clientèle aller ailleurs. La loi Macron aura un impact restreint sur la structure de charges des grandes enseignes parce qu’elles seront capables de lisser ces heures de travail supplémentaires sur l’ensemble des salariés. Les petits commerces en revanche, faute de pouvoir faire travailler leurs quelques salariés 7 jours sur 7 – ce qui est heureusement interdit –, seront contraints d’embaucher une personne supplémentaire, ce qui pèsera lourdement sur leur équilibre financier. L’emploi sera donc créé de manière artificielle chez les petits commerçants qui devront étaler leur activité sur 7 jours au lieu de le faire sur 6. Cette loi favorisera donc quasi exclusivement les grandes enseignes.
 
Aux considérations économiques s’ajoutent les problématiques sociales. Les salariés du commerce sont en majorité des femmes vivant en grande banlieue et qui devront alors aménager avec difficulté un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Le volontariat finira par se transformer en obligation à travers de fortes incitations ou des discriminations à l’embauche. Les enfants et les couples seront les premiers pénalisés : à l’heure où la cellule familiale est fragilisée, où les rythmes de vie s’accélèrent, les dimanches ne seront plus ce moment où l’activité ralentit et où la vie familiale peut se consolider.

En fait, cette loi est emblématique d’une tendance à l’ultra-libéralisme qui met au centre non pas l’Homme mais le profit supposé. Sur le fond, elle ne changera peut-être pas les choses de façon drastique, peut-être même aura-t-elle quelques effets bénéfiques, mais elle consacre d’ores et déjà le principe selon lequel l’activité commerciale est plus importante que le reste et doit pouvoir fonctionner non-stop, sans exception.

Cette idéologie, cette vision de la société pose la question de la France que nous voulons. À Sens Commun, nous défendons une économie au service de l’Homme et non de l’Homme au service de l’économie. C’est pourquoi nous dénonçons, à l’instar de nombreux citoyens français et hommes politiques de droite comme de gauche, le vote de ces mesures sur le travail du dimanche. Il n’y a pas de travail épanouissant et pas d’équilibre familial sans préservation d’un espace de repos.

Il existe d’autres moyens de favoriser l’activité et la croissance. De nombreux outils pourraient plus utilement remplir ce rôle d’assouplissement de notre économie : flexibilité du temps de travail, défiscalisation des heures supplémentaires… Pourquoi choisir de tout sacrifier à l’économie ?
 
Loi Macron : qui votera pour, qui votera contre ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 


Les députés se prononceront dès 16h15 sur le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques.

Pendant trois semaines, les députés ont discuté et amendé les quelque 200 articles de laloi MacronMardi, l’Assemblée se prononcera sur le texte par un scrutin public, qui pourrait être serré.

Les 196 heures de débats ont-elles fait évoluer les positions ? Qui votera pour le texte ? Qui s’abstiendra ? Qui votera contre ?

A quelques heures du scrutin, LCP.fr dresse un état des lieux.

Le PS divisé

Manuel Valls a été clair. Lundi matin, le Premier ministre a mis la pression sur les députés socialistes tentés de ne pas voter le texte : "Quand on est parlementaire de la majorité (…) on s’abstiendrait ? On voterait contre ce texte ? Non. Moi, j’en appelle à la responsabilité de chacun. Les postures, c’est fini, maintenant, on vote le texte ! "

Un message adressé notamment à Benoît Hamon, qui avait annoncé la veille qu’ilvotera contre le texte. Interrogés par LCP.fr, Christian Paul et Laurent Baumel, les chefs de file des députés frondeurs socialistes, ont annoncé qu’ils allaient en faire de même.

En tout, "plusieurs dizaines" de socialistes s’apprêtent à voter contre le projet de loi, estime Christian Paul. L’élu refuse de donner un chiffre précis mais rappelle que les amendements de suppression des articles 80 (travail du dimanche) et 101 (plans de sauvegarde de l’emploi) ont été signés par 50 à 60 députés PS. "Chacun votera en son âme et conscience", conclut le socialiste.

La plupart des autres frondeurs interrogés assurent ne pas avoir encore pris leur décision. Seul Philippe Noguès, le député du Morbihan, déclare qu’il votera contre. Dimanche, sur Twitter, Pouria Amirshahi, le député des Français de l’étranger, avait fait la même annonce.

Denys Robiliard, un autre frondeur, votera quant à lui pour le texte. Et pour cause… L’élu socialiste du Loir-et-Cher est l’un des rapporteurs du projet de loi. Il assure néanmoins que s’agissant de l’issue du scrutin, rien "n’est joué d’avance".

Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée, ne semble pas inquiet. Samedi, il déclarait au micro de LCP que le projet de loi est "un bon texte" qui "recueillera une majorité".

Les trois députés chevènementistes voteront contre

Jean-Luc Laurent, Marie-Françoise Bechtel et Christian Hutin, les trois députés chevènementistes - qui siègent avec le groupe socialiste - voteront pour leur part contre le texte->http://www.lcp.fr/actualites/politi…].

UMP : un vote contre… à quelques exceptions près

Sur instruction de Nicolas Sarkozy, une très large majorité de députés UMP voteront contre le texte. Parmi eux, il y aura Benoist Apparu, l’élu de la Marne qui a pourtant longtemps hésité.

A ce stade, au moins trois députés UMP voteront pour le texte : Hervé Mariton, qui avait été l’un des premiers à sortir du bois, Frédéric Lefebvre, qui a réitéré ce week-end sur Twitter sa promesse de le faire et Olivier Carré. L’élu du Loiret estime que "ce n’est pas le grand soir, mais le projet de loi Macron fait avancer les choses".

Pas de consigne de vote à l’UDI

Comme l’a révélé LCP.fr, les députés UDI seront "libres de leur vote". A titre personnel, leur chef de file à l’Assemblée, Philippe Vigier, s’abstiendra. Idem pour son collègue Francis Vercamer.

En revanche, Jean-Christophe Fromantin, l’élu des Hauts-de-Seine et Meyer Habib, le député des Français de l’étranger, voteront pour. "Il y aura une dizaine de votes contre et 13 ou 14 abstentions", estime par ailleurs Philippe Vigier.

Le Front de gauche votera contre

André Chassaigne, le président du groupe GDR à l’Assemblée, a été l’un des orateurs les plus virulents au texte lors de son examen en séance publique. L’élu du Puy-de-Dôme avait annoncé il y a plusieurs semaines que les élus du Front de gauche voteraient contre la "bombe à Macron".

Les écologistes dans le brouillard

Cécile Duflot avait décidé de "mettre en échec" la loi Macron. Seulement, François de Rugy, le co-président du groupe écologiste à l’Assemblée, ne voit pas les choses du même œil. Après l’examen du texte en commission spéciale, il assurait que son groupe pourrait s’abstenir en cas d’évolution favorable lors de son passage dans l’hémicycle.

La position des écologistes sera donc formellement arrêtée mardi matin, lors de leur réunion de groupe. Eric Alauzet, le député du Doubs, assurait dans la nuit de samedi à dimanche, au micro de LCP, que les votes de ses collègues "se partageront entre le contre et l’abstention".

Les radicaux de gauche voteront pour

Alain Tourret, l’un des rapporteurs du texte, l’avait promis : les députés RRDP voteront pour le projet de loi.

Via un communiqué publié sur le site du Parti radical de Gauche, Joël Giraud, l’élu des Hautes-Alpes, a réaffirmé que les députés radicaux de gauche restaient "solidaires du gouvernement". 

 
Benoit Hamon écrit au CAD Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Monsieur le Président, Madame La Vice-présidente , Monsieur le Secrétaire Général,

La loi croissance et activité, plus communément baptisée du nom de son auteur, loi Macron, propose une série de modifications législatives aussi disparates que la libéralisation du transport par autocar, une réforme du permis de conduire, la privatisation des aéroports de Nice et Lyon, l’ouverture du capital du LFB , le laboratoire qui commercialise les médicaments dérivés du sang, la liberté d’installation pour les notaires et les huissiers de justice ou l’extension des exceptions au repos dominical. Pris séparément, chacun des 200 articles très différents de ce projet de loi, équivaut à une mini loi qui explique les débats approfondis, parfois vifs qui entourent ce texte.

Ce projet a déjà beaucoup évolué grâce au travail parlementaire. Sur le travail le dimanche, il faut saluer les avancées enregistrées par le rapporteur du texte le député Stéphane Travert qui a obtenu le principe de garanties salariales pour tous et l’application du principe « pas d’ouverture sans accord social préalable ». Ces avancées sont positives mais ne suffisent pas à lever mon opposition personnelle à l’extension des exceptions au repos dominical.

Le repos dominical est un acquis fondamental. Il repose sur le principe selon lequel nos compatriotes ont un droit garanti à disposer d’un jour, le dimanche, pour faire autre chose, que produire, travailler, consommer, acheter ou vendre. Bien sûr, des exceptions existent. Mais pour l’essentiel, ces activités relèvent de la continuité indispensable du service public (hôpital, police) ou d’activités marchandes destinées aux loisirs ou à la restauration. Ce droit au repos dominical vise à permettre aux français de faire société, de faire famille, de se retrouver.

Je considère donc que l’extension du travail le dimanche est une triple erreur : économique, sociale et sociétale. 

Erreur économique, d’abord, car le bonus en croissance et en emplois est insignifiant. Aucune étude d’impact n’est en mesure de prouver que les emplois créés dans les grands magasins le dimanche ne seront pas compensés par les destructions d’emplois dans les commerces de centre-ville. Ceci s’explique parfaitement par le fait qu’à pouvoir d’achat identique, les sommes dépensées le dimanche par les français ne le seront plus en semaine. L’hypothèse la plus vraisemblable est l’accélération de transferts de chiffre d’affaire des commerces de proximité vers les grands magasins.

Erreur sociale, ensuite, car on ne peut pas défendre sérieusement l’idée que ceux qui travaillent le dimanche le choisissent majoritairement par préférence pour cette organisation de travail. Les salariés du dimanche se recrutent principalement chez les mères célibataires et les étudiants. C’est par nécessité que ces français travaillent le dimanche. Ainsi, plutôt que de combattre la précarité qui conduit une femme seule à travailler le dimanche quand son enfant est à la maison et à se reposer le lundi quand celui-ci est à l’école, on préfère étendre les exceptions au repos dominical. La situation des étudiants salariés n’est pas meilleure. Les étudiants qui doivent travailler pour se payer leurs études sont ceux qui échouent le plus aux examens. Le travail est dans ce cas un obstacle à la réussite dans l’enseignement supérieur. Le travail le dimanche n’est donc pas « une chance » pour ces étudiants qui réussiraient mieux à l’université si notre politique de bourses, de prêts et de logements étudiants était plus ambitieuse. J’ajoute enfin que plus les salariés qui travaillent le dimanche seront nombreux, moins les avantages qu’ils en tirent seront significatifs.  Ce qui est rare est cher. Moins le travail le dimanche sera rare, moins il sera bien rémunéré.

Erreur sociétale, enfin, car nous accompagnons la transformation de notre société dans la spirale d’une marchandisation toujours plus intense. Nos enfants sont,  dès leur plus jeune âge, des acheteurs compulsifs, cibles de centaines de messages publicitaires, que les parents et les enseignants doivent parfois “désintoxiquer”. On reproche parfois aux Français de consommer de l’hôpital, voire de l’école. La société de consommation s’est immiscée partout dans nos vies. Bien sûr, il faut protéger le consommateur et renforcer ses droits. Mais nous sommes aussi citoyens, parents, bénévoles et notre épanouissement ne passe pas seulement par la construction de nouveaux temples de la consommation ouverts 7 jours sur 7. Je vois là une forme de régression culturelle qui m’inquiète.

Pour ces trois raisons, je voterai l’amendement que j’ai déposé avec plusieurs députés, qui propose de supprimer les articles sur l’extension du travail le dimanche. 

Veuillez agréer, Madame, Messieurs, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Monsieur Benoît HAMON
Député des Yvelines
Membre de la Commission des Affaires étrangères

126 rue de l’Université
75007 PARIS

 
Loi Macron : Hamon regrette que "Valls transforme ses convictions en posture" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

RTL PAR YAËL GOOSZ , BENJAMIN HUE  PUBLIÉ LE 16/02/2015 À 16:42

Benoît Hamon persiste et signe. Mis en cause par Manuel Valls, qui a dénoncé ce lundi 16 février sur RTL les postures de certains députés socialistes opposés à la loi Macron, l'ancien ministre de l'Éducation a répliqué sans détour au Premier ministre.

"Le contexte terroriste appelle au rassemblement contre le terrorisme. Il n'appelle pas à la fin du débat démocratique", a-t-il affirmé au micro de RTL. "Surtout, je ne vois pas le rapport entre l'extension des exceptions dominicales et le 11 janvier. Ça n'a aucun rapport et ce lien fait par le Premier ministre me paraît injustifié. Il ne peut pas y avoir les postures d'un côté et les convictions de l'autre".

À la pointe de l'opposition à la loi Macron, et particulièrement au projet d'assouplissement du travail le dimanche, Benoît Hamon a rappelé que "les raisons pour lesquelles [il] ne vote pas la loi Macron sont les mêmes que celles pour lesquelles [il a] quitté le gouvernement". "J'essaie d'être cohérent", a-t-il expliqué. "Je regrette qu'il transforme ses convictions en posture. Moi, je ne lui fait pas cette offense là. J'aimerais qu'il ne me la fasse pas non plus". 

 

 

 
Christophe Cuvillier : « Il faut ouvrir le Forum des Halles le dimanche» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Nous y voilà déjà : le projet Micron n'est pas envore voté que les demandes de créations de ZTI commencent à pleuvoir, augurant de manifiques controverses comme celles illustrées par Bricorama, tandis que les grandes surfaces réitèrent leurs avertissements : nous ne créerons pas d'emplois.

Et il ne s'agit pas d'un hasard : cette demande émane de Christophe Cuvillier, patron d'Unibail-Rodamco, numéro un de l'immobilier commercial en Europe, gérant un patrimoine d'actifs évalué à 34,6 milliards d'euros, et gérant, entre autres, la zone de la Défense et le projet de la tour Triangle, les grands centres commerciaux (le Carrousel du Louvre ou les 4 Temps...) et les centres de Congrès (le CNIT, Paris-Nord Villepinte, Paris Porte de Versailles...). et bien sûr... le Forum des Halles.

Trouvé sur le blog d'HB, une note de 2009 : Emmanuel Egloff pour le Journal des finances du 15 novembre consacre un dossier à propos des centres commerciaux : « Plus de 40 millions de visiteurs ont été enregistrés au Forum des Halles, à Paris, en 2007. […] Ce centre commercial, fort d'un multiplexe, d'une Fnac, de 10 moyennes surfaces et de 180 boutiques, est le premier en France par sa fréquentation. Le chiffre d'affaires cumulé des commerces qui y sont présents dépasse 550 millions d'euros par an. Et les loyers qu'ils versent rapportent plus de 50 millions par an à son heureux propriétaire à 65 % : Unibail-Rodamco. Plus rentable que le résidentiel, moins volatile que les bureaux, la possession et la gestion de centres commerciaux a tout pour attirer les foncières. D'ailleurs, on compte plusieurs acteurs français spécialisés dans ce domaine, dont les deux premiers en Europe : Unibail-Rodamco (avec 19 milliards d'euros de patrimoine en centres commerciaux) et Klépierre (13 milliards). » 

Les Echos, 16/2

Le commerce parvient-il à se réinventer ?

Le commerce se réinvente et trois grandes tendances se dégagent. Il y a d'un côté le commerce sur Internet, qui représente en France et dans le monde entre 8 et 10 % du commerce de détail. Il y a ensuite le commerce de proximité, ce sont les achats du quotidien, les courses que l'on fait en rentrant chez soi. Ce sont les achats pratiques. Et, sur ce segment, on voit émerger de nouveaux formats. C'est un commerce qui se réinvente. Enfin, il y a le commerce de destination avec, d'un côté, les grands centres-villes, de l'autre, les grands centres commerciaux, sur lesquels nous nous concentrons. Car toutes les villes n'ont pas, comme Paris, New York ou Londres, des Champs-Elysées, une 5e Avenue ou Sloane Street. A Varsovie, à Lisbonne et dans de nombreuses villes américaines, l'essentiel de l'activité se fait dans des centres commerciaux. Des centres qui eux aussi évoluent.

Mais Internet n'est-il pas en train de vous ringardiser ?

Internet pèse et influence bien plus nos actes d'achat. L'information sur les sites, les avis sur les réseaux sociaux, les e-mails d'alerte… Tout cela est de plus en plus important mais ne représente que 10 % des achats. Il y a vingt ans, Jeff Bezos, le patron d'Amazon, prédisait la fin des dinosaures, la fin des grandes enseignes américaines. Vingt ans plus tard, son groupe a connu une croissance extraordinaire, dont le rythme se ralentit, et il n'est toujours pas rentable. Le commerce physique s'est, lui, réinventé. La moitié du commerce sur Internet est faite par des marques physiques qui ont développé une stratégie numérique. C'est cette partie du commerce qui est rentable sur Internet. Alors que la partie « pure player » continue de perdre de l'argent, à l'image d'Amazon. Ce qui se développe de façon rentable, c'est le « click & mortar », la complémentarité du site Web et du magasin physique. Les distributeurs qui investissent à la fois dans la modernisation de leur outil numérique et qui revisitent leurs magasins sont les vrais et les seuls gagnants d'aujourd'hui.

Mais pourquoi investir quand la consommation reste atone ?

Globalement, le marché français peut sembler stagnant, mais il existe des poches de dynamisme. Une chaîne comme Zara, qui investit dans le renouvellement et la croissance de ses magasins, progresse. Unibail-Rodamco, qui développe des centres commerciaux modernes, avec de nouvelles enseignes comme Apple, Forever 21 ou Uniqlo, pour lesquelles nous sommes une porte d'entrée sur le marché, permet aussi aux marques de progresser. Ceux qui souffrent, ce sont les centres de milieu de gamme qui n'évoluent pas assez.

Est-ce important pour vous d'ouvrir le dimanche ?

Le projet initial de la loi Macron, qui prévoyait de donner le choix aux commerçants d'ouvrir librement au moins 5 dimanches par an et jusqu'à 12 avec l'accord des maires, me semblait positif. Le fait de créer des zones touristiques internationales, également. Le commerce le dimanche n'a pas vocation à être généralisé. Ouvrir partout tous les dimanches n'aurait pas de sens. Mais ouvrir trois week-ends avant Noël, au début des soldes d'hiver et d'été ainsi que quelques dimanches ayant un sens au niveau local me semble justifié. Le commerce, c'est du lien social, c'est du dynamisme, c'est de l'activité économique. La France a besoin de saisir toutes les occasions de créer des emplois. Il faut bien sûr un cadre social, y compris dans les zones touristiques. Il faut du volontariat et des contre-parties salariales. Voyez ce qui s'est passé à Madrid, où les commerces sont ouverts maintenant tous les dimanches comme à Londres : ça a créé de l'emploi et attiré les touristes. A Paris, il faut par exemple ouvrir les Champs-Elysées, les grands magasins boulevard Haussmann ou encore le Forum des Halles. Je regrette que l'on soit encore si en retard.

Le chantier des Halles n'est-il pas un gigantesque casse-tête ?

Rénover le coeur de Paris, c'est forcément un projet complexe ! Il y a deux chantiers aux Halles. Celui de la Ville, qui a en charge la rénovation des réseaux souterrains, des aménagements à la surface et la canopée. En parallèle, Unibail rénove les parties commerciales et recrée des circulations et des promenades en plein coeur de la ville. On fait tomber les faux plafonds pour accroître de 30 à 40 % la hauteur des vitrines et donner de la majesté aux enseignes. On installe des prises électriques et du wi-fi gratuit partout car c'est ce qu'attendent les consommateurs. On renouvelle le portefeuille de marques en ouvrant le plus grand Muji d'Europe continentale. On accueillera le navire amiral de Lego. On modernise l'offre de restauration. Ce nouveau centre commercial sera à la fois ouvert sur la ville et relié par les transports en commun à toute l'Ile-de-France.

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France 'enters the modern world' with plan to open shops on Sundays Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L'humour anglais ...est toujours ce qu'il était. Ainsi, cet article de l'Independant, qui s'ouvre par la phrase à la poésie antinomique "La paix qui tombe sur les centres-villes et les centres commerciaux français le dimanche ne sera bientôt plus", et qui est bourré de subtiles remarques, en plus de s'ouvrir sur une photo de Vuitton, qui n'a pas attendu Macron pour ouvrir le dimanche !

Ainsi, le journaliste remarque que M. Macron estime que travailler le dimanche, c'est "entrer dans le monde moderne" et permet d'aller vers le genre de commerce dominical maintenant largement répandue en Grande-Bretagne (mais pas encore l'Allemagne, l'Autriche ou la Belgique), sous-endendant que ces trois pays sont obscurantistes. Ou quand il remarque que les lois françaises sont "un fatras d'exceptions et de contradictions". On encore qu'il rappelle le mécontentement de sa majesté Sarkozy, courroucée que les magasins n'ouvrent pas assez vite pour satisfaire les envies de shopping de Mme Obama ! Ou enfin quand il mentionne les arguments d'un des opposants, Joseph Thouvenel de la CFTC, qui ne faisait que.... lire les communiqués du bureau national du PS de 2009 !

Un pur régal, à déguster avec quelques muffins à l'heure du thé.

 

The Independent, 16/2

The peace which falls on French city centres and shopping malls on Sundays will soon be no more.

As part of a “job-generating” law likely to be agreed on Tuesday, shops in tourist areas of Paris and other French cities will be allowed to open every Sunday and until midnight on weekdays.

The relaxation of France’s century-old Sunday trading laws will also apply to some out-of-town shopping malls.

The changes, negotiated during an exceptional sitting of the lower house of parliament on Saturday, will almost certainly be approved on Tuesday as part of a wider drive to remove regulatory brakes on the French economy.

The assault on France’s 109-year-old restrictions on Sunday trading has split the ruling Socialist Party. Even the Socialist Mayor of Paris, Anne Hidalgo, whose city arguably stands to gain the most, has opposed the changes proposed by Emmanuel Macron, the reformist, Socialist economy minister.

Mr Macron argued that it was time for France “to enter the modern world” and move towards the kind of Sunday trading now widespread in Britain (but not yet Germany, Austria or Belgium). He was opposed by an unlikely coalition stretching from left-wing trade unions to the Catholic Church, which argues that widespread Sunday trading will destroy the traditional French weekend and fail to deliver the promised new jobs.

The changes are part of a much broader attack by Mr Macron on regulatory red tape in France which, he argues, creates unemployment by giving excessive protection to those in work. The law, which goes to the National Assembly tomorrow, also reduces the privileges acquired over decades by trades and professions ranging from lawyers to driving instructors.

The arguments for and against Sunday trading have been confused by the fact that – as in many aspects of French life – the present rules are a hotch-potch of exceptions and contradictions. Shops on the Champs Elysées already open on Sundays, but big department stores in other parts of the French capital are closed.

The former President Nicolas Sarkozy pushed through a change in the Sunday trading law six years ago. He claimed at the time that he had been “deeply embarrassed” when the US First Lady, Michelle Obama, and her daughters had been unable to go shopping in Paris on a Sunday. His changes – fiercely opposed at the time by the Socialist opposition – created a new pattern of contradictions that has satisfied nobody.

The new rules would create “international tourist zones” where all shops can stay open every Sunday and until midnight during the week. There would be four such zones in Paris including the Champs Elysées and the Boulevard Haussmann, which has the two largest department stores in the capital, Galeries Lafayettes and Printemps. Four other “open-all-hours” zones will be discussed by the government and Paris town hall.

Opponents complained that the changes failed to address what they say is one of the great anomalies in the existing law: some shop workers are guaranteed double time for working on Sundays, while others are not.

Joseph Thouvenel, of the moderate CFTC trade union federation, said yesterday: “Sunday working will not create growth. It will destroy jobs and create an unpleasant society.” He was reading from a Socialist Party statement contesting Mr Sarkozy’s changes in 2009. 

 
Travail le dimanche : Macron refuse l'appel au compromis des frondeurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Les députés PS "frondeurs" ont appelé samedi Emmanuel Macron au "compromis politique" sur le travail le dimanche, menaçant de ne pas voter son projet de loi mardi, mais le ministre a rejeté tout "compromis de façade" pour "rallier des voix".
 
Défendant un amendement prévoyant le doublement de la rémunération pour le travail le dimanche car "la loi doit protéger les salariés", Laurent Baumel (PS) a mis en garde le ministre car le "temps presse pour trouver les compromis nécessaires" sur cette loi "qui embarrasse votre majorité, bien au-delà des frondeurs" "Vous avez l'occasion de faire un geste politique avant mardi prochain (jour du vote solennel). Je vous conseille d'y réfléchir sérieusement", a-t-il insisté. 

Emmanuel Macron lui a répondu qu'il "ne cherchait pas des compromis politiques pour rallier des voix".

Je ne suis pas ouvert à des compromis de façade pour dire qu'on pourrait voter car ce n'est pas comme ça que je considère le dialogue politique. J'ai entendu en creux vos menaces. Ce n'est pas l'idée que je me fais du débat.
 
La réponse n'a pas plu aux frondeurs. "Dans ce cas-là, notre discussion n'est que formelle et rhétorique, j'ai pour ma part une autre opinion du débat parlementaire", lui a répondu Pouria Amirshahi (PS). "Souffrez que nous ayons une conception élevée de la démocratie. Tout n'a pas été réglé en commission, ce n'est pas une recherche indigne de compromis", a renchéri Christian Paul (PS).

Macron ne bouge pas d'un iota
 
Sur le fond, Emmanuel Macron a défendu que les compensations soient décidées par accord de branche, d'entreprise ou territorial. "S'il n'y a pas d'accord, il n'y a pas d'ouverture. Nous donnons la possibilité aux organisations sociales de bloquer l'ouverture le dimanche", a-t-il martelé. Certains grands magasins à Paris craignent ainsi de ne pas pouvoir ouvrir le dimanche, faute de trouver un accord avec les syndicats.

Sur le dialogue social, "les déclarations d'amour c'est bien mais les preuves d'amour c'est mieux", a-t-il lancé aux frondeurs. Alors que les élus UMP assistaient un brin goguenards aux débats, le PS Olivier Faure s'est réjoui "de leur chance d'assister en direct à un conseil national du PS".
 
Travail dominical : Loi Macron, la loi carnaval, bientôt votée ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le blog d'HB, 15/2/15

Cette année-là ! C’était le début des vacances de février. Tout une France insouciante partait aux sports d’hiver. La neige pleuvait, belle, au rendez-vous, effaçant la déconstruction à l’œuvre. Dans le dossier du travail le dimanche combien de décrets, d’ordonnances comme celle du 1er mai 2008, d’amendements félons comme celui de circonstance d’Isabelle Debré, de lois discutés en procédure accélérée, la nuit, pendant des vacances ou des jours fériés ? Eh bien, 2015 poursuivra la tradition de traîtrise. La Loi Macron a vu son chapitre troisième au titre « Travailler » arriver à la discussion parlementaire ce week-end, samedi et dimanche du début des vacances d’hiver. Rare.

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Outre-mer. Les jours fériés catholiques remplacés par d'autres fêtes ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La casse continue ! Après le travail du dimanche, le travail de nuit, bientôt la suppression des autres jours fériés ? 
 
 
Les jours fériés des fêtes catholiques pourront être remplacés Outre-mer, sur décision préfectorale, par des "jours fériés locaux", selon un amendement à la loi Macron.

Ce texte, proposé par la députée socialiste de la Réunion Erika Bareigts et d'autres élus d'Outre-mer, ne pourra entrer en application que lorsque la loi Macron aura été promulguée, s'il est maintenu dans les prochaines étapes de la procédure parlementaire et non censuré au final par le Conseil constitutionnel.

Dans le texte initial de son amendement, la députée précisait que les jours fériés susceptibles d'être remplacés étaient le lundi de Pâques, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, l'Assomption (15 août) et la Toussaint.


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Ouvertures le dimanche: Hidalgo dénonce un «recul démocratique» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Libé avec AFP, 14/2

Les députés ont voté dans la nuit la création de «zones touristiques internationales» où les commerces pourront ouvrir le dimanche et le soir.

La maire de Paris, Anne Hidalgo a qualifié samedi «de recul démocratique» la création votée par les députés, sans les garanties qu’elle demandait, de «zones touristiques internationales», en particulier à Paris, où les commerces pourront ouvrir les dimanches et soirs.

Anne Hidalgo réclamait un avis conforme du maire pour la création de ces zones, et la définition de «critères objectifs» pour leur définition, mais les amendements en ce sens ont été rejetés ou retirés lors du débat sur le projet de loi Macron à l’Assemblée dans la nuit.

«C’est ainsi la confiance qui est entamée, alors que le ministre de l’économie (Emmanuel Macron) s’était dit ouvert à l’idée» des critères objectifs, a déploré Anne Hidalgo dans un communiqué.

«Il s’agit d'un recul démocratique, à rebours de l’histoire décentralisatrice entamée il y a plus de trente ans», selon la maire de Paris.

Cet «empiètement de l’Etat sur le pouvoir des exécutifs locaux», au nom d’un rayonnement touristique dépassant les considérations locales, «trahit une vision recentralisatrice et jacobine de la régulation des territoires» et «le peu de cas qui est fait du tissu commercial et social parisien», critique encore la maire PS.

«C’est un non-sens économique de considérer que l’attractivité d une ville peut se gérer depuis Bercy», a ajouté Anne Hidalgo, qui dit «espérer» un revirement du gouvernement.

Outre le passage de 5 à 12 par an du nombre d’ouvertures dominicales par an, sur décision du maire, le projet de loi Macron prévoit que les ouvertures seront possibles tous les dimanches dans les «zones touristiques» ou «commerciales».

Outre le dimanche, les commerces des «zones touristiques internationales» pourront ouvrir tous les soirs jusqu’à minuit. Seront concernés Paris pour les Champs-Elysées, Saint-Germain et Haussmann, mais aussi des quartiers de Nice, Cannes et Deauville.

AFP 

 

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS