Accueil arrow Dossier législatif arrow Le projet Macron
Plan du site | Rechercher | Contact | Qui sommes nous | Liens
Le projet Macron
Autorité et Autoritarisme : petit rappel de vocabulaire à l'usage de Monsieur Valls Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le Grand Soir, 21/2/15 

[...]

L’AUTORITE : L’autorité contribue à l’efficacité du travail. Mais l’autorité, c’est la qualification que possède un ouvrier, un employé, un ingénieur, un cadre ou un technicien, reconnue notamment par les diplômes. L’autorité se construit sur la reconnaissance issue des formations (publiques), des diplômes (publics), et du « savoir-faire », qui permettent de construire la production effective du travail. Un cadre ou un ouvrier a une « autorité naturelle » du fait de ces constructions sociales reconnues. Le diplôme reconnaît les qualifications dans un domaine donné. Dans la loi Macron, rien de comparable. Il s’agit d’imposer les « oukases de l’Europe » (équilibre budgétaire apparent). Et devant le danger du risque de vote contre, alors le gouvernement, « bureau politique des marchés » impose l’autoritarisme…

L’AUTORITARISME : L’article 49, 3 c’est de l’autoritarisme, c’est même la dictature du pouvoir contre le peuple, via ses représentants dépositaires de la souveraineté. L’autoritarisme se pratique quand « l’autorité naturelle », celle issue de « l’intelligence démonstrative », ne fonctionne plus, en d’autres termes quand on est dépassé, et qu’on ne décide plus en fonction de l’intérêt général, selon des critères objectifs, mais sur des critères spécifiques et des intérêts individuels (ceux des marchés) [3] qui s’opposent à la république. Ce n’est pas pour rien, que sur cette loi, alors que le P.S a la majorité partout, ces « marionnettes des marchés financiers » l’imposent, acceptant de fait, l’inféodation de la France aux desiderata des marchés via la B.C.E, dont le seul credo, est l’accumulation financière contre les peuples.

LA FAIBLESSE DE L’AUTORITARISME : l’autoritarisme, c’est la dictature des faibles contre les forts. L’autoritarisme ne se pratique que par les faibles, car faibles sur le plan théorique, philosophique, et démonstratif, ils se réfugient derrière la « force de la loi », qui leur donne le pouvoir de museler, les critiques et propositions alternatives comme la supériorité militaire et les armes ont permis de détruire les indiens ou réduire les peuples au statut de « colonie », c’est-à-dire d’imposer une « loi centrale et marchande » au détriment du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». En ce sens, l’autoritarisme, c’est la « colonisation des esprits ». Montesquieu écrivait : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ». Telle se présente la loi Macron.

Fabrice Aubert

 
60 millions de cons sur le mur à Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
coup-de-gueule.jpg

La propagande infographique publiée ce jeudi sur le compte twitter officiel du gouvernement français passe les bornes.

Passe les bornes de l'irrespect, osant présenter aux citoyens un matraquage aussi infantilisant, produit avec nos deniers, c'est à dire le travail des citoyens. Si nous payons des impôts, des taxes, de la CGS, de la CRDS, des contraventions, des amendes, ce n'est pas pour que nous soit servie une soupe aussi méprisante de notre travail, et accessoirement de notre capacité d'intelligence.

Passe les bornes de l'indécence par l'univers auquel elle se rattache. Selon le gouvernement, il faudrait se mettre de la crème de Macron tous les jours pour "prendre un coup de jeune" : le travail de l'Assemblée Nationale est réduit aux fausses promesses des vendeurs de jeunesse éternelle, et ramène à l'univers de la publicité, du paraître, et du mensonge. Il faudrait que les électeurs prennent soin de s'en tartiner chaque jour, pour arriver enfin à être persuadés du bien-fondé d'une loi tellement mauvaise qu'elle a du être imposée par la grosse artillerie du 49.3, se situant exactement dans le cadre du "déni de démocratie" dénoncée en son temps par M. Hollande ? Un reniement de plus. Et au prix où est la vaseline, les sous-entendus graveleux ne sont pas loin.

Passe les bornes du mensonge, en laissant entendre qu'il ne s'agirait "que" de travailler certains dimanches avec des compensations garanties, alors que le travail du dimanche en ZC ou en ZTI (avec en bonus, le travail de nuit) sera possible tous les dimanches, et éventuellement sans aucune contrepartie. Par rapport à la vérité, c'est strictement orthogonal, M. Macron. 

Est-ce qu'il y a 60 millions de photos sur le mur des cons de M. Macron ? 


 

 
JOURS FÉRIÉS ADAPTÉS DANS LES OUTRE-MER : A Paris, la polémique enfle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Adopté par l'Assemblée nationale le samedi 14 février 2015, l'amendement sur les jours fériés adaptés dans les outre-mer fait polémique à Paris. Le texte porté par Ericka Bareigts, contesté par l'Eglise de France, est vivement critiqué par les personnalités politiques UMP et FN ainsi que par quelques polémistes. De quoi remettre sérieusement en cause la question de la laïcité à La Réunion et en métropole.
 
Lors de la présentation à la presse réunionnaise de l'amendement sur les jours fériés adaptés en outre-mer, Mgr Gilbert Aubry n'avait pas l'air aussi ravi que Ericka Bareigts. "Je ne suis pas rassuré sur les répercussions sur l'hexagone. La république avait supprimé certaines fêtes religieuses et cela avait entraîné quelques bouleversements", avait expliqué l'évêque de La Réunion. De son côté, la députée avait indiqué espérer "qu'il y aura des répercussions positives au niveau national." "C'est une grande réforme, dans 15 ans on en reparlera peut-être", avait-elle ajouté.

Force est de constater que pour l'heure, le texte porté par la parlementaire dionysienne n'a pas vraiment créé un emballement de la classe politique française. Au contraire, la proposition de l'élue a souvent été utilisée par la droite et l'extrême-droite pour attaquer le gouvernement socialiste dans le cadre des discussions sur la loi Macron et l'usage de l'article 49-3 par Manuel Valls.

"Pensez-vous vraiment que les petites tractations avec les élus des départements d'outre-mer, visant à instaurer des jours fériés différents de ceux du reste du pays sont un bon signal ?" La question, destinée au premier ministre, avait été posée par Christian Jacob lors du vote de la motion de censure. Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "cette initiative est une initiative malheureuse, elle porte en elle les risques d'une surenchère."

Pour Marion Maréchal-Le Pen, "c’est le délire laïcard qui veut qu’on fasse totalement table rase du passé, de notre héritage culturel qui, il est vrai, est en grande partie judéo-chrétien." "La tradition fait partie de notre identité", a déclaré la députée FN sur les ondes de Sud Radio. Le Front national est d'ailleurs le premier parti politique a avoir réagi officiellement sur ce sujet. Dès le dimanche 15 février 2015, Florian Philippot, le vice-président du FN, a dénoncé "une atteinte manifeste au principe d’unité et d’indivisibilité de notre République".

Une remise en question de la laïcité

Le texte, vivement débattu sur les réseaux sociaux, a également été la cible d'Eric Ciotti. "Avec la loi Macron, l'Aïd pourra remplacer Noël en outre-mer, irresponsable quand les Français s'inquiètent de voir leur mode de vie remis en cause. C'est totalement scandaleux au moment où on lutte contre les communautarismes", a écrit le député UMP sur Twitter. D'ailleurs, le président du conseil général des Alpes-Maritimes a annoncé qu'il demandera la saisine du Conseil constitutionnel pour "empêcher le remplacement en outre-mer des jours fériés catholiques."

En effet, l'amendement d'Ericka Bareigts qui a un lien peu évident avec le projet de loi sur "la croissance et l'activité" peut être retoqué par les sages du Palais-Royal. Un risque qui avait déjà été mesuré par Emmanuel Macron. "Il est du devoir du gouvernement de signaler que le lien avec la croissance et l'emploi reste très indirect, et il n'est pas à exclure qu'il y ait là un risque d'inconstitutionnalité, qui devra être mesuré", avait déclaré le ministre de l'Economie lors des débats.

Mais au-delà d'un éventuel rejet législatif, l'amendement porté par cinq députés ultramarins ouvre surtout une discussion polémique autour de la laïcité en France et en outre-mer. Même si l'adaptation du calendrier est à l'origine une demande formulée depuis une quarantaine d'années par la communauté tamoule de La Réunion, le débat glisse petit à petit vers l'Islam et des éventuelles réclamations par la communauté musulmane de métropole.

Une répercussion inquiétante alors que la France reste encore marquée par les attentats terroristes survenus en région parisienne début décembre. Ne fallait-il pas jouer totalement la carte laïque et ultramarine en redistribuant les jours fériés catholiques pour des événements uniquement non religieux comme la fin de l'engagisme ou encore un hommage aux déportés de la Creuse ? La question a le mérite d'être posée.

"Une forte attaque contre la religion catholique"

Du côté de l'Eglise de France, la réaction officielle est venue de part de Mgr Olivier Ribadeau-Dumas. "Il s'agit d'une attaque forte contre la religion catholique, nous ne pouvons l'accepter. Nous n'avons pas intérêt à ouvrir cette ligne de front qui pourrait être une boîte de Pandore. Il est illusoire en effet de penser que cela resterait cantonné à l'Outre-mer. C'est une mauvaise interprétation de la laïcité", a commenté le secrétaire général de la conférence des évêques de France."Je n'ai entendu ni le Consistoire ni le conseil français du culte musulman demander quoi que ce soit", a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

Il n'y a pas que les politiques ou l'Eglise qui s'est emparée du sujet. Les médias nationaux se sont également intéressés de près à cet amendement. "Ces jours fériés à la carte, c’est la porte ouverte à tous les abus, à la négation de ce qu’est la France", a déclaré sur RTL le chroniqueur Yves Thréard, remplaçant le polémiste Eric Zemmour à l'antenne. "Cet amendement, qui poursuit la mise à l’encan du dimanche férié, est une autre expression du mépris dans lequel le catholicisme est tenu", a écrit pour sa part le journaliste Ivan Rioufol dans son blog.

Dans une tribune publiée par Le Figaro, André Bercoff s'inquiète d'une éventuelle importation d'un tel calendrier en hexagone. "Le problème est de savoir jusqu'où ira le déshabillage des rituels chrétiens au service de l'apparition de nouveaux costumes religieux ou païens, ethniques ou communautaires, et surtout sa limite géographique. Car il n'y a vraiment aucune raison pour que la diversité ne s'étende point à notre Hexagone national", a souligné l'écrivain.

La réponse est venue de la part de Gabriel Serville. Dans un texte publié sur le site "Le +" du Nouvel Obs, le député de Guyane a indiqué que "l’hexagone pourrait s’inspirer des Outre-mer, territoires aux équilibres certes fragiles, mais où chacun respecte l’autre en faisant preuve de l’empathie nécessaire." "Quoi de mieux pour se comprendre que de célébrer nos différences, célébrer cet Autre, lors de jours fériés suffisamment marqués dans nos calendriers", a justifié le parlementaire. Au grand dam de Mgr Gilbert Aubry, les répercussions sur l'hexagone ont bel et bien été au rendez-vous.

 
Censure rejetée, et après ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L'article 49.3 est quelquefois nécessaire à un gouvernement mis en difficulté par les circonstances, et cet instrument constitutionnel, bien que son utilisation soit délicate, ne peut pas être rejetée dans tous les cas.

D'autre part, précisons que la personnalité d'Emmanuel Macron n'est pas en cause. Tout au long de ces débats épuisants, il a montré un engagement et une capacité de travail peu commune et qu'il faut saluer. Il est seulement à regretter que bien souvent, ses interventions ne soient pas des réponses aux questions posées, mais une répétition des argumentaires de ses communicants, réduisant le débat d'idées à l'application d'un plan marketing.

Les points qui ont posé problème sont de plusieurs ordres.

D'une part, la nature "fourre-tout" du projet de loi. Au lieu de faire travailler les ministères  sur leurs domaines, Bercy a imposé un catalogue de mesures tous azimuths, nécessitant des heures d'épuisants débats, et un travail nécessairement bâclé, traité sans le recul nécessaire. Sur le point du travail du dimanche, il n'est que de prendre connaissance du honteux "rapport" de France-Stratégie pour s'en convaincre.

Le second point est la rupture de l'esprit de la loi avec les positions du Parti Socialiste, et les promesses du candidat Hollande. Qu'il soit appelé virage social-démocrate ou tournant ultra-libéral, le virement de bord est orthogonal, selon le mot de M. Macron. Comment ce point du travail du dimanche, vivement combattu par les socialistes au moment de la loi Mallié, en vient à être imposé à coup de 49.3 par les mêmes socialistes ? Comment un électeur, en voyant le projet de M. Attali, initié par M. Sarkozy, prendre forme sous M. Hollande, peut-il éviter la tentation d'un vote désespéré ?

Le troisième point est l'absence de rapport entre les enjeux présentés et les moyens envisagés. Lorsqu'un ministre parle de "libérer la croissance", et qu'il vient expliquer que cette libération viendra par le travail du dimanche, le transport par autocars, ou la vente de nos aéoports aux Chinois, la tentation du citoyen oscille entre le fou-rire et la pitié. Les grands problèmes sont connus : poids de dette, poids du secteur public, alignement public/privé, fonctionnement de la justice, problème des retraites, confiance dans les institutions, interrogations identitaires, complexité du droit du travail et des systèmes en général. Or cette loi ne s'attaque à aucun de ces grandes questions, à tel point que personne n'en attend grand-chose, pas même le Président Hollande.

Pour le travail du dimanche, trois autres défauts viennent s'ajouter à ce constat : le flou du projet initial (pas de définition des Zones Commerciales ni des ZTI, pas de définition des compensations), l'absence de démonstration de son l'utilité économique, et le travail des lobbies de la distribution laissant à penser que cette loi est faite selon leur unique intérêt (car sinon, pourquoi autant d'acharnement, alors que cette loi n'était demandée par personne d'autre ?).

Il y avait peu de chances que le projet Macron suscite l'entousiasme de la majorité présidentielle, qu'elle prenait à contre-convictions. M. Valls ne comptait que sur le soutien du centre et de la droite pour la faire passer, espérant recycler l'attentat de la rue Nicolas Appert pour évoquer l'union nationale. Las, au fil des débats, la réalité des idées de M. Attali est apparue au grand jour, et l'opposition s'est refusée à tomber dans cette instrumentalisation, tandis que les Ecolos et le Front de Gauche montraient leur différence. Les plus courageux ont certainement été les Frondeurs, qui ont du braver les pénibles éructations de M. Valls visant à les intimider, alors qu'ils ne faisaient que ramener le PS à ses engagements, et que les ouvertures qu'ils avaient proposées avaient été écartées par M. Macron.

Et c'est seulement ici que l'emploi du 49.3 apparaît illégitime : car le potentiel rejet de la loi Macron par l'Assemblée ne relevait absolument pas d'une obstruction politique, d'un chantage quelconque, ou d'une tentative de déstabilisation du régime, mais simplement, à l'issue de débats extrèmement longs, de l'absence de pertinence de ce projet de loi pour une majorité des élus du Peuple. Il s'agit bien là d'une utilisation qui constitue un déni de démocratie, tel que M. Hollande le dénonçait lorsqu'il était Premier secrétaire du PS.

La suite dira si le travail des Sages pourra ramener ce projet à moins d'aberrations. A voir les menaces grimaçantes de M. Valls à se servir à nouveau d'un 49.3, la tâche ne sera pas facile. Nous l'y aiderons, dans la mesure de nos moyens.

Etienne NEUVILLE
Secrétaire Général du CAD 

 

 
Pour les frondeurs, "Manuel Valls est illégitime" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Pas question pour les frondeurs de franchir la ligne rouge, et donc de voter la censure déposée par droite. Le député socialiste François Lamy, bras droit de Martine Aubry, le dit clairement: "Je souhaite que ce gouvernement réussisse. Tout n'est pas noir ou blanc. Il y a entre nous et le gouvernement plus de convergences que de divergences". Alors pourquoi ce psychodrame sur le vote de la loi Macron? Pourquoi cette guerre incessante à coups de menaces et d'abstentions? Les frondeurs peuvent-ils éternellement prendre le gouvernement en otage? Peut-on être à la fois dedans et dehors, faire partie de la majorité et s'opposer à un texte symbolique du gouvernement?

La gauche qui ne sert à rien

D'ailleurs, les hollandistes ont donné de la voix. Limite menaçants. "Chacun aura à se rappeler qu'il a été élu dans le cadre d'une majorité après une présidentielle", a tonné le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui a par ailleurs qualifié les frondeurs de "soi-disant députés". Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux a affirmé que les députés frondeurs avaient "franchi un cap dangereux, une sorte de ligne rouge". Ajoutant: "S'ils se disent aujourd'hui membres du PS, ils doivent en respecter au moins les règles". Quant à Emmanuel Macron, il a fustigé les députés frondeurs, parlant de "la gauche qui ne fait rien, qui ne sert à rien".

Ligne du parti

Ambiance! Mais pas de quoi intimider les frondeurs. "Si vous reprenez la position du PS, et les 60 propositions de François Hollande, c'est nous qui sommes respectueux de la ligne du parti, affirme Christian Paul. Et Manuel Valls qui est illégitime!". Et de rappeler par exemple, que sur le travail du dimanche, il y a un mois, le bureau national du PS avait tranché en faveur de 7 dimanche et pas 12! "La démocratie repose sur des règles, renchérit François Lamy. J'ai été élu sur des propositions. Bien sûr elles peuvent évoluer, mais ce n'est pas seulement le groupe ou le gouvernement qui décide!".

Les frondeurs sont d’autant plus remontés, que dès vendredi 13, ils ont alerté Emmanuel Macron, et appelé à une négociation sur certains points, comme le licenciement dans le cadre d’un groupe, les zones touristiques, le nombre de dimanche… "Cela n’aurait pas compromis la croissance!". Ils ont fait des contrepropositions qui n’ont même pas fait l’objet d’une discussion. "Manuel Valls a voulu passer en force, en misant sur l’appui d’un certain nombre de parlementaires de droite, qui se sont défaussés. Il a pêché par assurance", conclut Christian Paul.  

En ayant recours au 49-3, pour faire adopter la loi Macron, le gouvernement sauve les apparences. Il affirme ainsi, notamment vis-à-vis de Bruxelles, sa volonté d’engager des réformes. Mais l’avenir apparaît compliqué! 
 
Repos dominical et jours fériés victimes de la brutalité du 49.3 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Repos dominical et jours fériés victimes de la brutalité du 49.3
 
Le gouvernement a donc eu recours à « la brutalité » de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. La motion de censure présentée par l’UMP et l’UDI n’a pas fait le plein et a été rejetée, faible de seulement 234 voix. La Loi Macron a été ipso facto adoptée. Sans vote. Voilà les trois actes d’une « comédie politique » joués, les tenailles d’un « piège institutionnel » refermées. Belle leçon de démocratie…Plus belle la gauche.
 
L'autoritarisme inquiétant de Manuel Valls
 
À la tribune de l’Assemblée nationale, les orateurs des différents groupes se sont succédé jeudi après-midi et ont révélé le malaise patent. La dérégulation qu’opère la Loi Macron, gage troqué à l’Union européenne donneuse d’ordres, n’a pas fait l’unanimité mais est passée en force. Et l'énervement de Manuel Valls, dans son obstination à vouloir fédérer les pour tout en stigmatisant les contre, a relevé, une fois encore, d'un autoritarisme inquiétant.
 
Après le vote, les commentateurs politiques, à commencer par BFM TV, ont tous diabolisé les frondeurs emboîtant le pas aux députés PS légitimistes qui se sont hâtés de demander la mise au pas de ces hétérodoxes qui pourtant, saluons-les, revendiquent un engagement de vérité par rapport à leurs électeurs. Carlos da Silva, l’ombre de Manuel Valls, en est à ce titre la caricature emblématique. Certains iront jusqu’à demander que les députés PS signent une charte d'adhésion. Autrement dit, que « l'adhésion de chacun soit réexaminée », a ainsi avancé sans sourciller Christophe Caresche.
 
Les phagocytés muets
 
Nous n’oublions pas non plus la mise au pas de certains députés récalcitrants à la libéralisation du travail le dimanche, précisément choisis comme rapporteurs en commission de la Loi Macron. Nous pensons par exemple à Stéphane Travert. L'honneur de la tâche l’a rendu subitement muet sur le dossier.
 
Des discours, nous sélectionnons ci-dessous les moments où le travail le dimanche a été convoqué. Les députés en ont tous parlé pour regretter, tous, le traitement que la Loi Macron lui inflige. Un bon signe. Car, ne nous méprenons pas, l’absence de contreparties de la Loi Macron annonce l’enterrement rapide du repos dominical. Comme celui des jours fériés chrétiens désormais actés. Avec des contreparties, l'enterrement s'en serait trouvé quelque peu retardé. H.B.
 
Christian Jacob (UMP) : « Pensez-vous sincèrement que faire travailler les commerçants douze dimanches par an, libéraliser les trajets en autocar ou encore organiser des déserts notariaux soit à la hauteur des enjeux du pays ? Pensez-vous vraiment que les petites tractations avec les élus des départements d’outre-mer visant à instaurer des jours fériés différents de ceux du reste du pays soient un bon signal ? Les jours fériés ainsi remplacés pourraient être le lundi de Pâques, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, L’Assomption, la Toussaint. »

Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG) : le mode de création des zones touristiques internationales paraît peu satisfaisant. En effet, celles-ci seront délimitées par les ministres chargés du travail, du commerce et du tourisme. Ce sont donc trois ministres, trois ministres seulement, qui décideront, au sommet de l’État, sans avoir besoin d’un avis conforme du maire, qui, lui, est sur place et connaît évidemment mieux la réalité locale. Bref, c’est plutôt l’inverse de la décentralisation, le déni du rôle nécessaire des élus locaux.

François de Rugy (Ecolo) : Nous vous avions dit, monsieur le ministre de l’économie, que de nombreuses dispositions de ce projet de loi ne pouvaient pas être mises en œuvre sans être profondément amendées et retravaillées avec l’ensemble des composantes de la majorité. Je pense notamment au travail dominical, question sur laquelle la situation actuelle n’est pas satisfaisante, notamment à cause de l’héritage de la loi Mallié, adoptée sous la précédente législature. Ce problème mérite mieux que quelques articles au sein d’un projet de loi auquel 150 nouveaux articles ont été ajoutés au cours de cette première lecture.

André Chassaigne (GDR) : La comédie politique à laquelle vous vous livrez aggrave le fossé qui se creuse entre nos concitoyens et les élus…

… abandon des commerces de proximité au profit des grands groupes…

… Ce projet de loi ne comporte que des reculs pour les droits des salariés, les services publics et les services de proximité. Les dispositions portant sur l’extension et la banalisation du travail du dimanche illustrent à elles seules le détricotage de notre modèle social…

… Mais ce qui est plus grave aujourd’hui, c’est que la comédie politique à laquelle vous vous livrez aggrave le fossé qui se creuse entre nos concitoyens et les élus. La crise à laquelle vous êtes confronté aujourd’hui est aussi morale. La dimension parfois technique des débats ne saurait masquer l’enjeu de l’offre politique alternative et du choix de société. En cela, la crise n’est pas technique, mais foncièrement existentielle : elle interroge notre rapport à nous-mêmes, au monde et à l’Autre, au capital et au travail...

Résignés et tétanisés face à la puissante vague néolibérale et réactionnaire, certains de ceux qui se disent progressistes ont déserté le combat des idées et des valeurs pour se laisser guider par un « gestionnisme réaliste ». Comme si un destin commun s’appréciait à l’aune des seuls taux directeurs de la BCE, de la croissance, de la dette publique, des sondages – à défaut de tout socle moral, prenant en compte, avant tout, l’humain. L’humain d’abord, l’humain avant tout !

La fracture entre le peuple et les élites – politique, financière, médiatique, bureaucratique, intellectuelle – se nourrit d’un profond sentiment d’injustice, qui cultive lui-même les divisions et les antagonismes, dans une société sclérosée en son sommet, profondément inégalitaire, sous tension identitaire, et incertaine de ses valeurs communes.

Soyons clairs. Pour des députés de la gauche progressiste.
 
Suisse : Assouplissement dès avril pour attirer les touristes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les Macronneries d'hier ne sont pas sans conséquences : nos voisins Suisse, qui proposent également des produits de luxe aux touristes, viennent de prendre une ordonnance qui permettra aussi à certains magasins d'ouvrir le dimanche. 

Notable différence toutefois, en Suisse, on ne mélange par tout dans un projet de loi aux aspects disparates, et on prévoit très précisément ce qu'est un commerce de luxe en zone touristique internationale, et qu'on essaye pas de faire croire que les touristes Chinois vont à Londre faire leurs achats quand les magasins Suisses sont fermés.

Il n'en reste pas moins que les Suisses ont à pâtir des stupidités françaises.

 
 
Le Conseil fédéral a adopté ce mercredi 18 février 2015 une révision d'ordonnance très controversée. Le gouvernement a revu sa copie à l'issue de la consultation. Les employés concernés par le travail dominical auront droit à des compensations allant plus loin que les dispositions légales.

Les besoins du tourisme international

L'ordonnance répond à une demande du Parlement. La redéfinition du travail dominical autorisé en zone touristique a été réclamée par Fabio Abate (PLR/TI) via une motion. Le fait que la libéralisation puisse se faire via une modification d'ordonnance, non attaquable par référendum, a fait bondir la gauche et les syndicats.

Les centres commerciaux répondant aux besoins du tourisme international pourront employer des travailleurs le dimanche, tout au long de l'année sans autorisation. Les 26 dimanches de congé minimaux par an pourront être répartis irrégulièrement, pour autant qu'il y en ait un par trimestre.

Plusieurs conditions

Pour bénéficier de cet assouplissement, les centres commerciaux devront remplir plusieurs conditions cumulatives. L'offre de marchandises doit être axée sur la clientèle touristique internationale : la majeure partie des magasins devront essentiellement proposer des articles de luxe (vêtements, chaussures, accessoires, montres, bijoux ou parfums).

Le chiffre d'affaires du centre commercial concerné devra outre provenir principalement de la clientèle internationale. Une exigence que devraient remplir la majorité des commerces qui s'y trouvent.

Le rôle prépondérant du tourisme

Enfin, le centre devra se situer soit dans les régions bénéficiant déjà d'allègements dominicaux (stations proposant cures, sports, excursions ou séjours de repos et pour lesquelles le tourisme joue un rôle prépondérant) soit à une distance d'au maximum 15 kilomètres de la frontière et à proximité immédiate d'une bretelle d'autoroute ou d'une gare ferroviaire.

Les centres commerciaux concernés par l'assouplissement seront désignés nommément dans une ordonnance du Département fédéral de l'économie. La liste sera établie sur proposition des cantons. Le texte tient compte de l'évolution des besoins en matière de tourisme, défend le Conseil fédéral. Il prend davantage d'acuité dans le contexte du franc fort et contribue à préserver les emplois. (ats/Newsnet)
 
Loi Macron : des belles paroles à la réalité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L'Huma, 17/2

Emmanuel Macron l’a martelé, il souhaite « mettre en capacité des élus des territoires de décider, mettre en capacité des Françaises et des Français de travailler en leur apportant les protections nécessaires qui dans de nombreux endroits n’existent pas ». Derrière les mots, le ministre de l’Économie a surtout tenté d’imposer sa conception de la généralisation du travail dominical. Il a notamment souhaité rendre les cinq dimanches d’ouverture décidés par le maire obligatoires alors qu’ils étaient facultatifs dans la loi Mallié de 2009. Face à la bronca des députés de gauche lors de l’examen du texte, il a été contraint de reculer.

En revanche, le passage de cinq à douze dimanches annuels est donc acté. Seule mini-concession à cette extension, les hypermarchés déduiront trois jours fériés sur ces douze ouvertures dominicales. Les salariés concernés par ces dimanches du maire continueront d’être payés double. Pour faire passer la pilule, le ministre n’a cessé de vanter les supposées contreparties au travail dominical. Mais celles-ci sont toujours conditionnées par la conclusion d’un accord d’entreprise, de branche, voire territorial, notamment en ce qui concerne la compensation des charges « induites par la garde des enfants ». La seule avancée, immédiate et tangible, est la majoration salariale de 30 % instaurée dans les supermarchés de plus de 400m2. Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, la compensation du travail de nuit ne sera pas non plus automatique, elle devra aussi être inscrite dans un accord collectif en ce qui concerne les moyens de transport ou la garde des enfants. Censée favoriser « le rayonnement international », la création des zones touristiques internationales (ZTI) va autoriser l’ouverture dominicale et nocturne, jusqu’à minuit, toute l’année ! Sur ce point, le gouvernement n’a pas cédé d’un pouce, s’arrogeant le droit de créer et de délimiter ces zones au nez et à la barbe des édiles. Malgré des débats houleux, la maire de Paris, Anne Hidalgo, n’a pas obtenu que les maires puissent avoir le droit de contrer cette décision.

 
En Savoie, "les Guerrières d'Albertville" ont lutté 4 ans contre le travail dominical Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Alors que le vote de la Loi Macron faisait rage, ce mardi 17 février dans l'après-midi, à l'Assemblée nationale, celles qu'on avait surnommées "les Guerrières d'Albertville" ont vécu les débats avec passion et amertume.

  • France 3 Alpes
  • Publié le 17/02/2015 | 20:59, mis à jour le 17/02/2015 | 21:35
On les avaient surnommées "Les Guerrières d'Albertville"
On les avaient surnommées "Les Guerrières d'Albertville"
Reportage. Corinne Pointet, déléguée CGT a accepté de revenir sur le parking du supermarché où elle a travaillé des années. Il s'appelait ED à l'époque. Il affiche désormais l'enseigne DIA et elle ne fait plus partie de l'entreprise depuis un an.

Elle se souvient de ce combat, 104 dimanches exactement, pendant 4 ans, durant lesquels elle s'est battue avec ses collègues.

"Ce qui me dérange le plus", dit-elle, "c'est qu'en 2009, c'est la Droite qui voulait faire passer la loi sur le travail du Dimanche et le PS nous disait "yes week-end". A présent, c'est la Gauche qui veut priver les salariés de ce droit. Je suis en colère, on écoute pas les femmes, on écoute pas le peuple".

De toutes les "Guerrières ", Peggy Schiltz est la seule encore en poste au supermarché qui ouvre désormais tous les dimanches matins. Elle, refuse toujours de travailler ce jour-là. 

Reportage de Céline Aubert & Nathalie Rapuc
Les Guerrières du dimanche
 
Travail dominical : les députés PS « ont trahi leurs électeurs » selon la CFTC Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
cftc.jpg

Miroir social, 17/2/15

« Je rappellerai simplement la position officielle du Parti socialiste quand il était dans l'opposition », a ajouté le vice-président du syndicat des travailleurs chrétiens.

Les députés socialistes ont « trahi » leurs électeurs en acceptant d'étendre l'ouverture des commerces le dimanche, a réagi Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, qui estime que cela va détruire des « dizaines de milliers d'emplois » dans les petits commerces.  

L'Assemblée nationale a voté la possibilité d'ouvrir les commerces tous les dimanches dans les « zones touristiques » ou « commerciales », si un accord est trouvé sur des compensations pour les salariés, et d'ouvrir 12 dimanches par an ailleurs, sous certaines conditions, deux propositions controversées du projet de loi défendu par le ministre de l'Économie Emmanuel Macron. « Pour une partie des parlementaires, c'est la trahison de leur électorat », a déclaré Joseph houvenel à l'AFP.

« Je rappellerai simplement la position officielle du Parti socialiste quand il était dans l'opposition », a ajouté le vice-président du syndicat des travailleurs chrétiens, citant un tract de la rue de Solferino : « Travail le dimanche : un effet nul sur la croissance, une fausse liberté pour les salariés, une décision destructrice d'emplois, un modèle de société inacceptable » (lire ici). Les parlementaires se sont, en outre, « complètement décrédibilisés » en « s'appuyant sur une soi-disant étude d'impact affligeante », a-t-il poursuivi.

En janvier, le commissariat général à la stratégie et à la prospective (France Stratégie) avait salué les dispositions du projet de loi Macron sur le travail du dimanche, estimant qu'elles auraient des effets positifs sur l'économie, notamment en matière d'emploi.

Pour Joseph Thouvenel, cette étude est « vide » : « rien sur les conséquences sur la vie familiale, rien sur les problèmes de santé des travailleurs le dimanche, rien sur le volontariat, rien sur les coûts pour les salariés, rien sur la désertification du territoire, rien sur les conséquences sur le commerce de proximité... » Sur ce dernier point, « les petits commerces ne pourront pas résister aux grandes enseignes », a estimé Joseph Thouvenel.

« C'est la destruction programmée de dizaines de milliers d'emplois », a-t-il prophétisé, citant « l'exemple italien » : « Selon un rapport des patronats du commerce italien en 2013, ils ont perdu 32 000 commerces et 90 000 emplois en deux ans depuis l'ouverture des grandes surfaces le dimanche ».

 
Loi macron : les frondeurs sous pression Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

La Dépèche 17/2

L'Assemblée nationale se prononce par un vote global demain, après trois semaines de débat, sur le très controversé projet de loi Macron. Le texte comporte quelque 200 articles avec, entre autres, la réforme de la profession de notaire et surtout l'assouplissement des règles sur le travail du dimanche.

Le nombre d'ouvertures dominicales autorisées des commerces passe ainsi de 5 à 12 par an, sur décision du maire (après avis du conseil municipal jusqu'à 5, et de l'intercommunalité au-delà de 5). Ces dimanches seront payés double.

La plupart des députés UMP et le Front de gauche voteront, pour des raisons opposées, contre le texte, approuvé par la majorité du groupe socialiste et des radicaux de gauche.

La majorité des centristes s'abstiendront, les écologistes sont partagés et les socialistes se répartiront entre vote contre et abstention. Au total, le gouvernement se montre confiant sur l'issue du scrutin, prévu peu avant 17 h 00.Après le vote, le projet de loi «pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques» du ministre de l'Économie Emmanuel Macron partira au Sénat pour un examen au printemps, l'Assemblée ayant au final le dernier mot. 

 
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >>

Résultats 23 - 33 sur 140

Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS