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Le projet Macron
Loi Macron : le plan de l'exécutif pour faire voter le texte Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Le texte sur la croissance et l'activité est examiné à partir d'aujourd'hui en commission spéciale de l'Assemblée.
Des concessions sont attendues sur le travail dominical.
 
La gauche va-t-elle s'éviter une crise identitaire sur le projet de loi Macron ? Le texte sur la croissance et l'activité est examiné à partir de cet après-midi par une commission spéciale de l'Assemblée avant le débat dans l'hémicycle à partir du 26 janvier. Avant l'attentat de « Charlie Hebdo », tous les ingrédients étaient réunis pour transformer ce parcours parlementaire en grand déballage au sein de la gauche : le parti pris d'une déréglementation ; l'importance symbolique que lui ont donnée François Hollande et Manuel Valls ; l'approche des élections départementales de mars qui rend les élus frileux ; la perspective du congrès du PS de juin qui attise la combativité des « frondeurs ». A l'opposition entre Manuel Valls et Martine Aubry avant Noël a succédé une passe d'armes entre Cécile Duflot et Emmanuel Macron en début de semaine dernière.
A défaut d'avoir prise sur les communistes (opposés à la philosophie de la loi) et sur les écologistes (qui ne siègent plus au gouvernement), le gouvernement a concentré son attention, comme souvent depuis un an, sur les députés socialistes. Le ministre de l'Economie a payé de sa personne en recevant beaucoup d'élus - y compris des « frondeurs » et des centristes.
Large éventail de sensibilités
Les dirigeants de la majorité ont accordé un soin particulier, en lien avec l'Elysée et Matignon, au choix du rapporteur général du texte, Richard Ferrand (lire ci-dessous), et des huit rapporteurs thématiques. Outre leurs compétences sur les sujets traités, ils représentent un large éventail de sensibilités du PS. Et ceux issus de son aile gauche ont hérité des sujets les plus sensibles pour la majorité. Le « frondeur » Denys Robiliard veille à la réforme des prud'hommes, Cécile Untermaier, proche d'Arnaud Montebourg, travaille sur les professions réglementées et Stéphane Travert, proche d'Henri Emmanuelli comme Richard Ferrand, gère la réforme du travail du dimanche et de soirée. Les deux hommes ont d'ailleurs suggéré un déminage sur le travail dominical. Désireux d'éviter « une négociation grotesque » sur le nombre de dimanche d'ouverture commerciale , ils proposent de réduire, voire de supprimer les ouvertures obligatoires (cinq dans le texte actuel) tout en conservant le plafond de douze facultatives (devenu symbolique). Une façon d'éviter la contrainte -  « contraire à la philosophie de la loi » - tout en renvoyant la responsabilité sur les maires. « Tout l'esprit du texte est de lever les contraintes », confirme-t-on à Bercy.
Au-delà des dispositions particulières, les défenseurs du texte s'emploient à lui donner un autre sens que celui qui a prévalu avant Noël : marquer des points à Bruxelles. Le ministre et le rapporteur s'y attellent déjà en vantant « la gauche de mouvement ». 
Elsa Freyssenet, Les Echos
 
Travail du dimanche : la Fédération nationale de l’habillement s’oppose à la réforme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Se démarquant de la position du Conseil du Commerce de France, la Fédération nationale de l’habillement (FNH) a notifié aux députés son opposition à la modification des règles d’ouverture des commerces le dimanche. 
 

« L’équité entre les commerçants, avec 5 dimanches pour tous et rien que 5 dimanches pour tous dans les zones non concernées par les dérogations, doit être respectée pour préserver l’équilibre entre les différentes formes de distribution » pour Bernard Morvan, président de la FNH. « Notre modèle économique d’entreprises familiales à taille humaine est fragile et doit être préservé ».

La fédération rappelle ainsi que l’année 2013 a été catastrophique avec 13 000 disparitions de magasins indépendants, et que rien dans l’année 2014 n’incite à l’optimisme pour 2015.

« La FNH est favorable aux dérogations au repos dominical telles qu’elles existent aujourd’hui et sait même que la législation en vigueur est largement suffisante, car non exploitée dans toute sa dimension », indique l’organisation professionnelle. « Elle soutient également les accords territoriaux inscrits dans le projet de loi, à partir du moment où ils permettent aux acteurs locaux de décider du nombre d’ouvertures dominicales en fonction de justifications économiques. »

La FNH pointe le danger de permettre le passage de 5 à 12 dimanches ouverts partout, hors zones soumises à dérogation. Une décision qui viendrait « fragiliser le commerce de centre-ville », pour la Fédération. « Le refus de la FNH de s’aligner sur les positions du Conseil du Commerce de France n’est dicté que par l’actuelle absolue nécessité économique et sociale de son secteur. »
 
Ouverture le dimanche : les professionnels de l'habillement pas convaincus Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Alors que la loi Macron va être examinée à partir du 22 janvier devant l'Assemblée nationale, les lobbys s'agitent en coulisses. A commencer par ceux de l'habillement, qui estiment que douze dimanches, c'est peut-être trop.

La Fédération nationale de l'habillement a fait parvenir aux députés des propositions d'amendements visant à défendre le commerce indépendant de centre-ville. Partant du constat que 13 000 magasins indépendants ont fermé en 2013 dans le secteur de l'habillement, elle se désolidarise du lobby le Conseil de commerce de France qui rassemble 770 000 entreprises et 3,3 millions d'emplois. Point besoin de douze dimanches d'ouverture, comme le préconise la future loi Macron, cinq suffisent. "L'équité entre les commerçants, avec cinq dimanches pour tous et rien que cinq dimanches pour tous dans les zones non concernées par les dérogations doit être respectée pour préserver l'équilibre entre les différentes formes de distribution". Les professionnels de l'habillement trouvent même que la législation en vigueur est largement suffisante, car non exploitée dans toute sa dimension.
 
Ouverture des commerces le dimanche : les incohérences du projet de réforme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Journal de l'Economie, 6/1/15

Le projet de loi pour la croissance et l’activité a pour objectif, en partie, de réformer la délicate question de l’ouverture des commerces le dimanche pour simplifier les règles actuelles, aussi complexes que contestées, et « libérer le commerce ». Mais en l’état, le projet comporte encore des incohérences qui risquent bien de lui faire manquer son but.

Ouverture des commerces le dimanche : les incohérences du projet de réforme

Ouverture dominicale : un casse-tête centenaire

Le principe du repos dominical a été inscrit dans la loi en 1906. Depuis, c’est à coups de dérogations et d’exceptions que l’on règle, par zones, secteurs d’activité, ou au cas par cas, les ouvertures dominicales. Une situation souvent injuste et devenue intenable : on se rappelle du combat des enseignes de bricolage pour obtenir, à l’instar des jardineries et magasins d’ameublement, l’autorisation d’ouvrir le dimanche. Un décret leur a finalement octroyé ce droit au printemps dernier. 

Mais dans le même temps, plusieurs commerces alimentaires de proximité ont été obligés de fermer leurs portes le dimanche– eux sont autorisés à ouvrir ce jour mais seulement jusqu’à 13h, si le préfet ne s’y oppose pas. Et ce, malgré le soutien des consommateurs, des entrepreneurs, inquiets des répercussions économiques de telles décisions (perte de chiffre d’affaire de l’ordre de 10 à 20%... et perte d’emplois en conséquence), mais aussi en dépit des revendications de salariés défendant leur droit à travailler le dimanche, contre compensations. Au Carrefour City de la gare Saint-Lazare, frappé à l’automne dernier par une interdiction d’ouverture le soir et le dimanche, ce sont d’ailleurs les salariés eux-mêmes qui ont intenté une action en justice pour réclamer le droit à l’ouverture dominicale de leur magasin (1)… En vain (2). 

Quant aux zones touristiques et PUCE, où le droit d’ouvrir le dimanche est permanent, elles sont régulièrement l’objet de contestations quant à la définition de leur périmètre. Le projet de loi pour l’activité porté par Emmanuel Macron a pour ambition d’apporter une réponse législative plus cohérente, claire, et égalitaire à la situation actuelle.

Une réforme nécessaire

Et l’axe est affirmé : « il faut développer le travail du dimanche et permettre aux territoires de respirer », a déclaré Emmanuel Macron lors de la présentation du projet de réforme (3). Il s’agit en effet de permettre aux commerçants de s’adapter à une société qui n’est plus celle d’il y a un siècle. L’élargissement des horaires est une demande forte de la part des consommateurs, et parfois une condition de survie des commerçants, a fortiori quand le e-commerce est entré dans les mœurs. Emmanuel Macron a d’ailleurs rappelé à ce titre qu’Amazon réalise le quart de son chiffre d’affaires… le dimanche. 

L’ouverture dominicale serait aussi vectrice de création d’emplois (quand les obligations de fermeture les détruisent), de développement économique, mais aussi la réponse à une demande des salariés, sous réserve que soient garantis les principes du volontariat et des compensations – points auxquels le gouvernement se dit heureusement particulièrement attentif. Un document diffusé mi-novembre (4), encore soumis à arbitrages, tempère Bercy, permet d’y voir plus clair dans les mesures concrètes envisagées. Problème : en l’état, il n’est pas sûr que les incohérences actuelles puissent être réellement réglées par cette réforme…

Des incohérences préoccupantes

En premier lieu, il est prévu de supprimer les deux types de zones, touristiques et PUCE, dans lesquelles l’ouverture dominicale est permise aujourd’hui. Et la simplification passerait ici par la création de trois nouvelles zones : « touristiques », « commerciales », et « touristiques internationales » [sic !]. On sait qu’elles devraient être plus étendues qu’actuellement, et donc concerner davantage de commerces, notamment afin d’augmenter les revenus issus du tourisme. Néanmoins conserver le principe des zones ne permettra pas d’échapper au casse-tête de leur délimitation et n’évitera pas les incontournables problèmes de distorsion de concurrence en fonction des implantations (sans même parler du e-commerce…). 

En outre, les commerces alimentaires seraient exclus de ce dispositif. Une restriction peu compatible avec l’esprit de la loi, qui est « de restaurer une forme d’égalité des chances sur le plan économique », explique Emmanuel Macron. Et encore plus surprenante quand on sait qu’il se dit attaché au fait de « protéger les commerces de centre-bourg et de centre-ville », manifestement hors commerces alimentaires. 

Or la vie touristique bien sûr, mais surtout l’animation locale des villes, quartiers et villages dépend pour beaucoup de la présence de ces commerces de proximité, notamment alimentaires.  « Il n’y a pas que des touristes chinois amateurs de produits de luxe, mais aussi des consommateurs français qui veulent faire leurs courses quand ils en ont le temps », plaide Jacques Creyssel (5), délégué général de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution. D’autant que d’un point de vue économique et de l’emploi, cette mesure serait lourde de conséquences : ces commerces – eux aussi concernés par la concurrence du e-commerce – pourraient y laisser des milliers d’emplois, estime Jacques Creyssel. 

Les principes de simplicité et d’égalité pourraient encore être mis à mal par d’autres éléments de la réforme. Il est par exemple question de déterminer par arrêté ministériel la dizaine de gares – pas plus – où les commerces pourraient ouvrir le dimanche. Un droit dont tous les aéroports disposent pourtant depuis bien longtemps. Enfin, le nombre de « dimanches du maire », ces dimanches durant lesquels les magasins hors zones spéciales peuvent ouvrir sur autorisation du maire, seront portés de 5 à 12, dont 5 seront « de droit », c’est-à-dire acquis sur simple déclaration. Pour les 7 autres, il y aura – comme aujourd’hui - des maires qui les accorderont tous, d’autres aucun…    

Alors que le gouvernement affirme que clarté, simplicité, égalité et soutien économique aux commerçants constituent le socle de la réforme, force est de constater que les restrictions d’ores-et-déjà envisagées risquent de ne pas tellement réformer certains travers actuels… 

 

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/travail-le-dimanche-et-le-soir-les-salaries-d-un-carrefour-city-contestent-la-justice_1348134.html
http://www.metronews.fr/paris/le-carrefour-de-la-gare-saint-lazare-ne-pourra-ouvrir-ni-le-soir-ni-le-dimanche/mnbi!3omQ2V3DUgOWk/
http://www.economie.gouv.fr/projet-de-loi-pour-l-activite-les-axes
http://issuu.com/smundubeltz/docs/projet_de_loi_macron/1?e=13921184/10201273
http://www.challenges.fr/tribunes/20141119.CHA0490/pourquoi-il-faut-ouvrir-les-magasins-le-dimanche-et-le-soir.html 

 

 
Travail du dimanche: Macron refuse "de marchander" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Le ministre de l'Economie assure qu'il ne "marchandera pas" sur le nombre d'autorisations de travail dominical prévues dans son projet de loi, lors de l'examen au Parlement. Dans un entretien aux Echos, il assure également que son texte "va créer plusieurs dizaines de milliers d'emploi" en un an et demi. 
 
Emmanuel Macron l'assure: il ne marchandera pas sur le nombre d'autorisations de travail dominical. Le projet de loi pour l'activité du ministre de l'Economie sera examiné au Parlement à la fin de ce mois de janvier. De nombreuses voix, y compris au sein de la majorité, ont émis d'importantes critiques sur ce texte, notamment sur la réforme du travail du dimanche .

Mais le ministre l'affirme dans une interview publiée sur le site des Echos ce mardi 6 janvier: "Il n’est pas question de tomber dans un marchandage sur le nombre de dimanches travaillés à autoriser".

"Cécile Duflot me fait penser à Woody Allen"

Le patron de Bercy explique que l'un des objectifs de son texte "est de donner plus de liberté au niveau des maires". "C’est sur ce degré de latitude que doit se faire le débat pour trouver le bon mécanisme afin de préserver et d’encourager le commerce de proximité en centre-ville", ajoute-t-il. Le projet de loi d'Emmanuel Macron prévoit, en effet, de faire passer de 5 à 12 le nombre d'ouvertures administratives que les maires peuvent accorder.

Parmi les élus qui ont critiqué l'extension du travail dominical figure l'ancienne ministre du Logement, l'écologiste Cécile Duflot qui, le 4 janvier dernier, qualifiait la mesure de "renoncement social". "Cécile Duflot me fait penser à Woody Allen: 'Ma réponse est non… Mais quelle est la question?' En relisant le projet de loi, elle découvrira que ses craintes ne sont pas fondées", répond Emmanuel Macron dans l'interview. 

Interrogé sur les répercussions économiques de son texte, Emmanuel Macron ne s'avance pas sur des chiffres précis (tu parles ! NDLR). Mais il assure "avec certitude que cette loi va créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois d’ici à dix-huit mois, notamment dans les secteurs que l’on ouvre à la concurrence (autocars, professions réglementées) et via l’ouverture dominicale des commerces".

"La place de la Grèce est dans la zone euro"

Dans ce même entretien, Emmanuel Macron s'exprime également sur l'Europe, avec en première ligne le dossier grec. "La place de la Grèce est dans la zone euro, quel que soit son prochain gouvernement", affirme le ministre de l'Economie. Une façon de mettre les points sur les "i" alors que selon le journal allemand Der Spiegel, Berlin serait prêt à laisser la Grèce sortir de l'euro si le parti de gauche radicale Syriza, favori dans les sondages, devait remporter les prochaines élections législatives anticipées.

Emmanuel Macron juge par ailleurs que la Grèce symbolise "l'épuisement démocratique" que connaissent les "pays soumis à l'austérité". Ce pour quoi "nous voulons convaincre notre partenaire allemand que la France et l'Allemagne doivent aller beaucoup plus loin ensemble pour la relance de l'Europe", explique-t-il.

"Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires"

Enfin, une phrase du ministre de l'Economie ne devrait pas manquer de faire réagir à gauche. "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires", estime-t-il ainsi. "Je ne fais pas partie de ceux qui stigmatisent les entreprises du CAC 40, car ce sont elles qui structurent l’économie française. Il faut que les start-up d’aujourd’hui préfigurent le CAC 40 de demain".

 
L'appel de Frédéric Lefebvre à voter la Loi Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Entendu hier sur Europe 1 à 18h45, l'appel de Frédéric Lefebvre aux députés de l'opposition à voter la Loi Macron dont les "propositions sont issues de nos propres propositions" comme par exemple celles sur le travail le dimanche. Le député des Français résidant à l'étranger rappelle leur appartenance au Rapport Attali et pense que d'autres députés de droite comme peut-être Benoist Apparu pourraient bien la voter également.
 
Actuellement, il manque à gauche au moins trente voix pour le vote de la loi "Croissance et activité", trente frondeurs déterminés. Pourraient donc venir combler le trou ceux qui se présentent comme "fidèles non à un parti", en l'occurrence l'UMP, mais "à la France" !
 
Drôle de vision du patriotisme que de brader la fine fleur de notre modèle social et les acquis du Haut Conseil de la résistance en louchant sur les pratiques libérales anglo-saxonnes. "Emmanuel Macron est aimé à droite" a-t-on également entendu hier soir dans C Dans L'Air. La preuve par l'illustration sur Europe 1 a déboulé dans la foulée... Le rassemblement, c'est maintenant !
 
Les femmes, premières victimes de la loi Macron? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

20 minutes, 5/1/15

Les femmes salariées seront les premières victimes de la loi Macron, qui prévoit d'augmenter le nombre annuel de dimanches travaillés dans les commerces, a dénoncé lundi une association féministe. Dans un communiqué, le mouvement des efFRONTé-e-s s'insurge contre l'extension du travail du dimanche dans un secteur où «près de 80% des salarié-e-s sont des femmes»: «caissières, vendeuses, parmi lesquelles des mères célibataires ayant la garde des enfants, pas scolarisés le dimanche, auxquels il faudra trouver un moyen de garde». «Elles seront les premières victimes de la loi !», souligne l'association de féministes et militants LGBT.

«Les salarié-e-s acceptent tout»

«Selon Emmanuel Macron, seul-e-s les volontaires travailleront le dimanche ou jusqu'à minuit. Dans un contexte de chômage massif, les salarié-e-s acceptent tout», relève-t-elle encore. Pour les efFRONTé-e-s, la loi Macron revient sur le repos dominical qui permet «à toute la famille de se retrouver», et tend à banaliser le travail de nuit. «En rentrant du travail à minuit, les parents trouveront leurs enfants couchés. Est-ce cela un gouvernement qui se dit préoccupé par la famille, les loisirs, l'émancipation ?», interroge-t-elle.

Rappelant que les femmes «subissent toujours 27% d'inégalités salariales», le communiqué affirme qu'il faut «lutter contre la fragmentation des horaires de travail, la précarisation des contrats, les abus du temps partiel imposé, dont les femmes sont toujours les premières victimes». La loi Macron prévoit notamment de permettre aux commerces d'ouvrir 5 dimanches par an sans autorisation spéciale et jusqu'à 12 dimanches avec une autorisation des mairies. Dans les zones touristiques internationales, ils pourront ouvrir jusqu'à minuit. Le travail dominical ou de nuit doit entraîner des compensations salariales.

 
Travail le dimanche : le regain de fermeté très tactique de l’exécutif Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
les Echos  |  

Le gouvernement veut augmenter le nombre de dimanche qui pourront être travaillés : 5 le seraient de droit et 7 autres dimanches pourraient être accordés si la mairie le souhaite. - SIPA

Le discours sur le travail dominical a changé au sommet de l’Etat. Il n’est plus question de dire que le nombre de dimanches qui pourront être travaillés sera inférieur aux 12 fixés dans le projet de loi Macron.

Nous verrons avec le Parlement. Entre 5 et 12 dimanches, on voit bien qu’il y a une marge pour un débat. » C’est ce que disait le Premier ministre, le jour même de la présentation aux journalistes du projet de loi sur la croissance et l’activité, le 10 décembre dernier. Mais, depuis, le discours sur le travail dominical a changé au sommet de l’Etat. Il n’est plus question de dire que le nombre de dimanches qui pourront être travaillés sera inférieur aux 12 fixés dans le projet de loi Macron (5 le seraient de droit et 7 autres dimanches pourraient être accordés si la mairie le souhaite). Même tonalité à Bercy, où l’on ne veut pas se lancer dans un « marchandage sur le nombre de dimanches concernés ».

D’où vient ce regain de fermeté ? Vraisemblablement d’une volonté de ne pas commencer une négociation en faisant d’emblée des concessions. Que vaudrait un assouplissement à 7 ou 9 dimanches in fine si cet aboutissement était déjà acquis avant même que ne s’ouvre le débat parlementaire ? Par ailleurs, la marge de manœuvre sur laquelle compte jouer le gouvernement devrait moins porter sur le nombre total de dimanches (les fameux 12) que sur ceux, 5 par an, qui doivent être donnés de droit par la municipalité. Pourquoi contraindre tous les maires à laisser ouvrir les commerces de leur commune 5 dimanches par an si la demande n’existe pas ? Même parmi les plus grandes villes, toutes n’utilisent pas aujourd’hui entièrement leur quota de 5 dimanches potentiels par an. Le chiffre de 5 dimanches de droit pourrait donc être revu à la baisse. De même, l’exécutif est sensible à l’argument des commerçants de centre-ville qui craignent de voir leur clientèle leur échapper au profit des hypermarchés de périphérie. Un régime spécifique pourrait-il s’envisager pour les centres-bourgs ? La question reste ouverte.

Un texte bien plus vaste

Dans tous les cas, ces réflexions montrent que l’exécutif n’est pas buté sur le schéma actuel du projet de loi. Et pour cause. « Le travail le dimanche, c’est là que va se jouer l’avenir politique de la loi Macron », estime un haut fonctionnaire, bon connaisseur du texte. Or ni le chef de l’Etat ni son ministre de l’Economie ne veulent perdre le bénéfice d’une loi qui est censée être le dernier grand texte économique du quinquennat pour une histoire de 8 ou 12 dimanches par an. Si les joutes parlementaires vont se multiplier sur le travail le dimanche, dont les opposants veulent faire un débat de civilisation, les autres sujets traités par la loi Macron sont tout aussi voire plus importants aux yeux du ministre de l’Economie. L’assouplissement des règles de transport par autocar devrait créer bien plus d’emplois que l’ouverture des magasins le dimanche, par exemple. De même, la réforme des prud’hommes ou celle des professions réglementées valent bien, pour Emmanuel Macron, quelques dimanches travaillés par an en moins par rapport à son projet. 

ARTICLE(S) ASSOCIÉ(S) Une réforme insuffisante pour relancer l'activité

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Loi Macron...Voulez-vous travailler le dimanche ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Au-delà de sa conception « fourre-tout », difficilement acceptable mais sans doute volontaire pour mieux faire passer certains articles controversés – et je pense notamment à ceux spécifiques sur le droit du travail – le débat se focalise essentiellement aujourd’hui, et c’est compréhensible, sur l’extension du travail du dimanche. Le texte prévoit une déréglementation d’ampleur du travail dominical, en autorisant notamment le passage de 5 à 12 dimanches travaillés, à la discrétion des maires et sans volontariat des salariés. Le projet de loi étend également les territoires dans lesquels le principe du repos dominical ne s’applique plus. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de citer le Figaro.fr du 10 décembre dernier :    «  La respiration dominicale est un marqueur de notre histoire, de notre physionomie propre. Depuis Constantin, il est investi pour les activités de la sphère humaine, non consumériste, qu’elles soient familiales, sportives, associatives, culturelles ou religieuses. Et pour une homorythmie de repos. C’est ce qui contribue, en grossissant le trait, à faire que la France n’est pas la Corée du Nord, et qu’il reste un peu de temps de cerveau humain disponible qui n’a pas encore été vendu à Coca-Cola, chacun se souvenant de la phrase de M. Le Lay. »….Et c’est bien le Figaro qui l’écrit…. Sans commentaire !

Cette loi est une loi de dérégulation. C’est au nom de la dérégulation que l’Etat se désengage au fil du temps de la gestion économique et sociale de notre pays au profit de la loi du marché. Et l’actualité fourmille en ce moment d’exemples de ce qu’il aurait fallu ne pas faire comme la privatisation des autoroutes et sans doute aussi celle de plusieurs aéroports !

Lire la suite...
 
Leclerc sur le gouvernement: "ces gens sont des menteurs" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

BFM, 19/12/14

Michel-Edouard Leclerc, le patron de l'enseigne de grande distribution du même nom, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi sur BFMTV et RMC.

L’amende record infligée jeudi à 13 entreprises – dont L’Oreal, Colgate ou Unilever – a visiblement satisfait Michel-Edouard Leclerc. Invité de BFMTV et RMC, le dirigeant en a même rajouté une couche: Ce qui m’étonne, c’est que ça vous étonne, a-t-il ironisé face à Jean-Jacques Bourdin, qui l’interrogeait sur la question. Selon lui, il s’agit même d’une "tendance naturelle des grandes entreprises".

# "Au final, les consommateurs paieront l’amende"

"Ca existe encore, et parfois sous l’autorité de l’Etat", a-t-il poursuivi. "Sur les produits agroalimentaires, sur les produits agricoles, qu’est-ce que vous croyez qu’il se passe? Il y a des agriculteurs qui n’ont pas beaucoup de revenus, leurs syndicats font le siège du ministère. On vient me demander de pratiquer un prix un peu plus cher, décidé par les syndicats, pour que les agriculteurs traversent la crise. J’ai ça sur la fraise, le lait, etc. Ce n’est pas de l’entente illicite car c’est le ministre qui l’a organisée!". Et même s'il salue le travail de l'Autorité de la concurrence, Michel-Edouard Leclerc souligne que cette amende "médiatico-pédagogique, ce sont aussi les consommateurs qui vont la payer", puisque les entreprises concernées la répercuteront sur leurs prix. 

# "On se tape 800 millions d’impôts en plus"

En outre, le patron des célèbres supermarchés a mal digéré la taxe sur les surfaces commerciales pour la grande distribution, "la Tascom". Notamment car le gouvernement avait promis qu'aucune hausse d'impôts n'interviendrait en 2015. "Le président l’a dit, Valls l’a dit, Macron l’a dit, Sapin l’a dit. Et, de manière cumulée, on se tape 800 millions de hausse d’impôts en 2015. Ces gens sont des menteurs", s'est-il emporté. "Le pire, c’est qu’Amazon ne paye pas d’impôts, bénéficie du CICE et ne paiera pas cette taxe". D'autant qu'au final, "c’est le consommateur qui va payer, c’est comme une TVA". 

# Travail du dimanche : "il n’y aura plus de foot!"

Michel-Edouard Leclerc a également maintenu sa position sur le travail dominical: "Je ne suis pas fermé à ce que les grands magasins parisiens ouvrent. Mais en province ça ne va pas être un succès considérable. Nos salariés y sont majoritairement défavorables et moi aussi", a-t-il fait savoir. "C’est bien quand on est consommateur de trouver tout. Mais quand on est travailleur, c’est quand même vachement bien d’avoir un temps de pause et d’avoir la famille avec soi. Et puis y‘ aura plus de foot ! Si les salariés ne sont plus dans leur équipe le dimanche matin, comment on fait ?"

# Leclerc va vendre des médicaments sur internet

"Le gouvernement a autorisé la vente sur internet des médicaments. Par contre, il interdit de vendre physiquement ces médicaments dans les parapharmacies de Leclerc, Carrefour, où il y a de vrais pharmaciens. Donc si on nous dit qu’il faut aller sur internet, on va y aller!" a-t-il annoncé.

Écrit par Y.D. 

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS