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Le travail du dimanche en question

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Plan-de-Campagne : zone de non-droit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-12-2007

Article paru dans l'Humanité du 22/12/07

Dans la grande zone commerciale aux portes de Marseille, le dimanche est un jour comme les autres. Qu’en pensent les salariés ?

Marseille, de notre correspondant régional.

Ce dimanche 23 décembre, les magasins de Plan-de-Campagne seront ouverts. Veille de Noël oblige. Et le dimanche 30 décembre aussi. Veille de Nouvel An oblige. Comme dans l’ensemble de la France. Et le 6 janvier, encore. Et le 13, le 20, le 27… Dérogations préfectorales obligent. Car, dans la vaste zone commerciale (400 commerces), située à mi-chemin de Marseille et d’Aix-en-Provence, l’exception est devenue la règle. Après trente-cinq ans de cache-cache avec la loi et d’arrangements à coups d’accords préfectoraux, la zone devait réintégrer le champ légal en 2002. Une dérogation supplémentaire de cinq années avait alors été accordée à la condition, vite oubliée par les grandes enseignes, de préparer le retour à la normale.

Début 2007, c’est donc le retour au point de non-droit. Et, de nouveau, le préfet (actuellement directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo) lâche un délai supplémentaire de six mois à vingt-six enseignes (But, Leroy-Merlin, Darty, Castorama, Decathlon, H&M). « La fermeture brutale serait extrêmement dommageable pour les entreprises et donc pour l’emploi », justifie Christian Frémont. Le représentant prend, par définition, un arrêté illégal. Il le sait puisqu’il ajoute : « Il ne fera effet que si personne ne demande son annulation. » Les syndicats portent alors l’affaire devant la justice.

En avril, le tribunal administratif de Marseille annule les autorisations d’ouverture dominicale. Trois mois plus tard, le nouveau préfet, Michel Sappin, ressort la baguette magique des dérogations (au nombre de 45). « Toute autre décision serait catastrophique pour la zone », justifie-t-il, reprenant l’argumentaire du patronat local et du député UMP de la circonscription, Richard Mallié. Selon ces derniers, les commerces de Plan-de-Campagne réalisent le dimanche le tiers de leurs chiffres d’affaires et 70 % des achats sont exclusifs à cette journée. Il suffirait donc d’ouvrir tous les magasins de France et de Navarre le dimanche pour que les consommateurs retrouvent du pouvoir d’achat !

Qu’en pensent les salariés ? Dans un grand magasin d’ameublement de la zone, les avis sont partagés. Un vendeur : « J’en ai plein le dos du dimanche. Je n’ai plus de vie de famille. Je ne travaille pas le lundi et le mardi matin, mais mes enfants sont à l’école. » Un jeune caissier : « Moi, je n’ai pas de famille. Travailler le dimanche ne me dérange pas. Et comme ça nous fait du salaire supplémentaire… Il faut nous laisser cette possibilité. C’est un choix. » « Le volontariat, c’est du pipeau, bondit le vendeur. Quand on est embauché, le dimanche fait partie du contrat. Si on ne veut pas travailler ce jour-là, on n’est pas embauché. » Un peu plus loin, un magasin de chaussures. « Nous, on a le choix de travailler le dimanche. Notre priorité, c’est d’être payés plus », assure la responsable, tandis que les vendeuses regardent… leurs chaussures. Un magasin d’électroménager, maintenant. Un vendeur : « On n’a pas le choix mais, moi, je veux travailler le dimanche. Ça nous fait des primes. » Un collègue : « Ben oui, s’il n’y avait pas les primes, je ne vois pas pourquoi on viendrait le dimanche. Vous croyez que ça nous fait plaisir ? » Leur salaire : le SMIC.

Christophe Deroubaix

événement

Plan-de-Campagne : zone de non-droit

Dans la grande zone commerciale aux portes de Marseille, le dimanche est un jour comme les autres. Qu’en pensent les salariés ?

Marseille,

correspondant régional.

Ce dimanche 23 décembre, les magasins de Plan-de-Campagne seront ouverts. Veille de Noël oblige. Et le dimanche 30 décembre aussi. Veille de Nouvel An oblige. Comme dans l’ensemble de la France. Et le 6 janvier, encore. Et le 13, le 20, le 27… Dérogations préfectorales obligent. Car, dans la vaste zone commerciale (400 commerces), située à mi-chemin de Marseille et d’Aix-en-Provence, l’exception est devenue la règle. Après trente-cinq ans de cache-cache avec la loi et d’arrangements à coups d’accords préfectoraux, la zone devait réintégrer le champ légal en 2002. Une dérogation supplémentaire de cinq années avait alors été accordée à la condition, vite oubliée par les grandes enseignes, de préparer le retour à la normale.

Début 2007, c’est donc le retour au point de non-droit. Et, de nouveau, le préfet (actuellement directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo) lâche un délai supplémentaire de six mois à vingt-six enseignes (But, Leroy-Merlin, Darty, Castorama, Decathlon, H&M). « La fermeture brutale serait extrêmement dommageable pour les entreprises et donc pour l’emploi », justifie Christian Frémont. Le représentant prend, par définition, un arrêté illégal. Il le sait puisqu’il ajoute : « Il ne fera effet que si personne ne demande son annulation. » Les syndicats portent alors l’affaire devant la justice.

En avril, le tribunal administratif de Marseille annule les autorisations d’ouverture dominicale. Trois mois plus tard, le nouveau préfet, Michel Sappin, ressort la baguette magique des dérogations (au nombre de 45). « Toute autre décision serait catastrophique pour la zone », justifie-t-il, reprenant l’argumentaire du patronat local et du député UMP de la circonscription, Richard Mallié. Selon ces derniers, les commerces de Plan-de-Campagne réalisent le dimanche le tiers de leurs chiffres d’affaires et 70 % des achats sont exclusifs à cette journée. Il suffirait donc d’ouvrir tous les magasins de France et de Navarre le dimanche pour que les consommateurs retrouvent du pouvoir d’achat !

Qu’en pensent les salariés ? Dans un grand magasin d’ameublement de la zone, les avis sont partagés. Un vendeur : « J’en ai plein le dos du dimanche. Je n’ai plus de vie de famille. Je ne travaille pas le lundi et le mardi matin, mais mes enfants sont à l’école. » Un jeune caissier : « Moi, je n’ai pas de famille. Travailler le dimanche ne me dérange pas. Et comme ça nous fait du salaire supplémentaire… Il faut nous laisser cette possibilité. C’est un choix. » « Le volontariat, c’est du pipeau, bondit le vendeur. Quand on est embauché, le dimanche fait partie du contrat. Si on ne veut pas travailler ce jour-là, on n’est pas embauché. » Un peu plus loin, un magasin de chaussures. « Nous, on a le choix de travailler le dimanche. Notre priorité, c’est d’être payés plus », assure la responsable, tandis que les vendeuses regardent… leurs chaussures. Un magasin d’électroménager, maintenant. Un vendeur : « On n’a pas le choix mais, moi, je veux travailler le dimanche. Ça nous fait des primes. » Un collègue : « Ben oui, s’il n’y avait pas les primes, je ne vois pas pourquoi on viendrait le dimanche. Vous croyez que ça nous fait plaisir ? » Leur salaire : le SMIC.

Christophe Deroubaix

Commentaires (1)add comment

Yannick said:

Honte aux députés, manipulés par ce "président paillette", pret à tous pour satisfaire ses amis de la finance et de la grande distribution. Pourtant la campagne était claire, les patrons vont s'en mettre pleins les poches en retour de services rendus.
Ne soyons pas dupent la travail du dimanche est une mascarade, emplois obligés sous couvert du vonlontariat, essentiellement occupés par des étudiants. Ces derniers obligé de travailler pour financer leurs études, la est un des problèmes. Volontariat pour tous, alors que les candidats honnetes ne souhaitant pas travailler le dimanche ne sont jamais contacter après leur entretien d'embauche. Tous les contrats de travail de ces enseignes de la distribution, indiquent que les salariés pourront être amenés à travailler le dimanche "sur la base du volontariat" ce qui est faux, car sinon pas d'embauche. Avec cette loi sur l'ouverture pour les magasins d'ammeublement "pour le moment" les salariés deja présent dans l'entreprise n'auront plus le choix et devront être présent le dimanche, volontaires ou pas, sans compensation de salaire puisque la plupart sont à la commission et ne verront pas de difference à la fin du mois en dehors du fixe dérisoire majoré très substanciellemnt. Je suis cadre dans la distribution d'ammeublement depuis plus de 20ans, farouche opposé à ce travail dominical, obligé de me plier à ces dérogations qui vont être cette fois permanente, les employés subiront eux aussi la même pression, anciens ou à l'embauche. Je le vis tous les jours.
La "concurrence" commerciale des enseignes est oubliée lorqu'il s'agit de se federer autour de plus de fric pour les patrons.
Plus de vie de famille, éclatement de la cellule familiale à disposition de ceux privilegiés pour un temps par une activité ne travaillant pas les dimanches.
Sarko l'avait annoncé et il l'a fait...
Et ce n'est que le début du commencement des "réformes" annoncées, travailler plus pour perdre un peu moins.
Les entreprises du CAC 40 vont se réjouir et continuer à financer les congés de ce monsieur sur le dos des salariés de France.
BRAVO a nos députés et sénateurs.
 
Abus
    pas intéressant
    intéressant
décembre 28, 2007
Avis : +1

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