Le dossier Plan de Campagne
Pas de repos pour le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-04-2008

Et c'est reparti ! Les commerçant de Plan de Campagne expliquent une fois de plus que la loi, c'est vachement bien, faut pas généraliser le travail du dimanche, tant qu'on est autorisé à ouvrir. La Loi, c'est bien. Surtout pour les autres.

Amandine Rancoule - ©2008 20 minutes

Ça chauffe dans les rayons. Des enseignes de la zone commerciale de Plan-de-Campagne étaient assignées, hier, en justice pour répondre de l'ouverture dominicale de leurs magasins. « Un huissier est venu à notre demande le 23 mars pour constater l'ouverture de quinze enseignes. Nous voulons faire appliquer la loi et faire respecter le droit des salariés », a expliqué Avelino Carvalho, responsable de l'union des commerçants CGT 13 qui attend le délibéré prévu pour le 22 avril.

Le 24 janvier, le tribunal administratif a invalidé 133 arrêtés préfectoraux autorisant des boutiques de Plan-de-Campagne à ouvrir le dimanche, après des recours de la CGT et la CFDT. « Nous avons fait appel de l'annulation des dérogations et, en attendant la décision, nous resterons ouverts le dimanche », a assuré Tony Sessine, président de l'association des commerçants de Plan-de-Campagne. Mais selon la CGT, ils n'ont pas demandé la suspension de la décision du tribunal en attendant l'appel, ce qui les place « hors-la-loi ».

Pour les commerçants, seule une loi pourrait vraiment débloquer la situation. « Nous ne voulons pas généraliser le travail dominical, nous souhaitons juste que cette zone commerciale, qui réalise 30 % de son chiffre d'affaire le dimanche, soit protégée comme certains centres commerciaux de la région parisienne », indique Tony Sessine. Plan-de-Campagne comprend 400 enseignes où travaillent 6 000 salariés, dont un millier le dimanche.

 
À nouveau, des dimanches illégaux à Plan-de-Campagne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
31-01-2008

Un article de La Provence, publié le 25/01/08

Préfet et commerçants réagissent vivement à la décision des juges


En 2007, une campagne d'affichage avait accompagné l'action militante des salariés favorables à l'ouverture dominicale. © PATRICE MAGNIEN

Le commissaire du gouvernement l'avait prévu. Il était "illusoire d'attendre de la justice qu'elle puisse concilier les positions aussi conflictuelles" que celles des syndicats et des commerçants de Plan-de-Campagne, en guerre sur l'ouverture dominicale. Alors, les juges ont rappelé la loi, rien que la loi. Les 133 arrêtés, pris l'été dernier par Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône, pour permettre aux entreprises de déroger au code du travail, sont tous annulés. Une fois, les décisions notifiées, les commerçants de la zone commerciale se retrouveront dans l'illégalité, s'ils persistent à ouvrir le dimanche.

"Pour la troisième fois, le tribunal dit au préfet que ses arrêtés sont illégaux. Et l'invite à appliquer la loi",commente Dany Cohen, avocat de la CFDT, à l'origine, avec la CGT, des recours contre les décisions préfectorales. Les syndicats espèrent que l'inspection du travail fera respecter cette interdiction car "c'est aujourd'hui l'état du droit. Si la loi change, ils ouvriront. Pour l'heure, ils ferment". Mal accueillie par les entreprises (lire ci-dessous), cette décision n'est pas non plus du goût du préfet qui en "prend acte avec tristesse". Michel Sappin "exprime son inquiétude quant à la pérennité de certains magasins de la zone commerciale et particulièrement pour leurs personnels qui risquent de se retrouver dans une situation difficile". Mardi, à l'audience, le commissaire du gouvernement avait eu des propos inhabituellement rudes à l'égard du préfet.

"On ne peut pas dire que dans toutes ces affaires, le représentant de l'État a donné aux citoyens de la région l'exemple du respect de la loi", avait dit M. Haïli. Le tribunal repousse en fait les arguments du préfet selon lesquels une fermeture dominicale serait préjudiciable à une partie de la clientèle venue de départements lointains (Gard, Drôme, Ardèche). Les juges estiment, d'autre part, ne pas disposer de la démonstration précise que les entreprises seraient dans l'impossibilité de reporter leur chiffre d'affaires dominical sur les autres jours d'ouverture. Le tribunal condamne par ailleurs le préfet à verser un total de 106400 euros aux syndicats, au titre des frais de justice. La CFDT et la CGT voyaient là une façon de sanctionner l'entêtement du préfet à déroger au sacro-saint principe du repos dominical.

Par Luc Leroux ( lleroux @lance-presse.fr )

 
Plan-de-Campagne : zone de non-droit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-12-2007

Article paru dans l'Humanité du 22/12/07

Dans la grande zone commerciale aux portes de Marseille, le dimanche est un jour comme les autres. Qu’en pensent les salariés ?

Marseille, de notre correspondant régional.

Ce dimanche 23 décembre, les magasins de Plan-de-Campagne seront ouverts. Veille de Noël oblige. Et le dimanche 30 décembre aussi. Veille de Nouvel An oblige. Comme dans l’ensemble de la France. Et le 6 janvier, encore. Et le 13, le 20, le 27… Dérogations préfectorales obligent. Car, dans la vaste zone commerciale (400 commerces), située à mi-chemin de Marseille et d’Aix-en-Provence, l’exception est devenue la règle. Après trente-cinq ans de cache-cache avec la loi et d’arrangements à coups d’accords préfectoraux, la zone devait réintégrer le champ légal en 2002. Une dérogation supplémentaire de cinq années avait alors été accordée à la condition, vite oubliée par les grandes enseignes, de préparer le retour à la normale.

Début 2007, c’est donc le retour au point de non-droit. Et, de nouveau, le préfet (actuellement directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo) lâche un délai supplémentaire de six mois à vingt-six enseignes (But, Leroy-Merlin, Darty, Castorama, Decathlon, H&M). « La fermeture brutale serait extrêmement dommageable pour les entreprises et donc pour l’emploi », justifie Christian Frémont. Le représentant prend, par définition, un arrêté illégal. Il le sait puisqu’il ajoute : « Il ne fera effet que si personne ne demande son annulation. » Les syndicats portent alors l’affaire devant la justice.

En avril, le tribunal administratif de Marseille annule les autorisations d’ouverture dominicale. Trois mois plus tard, le nouveau préfet, Michel Sappin, ressort la baguette magique des dérogations (au nombre de 45). « Toute autre décision serait catastrophique pour la zone », justifie-t-il, reprenant l’argumentaire du patronat local et du député UMP de la circonscription, Richard Mallié. Selon ces derniers, les commerces de Plan-de-Campagne réalisent le dimanche le tiers de leurs chiffres d’affaires et 70 % des achats sont exclusifs à cette journée. Il suffirait donc d’ouvrir tous les magasins de France et de Navarre le dimanche pour que les consommateurs retrouvent du pouvoir d’achat !

Qu’en pensent les salariés ? Dans un grand magasin d’ameublement de la zone, les avis sont partagés. Un vendeur : « J’en ai plein le dos du dimanche. Je n’ai plus de vie de famille. Je ne travaille pas le lundi et le mardi matin, mais mes enfants sont à l’école. » Un jeune caissier : « Moi, je n’ai pas de famille. Travailler le dimanche ne me dérange pas. Et comme ça nous fait du salaire supplémentaire… Il faut nous laisser cette possibilité. C’est un choix. » « Le volontariat, c’est du pipeau, bondit le vendeur. Quand on est embauché, le dimanche fait partie du contrat. Si on ne veut pas travailler ce jour-là, on n’est pas embauché. » Un peu plus loin, un magasin de chaussures. « Nous, on a le choix de travailler le dimanche. Notre priorité, c’est d’être payés plus », assure la responsable, tandis que les vendeuses regardent… leurs chaussures. Un magasin d’électroménager, maintenant. Un vendeur : « On n’a pas le choix mais, moi, je veux travailler le dimanche. Ça nous fait des primes. » Un collègue : « Ben oui, s’il n’y avait pas les primes, je ne vois pas pourquoi on viendrait le dimanche. Vous croyez que ça nous fait plaisir ? » Leur salaire : le SMIC.

Christophe Deroubaix

 
Plan-de-Campagne : la CGT et la CFDT passent à l'offensive Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
04-10-2007

Après le temps des manifestations dans la rue est venu celui de la bataille judiciaire devant le tribunal administratif.   © VINCENT BEAUME 

Publié le vendredi 14 septembre 2007 à 05H20

Avec 135 recours déposés, la tension monte dans le zone commerciale.

Les bras chargés de dossiers, les représentants des syndicats CGT et CFDT et leursconseils se sont rendus, hier, en début d'après-midi, au tribunal administratif. Ils venaient y déposer 68 recours contre les dérogations accordées par le préfet Michel Sappin autorisant l'ouverture dominicale de Plan-de-Campagne. Et ce n'est qu'un début puisque la semaine prochaine ils déposeront le reste jusqu'à arriver à 135.

135 recours contre 135 dérogations. Les syndicats ont décidé de passer à la vitesse supérieure. "Le préfet semble avoir oublié qu'il y a eu un jugement précédent qui annulait l'ouverture de 26 enseignes, il ne respecte pas la chose jugée et déroge aux principes du repos dominical"déclaraient Mes Sophie Panaias et Dany Cohen, respectivement avocats de la CGT et de la CFDT. Et de préciser que le dépôt des recours "est suspensif", ce qui signifie que les commerces concernés ne devraient pas ouvrir dès ce dimanche.

Il s'agit, en priorité, des 26 enseignes qui avaient fait l'objet de la décision du tribunal administratif en avril dernier. Parmi elles, les plus grosses, qui drainent une grande partie des 15millions de visiteurs annuels, à savoir: Castorama, Fly, Virgin Megastore, Darty, Boulanger, Décathlon, H&M.ou encore Atlas, St-Maclou ou Boulanger… Cette nouvelle initiative syndicale a, une fois de plus, soulevé émotion et colère contenue.

Florent Sabassier, responsable du centre commercial Avant-Cap parle de "politique de la terre brûlée" et de "casse de l'économie". S'il ne se dit pas opposé à l'ouverture, le dimanche, d'autres zones commerciales des environs "car la demande des consommateurs est énorme et Plan-de-Campagne ne peut pas accueillir tout le monde", il se prononce contre l'activité 7 jours sur 7.

Tony Sessine, le président des commerçants, avoir exprimé son incompréhension pour "ce combat devenu insupportable", met ses espoirs dans la justice: "Toutes les dérogations sont motivées, preuves chiffrées à l'appui, je veux croire que la justice nous donnera raison". La CGT et la CFDT restent "droit dans leurs bottes" et affirment qu'ils n'hésiteront pas "à attaquer l'état pour défaillance si la loi continue à ne pas être respectée".

Par Bernadette Spagnoli ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir )

 

 
Le nouveau Plan de Campagne : avis de la CFTC Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-08-2007

Le nouvel accord de Plan de Campagne ! point de vue de la CFTC.

À la différence d'autres centres commerciaux du type Usines Center, PLAN DE CAMPAGNE a toujours été dans la légalité. Si l'on peut regretter qu'à l'origine une dérogation au repos dominical ait été accordée, il s'agit d'un état de fait, vieux de plusieurs dizaines d'années.

Autour de cette dérogation, des salariés, des commerçants ont organisé leur vie ou investi leurs économies. 

Deux solutions s'ouvrent alors aux partisans du repos dominical :

  • La première, choisie par la CFTC, un retour progressif au droit commun afin de lisser le problème social et économique.
  • La seconde, retour immédiat à la normale, avec des conséquences humaines dramatiques (perte d'emplois, fermeture d'entreprises).

La CFTC, ferme dans ses convictions, n'a jamais été du côté des idéologues coupeurs de têtes, c'est pourquoi elle privilégie la voie du retour progressif à la légalité, qui permet de prendre en compte le problème humain. 

Joseph THOUVENEL
 
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