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La résistance au travail du dimanche: Chapeau bas mesdames ! Suggérer par mail
07-10-2010

Le Post 06/10/2010

Ce n’est pas la téloche qui va vous en parler !!!!! Pour l’heure elle est surtout préoccupée de tenter de dénigrer d’une façon ou d’un autre la grève reconductible qui se profile à l’horizon de la semaine prochaine… Mais, le journal Le Monde vient de publier un excellent reportage sur un sujet “oublié”par le reste des médias…

Depuis un an, tous les dimanches, des employées d’un ED font le piquet de grève devant leur magasin

Albertville (Savoie) Envoyé spécial

C‘est devenu un rituel qui dure depuis quasiment un an. Tous les dimanches matin, elles se rendent, ensemble ou à tour de rôle, au magasin ED d’Albertville qui les emploie. Mais au lieu de pénétrer dans les locaux, elles restent à proximité de l’entrée et se fondent parmi les élus, syndicalistes ou citoyens venus les soutenir. Ce dimanche 3 octobre, ils étaient encore quelques-uns à s’être déplacés pour exprimer leur solidarité à ces six salariées en conflit avec la direction d’ED.

A la fin de l’été 2009, l’enseigne, filiale du groupe Carrefour, leur avait appris que l’établissement ouvrirait le dimanche matin. Une décision permise par la réglementation applicable aux commerces à dominante alimentaire. Mais elle ne convenait pas “à la majorité” du personnel, affirme Corine Pointet, déléguée syndicale CGT : “Nous n’étions pas volontaires.”

Un jour “sacré”

Finalement, elles furent six à entrer en résistance, sur la douzaine de salariés actuellement affectés dans le magasin (dont deux qui ne sont là que le week-end). Pour protester, elles se déclarent en grève chaque fois qu’elles sont censées travailler le dimanche.

“Dans le contrat que j’ai signé, il n’a jamais été question de me faire venir le dimanche matin, argumente Peggy Schiltz, assistante de direction. J’avais quitté mon précédent job, chez Intermarché, précisément pour ne plus être soumise à ces horaires.” Seule avec sa fille de 8 ans, Mme Schiltz serait obligée de recourir à une nourrice si elle travaillait le dimanche : elle dépenserait, du même coup, davantage d’argent qu’elle n’en gagnerait.

Valérie Franciosi se trouve dans une situation similaire. Cette “employée commerciale” élève seule sa fille de 8 ans - avec l’aide de ses parents. “Je la vois très peu en semaine, explique-t-elle. Le dimanche est le meilleur moment pour faire des choses avec elle.” Mme Franciosi confie qu’elle aurait pu accepter de venir certains dimanches “si on était payés en conséquence”. Mais le salaire n’est pas à la hauteur de ses espérances, bien qu’il soit assorti d’une majoration de 30 % pour les heures effectuées ce jour-là - un taux supérieur à celui prévu dans les textes, insiste-t-on chez Carrefour.

“Le dimanche, c’est sacré”, souligne Mme Pointet, qui ne veut pas “casser (sa) vie familiale”. Elle tient aussi à avoir du temps pour ses activités d’élue municipale et de présidente du comité des fêtes dans sa commune.

Mais les six rebelles d’Albertville n’ont pas l’air d’ébranler Carrefour. Une porte-parole du groupe indique que ED compte “poursuivre l’exploitation de l’établissement le dimanche”, synonyme, selon elle, de création d’emplois et d’”évolution positive du chiffre d’affaires”. Le face-à-face risque fort de se prolonger.

Bertrand Bissuel

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