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Le travail du dimanche en question

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L’affaire des licenciés de ED devrait être jugée lundi 11 octobre Suggérer par mail
24-10-2010

La Voix de l'Ain, 10/10/10

Etelvina Fernandes, Élise Kongo et Rath Luang sont les trois premiers employés d’une chaîne de discount alimentaire à avoir mis leur employeur aux prud’hommes suite à un licenciement pour refus du travail le dimanche. Mardi 11 octobre prochain, le dossier de ces trois employés de caisse devrait passer en conseil de prud’hommes… Mais rien n’est encore sûr puisqu’ED l’enseigne et l’employeur en question, tarde à livrer à l’avocate des trois salariés ses écrits.
Un retard calculé pour empêcher les plaignants et leur avocat de construire au mieux leur défense.
Mais Me Plantureux, leur avocate, connaît la tactique de l’enseigne, qu’elle a déjà eue comme adversaire.
Sa réputation ainsi faite d’agir en dernière minute, n’est guère de nature pour rassurer la partie adverse qui voudrait bien voir se conclure enfin ce long et médiatique feuilleton.

Licenciés pour « non-respect des horaires planifiés et pour insubordination », ces trois salariés sont aujourd’hui dans l’expectative et sans emploi.
Etelvina Fernandes est interrogative : « Je me pose la question : est-ce que Goliath n’aurait pas peur de David ou est-ce le Pot de fer qui a peur du pot de terre ?  »
Le mutisme entretenu par leur ex-employeur laisse les deux jeunes femmes dubitatives.
Pour autant, avec l’assurance affichée par leur avocate, elles savent que leur affaire est « gagnable ». Le code du travail stipule en effet que l’accord écrit du salarié doit être nécessaire pour qu’il puisse travailler le dimanche. Or, ni leur contrat ni aucun avenant ultérieur ne stipulent que ces trois salariés pouvaient travailler le dimanche. Néanmoins, ED pourrait s’engouffrer dans la brèche d’un code du travail datant de la fin du XIXe siècle qui stipule aussi que le travail du dimanche est aussi possible dans le commerce alimentaire. La bataille pourrait être rude et l’affaire reportée encore.

On me mettait la tête sous l’eau

En se lançant dans ce combat, qu’Etelvina a voulu médiatiser en contactant, télévision, radios, journaux… les trois salariés savaient à quoi ils s’exposaient. Etelvina et Élise que nous avons rencontrées ne le regrettent pas. « Nous savions que ce serait la galère pour nous. Mais nous voulions le faire aussi pour les autres. » « Lorsqu’une autre enseigne oyonnaxienne a ouvert le dimanche matin… les filles de ce magasin sont venues me voir, explique Etelvina, pour me demander comment il fallait faire. » Finalement elles ont eu un écrit et sont payées double. « ED nous proposait de travailler le dimanche matin de 9 h à 13 h pour 5,04 € à l’époque !  »
« Ils m’auraient donné 200 € que je n’y serais pas allée. Je ne pouvais pas me partager en deux en faisant 14 h de route pour accompagner mon fils à son sport-étude et être au magasin. » explique Etelvina qui avait fait ce choix pour raison familiale. Même logique pour Élise Kongo, qui ne pouvait voir ses trois enfants installés à Lyon que ce jour-là.

Cette expérience a fortifié ces deux femmes de caractère. Élise qui avoue jamais ne vouloir se laisser faire, Etelvina qui s’est surprise d’être aussi combative dans l’action.
Élise a pourtant eu du mal à encaisser le coup. « Ce licenciement m’a beaucoup atteinte ». D’elle-même, elle a consulté un psychologue.
Etelvina tire aussi les leçons d’un combat : « A 46 ans, je ne pensais pas avoir un tel esprit combatif. J’ai beaucoup appris sur moi-même. Lorsque j’ai été reçu par le DRH de chez ED j’ai eu la sensation qu’il me mettait la tête sous l’eau… et que pour m’en sortir il fallait que je sorte mes griffes. »
Etelvina et Élise ont rejoint le groupe des travailleurs en situation précaire et sans emploi sur l’agglomération d’Oyonnax piloté avec Développement et humanisme et la région Rhône-Alpes.

Corinne Garay

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