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La Résistance
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Des nouvelles de La Mézière |
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23-01-2012 |
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De notre correspondant local, 23/01/12
Le collectif qui manifeste à La Mézière, depuis quinze mois maintenant, ne cherche pas à imposer la fermeture de ce type de petit magasin, tenu le dimanche uniquement par leur propriétaire. Déjà dans l'accord qui existait dans le Pays de Rennes (avant qu'il ne soit rompu par deux gros supermarchés "Intermarché" (La Mézière) et "Casino" au (Rheu)), cela était prévu ainsi...ouverture autorisée jusqu'à 700 m2. A La Mézière, il existe d'ailleurs un tel Cocci-market. Ce type de petit magasin de proximité n'arrive d'ailleurs à survivre, face aux supermarchés, que grâce à son amplitude horaire.
Sans nous étendre sur la question du travail du dimanche (le risque de banalisation), son extension encouragée par le gouvernement, nous souhaitons attirer l'attention sur un autre aspect.
A partir du moment ou les supermarchés, ouvrent à leur tour le dimanche, cela a pour conséquence, à plus long terme de faire disparaître économiquement, ces petits magasins de proximité. Jusqu'ici, ils compensaient avec leur chiffre d'affaire du dimanche, leur plus faibles bénéfices de la semaine (leurs propres clients faisant leurs achats de masse dans les supermarchés). Ils sont pourtant utiles à la vitalisation des centres bourgs, accessibles aux personnes âgées ou à mobilité réduite. A partir d'un certain âge, tout le monde ne dispose pas d'un véhicule (ou n'est plus en mesure de le conduire). En milieu rural, il n'est d'ailleurs plus rare de traverser des village, sans rencontrer un seul commerce aujourd'hui, transformant ces bourgs en "dortoirs" des grands agglomérations. Est-ce type d'aménagement du territoire que nous souhaitons ?
Le secrétaire d'état monsieur Frédéric Lefebvre, ne cesse d'invoquer le tourisme pour justifier l'extension du recours aux ouvertures le dimanche, pour satisfaire à la demande des clients étrangers. Qu'il aille un peu lire la presse étrangère * (mais nos ministres savent-ils lire une autre langue que le français ?), pour voir que ce qui séduit encore les touristes, c'est justement notre mode de vie, le caractère si particulier de nos villes et villages, qui attire les touristes.
* comme dans cet article par exemple : http://www.telegraph.co.uk/sport/rugbyunion/international/france/8808166/Rugby-World-Cup-2011-I-dont-want-them-to-beat-England-but-I-love-the-French-really-says-Brian-Moore.html
P.S. dimanche 29 janvier, nous serons à nouveau devant l'Intermarché de La Mézière
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La Mézière : quinze mois de manifestations ! |
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20-01-2012 |
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De notre correspondant local - 20/01/2012
Après quinze mois de manifestations devant l'Intermaché de la Mézière, nous allons nous retrouver dimanche matin 22 janvier, pour le troisième dimanche depuis le début de l'année 2012.
Cela fait plus de 15 mois, que l'accord qui prévalait depuis des années pour la protection du caractère spécifique du dimanche, dans le Pays de Rennes, a été rompu par ce propriétaire de magasin, tentant, avec la bénédiction du préfet et du secrétaire d'état au commerce, d'enfoncer un coin dans le consensus local.
Ceux qui viendront dimanche matin auront une surprise !
A dimanche matin, chaudement vêtu.
Le comité d'organisation de La Mézière.
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Gueugnon - Mobilisés contre le dimanche |
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20-01-2012 |
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Le JSL 20/01/12
L’hypermarché Auchan devrait ouvrir les dimanches matin, courant février. Mais une partie des salariés ne l’entend pas de cette oreille.
L’ouverture de l’hypermarché Auchan le dimanche matin fait grincer des dents parmi les salariés. La décision, émanant du groupe Schiever dont dépend le magasin, est tombée la semaine passée et prendra effet à la mi-février.
Si le travail dominical fait, en lui-même, l’objet de nombreuses réticences, c’est surtout l’absence de compensation qui interroge. « Il n’est pas question de repos compensatoire, ni de rémunérations supplémentaires », indique Maxime Jacquet, représentant du personnel. Le principe est simple : une part des heures habituellement travaillées en semaine serait reportée au dimanche.
Si le groupe a déjà opéré à des ouvertures le dimanche sur ses magasins de Clamecy et de Tonnerre, une mobilisation se met tout de même en place, menace de grève à l’appui. « On s’interroge sur la légalité d’une telle ouverture, poursuit Maxime Jacquet, après un entretien à l’union locale CGT. On sait qu’il est possible pour la vente de produits alimentaires. Or, tout ce qui concerne les produits frais (boulangerie, boucherie, etc.), serait fermé ce jour-là ». De son côté, le directeur du magasin, Philippe Perrot, n’a pu être joint.
Concurrence au sein du même groupe
Aujourd’hui, deux enseignes gueugnonnaises ouvrent déjà leurs portes le dimanche matin : Intermarché et Maximarché, plus communément appelée la « Coop », place des Forges. L’ouverture d’un troisième magasin ce jour-là déboucherait sur une situation de concurrence plutôt étonnante : Auchan et Maximarché appartiennent en effet au même groupe, le groupe Schiever… |
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Cent manifestants pour un blocage quasi total d'Intermarché - La Mézière |
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13-10-2011 |
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Ouest-France, 10/10/11
Dimanche de 10 h 15 à 12 h 15, le magasin Intermarché de La Mézière, et sa station-service, a vu sa principale route d'accès interdite à toute circulation.
Une centaine de manifestants (élus, syndicalistes, employés de supermarché de la région et habitants) ont dressé un barrage filtrant sur la RD137 à hauteur du rond-point de Beauséjour et bloqué l'accès à la route menant au magasin.
Honoré Puil, vice-président de Rennes métropole, délégué au commerce, a pris position.
« On peut comprendre l'exaspé-ration des salariés du commerce depuis un an. Le temps est venu de se réapproprier le dossier. Il est souhaitable que le préfet organise une réunion pour rediscuter du sujet ».
En juillet dernier, le représentant de l'État n'a pas pris d'arrêté interdisant les ouvertures le dimanche matin pour les magasins alimentaires de plus de 700 m 2 dans le pays de Rennes.
L'affrontement évité
À 11 h 30, la venue sur les lieux du commandant Gilles Schoerwer en présence du capitaine Prud'hom et de vingt-deux gendarmes sommant le maire de La Mézière, Gérard Bazin, de faire lever le barrage a provoqué quelques échanges verbaux appuyés.
Finalement, dans un esprit d'apaisement, aucun affrontement n'a eu lieu. De son côté Cédric Ducable, gérant d'Intermarché, a déclaré : « Le barrage est une entrave à la liberté du commerce. C'est une attitude d'autant moins acceptable qu'elle ne vise que mon magasin alors que d'autres magasins sont ouverts le dimanche matin constituant, de surcroît, une véritable discrimination. J'en appelle aux pouvoirs publics pour que la loi soit respectée ». |
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Carrefour. L'opposition se renforce |
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13-10-2011 |
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Le Télégramme, 3/10/11
La légalité del'ouverture de Carrefour Market, le dimanche, estune nouvelle option pour lesopposants. Hiermatin, salariés, commerçants, élus et sympathisants, ont filtré l'entrée du magasin.
Le chaud soleil qui régnait hier, àl'entrée du magasin Carrefour Market, n'a pas affaibli la mobilisation contre l'ouverture dominicale de la grande surface. Les deux entrées principales du parking étant barrées. Pour les rares clients, il ne restait plus que l'accès par l'arrière du magasin. Sur le bord du boulevard de la Gare, les salariées de l'entreprise distribuaient des tracts rappelant leur opposition à l'ouverture du dimanche. «Pas une seule personne ne s'est opposée à notre action», commentait une salariée. «Allez-y, continuez, je suis de tout coeur avec vous», était le commentaire le plus souvent répété.
Légalité ou non de l'ouverture
En début de matinée, les salariées ont reçu le soutien du député Marc Le Fur. Il a discuté pendant près d'une heure avec elles. Le commentaire apporté par le député en milieu de semaine sur l'illégalité de l'ouverture dominicale (Le Télégramme de vendredi) a beaucoup fait parler. Olivier Quéro, porte-parole du sénateur Ronan Kerdraon, l'a évoqué. «Nous nous félicitons que le député ait fini par rejoindre notre combat. L'interrogation qu'il soulève quant à la légalité d'une telle ouverture est intéressante. Lesénateur compte d'ailleurs l'évoquer dans la question au gouvernement qu'il posera au secrétaire d'État au commerce, en séance publique du Sénat, le11octobre». L'objectif du sénateur, comme des salariés, c'est que «cette situation ne fasse pas école». Sébastien Vivier, délégué régional CFDT fait le même commentaire: «Nous savons que la direction essaie de passer en force l'ouverture dominicale et que ça va en entraîner d'autres».
Les femmes les plus concernées
Dominique Grall, maire de Plémet, était aussi au nombre des soutiens aux salariés. Elle apporte une vision féminine sur cette affaire: «Je défends une certaine qualité de vie. Cette ouverture du dimanche fait surtout travailler des femmes. Je pense que les femmes sont essentielles à l'équilibre familial. Le dimanche, leur place est dans la famille». |
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Europe Ecologie appelle au boycott de Leclerc |
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05-10-2011 |
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Angers Mag info, 30/09/11
Depuis le début septembre, l’enseigne Leclerc et plus précisément l’hypermarché situé sur la commune de Saint Jean de Linières, aux portes d’Angers-Beaucouzé, a décidé malgré de nombreuses protestations, d’ouvrir ses portes le dimanche. Cette idée n’est du goût d’Europe Ecologie les Verts qui dénonce un recul social et appelle les clients à bouder l’enseigne.
Depuis la décision de l’Enseigne Leclerc d’ouvrir le dimanche l’affaire a fait grand bruit, notamment auprès des élus de l’agglomération d’Angers dont la commune est membre. Jean-Claude Antonini, président d’Angers Loire Métropole, et Jean-Claude Gascoin, maire de la commune, dans un précédent communiqué avaient tenu à rappeler leur attachement au repos dominical.
« Le dimanche reste pour nous un jour chômé, symbole de repos, de loisirs, de temps consacré à la vie personnelle et familiale. Nous appelons tous les acteurs de la grande distribution à respecter ce trait culturel positif de la société française », avaient déclaré les deux élus.
Après les syndicats de travailleurs, c’est au tour d’Europe Ecologie les Verts de monter au créneau. « Les luttes sociales ont été longues pour peu à peu grappiller un temps de vie en dehors du travail. Ces luttes sont aujourd’hui piétinées par des groupes financiers sur l’hôtel du chiffre d’affaire et de la rentabilité », précisent les écologistes angevin en appelant tous les consommateurs à boycotter le supermarché concerné ce 30 septembre 2011 en signe de protestation.
Pour les écologistes, comme pour les syndicats et les élus, le travail le dimanche représente un recul inadmissible pour les salariés de la grande distribution, un recul pour leur qualité de vie, mais aussi une pression supplémentaire pour ceux qui, dans le contexte économique actuel, oseraient refuser de travailler le dimanche.
Très attaché au développement du commerce de proximité, Europe Ecologie les Verts, rappelle que cette décision pourrait avoir un effet dévastateur sur les petits commerces, lesquels ouvrent parfois le dimanche pour des raisons économiques. D’autant plus que cette ouverture pourrait constituer une brèche dans la réglementation dans laquelle d’autres enseignes pourraient s’engouffrer.
Europe Ecologie Les Verts de l’agglomération d’Angers condamne cette ouverture et espère que la direction de Leclerc reviendra sur sa décision. « En attendant ce retour à la raison, nous appelons les citoyens qui sont aussi des acteurs de leur consommation à boycotter les supermarchés Leclerc de l’agglomération angevine », déclarent les représentants locaux du parti écologiste.
A noter que sur le site web du supermarché les horaires du dimanche ne sont pas précisés. Quant au directeur du magasin il refuse de s’exprimer sur le sujet.
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L’Alliance européenne pour le repos dominical lancée |
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18-07-2011 |
Europe Infos juillet août 2011
Pour l’occasion, des éminents experts de différents Etats-membres de l’Union européenne ont fait le déplacement, afin de sensibiliser à la « valeur unique » de ce temps libre pour tous les citoyens de l’Union européenne. De plus, des parlementaires européens ont fait l’honneur de leur présence. Murie durant de longs mois, l’enjeu de la journée était considérable : donner un signe à toute l’Europe sur l’importance du repos dominical et le droit aux horaires de travail décent. La déclaration fondatricede l’Alliance européenne pour le repos dominical a recueilli en début de matinée 65 signatures, d’organisations diverses : alliances nationales pour le repos dominical, mouvements syndicaux, organisations de la société civile et communautés religieuses.
Une Alliance à l’image de la devise européenne : « Unie dans la diversité »
« Nous avons besoin de temps pour les rituels collectifs de société, pas uniquement pour les occupations de masse comme le shopping » a lancé Luca Jahier, président du Groupe III du CESE, pour ouvrir l'événement. Tout au long de la journée, des experts se sont relayés pour démontrer les bienfaits du repos dominical. « La force de l’Alliance se situe dans sa diversité », a déclaré Fabrice Warneck (Uni Europa) en présentant l’Alliance européenne pour le repos dominical.
La journée a commencé par la présentation par le professeur Dr. Friedhelm Nachreiner de l’étude « Deloitte » commandée par la Commission européenne ayant pour thème : l’évolution de l’organisation du temps de travail. Le professeur a brillamment démontré que le travail dominical entraîne des effets individuels néfastes sur la sécurité, la santé et sur l’équilibre vie professionnelle/vie privée des travailleurs. De remarquables analyses scientifiques et des études européennes vérifiées venaient à l’appui de ces thèses. Il conclut en ajoutant : « le travail dominical est impossible à compenser ou à prévenir avec davantage de temps ou de journées de repos en semaine ».
Les Eglises ont aussi fait entendre leurs voix. Outre, le Secrétariat de la COMECE co-organisatrice de l’événement, Patrick R. Schnabel, pasteur de l’Eglise protestante évangélique en Allemagne (EKD) animant les débats, a lui aussi plaidé en faveur du repos dominical, « grande plus value pour tous les secteurs et pour toutes les situations de vie ».
Après le déjeuner, Dr. Jill Ebrey, de l’Université de Chester a exprimé l’importance du week-end, dans le contexte historique du Royaume-Uni. A la fin de son exposé, elle souligne : « le week-end reste le temps où chacun a liberté de faire ce que qu’il a envie de faire ».
Des alliances nationales pour le repos dominical ont pris la parole, les organisations syndicales et de la société civile (associations familiales et sportives) aussi. Une table ronde réunissait l’ensemble de ces représentants. Maciej Ptaszynki, représentant de la chambre de commerce polonaise, signataire de la déclaration fondatrice a aussi expliqué que du point de vue économique « engager du personnel motivé le dimanche entraine des coûts supplémentaires à cause des augmentations de salaires ou de l’attribution de primes ».
Une intention particulière accordée au bénévolat
« Le bénévolat est le meilleur exemple de citoyenneté active » rappelle Pavel Trantina, président du groupe d’étude permanent au CESE pour l’Année Européenne du bénévolat 2011. En effet, le bénévolat correspond à un grand spectre de la population : tous les secteurs (du sport à la santé) y sont concernés. Après avoir expliqué l’importance du bénévolat et ses bienfaits économiques et sociaux, M. Trantina a mis en évidence le lien entre le bénévolat et le temps libre. Stephan Dietzen (Bureau européen du Comité olympique européen) confirme :« le bénévolat est la pierre angulaire du sport ! »
Pour clôturer l’évènement, chacun s’est prononcé sur le devenir de l’Alliance européenne. Un appel à l’action a aussi été lancé. En effet, l'Alliance européenne pour le repos dominical est politiquement décisive, dans le cadre de la révision de la directive 2003/88/EC par la Commission européenne. George Dassis, président du Groupe II du CESE confie : « La Commission a le devoir de réaliser une proposition en faveur du repos dominical! »
Par ailleurs, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne et l’instauration du droit à l’initiative citoyenne, l’Alliance a intérêt à mobiliser d’autres organisations afin de manifester aux institutions européennes son intention de sauvegarder le dimanche comme la journée de repos dans l'Union européenne. Ainsi, Fabrice Warneck conclut : « l’Alliance, forte de sa diversité a un moment politique à jouer! »
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La grève sans fin des caissières du dimanche |
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03-07-2011 |
REPORTAGE A Albertville, six employées d’un supermarché ED-Dia débrayent chaque dimanche depuis deux ans contre une décision de la direction.
Libération, 3/7/11 Par LUC PEILLON Envoyé spécial à Albertville (Savoie)
Un air d’accordéon suinte d’une sono fatiguée. Sous un soleil de plomb, le curé entraîne une des filles pour quelques pas de danse sur le parking du supermarché. On rigole, on applaudit avec la cinquantaine de personnes réunies sous les quatre bâches tendues face à la station essence.
Zone commerciale d’Albertville (Savoie), dimanche matin : le petit groupe - plutôt âgé - s’est donné rendez-vous ce 26 juin pour célébrer la date anniversaire d’un mouvement inédit : le 90e dimanche de grève des caissières d’ED-Dia contre le travail dominical. Bientôt deux ans de lutte pour ces six femmes «têtues comme des Savoyardes», dixit un supporteur, devenues au fil des mois un symbole de résistance dans la région.
Bientôt deux ans que Corinne, Peggy, Valérie et les autres - qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige - se lèvent chaque septième jour de la semaine pour venir perdre une journée de repos, pour la plupart d’entre elles , et le salaire d’une matinée de travail, pour la caissière planifiée ce jour-là.
Deux ans à se faire traiter de «feignasse», «pétasse» ou «petite pute»par de nombreux clients pour un combat qui a fini par dépasser le périmètre du parking commercial.
La décision d’ouvrir le dimanche ? «Elle est tombée d’un coup, en septembre 2009, du siège régional de la société, se souvient Corinne Pointet, 46 ans, l’une des six caissières grévistes. Même le directeur du magasin était contre, sauf qu’il n’avait pas le choix.» Les plannings du mois sont déjà arrêtés. Toutes, «à l’exception d’une collègue», refusent l’injonction de la direction. La majorité des filles, seules avec leurs enfants, rechignent à sacrifier l’un des rares moments d’intimité familiale dans un emploi du temps en perpétuelle mutation. «Je n’ai que le mercredi comme jour fixe en semaine pour m’occuper de ma fille de 9 ans,raconte Valérie Franciosi, 38 ans. Pas question, dans ces conditions, de remettre en question le dimanche, alors que je bosse déjà le samedi.» Le bilan financier est également vite fait, pour ces salariées payées 1 100 euros net par mois : «La prime de 30%, généreusement accordée par la direction, reviendrait à gagner 8 euros de plus par dimanche travaillé,explique Corinne Pointet. Venir ce jour-là me coûterait plus cher en nounou.»
«Se protéger». Problème : les commerces alimentaires peuvent depuis longtemps ouvrir le jour du Seigneur, jusqu’en mi-journée, sans majoration obligatoire ni système de volontariat. Dire non, c’est risquer d’être licenciée, comme l’ont été deux mois plus tôt leurs collègues du ED-Dia d’Oyonnax (Ain). Et, à défaut de candidates, le directeur procède à un tirage au sort pour désigner la première des salariées qui accompagnera, chaque fin de semaine, les deux étudiantes recrutées pour tenir les caisses. «On a réfléchi, et la meilleure solution qui s’est imposée, pour se protéger, c’était de se mettre en grève», raconte Peggy Schiltz, agent de maîtrise du magasin. Toutes vont également imiter Corinne en se syndiquant à la CGT. Le groupe se forme, qui ne va plus se défaire.
La première ouverture, en novembre 2009, est chaotique, assurée par un responsable dépêché par la direction régionale. Le manager du magasin, opposé à la mesure, s’installe en rechignant à la caisse, les grévistes manifestent devant le supermarché. C’est le lancement de 89 autres journées de ce type, avec des moments de joie, d’espoir, mais aussi de doutes et de dérapages. «C’est vrai qu’on s’est parfois énervées quand on voyait que rien n’avançait, reconnaît Peggy. Il nous est arrivé plusieurs fois de prendre les chariots pour bloquer le parking.» Quitte à s’engueuler copieusement avec le responsable de l’Intermarché voisin qui partage la même parcelle, et donc la même entrée. Il y a aussi les hivers rigoureux, l’intimidation des huissiers, les recours en justice, les visites de la police…
Ange gardien. En deux ans, les occasions de craquer ne manquent pas. C’est dans ces moments-là qu’intervient un autre personnage de cette saga savoyarde, aventure humaine autant que sociale : le prêtre-ouvrier Bernard Anxionnaz, 74 ans, véritable ange gardien des caissières. «C’est lui qui sent quand les filles ont un coup de blues, qui sait les remotiver, raconte une sympathisante habituée des lieux. Elles sont très fortes, mais sans lui, le mouvement se serait peut-être essoufflé.»L’ecclésiastique, syndiqué à la CGT, relativise son rôle, préférant embrayer sur un sermon antilibéral : «Le dimanche est le seul moment qui permet de se retrouver en dehors du travail, en dehors de la surconsommation. Mais même cet instant, les marchands et les financiers sont en train de le détruire.» Et de prévenir que «chaque magasin aux alentours attend de voir le résultat de cette lutte avant de décider ou non d’ouvrir le dimanche».
A la sortie du ED, dont les allées sont presque vides, les clients ne sont pas loin de partager les revendications des grévistes. Non sans une pointe d’hypocrisie. «Elles ont bien raison, tout le monde a le droit à un week-end de repos, explique Xavier, 22 ans. Quant à moi, franchement, je viens rarement, mais mon frigo était vide…» Bekir, 30 ans, accompagné de sa femme voilée, est tout aussi d’accord : «Le jour du Seigneur n’existe plus pour personne. Et je sais que le travail le dimanche, ça commence par elles, et ça finira par nous, qui bossons dans la construction.» Le naturel, cependant, n’est jamais très loin : «Il y a beaucoup de gens au chômage, si elles ne veulent pas bosser, qu’elles laissent les autres travailler»,explique Eliseu, un cuistot de 37 ans qui sort du magasin en vélo.
La plupart pensent d’ailleurs que les caissières ont le choix, sur la base de la loi votée il y a deux ans (lire ci-dessus). «Ce n’est pas uniquement si elles sont volontaires, comme ils ont dit à la télé ?» Non, il ne s’agit pas de la même législation. «Alors dans ce cas, je ne suis pas d’accord», entend-on à la sortie du supermarché. Mais tous ont de bonnes raisons de faire leurs courses le dimanche, même si leur venue ce jour-là ne sert pas la cause des grévistes.
«Grain de sable». A l’autre bout du parking, la petite troupe est toujours là, à ripailler sur l’air du Chiffon rouge. Au micro, le curé reprend son prêche anticapitaliste, entre deux jingles de caisse de supermarché préenregistrés sur sa sono bricolée. Sous les bâches, on continue à défendre les caissières, érigées en héroïnes de la lutte sociale. «Si ces filles font grève, ce n’est pas uniquement pour se mettre les doigts de pieds en éventail le dimanche matin, insiste Yves Meunier, Faucheur volontaire d’OGM venu les soutenir. Elles ont une vision plus large de la société, une approche globale qui fait sens.» Et mènent un combat qui enthousiasme Lucette, 62 ans, ancienne ouvrière syndiquée à la CFDT : «Je les trouve admirables. Ces femmes représentent les résistantes de demain, des petites qui feront bouger les choses en grand.» Le «grain de sable qui grippe la machine», ajoute Michel.
Le curé, le Faucheur volontaire, Lucette… la lutte des six caissières d’Albertville semble redonner un nouveau souffle à l’engagement de tous ces sympathisants, impressionnés par leur détermination. Même Flora, 9 ans, la fille de Peggy, l’agent de maîtrise, accompagne sa mère chaque dimanche sur le parking du supermarché, visiblement avec bonheur. Et, pour elle, la cause est entendue : «Si maman travaille le dimanche, elle ne pourra pas venir l’année prochaine à ma petite communion.» |
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03-07-2011 |
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Chrétiens dans la cité, 1/7/11
Une alliance originale vient d'être conclue entre l'Église et des syndicats européens pour s'opposer au travail dominical. L’Alliance européenne pour le repos dominical a vu le jour le 20 juin à Bruxelles, lors d’une conférence co-organisée par la Comece (Conférence des épiscopats de la Communauté européenne). La raison de cette mobilisation ? La révision de la directive européenne sur le temps de travail, en chantier depuis 2003, avec les risques liés aux manoeuvres des groupes de pression (en particulier ceux de la grande distribution). L'Alliance accueille toutes les organisations concernées (associations religieuses, familiales, sportives, etc.), les réseaux de défense du repos dominical, les syndicats, voire des entreprises. Au centre de cette convergence : « sauvegarder le dimanche, en principe, comme le jour de repos hebdomadaire commun dans l'Union européenne. » Parmi les membres et soutiens, outre la Comece, signalons la Cftc, Fo, la Confédération européenne des syndicats, le Collectif des Amis du dimanche, la Fondation de Service politique, la Fafce (Associations familiales catholiques), les jésuites de l'Ocipe, Solidarnosc, l'Eglise évangélique allemande...
http://www.europeansundayalliance.eu/ |
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Travail du dimanche - Réponse Préfet communiquée par l'union départementale 35 CGT |
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01-07-2011 |
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Chers amis,
Tout à l'heure, je ne pensais pas si bien dire en espérant une réponse du préfet.... Elle est arrivée à l'instant par un courriel de monsieur Fouré de la CGT. La réponse du préfet va dans le sens contraire à l'accord auquel étaient parvenus les signataires du 17 décembre 2010. Le préfet ose encore invoquer l'impact économique. Il se réfugie derrière cet argument. Ayant personnellement rencontré des commerçants du centre de La Mézière, il apparaît qu'en ce qui les concerne (leur survie économique à eux), il n'est jamais venu les consulter (ni lui, ni un(e) de ses collaborateurs). Nous sommes face à une réponse "politique", qui se donne les apparences d'une réponse réfléchie. Au passage il montre son mépris pour le travail de concertation qui a été mené par les syndicats et les organisations représentatives, en décembre 2010. Souvent certains se plaignent du fait qu'en France, les conflits sociaux aboutissent à des grèves, des mouvements durs, mais l'attitude même du préfet, participe à cet état de fait. Son refus de considérer le travail de concertation, les élus de tous ces syndicats et organisations représentatives entraîne ce type de conséquence. Je pense que vous vous souvenez encore de l'intervention des mouvements anarchistes, en décembre, à La Mézière. Nous leur avons opposé cette concertation en cours, leur expliquant comment nous souhaitions aboutir autrement. Que pourrons nous leur répondre la prochaine fois ? Par ailleurs, vous avez eu connaissance des réponses formulées par les interlocuteurs que le préfet est allé solliciter, espérant à chaque fois trouver chez eux un appui à ses thèses. A chaque fois visiblement, il a rencontré des interlocuteurs favorables à l'accord signé. Je pense que nous devons porter à la connaissance de toutes les personnes qui nous ont apporté leur soutien jusqu'ici, cette réponse du préfet, elle est effarante. Cordialement. F.R
La réponse du Préfet Michel Cadot
http://www.cgt35.fr/IMG/pdf/Reponse_Prefet_Travail_Dimanche_Recto.pdf
http://www.cgt35.fr/IMG/pdf/Reponse_Prefet_Travail_Dimanche_Verso.pdf |
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