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Le travail du dimanche en question

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L'actu de la PPL Mallié
Le maire de Lannion veut classer sa commune "zone touristique" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
29-06-2010

Nouvelle illustration des ambiguités de la sinistre loi Mallié, la confusion entre commune touristique au sens du code du tourisme, et commune touristique au sens du code du travail. Les citoyens ont de plus en plus de mal à se retrouver dans des textes confus, et la loi Mallié a ajouté une couche supplémentaire de complexité.

A l'exemple de ce conseil municipal, qui ne sait plus que même si Lannion n'est pas classée zone touristique, tous les détaillants peuvent ouvrir le dimanche, pourvu qu'il ne fassent pas travailler de salariés. Le classement en zone touristique a essentiellement pour effet de pouvoir rendre obligatoire, et sans contrepartie, le travail des salariés. Ceux-ci apprécieront sans doute la "sollicitude" du Maire, qui parle clairement du beurre et de l'argent du beurre.

Le Télégramme, 29/06/10

«Le beurre et l'argent du beurre» 

Station de tourisme depuis 1921, la ville de Lannion verra ce classement caduc, à l'horizon 2012. Le maire a donc proposé au conseil de solliciter, auprès de la préfecture, le nouveau classement en «commune touristique». Le code du travail précise néanmoins que cette dénomination permet aux détaillants d'ouvrir leurs établissements le dimanche, sans contrepartie automatique pour les salariés. Selon la municipalité, une jurisprudence datant de 2009 permettrait néanmoins de considérer uniquement le code du tourisme. Donc de bénéficier de la dénomination, «excellente en terme d'image», selon le maire, «tout en gardant un pouvoir de dérogation, concernant le travail dominical». Avant d'ajouter: «En clair, ce qu'on vous propose, c'est le beurre et l'argent du beurre». Yannick Guégan s'est, lui, inquiété des conséquences d'une telle dispense: «Ne risque-t-on pas de faire de Lannion une ville morte le dimanche, alors que les voisins ouvriront? Quel attrait aura la ville sur les touristes?» Christian Marquet a rappelé le maintien du marché, démentant «cette conception de ville morte», et a réaffirmé son attachement «à la tradition du repos dominical». Une profession de foi qui n'a pas convaincu l'opposition de voter la proposition. Quatre membres se sont déclarés contre, et les trois autres se sont abstenus...

 
Suppression de la Loi Mallié en 2011 ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-03-2010

Le Président annonce sa volonté de ralentir les réformes, annonçant même que le Parlement pourrait jusqu'à "dé-légiférer". Dans l'absolu, on pourrait imaginer qu'après avoir imposé la loi Mallié à sa majorité, le Président l'autorise à la supprimer, tout simplement, ce qui constituerait d'ailleurs une simplification notable dans la législation française, telle que dans la loi, "personne ne s'y retrouve plus".

Propos empreints de sagesse (voir l'analyse du journal Le Monde sur le lien lire la suite), mais les citoyens que nous sommes savent hélas ce que vaut la parole des politiques, et jusqu'où s'étend le courage des parlementaires...

BFM, 11/3/10

Nicolas Sarkozy appuiera sur le bouton pause en 2011

Le président décide de marquer un temps d'arrêt dans les réformes au second semestre de l'année prochaine. C'est ce qu'il déclare dans une interview au Figaro-magazine à paraître vendredi. Verbatim.

Universités, travail du dimanche, 35 heures, heures supplémentaires: c'est un flot ininterrompu de réformes que le gouvernement a engagé depuis 2007. La retraite et la dépendance devraient être les deux prochains gros chantiers. Le chef de l'Etat l'admet : "certaines méritent d'être améliorées"

Liberté aux députés

Nicolas Sarkozy propose donc de lancer un audit de toutes ses réformes. "Au parlement par la suite", dit il, "de les compléter, de les simplifier ou même de délégiférer s'il le souhaite"

"+Nul n'est censé ignorer la loi, rappelle le président. La complexité est souvent telle que personne ne s'y retrouve plus"

Pas de changement côté impôts

Une pause donc dans les réformes, mais pas avant le second semestre 2011. Cette période va coïncider avec celle de la pré-campagne présidentielle 2012.

En revanche, Nicolas Sarkozy ne compte pas revenir sur sa politique fiscale "ni aujourd'hui, ni demain". Il exclut enfin toute "politique de rigueur". "La reprise économique est encore trop timide "assure-t-il ,"pour prendre le risque de la casser".

Voir aussi : article d'Investir, du Monde sur le lien Lire La suite

Lire la suite...
 
Mission parlementaire d'avaluation de la lioi Mallié Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-03-2010

Chrétienté Info, 10/03/10

Lu dans la Lettre de l'Expansion : "La mission parlementaire d'évaluation de la loi Mallié relative à l'ouverture dominicale devrait se réunir dans les prochaines semaines. Le rapporteur du texte, Richard Mallié, et le président de la commission des affaires sociales, Pierre Méhaignerie, viennent en effet d'envoyer une lettre à Bernard Accoyer pour se porter candidats à sa présidence. Le rapport devra être remis d'ici à l'été, soit un an après la promulgation de la loi qui émanait du Parlement, comme l'exige le nouveau règlement. Dans la foulée, le lobby anti-ouverture dominicale affûte ses armes, en élaborant plusieurs dizaines d'amendements contre cette loi. Sur la sellette : la différence de traitement entre les zones touristiques et les périmètres d'usages de consommation exceptionnels, où les salariés sont rémunérés en heures supplémentaires."

 
Travail le dimanche, la bagarre repart Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-03-2010

Le JDD - 7/3/10

Les syndicats et associations opposés à l’ouverture des commerces le dimanche ont préparé des dizaines de propositions pour la mission d’évaluation de la loi Mallié qui doit être constituée en avril. Leur combat cible la différence de traitement des salariés. Ceux qui travaillent dans les "zones touristiques et thermales" le font sans doublement de leur salaire ni repos compensateur. Mais ceux qui opèrent dans les nouveaux "périmètres d’usage de consommation exceptionnels" agissent sur la base du volontariat et reçoivent des contreparties pouvant aller jusqu’à des doublements de salaire.

 
FO demande l'abrogation de la loi Mallié-Carabistouille Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
15-10-2009

Le Comité Confédéral National de la CGT-Force Ouvrière, réuni les 8 et 9 octobre à Paris, demande une mesure de bon sens concernant la loi Mallié-Carabistouille : son abrogation pure et simple. Jean Sarkozy, qui sera bientôt nommé président de FO, ne s'est pas encore prononcé. Pour sa part, le CAD soutient cette demande de FO, et souhaite vivement que l'ensemble des syndicats professionnels adoptent également cette position.

Extrait de la résulution du CCN :

"Le CCN demande l'abrogation de la loi du 10 août 2009 sur le travail du dimanche qui ne fait que légaliser des ouvertures dominicales jusque là pratiquées illégalement. Cette extension ne visant, à terme, qu'à généraliser le travail du dimanche à l'ensemble des secteurs d'activité qu'ils soient privés ou publics.

Pour le CCN, ce texte est porteur d'injustices sociales et économiques et ne fera qu'accroître la pression sur des salariés déjà touchés par la précarité. Le CCN demande à toutes les structures de la cgt FORCE OUVRIERE de rester mobilisées afin de combattre cette banalisation du travail du dimanche et d'aider les syndicats qui vont être confrontés à ce nouveau dispositif, en ayant pour premier objectif de faire respecter le principe d'égalité de rémunération entre les salariés."


L'intégralité de la résolution : ce lien

 
Publication du décret d'application de la loi Carabistouille Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-09-2009

Nous vivons une époque formidable : non seulement le parlement vote des lois sur-mesure en faveur des délinquants économiques, mais avec maintenant une telle impudeur que cette disposition est notoire, le cabinet du ministre du Travail précisant que "seules les zones commerciales qui avaient choisi d’enfreindre la loi ou bénéficiaient de dérogation seraient concernées".

On tremble que le think tank de l'UMP invente d'autres lois-carabistouille, du genre : "Les employeurs qui font travailler leurs salariés 15 heures par jour pourront aller jusqu'à 24 heures. Les autres devront faire travailler leurs salariés 7 heures avec une pause de 10 minutes totues les 10 minutes", ou bien encore "Les employeurs qui ne respectent pas le SMIC pourront payer en emprunts Russes. Les autres devront augmenter leurs salariés de 5% par an".

Gazette des communes, 16/09/09

Travail dominical : la publication du décret «n’est plus qu’une question de jours»

Les Echos du 15 septembre annoncent que la publication du décret d’application du texte sur la loi sur le travail dominical «n’est plus qu’une question de jours».

Outre son contenu, qui ne devrait pas selon Xavier Darcos contenir d’innovations, des questions pèsent sur la liste des communes qui seront concernés par cette loi. Selon le quotidien économique, les préfets du Nord-Pas-de-Calais pour Lille, de Paca pour Marseille et de Paris ont déjà pris des arrêtés sur ce point.
En Ile-de-France, la capitale, l’intégralité de la petite couronne et une partie de la grande couronne est concernée, «soit environ 400 communes». «A leurs conseils municipaux de demander, s’ils le souhaitent, la création d’un Puce (périmètre d’usage de consommation exceptionnel, NDLR) au préfet de département», indiquent Les Echos.

Le cabinet du ministre du Travail a précisé au quotidien que seules les zones commerciales qui avaient choisi d’enfreindre la loi ou bénéficiaient de dérogation seraient concernées.


 
Le TGI de Lille condamne Match à respecter la fermeture hebdomadaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
02-09-2009

Mais que fait Richard Mallié ? Voici une brave enseigne, qui crée des emplois en ouvrant sept jours sur sept, et qui crée un usage de consommation exceptionnel permanent. Vite, une loi d'exception pour régulariser ce délinquant !!

La VoixEco, 02/09/09 Emmanuel Crapet

Des supermarchés Match condamnés parce qu'ils ne ferment pas assez

Parce qu'ils voulaient ouvrir le dimanche sans forcément fermer un autre jour de la semaine, des supermarchés Match de la métropole lilloise ont hier été condamnés. 

« C'est une grande victoire  », lance, hier matin, Jean-Yves Debucquoy, secrétaire général commerce et services de Lille et environs à la CFDT. Avec une dizaine de militants, il savoure l'instant : le tribunal de grande instance de Lille vient, par une ordonnance de référé, de condamner seize supermarchés Match de la métropole lilloise (*) à respecter une fermeture hebdomadaire.

Ledit jugement prévoit une astreinte de 10 000 E par jour de retard en cas de non-fermeture, ainsi que l'obligation d'apposer sur chaque magasin le jour de fermeture. Match est par ailleurs condamné à régler la somme de 10 000 E à titre de réparation et 9 000 E pour les frais de procédure.

« Remettre le couvert »

Ce jugement n'est pas un écho lillois aux modifications examinées à l'Assemblée nationale sur le repos dominical. Est mis à l'index le non-respect de l'obligation faite aux commerces alimentaires de détail de choisir un jour fixe de fermeture dans la semaine (cf l'arrêté pris le 28 juin 2004 par la préfecture du Nord). Ouvrir le dimanche (matin), ce n'est pas hors la loi l'est en revanche de ne pas avoir un autre jour de fermeture dans la semaine.

« C'est la victoire du pot de terre contre le pot de fer  », reprend fièrement le délégué syndical, engagé de longue date dans un bras de fer avec la direction de Match contre le travail du dimanche.

En juin, la CFDT mandatait douze huissiers pour constater l'ouverture de presque autant de magasins Match. « Nous avons essayé de négocier, mais nous n'avons jamais été écoutés  », déplore le syndicaliste. Épais dossier donc que celui porté, hier, au tribunal de grande instance par le conseil de la CFDT, Me Dominique Bianchi.

Quelles conséquences attendre de cette décision de justice ? « C'est une première nationale », dit Jean-Yves Debucquoy. « D'habitude, on s'attaque à un magasin là, c'est à une enseigne ». Fort de cette victoire judiciaire, il entend bien transformer l'essai. Le syndicaliste a cette formule imagée pour décrire ce qu'il va se passer dans les prochaines semaines : «  On va remettre le couvert  ». Sur son territoire géographique, la CFDT Lille et environs caresse l'espoir de faire plier en sa faveur le match du repos dominical. « Nous allons nous attaquer à d'autres enseignes  », promet le syndicaliste, qui a mis au premier rang de sa liste, «  les Carrefour Market.  ». •

(*) Ronchin, Lille (3), Lomme, Seclin, Wambrechies, Villeneuve-d'Ascq (deux), Loos, Marcq-en-Baroeul, La Madeleine (2), Lambersart (2) et Cysoing.

 
Les zones touristiques en question Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-08-2009

Le Progrès de Lyon, 23/08/09

Codes, labels,… c'est à n'y rien comprendre

Voilà une spécificité française dont on se serait bien passé. On est les rois pour dégoter de nouveaux labels, pour sortir un énième code qui vient d'avantage mettre la pagaille que mettre en valeur les richesses touristiques, historiques ou encore gastronomiques…

Prenez cette loi du 10 août 2009. Pour connaître les communes qui disposent ou non de la reconnaissance touristique selon le Code du travail (le texte retenu), il faut se lever de bonne heure. Certains coins de la Haute-Loire disposent d'une reconnaissance, plus officieuse qu'officielle. Le Code des collectivités territoriales dispose ainsi d'un répertoire avec ses communes touristiques. Qui devront repostuler si elles veulent profiter de la nouvelle loi en vigueur. Alors que le projet de loi est passé au Parlement et que le recours du PS devant le Conseil d'État a été rejeté, il faut encore attendre le décret qui dictera les consignes d'application du nouveau texte. Un chemin de fer dont les rails ne manquent pas de finesse. Les dédales sont tortueux et son appréciation bien compliquée. La vraie question est : quelle incidence sur les salariés d'un commerce de vente au détail qui, aujourd'hui, peuvent encore se targuer de ne pas travailler le dimanche ? Ils risquent de déchanter si la commune dans laquelle ils travaillent est reconnue ville touristique. Leur patron pourra les contraindre à enfiler le tablier le septième jour de la semaine. Sans compensation financière bien sûr. Elle ne change vraiment rien cette loi ?

 
Ouverture le dimanche : premier test aujourd'hui Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-08-2009

Le Conseil Constitutionnel ayant déclaré la constitutionnalité du texte Mallié, FO vient d'annoncer son intention de saisir l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Ce texte pourrait en effet ne pas être conforme à la convention 106 signée par la France. Le texte du recours est en cours de rédaction et pourrait aboutir, mais dans tous les cas, ce processus risque d'être long. Et d'ici à ce qu'un membre de la famille Debré soit nommé à l'OIT !...

Le Parisien, 16.08.2009

Combien de commerces ouvriront aujourd'hui ? Après la promulgation mardi dernier de la loi sur le travail dominical, de nouvelles enseignes commerciales peuvent désormais lever leur rideau ce matin, et pour tous les dimanches à venir dans 569 communes et zones touristiques. Sur les Champs-Elysées à Paris par exemple, les boutiques de prêt à porter - dont les emblématiques magasins de luxe Louis Vuitton ou Lancel - sont désormais autorisées à emboiter le pas aux enseignes récréatives ou culturelles qui avaient déjà, elles, le droit d'ouvrir le dimanche. 

Les commerces alimentaires, eux aussi, sont autorisés désormais à rester ouverts le dimanche jusqu'à 13 h, au lieu de midi.

Le reste de la loi prévoyant d’instaurer dans les seules agglomérations de l’Ile-de-FranceMarseille-Aix et Lille des « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » a été promulgué, mais il lui manque encore un décret d’application, à paraître fin septembre. Ce dispositif à venir pourrait concerner, par exemple, la zone commerciale de Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône) qui avait plusieurs fois défrayé la chronique - les commerces y ouvrant le dimanche depuis plusieurs années sans y être autorisés.

Si certains commerçants ont attendu la mesure avec impatience tout particulièrement dans les zones qui ouvraient illégalement, des syndicats en revanche, se montrent sceptiques. La loi implique en effet de nouveaux droits pour les salariés et une clarification de leur emploi du temps. Et là, rien n'est moins clair.

Piquet de grève au BHV à Paris contre de nouvelles zones touristiques

A Paris (*) ainsi, l'intersyndicale du BHV, place de l'Hôtel de Ville tenait un piquet de grève samedi, pour dénoncer «la course folle à l'élargissement des horaires d'ouverture». Leur magasin qui n'est pas - pour l'heure - concerné par la réforme, serait néanmoins susceptible de l'être si le parvis de l'Hôtel de Ville devenait une zone classée touristique. Une décision que seul le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, pourrait valider. 

Un dossier épineux pour le maire de Paris. Au niveau national, le PS craint en effet avant tout des inégalités dans la rémunération entre salariés selon les zones et selon qu'ils travaillaient déjà ou pas le dimanche. 

Force ouvrière saisit l'Organisation internationale du travail

Le syndicat Force ouvrière conteste lui carrément la légalité de la loi estimant qu'elle est «contraire à la convention 106 sur le repos hebdomadaire.» Une convention ratifiée par la France et qui prévoit que les dérogations au repos hebdomadaire restent limitées. FO a saisi, pour ce faire, l'organisation internationale du travail (OIT).  

(*) : Les sept zones touristiques concernées par la loi sur le travail le dimanche sont : Les Champs-Elysées, la rue des Francs-Bourgeois, le viaduc des Arts, les abords de Notre-Dame, la place Saint-Germain-des-Près, la place du Tertre et la portion sous les arcades de la rue de Rivoli.

 
Débuts limités pour l'ouverture dominicale des commerces ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-08-2009

16 aout 2009 - Reuters

PARIS, 16 août (Reuters) - La nouvelle législation française élargissant les possibilités d'ouverture de certains commerces le dimanche est entrée en vigueur partiellement, avec des changements très limités.

Les premières ouvertures nouvelles concernaient certains commerces des 497 communes et 29 zones touristiques recensées dans une loi votée en juillet. C'était la quatrième mouture d'un projet voulu par le président Nicolas Sarkozy, mais fortement contesté jusque dans sa majorité.

A Paris, une enseigne de maroquinerie de luxe a par exemple ouvert sur les Champs-Elysées. Depuis plus d'un siècle, les enseignes liées au tourisme ou à la culture ouvrent déjà le dimanche, comme dans les sept actuelles zones touristiques de la capitale.

"C'est une excellente nouvelle, à la fois pour la vie de la boutique mais aussi pour notre clientèle, qui est à 70% étrangère", a dit une responsable de la boutique sur France info.

Le progrès est cependant faible quantitativement. Lieu symbolique, les grands magasins du boulevard Haussmann, un secteur qui n'est pas actuellement classé zone touristique, étaient notamment fermés, a constaté Reuters.

Ils risquent de le rester en dehors des dérogations légales déjà existantes et utilisées notamment dans les périodes de fêtes de fin d'année, car le 6 août, le Conseil constitutionnel a censuré une partie du projet gouvernemental.

La partie du projet donnant au préfet le pouvoir de décider l'élargissement des zones touristiques à Paris a été annulée, et le pouvoir est restitué à la mairie, actuellement dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë.

Les syndicats de salariés pressent le maire, dont le parti est opposé au projet, de refuser toute nouvelle ouverture.

"CETTE LOI NE CHANGE PAS GRAND CHOSE"

Les syndicats parlent de possibles régressions pour les salariés dans les communes et zones touristiques. En effet, l'ouverture peut se faire contre l'avis des salariés et n'implique plus légalement une majoration des salaires, une modalité qui existait parfois jusqu'ici.

A Toulouse, aucun changement notable ne pouvait être constaté et la profession se montre sceptique. "Pour nous, cette loi ne change pas grand chose", a dit à Reuters Guy Pressenda, président de l'Union des métiers de l'industrie hôtelières (UMIH) de la région Midi-Pyrénées. (En effet, la loi permettait bien évidemment déjà aux hôtels d'ouvrir le dimanche, NDLR)

"Ceux qui étaient ouverts le dimanche le restent, pour acueillir les touristes. Les autres adhérents n'ont pas modifié leur planning. Il n'y avait aucune raison de tabler sur une nouvelle clientèle", a t-il ajouté.

Les seconds secteurs visés par la loi, les "périmètres d'usage de consommation exceptionnels" (PUCE), en pratique les agglomérations de Paris, Aix-Marseille et Lille, n'étaient pas concernés dimanche, le processus administratif étant en cours.

Il sera compliqué. Le gouvernement doit encore publier des décrets d'application, les préfets devront faire un travail préalable et publier des arrêtés, puis les communes intéressées devront déposer des demandes. Enfin et surtout les commerces concernés devront trouver un accord avec leurs salariés.

Dans ces secteurs en effet, l'accord des employés est obligatoire, leurs patrons devront les payer double et leur accorder un repos compensateur. Compte tenu des oppositions et des mandats électifs locaux détenus à Paris et Lille par la gauche, le succès du processus semble loin d'être acquis.

Nicolas Sarkozy a souhaité ce texte en assurant qu'il susciterait du pouvoir d'achat et de l'activité. La gauche le combat en estimant que le principe du repos dominical doit être protégé dans l'intérêt des familles. Elle juge qu'il introduit une discrimination entre salariés.

 
Une loi de plus contre les salariés : dimanche sera un jour comme les autres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-08-2009

Lutte Ouvriere, 14/08/09

Après quatre tentatives infructueuses, le gouvernement est parvenu à ses fins concernant l'extension du travail dominical : le jeudi 23 juillet, le Sénat a adopté sa loi.

De justesse car, outre ceux de gauche, un certain nombre de sénateurs de l'UMP ont voté contre, et la loi n'est passée qu'à une courte majorité, 165 voix contre 159. Mais dorénavant la loi est définitive, car le texte voté est identique à celui adopté par les députés. Et malgré les contestations des partis de gauche sur plusieurs points, le 6 août, le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel des articles de cette loi. Sans perdre de temps, Xavier Darcos, ministre du Travail, a promis aux employeurs la promulgation des décrets d'application pour le mois de septembre.

Ce texte de loi, compliqué à souhait, va sans conteste banaliser encore un peu plus le travail du dimanche. Pour tous ceux qui travaillent dans les communes concernées par cette loi, l'ouverture dominicale des magasins de détail sera « de droit ». Les salariés ne bénéficieront d'aucune contrepartie : ni majoration salariale, ni repos compensateur. Dans ces « communes d'intérêt touristique ou thermales et dans les zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle », le dimanche sera un jour comme les autres. L'UMP affirme que seules 497 communes seraient concernées. Mais il est évident que ce n'est qu'un début : la loi prévoit que le préfet pourra distribuer ce nouveau label, créé pour l'occasion, aux communes qui le demanderont. Le Code du tourisme recense 6 000 communes touristiques. Et il est probable que les commerçants des villes voisines des communes labellisées chercheront eux aussi à ouvrir le dimanche, avec des surcoûts salariaux inexistants.

Paris, Lille et Aix-Marseille ont droit à un régime particulier supplémentaire. Pour ces trois agglomérations, des PUCE (Périmètre d'usage de consommation exceptionnel) pourront être créés, en plus et à côté des « zones touristiques et culturelles », avec cette fois des contreparties pour les salariés en termes de repos compensateur et de majoration salariale. Ainsi des salariés, bien que travaillant pour le même groupe, auront des statuts différents en fonction de l'implantation géographique du magasin où ils travaillent !

La loi précise que le « volontariat » des salariés du dimanche sera la règle. Mais les articles de loi censés protéger ces volontaires montrent déjà ce qu'il faut penser de ce « volontariat » : par exemple, en l'absence d'accord collectif, le salarié ne pourra refuser de travailler que trois dimanches par an. Et encore, il devra prévenir un mois à l'avance. Et surtout, il va y avoir la pression des commerçants sur leurs employés, le chantage à l'emploi, ouvert ou hypocrite, la peur du chômage, la banalisation, la « normalisation » de l'ouverture des magasins. Et le pompon de l'hypocrisie, c'est le rappel solennel figurant à la fin de la loi et qui enjoint de « veiller au respect du principe du repos dominical posé à l'article L.3132-3 du Code du travail » !

Bertrand GORDES

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
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