Idées, réflexions, expertises
Faut-il légaliser le travail du dimanche ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2008

Question d'actualité

Faut-il légaliser le travail du dimanche ?

Par Mgr Bernard GINOUX.

Cette question est en train de trouver une réponse dans les mesures d’autorisations d’ouverture données par l’Etat aux grandes surfaces, à certains professionnels, comme récemment aux marchands de meubles.

Il est probable que l’actuel Parlement étendra cette loi à tous les types de commerces. Une fois de plus, au nom des droits humains, au nom du respect de la liberté religieuse, les hommes et les femmes conscients de l’enjeu doivent combattre  cette mesure contraire au bien social.

 

 
La pression du veau d'or Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-12-2007

L'hebdomadaire "Famille Chrétienne" publie dans son numéro du 22 décembre un article sur la politique de Nicolas Sarkozy pour la relance du pouvoir d'achat, et y présente les 5 mesures phares censées traiter le problème : les primes et participations, les heures supplémentaires, l'indexation des loyers, le paiement des RTT, et le travail du dimanche.

Peu suspecte d'anti-Sarkozysme, la rédaction de Famille Chrétienne est très sombre sur l'efficacité supposée de ces mesures, et donne la parole à Joseph Thouvenel pour la question du travail du dimanche.

Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC, monte au créneau pour défendre le repos dominical.

Travailler le dimanche pour gagner plus, n'est-ce pas une possibilité revendiquée par une majorité de Français (sondage Ifop du 11 décembre) ?

Les sondages sur le repos dominical sont étrangement contradictoires. Car 59 % des Français se déclarent prêts à renoncer à travailler le dimanche et à ne pas gagner plus pour profiter intégralement du week-end, selon un sondage Ifop-Joumaldu dimanche du 8 décembre. À la question : "Vous personnellement, seriez-vous prêt à travailler le dimanche ?', seulement 15 % des sondés répondent : "Oui, certainement". Ce qui correspond au pourcentage de salariés employés habituellement le septième jour.

En juin 2006, 88 % des personnes interrogées par BVA voulaient préserver le dimanche comme jour de repos commun consacré à la vie personnelle, familiale ou associative. Quant aux professionnels concernés, 87 % des commerçants sont, d'après la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), 
favorables au repos hebdomadaire, et parmi eux, 93 % souhaiteraient que ce jour soit le dimanche.

Toujours d'après le sondage Ifop, l'opinion publique est de plus en plus favorable (63 %) à l'ouverture des enseignes le dimanche. Pourquoi résister?

Je ne suis pas sûr que les sondages sont le reflet exact de l'opinion publique. Fréquemment, la question posée est biaisée car elle ne différencie pas les commerces qui sont utilement et traditionnellement ouverts le dimanche (marchés, boulangeries...) - qu'il n'est évidemment pas question de fermer - des grandes surfaces.

Quels que soient les chiffres, le fond du problème est : quelle société construisons-nous ? Voulons-nous un temps dans la semaine où la production et la consommation sont mises entre parenthèses pour permettre la vie familiale, associative, culturelle et spirituelle ? L'homme n'est-il qu'une capacité à produire et à consommer? ou a-t-il une dimension sociale et spirituelle qui transcende ses pulsions matérialistes ? Laisser croire que le bonheur se trouverait dans les rayons des supermarchés est contraire à la conception de l'être humain défendue par la CFTC.

L'amendement à la loi Chatel va autoriser l'ouverture des enseignes d'équipement le dimanche. N'est-ce pas une bonne idée pour les familles ?

Certainement pas pour les familles de ceux qui devront travailler le dimanche, notamment des mères célibataires. Et que l'on ne parle pas de liberté de choix en la matière ! Quel est mon espace de liberté quand un tiers décide de m'embaucher ou non, de m'augmenter ou non, de me donner une prime ou non, fixe mes dates de congés ou de RTT? En outre, au cas où certains ne l'auraient pas remarqué, les magasins d'équipement sont ouverts du lundi au samedi, souvent tard le soir, et l'on peut de plus en plus effectuer ses commandes sur Internet.

C'est avoir une idée bien pauvre de la vie familiale que de penser que le lieu approprié d'épanouissement de celle-ci se trouve au milieu des machines à laver. La famille mérite un projet plus ambitieux que la consommation non-stop.

Benoît XVI s'inquiète de la mercantilisation du jour du Seigneur en Europe. Partagez-vous son inquiétude ?

Benoît XVI a raison. Alors que nos sociétés occidentales souffrent du manque de repères, ce marqueur essentiel pour l'équilibre de tous qu'est le repos dominical tend à disparaître sous la pression du veau d'or. Si, pour les catholiques, il semble clair que le dimanche doit rester un jour consacré à Dieu, les Européens doivent avoir conscience que l'Europe s'est très largement construite sur ses racines chrétiennes. Les renier en cédant au mercantilisme est suicidaire pour notre société. En ce sens, le combat pour le repos dominical est un véritable combat de civilisation.

C'est pour cette raison que la CFTC travaille de plus en plus étroitement avec les organisations syndicales sociales chrétiennes de notre continent. Chacun peut agir en signant la pétition pour le respect du repos dominical en ligne sur http://www.cftc-paris.com/.

 

 
C’est le règne du consommateur roi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-12-2007

Un article paru dans l'Huma du 22/12/07

Pour le sociologue Stephen Bouquin (*), face à l’actuelle régression sociale, la gauche doit s’appuyer sur d’autres valeurs que celle du fric et de la féerie marchande.**

 

Selon les sondages, les Français seraient favorables à l’ouverture des commerces le dimanche. Mais ils sont très majoritairement contre le fait de travailler ce jour-là (1). Qu’en pensez-vous ?...

 

 
Il ne suffit pas de vouloir pour être libre… Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-12-2007
Un article excellent, paru dans l'Huma du 21/12/2007

Par Michel Sparagano, professeur de philosophie.

Le Sénat a donc autorisé certains secteurs à travailler le dimanche. Soit ! L’argument communément avancé en faveur du « travailler plus » version dominicale est qu’il existe des travailleurs volontaires pour cela. Re-soit !

Juste une remarque en passant : il y avait également des volontaires pour le STO pendant la dernière guerre mondiale. Et alors ? Alors, cela devrait au moins nous alerter sur ce que sait tout élève étudiant la philosophie : il ne suffit pas de vouloir pour être libre, car on peut conditionner la volonté qui dit « je veux ! ».

 
La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-12-2007

FPF : Claude Baty à propos du travail le dimanche

Le président de la Fédération protestante de France s’interroge sur le sens de la libéralisation du travail le dimanche.

Il est question de généraliser l’autorisation de travailler le dimanche… À mes yeux, ce n’est pas une bonne idée ! Qu’un pasteur réagisse ainsi n’étonnera personne, et pourtant ce ne sont pas des intérêts particuliers que je défends. Au contraire, ma démarche est antireligieuse ! Dans ce projet, je dénonce d’abord la religion de la consommation.

La tendance à ne plus faire de différences entre les jours pour permettre de travailler et de consommer vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, est l’affirmation sans complexe du culte de la consommation animé par sa prophétesse publicité (dont le credo est la loi du marché). C’est logiquement que le supermarché est devenu le lieu de la célébration par excellence, l’endroit où le travailleur fatigué s’enivre de musiques et de lumières pour mieux sacrifier dans la joie. C’est une expression de la liberté de culte, direz-vous.

Certes, mais ce qui est surprenant, c’est que ce culte semble devenir le culte officiel de notre République qui ne serait donc plus laïque ! Plus que cela, j’avance que ce culte reconnu a un penchant sectaire évident. Ceux qui suspectent sans cesse les mouvements religieux d’égarement, sont curieusement muets devant le lavage de cerveaux que subissent adultes et enfants par le biais d’une publicité omniprésente, particulièrement en ce temps de Noël ! Ces défenseurs des innocents semblent indifférents à la frénésie consommatrice, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes le clergé ! Un comble !

Quand la Bible préconise des jours de repos et de fêtes, elle offre du temps pour célébrer Dieu, mais plus largement elle souligne la nécessité pour tout homme de sortir d’un travail dont il est potentiellement l’esclave. Le repos régulier qui peut donc se partager, comme se partage le travail, est alors l’occasion de prendre du recul et de réfléchir sur les finalités de son action. Pourquoi travailler plus ? Pourquoi gagner plus ? Pour qui ? Pour quelle vie ? Dans quelle création est-ce que j’inscris mon ouvrage ?


Pasteur Claude Baty

Président de la Fédération protestante de France

 
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