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Un dimanche à Paris
Ouverture des bibliothèques le dimanche à Paris : Bruno Julliard renvoyé à ses chères études par sa Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Cela à beau être l'une des obsessions de la maire de Paris, d'Anne Hidalgo et de Bruno Julliard (son premier adjoint en charge de la culture) mais le projet d’ouvrir deux nouvelles bibliothèques municipales le dimanche dans la capitale est loin de faire l’unanimité, y compris au sein de leur propre majorité. Les débats ont été vifs lors du dernier conseil de Paris. Les élus du groupe Communistes-Front de Gauche et ceux du groupe écologiste ont été très critiques sur les propositions de l’exécutif, surtout dans un contexte où la municipalité parisienne réduit, année après année, les moyens de ses bibliothèques.

« Le réseau des bibliothèques est mis à mal. Les plus petits établissements ont du mal à fonctionner correctement avec des moyens très contraints, certaines doivent même réduire leurs horaires d’ouverture. Les budgets d’animation des établissements et d’acquisition des documents sont en baisse. C’est quand même un comble de parler d’ouverture du dimanche dans ce contexte-là ! » n’ont pas hésité à déclarer les communistes par la voix d’Emmanuelle Becker, élue du XIIIème arrondissement.

Une critique reprise par les écologistes parisiens. « Ouvrir nos bibliothèques le dimanche nécessite une réflexion d’ensemble, plus générale, sur les ambitions de notre ville sur l'accès à la lecture. Il s'agit, en premier lieu, pour nos établissements de disposer d'effectifs suffisants. Nous devons pouvoir nous appuyer sur des bibliothécaires professionnels pour que la qualité d'accueil soit au rendez-vous », ont-ils finement observé avant de lancer un petit scud à l’endroit d’Anne Hidalgo et de son premier adjoint. « Quelle cohérence portons-nous quand nous baissons les dotations, quand nous diminuons les postes ? », ont-ils lancé en plein hémicycle. Une vraie volée de bois vert.

Des élus qui emboîtent le pas aux syndicats, lesquels avaient déjà dénoncé quelques jours avant, au comité technique de la Direction des affaires  culturelles, la politique de la mairie. « L'augmentation des horaires (notamment le dimanche) peut difficilement se faire avec des moyens humains en baisse et le non-remplacement de fonctionnaires, comme l’applique avec zèle la municipalité parisienne depuis plusieurs années dans ses bibliothèques. Certaines, malgré la réduction de leurs horaires, faute de personnel suffisant, sont même considérées par l’administration comme encore en sureffectif ! On marche vraiment sur la tête ». Résultat, une réunion houleuse où les syndicats, pour protester contre le passage en force de Bruno Julliard, ont alors renvoyé l’ancien leader étudiant à ses chères études.

Mais au-delà des moyens, c’est la pertinence même de l’ouverture du dimanche qui fait débat parmi les élus. « Demandons-nous d’abord à quel besoin répond l’ouverture des bibliothèques le dimanche ? D’une certaine manière, elle répond à la dérégulation des modes de vie : toujours plus de gens travaillent le samedi, voire le dimanche. Mais souhaitons-nous vraiment accompagner ces évolutions ? Souhaitons-nous permettre aux employeurs de toujours plus déréguler le travail en adaptant le service public aux exigences du secteur privé ? Si l’on poursuit la logique de la loi Macron qui veut généraliser le travail du dimanche, pourquoi ne pas plutôt ouvrir le lundi, jour de repos en devenir pour beaucoup de salariés ? », une question on ne peut plus pertinente à laquelle Bruno Julliard s’est apparemment bien gardé de répondre.

Car la question des modes de vie et des horaires atypiques est un sujet qui concerne aussi, depuis longtemps, les bibliothécaires, comme le rappellent au passage les élus de la capitale : « Attention au passage en force auprès de ces professionnels. Leurs horaires sont déjà atypiques, avec des week-ends, les dimanches et lundis, des fins de journée à 19h00. Pour beaucoup d'entre eux, par exemple, ce ne sont pas des emplois du temps faciles à combiner avec une vie de famille », pointe avec justesse l’élue verte, Aurélie Solans (lire ici).

De plus, comme tout ceux qui veulent ouvrir les services publics le dimanche (sans toutefois y travailler soi-même), la ville de Paris peine à justifier pourquoi elle veut ouvrir des bibliothèques ce jour-là en dehors de quelques phrases creuses comme « l’adaptation aux rythmes de vie des Parisiens », invariablement suivie « d’une demande croissante des usagers ». Rengaine habituelle depuis plus de dix ans et formellement contestée par ceux qui ont eu accès aux chiffres de fréquentation des trois bibliothèques parisiennes déjà ouvertes ce jour-là.

« Il n’y a pas de « demande croissante » des usagers pour l’ouverture du dimanche », prévient la CGT Culture. « Bien sûr, il y a du monde le dimanche, mais ce sont souvent les mêmes usagers qui viennent déjà en semaine. Une observation faite par de nombreux bibliothécaires (lire ici). D'ailleurs, selon les chiffres mêmes de la mairie de Paris, seuls 5 % des inscrits dans ces bibliothèques ouvertes le dimanche ne viennent que ce jour là. Loin d'une demande croissante », peut-on ainsi lire sur le site du syndicat.

Une analyse reprise également par la CFDT qui, de son côté, rappelle que « le bilan des ouvertures dominicales montre une fréquentation élevée de public non inscrit ». C'est-à-dire des étudiants. « Un public qui n’emprunte pas. Ce n’est pas satisfaisant », conclut le syndicat désormais critique sur l’ouverture du septième jour (lire ici).

C’est un fait. C’est en effet la misère estudiantine en cours, notamment dans la capitale, qui explique la fréquentation des bibliothèques le dimanche. « La situation des jeunes et des étudiants qui n’ont pas d’espaces de travail adaptés à leur domicile est souvent mise en avant, c'est d’autant plus vrai à Paris. Dans ce cas-là, la réponse à ce besoin passe-t-elle nécessairement par l’ouverture des bibliothèques municipales le dimanche ? Nous n’en sommes pas persuadés », explique Emmanuelle Becker, elle-même ancienne étudiante (lire ici). 

« Plusieurs bibliothèques nationales sont déjà ouvertes ce jour-là. S’il faut multiplier les ouvertures, pourquoi ne pas ouvrir les bibliothèques universitaires le dimanche ? Elles sont bien plus adaptées pour répondre à ce besoin. Mais surtout, est-ce que nous allons ouvrir nos bibliothèques le dimanche pour les étudiants ou grâce aux étudiants embauchés comme vacataires ? Posons-nous la question du salariat étudiant et de ses effets dévastateurs sur la réussite des études, comme le font les grands syndicats étudiants comme l’UNEF ». Et bim, dans les dents de Bruno Julliard, justement ancien secrétaire de l’UNEF. Voilà l’ancien leader étudiant de nouveau, renvoyé à ses chères études. Par les élus de sa propre majorité cette fois.
 
Le Clic-P bloquera tout accord sur le travail dominical dans les quatre « majors » du commerce Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Miroir Social, 23/3/2015 

L’enjeu de l’ouverture des magasins le dimanche à Paris dépasse le simple cadre national car s’y joue, selon ses défenseurs, l’image de la France par rapport aux grandes capitales européennes. Un argument qui ne touche pas le Clic-P, l’intersyndicale du commerce à Paris qui fédère plusieurs organisations syndicales (CFDT, CGT, SUD, CFE-CGC et UNSA).

Les membres du Clic-P sont majoritaires dans le commerce à Paris et ont la capacité de bloquer tout accord social sur le travail dominical, rendu nécessaire avec la future loi Macron.  La situation est particulièrement sensible dans les quatre « majors » du commerce à Paris que sont les Galeries Lafayettes, le Bon Marché, Printemps-Hausmann et le BHV. 

« C’est une épine dans le pied syndical car il montre qu’une inter-syndicale peut défendre bien plus efficacement les salariés que la division syndicale actuelle », avance Eric Verhaeghe, fondateur du cabinet Parménide et du site d’informationTripalio.

Découvrez les approches à l’œuvre tant du côté patronal, gouvernemental que syndical pour contourner le Clic-P.

 
Dimanche : pas avant 2016 à Haussmann Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Promulgation de la loi, décrets, accord social: le chemin reste long avant que les grands magasins n’ouvrent tous les dimanches.
Quand le Printemps et les Galeries Lafayette pourront-ils ouvrir tous les dimanches boulevard Haussmann à Paris? Alors que la loi Macron est votée solennellement ce mardi à l’Assemblée nationale, la question est d’importance. Car l’ouverture dominicale des grands magasins est devenue le marqueur de la volonté de réforme affichée par le ministre de l’Economie. Et pour les grands groupes de distribution, ce sera bien là l’une des rares avancées d’un texte qui est « loin d’encourager l’activité », comme le dit un représentant.
Du côté des enseignes de grands magasins, la mise en œuvre concrète des nouvelles dispositions sur le travail dominical ne devrait pas intervenir avant le début 2016. « Nous espérions commencer à ouvrir tous les dimanches cet été, mais cela semble impossible désormais » constate Claude Boulle, président de l’Union du commerce de centre-ville. L’été, c’est-à-dire juillet et août, qui constituent dorénavant le pic de ventes, avant Noël, pour les Galeries Lafayette Haussmann, en raison de la fréquentation des touristes.
 
Si le cap est désormais mis sur le début 2016, c’est tout simplement parce que la loi Macron doit finir d’être examinée par le Sénat dont les travaux seront entrecoupés par les élections départementales fin mars. Selon toute vraisemblance, la loi ne pourra être promulguée avant cet été. Suivront les décrets d’application et l’arrêté donnant les critères de délimitation des zones touristiques internationales dans l’une desquelles s’insérera le boulevard Haussmann. Au ministère de l’Economie, on rappelle qu’Emmanuel Macron s’est engagé à ce que tous les décrets soient publiés avant la fin de l’année. Il faudra ensuite, même s’il ne sera pas nécessaire d’aboutir à un avis conforme, mener une concertation avec la ville de Paris sur la délimitation des zones internationales et leur complémentarité avec les zones touristiques « simples » qui demeurent, elles, du ressort de la mairie.
 
Restera alors aux grands magasins à trouver un accord social avec leurs représentants du personnel. Un véritable chemin de croix compte tenu du fait que la CGT et la CFDT sont majoritaires et membres du Clic-P, qui combat l’extension des horaires d’ouverture le dimanche et en soirée. « Il existe des moyens de surmonter les blocages » estime un connaisseur du dossier. Les syndicats se trouveront sous la pression croisée des employeurs et des politiques qui souhaitent voir l’ouverture dominicale se concrétiser. Mais encore faut-il parvenir à un accord. Au final, le début 2016 apparaît comme un horizon possible, mais pas forcément facile à atteindre.
De leur côtés, les distributeurs alimentaires pourront continuer à ouvrir le dimanche jusqu’à 13 heures comme la loi l’autorise depuis presque cent ans. Mais ils devront payer leur personnel ce jour là 30 % de plus. « Même le rapport Bailly jugeait que c’était inutile » regrette Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution.
 
Travail du dimanche: Anne Hidalgo fait campagne contre le projet de loi Macron en images Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Huffigton Post, 14/12/2014 

TRAVAIL DU DIMANCHE - Anne Hidalgo riposte. La maire de Paris a déjà eu l'occasion d'exprimer tout le mal qu'elle pense de la loi Macron, qui vise notamment àétendre jusqu'à 12 le nombre de dimanches travaillés par an. Un texte qui prévoit aussi la création de zones touristiques internationales par décret ministériel et non sur proposition du maire comme les zones touristiques actuelles.

Elle s'est exprimée le 6 décembre "contre l'idée qu'il puisse y avoir des zones internationales où ce ne serait pas le maire de Paris qui déciderait", se disant "diamétralement opposée" à l'idée de "se laisser dicter par décret la nature" de son "territoire". La veille, elle s'était fait l'écho d'un rapport d'élus parisiens, concluant que "les arguments économiques en faveur d’une ouverture dominicale plus large ne sont pas concluants". La maire "ne se laissera pas faire, quitte à 'saisir le Conseil constitutionnel'", affirme même le JDD.

Et elle a décidé d'enfoncer le clou sur son compte Twitter, postant et retweetant plusieurs messages accompagnés d'illustrations qui vantent son action à la mairie de Paris, tout en rappelant que le dimanche sert à autre chose qu'à travailler. Elle a récidivé ce dimanche 14 décembre, histoire que le message soit bien clair :



 

Et Anne Hidalgo de rappeler que le travail du dimanche existe de toute façon déjà dans sa ville, évoquant sept zones touristiques qui intègrent des commerces ouverts toute la journée du dimanche, mais aussi les "71.200 salariés qui travaillent à Paris" ou encore tous les lieux ouverts dans la capitale:

 

 

 

Si l'extension du travail dominical a bien du mal à convaincre à gauche, l'opposition municipale menée par Nathalie Kosciusko-Morizet y est en revanche favorable sur le principe. "Anne Hidalgo continue de s'y opposer pour des raisons strictement politiciennes : il s'agit de sauver ce qu'il reste de son accord avec les écologistes et les communistes", déplore le groupe UMP dans un communiqué.

 
INFO METRONEWS - Travail dominical : la gauche parisienne ne suivra pas le gouvernement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
CONSOMMATION - Une mission d'information doit rendre ses conclusions dans les prochains jours sur l'opportunité d'étendre le travail dominical à Paris. La majorité de gauche, qui se réunit ce lundi pour entériner une position commune, planche sur une extension très limitée des dérogations. Aux antipodes du projet de loi Macron, qui veut créer de nouvelles zones touristiques.
 
 
En menaçant d'imposer par décret l'extension du travail dominical, le gouvernement précipite surtout une fronde des élus parisiens. La mission d'information et d'évaluation lancée en juin par Anne Hidalgo a mis le turbo pour rendre ses conclusions avant le 11 décembre – plus tôt que prévu – et prendre de vitesse le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, dont le projet de loi visant à étendre les "zones touristiques" dans la capitale sera examiné en conseil des ministres à la mi-décembre. Un violent bras de fer en perspective entre la Ville de Paris, outrée qu'on décide à sa place, et le gouvernement.

Si les conclusions des élus parisiens ne sont pas arrêtées, le PS et ses alliés au sein de la mission pourraient entériner ce lundi une position commune. Contactée par metronews, Danièle Premel, membre PCF de la mission, et très hostile au travail dominical, se réjouit. "On s'oriente vers un accord qui ne va pas dans le sens de la loi", croit savoir la conseillère de Paris. Les élus tiennent déjà un consensus qui va jusqu'à l'UMP : ils réaffirmeront que c'est à la maire de Paris, et non au gouvernement, de trancher sur le sujet.

Extension à la marge

Deuxième cible : l'extension des zones touristiques. Les conclusions de la majorité de gauche au sein de la mission aboutiraient, au mieux, à une extension "très à la marge" des zones actuelles, voire à la suppression d'une zone, celle du Viaduc des Arts (XIIe), jugée peu concluante. Pas question, a priori, d'étendre l'ouverture dominicale aux grands magasins (IXe) ou encore à Bercy (XIIe), revendication du grand patronat appuyée par le projet de loi Macron. "L'intérêt économique de ces extensions n'est pas démontré", juge Danièle Premel. Une position aux antipodes des déclarations de Nathalie Kosciusko-Morizet, la présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, qui souhaite étendre cette zone touristique à tout Paris. "A gauche, il y a unanimité contre l'ouverture des grands magasins le dimanche", confirme Yves Contassot, conseiller EE-LV, également membre de la mission.

La gauche parisienne ne s'est pas encore accordée, en revanche, sur deux autres propositions du gouvernement : l'ouverture dominicale dans les gares parisiennes, et le nombre de dimanches ouverts à titre exceptionnel, qui passerait de 5 à 12 par an. Selon Yves Contassot, PCF et EE-LV s'y opposent frontalement, alors que le PS serait disposé à sept nouvelles ouvertures par an, à la discrétion du maire. Contactée dimanche, la Ville reste sur sa ligne : pas question de s'exprimer avant la remise du rapport… Le silence est déjà rompu dans la majorité.
 
Travail dominical : Hidalgo ne veut pas que ses pouvoirs soient captés par Bercy Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Anne Hidalgo a déclaré mardi qu'elle n'accepterait pas "que les pouvoirs du maire soient captés par Bercy", alors que Les Échos prêtaient lundi au gouvernement l'intention de créer des "zones touristiques de dimension internationale" pour intensifier l'ouverture dominicale des magasins. "J'ai mon calendrier, ma méthode, le Conseil de Paris se prononcera notamment sur les zones touristiques. Je suis quelqu'un de profondément décentralisateur et je n'accepterai pas bien sûr que les pouvoirs du maire soient captés par Bercy ou par je ne sais quelle autre instance, donc je me battrai pour que les pouvoirs du maire soient bel et bien confortés dans la future loi", a déclaré la maire de Paris sur RTL.

Lundi, Les Échos écrivaient que Bercy était "décidé à créer des zones touristiques de dimension internationale", un dispositif pris, selon le journal, par arrêté ministériel "qui vise à passer outre aux hésitations de la mairie de Paris pour autoriser l'ouverture dominicale des grands magasins". Les zones touristiques de dimension internationale, "ça ne me paraît pas une bonne chose", mais "la loi s'imposera à tout le monde", a commenté Anne Hidalgo. "Il y a quelque chose de positif dans les propositions de monsieur (Emmanuel) Macron, c'est le fait qu'il imposerait une compensation et le volontariat pour tous les salariés qui seraient amenés à travailler le dimanche", a nuancé la maire de Paris. "Cette proposition de compensation salariale serait une bonne chose. Pour le reste, je suis pour que l'on fasse confiance aux pouvoirs locaux et que la décentralisation soit porteuse de solutions plutôt qu'on revienne vers une centralisation que je conteste", a-t-elle conclu.
 
Travail dominical : Paris temporise Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Metronews, 19/10
 
Gagner encore un peu de temps. Alors que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a présenté mercredi ses propositions pour étendre le travail dominical, la Ville de Paris se montre prudente sur le sujet.
 
Macron a posé sur la table des mesures qui fâchent une partie des alliés de la maire socialiste, Anne Hidalgo, elle-même favorable au débat sur le sujet du travail le dimanche. Le ministre de l’Economie propose d’étendre de 5 à 12 par an le nombre de dimanches travaillés dans les commerces non alimentaires et de permettre l’ouverture dans certaines grandes gares SNCF. Surtout, il suggère de créer des « zones touristiques de dimension internationale à fort potentiel économique » étendant le travail nocturne et dominical.
 
Un « reniement » du gouvernement
 
Hier, le premier adjoint PS, Bruno Julliard, a pris les devants en repoussant le débat. « La mission sur le travail dominical terminera ses travaux en décembre, a simplement indiqué l’élu. Le rapport sera remis à Anne Hidalgo le 16 décembre et débattu au Conseil de Paris en février. » Soit bien après le débat budgétaire du mois de décembre, qui s’annonce animé au sein de la majorité municipale.
 
Car les alliés communistes et écologistes sont opposés à l’extension du travail dominical dans la capitale. Dans une tribune publiée hier sur le Huffington Post, le conseiller de Paris EE-LV Yves Contassot a fustigé un « reniement » du gouvernement, jugeant « dangereux de vouloir toucher aux zones touristiques à Paris ».
L’opposante Danielle Simonnet (PG) pense qu’Anne Hidalgo a déjà « abandonné la bataille face à Emmanuel Macron ». Côté syndical, le collectif parisien Clip-P, qui appelle à une manifestation le 14 novembre, juge aussi que « ces dérogations supplémentaires en appelleront d’autres » et que la « justification économique » de ces mesures n’est toujours pas démontrée. Bref, après quatre mois de discussions, toujours aucun consensus.
 
Communiqué de Presse de la féderation du FN – RBM de Paris Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Depuis plusieurs mois déjà le débat sur le travail dominical agite la société française. Alors que le gouvernement souffle tantôt le chaud tantôt le froid, Anne Hidalgo vient d’annoncer clairement les positions qu’elle défendra au nom de la mairie de Paris lors de sa dernière interview du 3 septembre sur Europe 1. Comme une évidence et presque par habitude, c’est la ligne la plus défavorable aux petits et aux exploités qui est choisie.

Le maire de Paris s’oppose à la possibilité d’une généralisation du travail dominical. Certes. Mais elle y préfère l’extension des zones actuellement déclarées touristiques, voire à la création de nouvelles zones similaires. C’est oublier un peu vite que ces zones voient systématiquement les loyers augmenter vertigineusement du fait même de leur classement avantageux, ne permettant plus qu’à de grandes enseignes, seules à même de payer les loyers exorbitants, de s’y installer et chassant par l’automatique les petits commerçants qui faisaient le charme de ces quartiers et le confort de leurs habitants. Agrandir ces zones, en créer de nouvelle, c’est accélérer encore un peu plus l’enchérissement des baux et encore davantage contraindre les commerçants de proximité à mettre la clef sous la porte ou à s’exiler. C’est également, malgré les bonnes intentions affichées par le maire de Paris, étendre un système où, rappelons le, les salariés ne se voient pas demander leur avis pour travailler le dimanche et surtout ne touchent pas obligatoirement de prime salariale, sauf accord de branche ou d’entreprise en compensation du sacrifice de ce jour de repos traditionnel.

Le Front national-Rassemblement Bleu Marine de Paris s’oppose naturellement à ce choix absurde, qui non seulement contribuerait à terme à la disparition du petit commerce, sans pour autant permettre aux salariés volontaires d’y trouver un moyen d’augmenter des revenus de plus en plus insuffisants et de plus en plus ponctionnés. Une combinaison perdant-perdant typique du PS.

Le Front national-Rassemblement Bleu Marine exige une politique d’ouverture dominical ciblée prioritairement en faveur du commerce de proximité et excluant de fait les grandes surfaces. S’il est évident que les magasins de plus grande taille doivent pouvoir ouvrir le dimanche dans les secteurs les plus touristiques de la capitale, tant pour la santé de l’économie locale que pour le confort des visiteurs de notre capitale, ces ouvertures dominicales devront se faire systématiquement à l’avantage des salariés volontaires. Droit des salariés à gagner dignement leur vie et encouragement du commerce de proximité sont les axes que nous avons toujours défendus et mis en avant, à Paris comme ailleurs.
 
Zone touristique à Paris Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Communiqué CFTC Paris, 25/4/13

La CFTC Paris s’inquiète des récentes déclarations d’Anne Hidalgo concernant le travail du dimanche dans la capitale.

La CFTC Paris attend du successeur de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, quelque soit celui-ci, autant de bon sens et de fermeté sur ce dossier que l’actuel maire de la capitale.

Pour la CFTC la priorité est la sauvegarde de ce temps essentiel pour la vie familiale, personnelle, associative, spirituelle qu’est le Dimanche.

Si des dérogations de bon sens, concernant notamment le service, l’art, la culture, les espaces verts et les petits commerces de proximité sont acceptables, la CFTC fera tout pour éviter que la Capitale ne devienne un vaste centre commercial pour bobo en mal de consommation.

Concernant les touristes : ce qu’ils viennent rechercher à Paris, d’abord, c’est un art de vivre, des flâneries, de la culture, du lien social, de la beauté et un contact vrai avec les parisiens et non pas des surfaces marchandes comme on peut en retrouver dans n’importe quelle capitale anonyme.

La CFTC Paris ne doute pas qu’avant de céder aux puissances marchandes, Madame Hidalgo, ancienne Inspectrice du Travail, aura à cœur d’obtenir des grandes enseignes qui ouvrent le dimanche à Paris :

  • Le respect de la loi
  • Paiement double de l’heure travaillée
  • Les récupérations du dimanche sacrifié.

Paris, le 25 avril 2013. 
Contact :       Joseph THOUVENEL / 06.80.06.55.54

 
A Paris, Hidalgo fait volte-face sur le travail du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Mélenchon s'étrangle en entendant Hidalgo : il n'est pas le seul !

Pour ce qui nous concerne, comme beaucoup de citoyens, nous croyons devoir nous résigner à l'adage célèbre d'Henri Queuille : "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Cependant, nous nous interrongeons sur l'avantage politique que compte retirer Mme Hidalgo dans sa lutte contre NKM par ce retournement pour le moins inattendu. Compte-elle sur un bénéfice éléctoral, en escomptant que le nombre d'enseignes de la grande distribution, additionné du nombre de Japonais souhaitant acheter un canapé le dimanche soit supérieur au nombre de ceux qui la considéreront désormais comme insincère ? Nous pensons que ce calcul électoral est risqué, et vient à la fois, une fois de plus, contribuer à démonétiser la parole politique, en même temps qu'il s'agit d'un erreur pour Paris.

Libé, 25/4/13 - Par LAURE EQUY

La candidate PS aux municipales propose de revoir la carte des zones touristiques de la capitale pour étendre le travail dominical, auquel elle s'opposait en 2010. Le Front de gauche s'indigne.

«Une déclaration de guerre aux salariés du commerce», «des provocations»... Depuis deux jours, le Front de gauche parisien s’étrangle en entendant les déclarations d’Anne Hidalgo puis de Bertrand Delanoë, prêts à lâcher du lest sur le travail dominical et l’extension des zones touristiques concernées dans la capitale.

Dans ces zones, l’employeur peut donner un repos hebdomadaire par roulement à son personnel, sans forcément majorer le salaire du dimanche, sauf accord de branche ou d’entreprise. Il y en a sept à Paris: une partie de la rue de Rivoli, la place des Vosges et la rue des Francs-Bourgeois, la rue d’Arcole, les Champs-Elysées, une partie du viaduc des Arts avenue Daumesnil, une partie du boulevard Saint-Germain, une partie de la Butte-Montmartre. Pas plus, la majorité municipale ayant refusé, en 2010, d'étendre l'ouverture des commerces, notamment au boulevard Haussmann, le quartier des grands magasins.

Mais mercredi, la candidate (PS) aux municipales a très nettement assoupli sa position. Dans un entretien vidéo au site lesechos.fr, Anne Hidalgo a proposé de «revoir cette carte des zones touristiques», tout en y mettant des «conditions», celle du «dialogue social» et de la création d’emplois. «Si on va dans cette voie, il faut un pacte», a-t-elle insisté.

Le lendemain, doublé. C’est l’actuel maire, Bertrand Delanoë, qui se dit prêt à rouvrir le dossier «si les conditions sociales» et «urbaines» sont«réunies». A savoir «que les riverains soient associés aux décisions (...), qu’il y ait un accord dans l’entreprise avec les syndicats, a-t-il expliqué sur France Inter. Il faut donc être sur la base du volontariat et il faut qu’il y ait un avantage.»

«Le bréviaire de la droite»

«Je suis d’autant plus surpris par ces déclarations que la gauche parisienne a toujours été unanimement contre l’extension de ces zones, même sous la pression de la loi [du député UMP Richard Mallié, votée en 2009, ndlr]», réagit auprès de Libération Ian Brossat, le président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris.

Dans son livre Travail au bord de la crise de nerfs publié en 2010, Anne Hidalgo dénonçait d’ailleurs une loi qui a «sérieusement écorné le principe de repos dominical». La première adjointe estimait que «le volontariat ne [pouvait] être garanti [...] puisque des pressions faciles peuvent être exercées sur les salariés qui refuseraient ces modalités».Plus loin: «Les études montrent que l’extension des zones touristiques profiterait aux seuls grands magasins et pénaliserait les petits commerces qui n’aurait pas les moyens économiques de faire face à la concurrence.» Hidalgo prenait enfin la défense des «femmes, majoritaires parmi les employés du commerce», évoquant leurs«difficultés pour les modes de garde».

Alors que la favorite de la primaire parisienne de l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, a proposé, dans un entretien au Figaro le 10 avril, l’extension des zones touristiques «dans l’est et le nord de Paris, qui permette l’ouverture des magasins le dimanche», le Front de gauche s’interroge sur la volte-face des socialistes. «Le PS parisien semble bien décidé à faire la course municipale dans le couloir de droite», accuse Alexis Corbière, conseiller de Paris du Parti de gauche, dans un communiqué, tandis que le communiste Ian Brossat met en garde, à onze mois des municipales: «On ne rassemble pas la gauche en puisant dans le bréviaire de la droite.»

Delanoë, ce matin, jugeait que sa suggestion «pragmatique» n’avait rien à voir avec la «loi antisociale» portée par «Nathalie Kosciusko-Morizet (...) en tant que membre du gouvernement Fillon».

 
Extension du travail dominical : quand c'est non, c'est non ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L'huma, 25/4/13 - Communiqué de Ian Brossat, Président du Groupe PCF/PG au Conseil de Paris

Anne Hidalgo, invitée des Echos TV hier soir s'est prononcée en faveur d'une révision des zones touristiques à Paris, c'est-à-dire, en pratique, d'une extension du travail dominical. Cette déclaration est d'autant plus surprenante que la gauche parisienne s'est toujours rassemblée pour refuser l'extension du travail dominical dans la capitale. Ces propos de la candidate socialiste interviennent une semaine après des déclarations similaires de la candidate de l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet.
 
Cette extension serait un très mauvais coup contre les salariés, majoritairement des femmes, qui travaillent dans le commerce et souffrent déjà de salaires très bas et de contrats précaires à temps partiel.
 
Le Front de Gauche est donc fermement opposé à une extension des zones touristiques.

Nous n'accepterons pas que le travail dominical soit étendu dans la capitale. La gauche n'a rien à gagner à reprendre à son compte les vieilles lunes de la droite.

Mots clés : front de gaucheTravail du dimancheian brossat

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS