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Le travail du dimanche en question

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28-10-2008

La Croix, 29/10/08


N. Sarkozy à Rethel (© Europe1)

D’abord les banques ; ensuite les entreprises ; enfin l’emploi. Le troisième volet du plan anti-crise du président de la République a été présenté, hier, à Rethel. L’urgence et la logique économique voulaient que les mesures soient annoncées dans cet ordre ; mais, pour tous ceux que la crise fragilise et particulièrement les chômeurs, la hiérarchie des priorités peut paraître blessante. Comme est mal comprise la disproportion entre les sommes promises aux banques (sommes virtuelles, certes, dont on espère qu’elles n’en auront pas besoin) et les montants, flous encore, qui seront alloués au soutien à l’emploi : 100 000 emplois aidés, extension des contrats de transition professionnelle, formation etc. Comparaison biaisée, certes, volontiers agitée par les syndicats et les partis d’opposition, mais qui frappe les esprits d’une opinion publique à qui on répète, à raison, que les caisses de l’État sont vides et qui s’interrogent sur les milliards tout à coup disponibles pour « la finance ».

Avec le pragmatisme dont il fait preuve depuis le début de la crise boursière et sa contagion sur l’économie « réelle », Nicolas Sarkozy suit des pistes qu’il avait écartées comme néfastes aux premiers temps de son mandat présidentiel. Ainsi pour les emplois aidés et ce que l’on appelle le traitement social du chômage. À la guerre comme à la guerre : mieux vaut des solutions imparfaites que l’inaction. Dans l’urgence, pas d’idéologie, mais de la réactivité.

Sa présence, tout au long de ces semaines, en France et à l’étranger, a rassuré les Français confrontés à une crise complexe. Sur le terrain social, concret, il lui sera plus difficile de convaincre, d’autant que beaucoup des mesures d’urgence préconisées vont dans le sens d’une précarisation du travail : notamment, le recours plus facile aux contrats à durée déterminée. L’insistance mise sur le travail du dimanche ne laisse pas non plus de surprendre : en quoi cette dérégulation serait-elle une solution à la mesure des défis du chômage ? On peut s’agacer aussi d’entendre le président de la République proclamer les mérites d’une discussion « sans tabous ». Sécurité des salariés, droit à un jour commun de repos… : il est des « tabous » qui humanisent la vie en société.

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