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Le travail du dimanche en question

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Courrier des lecteurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-01-2009

Nous reproduisons ici ce courrier envoyé hier par un lecteur du site, aux députés opposés à la proposition Mallié.

Il est très important de les soutenir, de leur faire savoir notre plein soutien ! Vous aussi, insipirez vous de ce courrier pour leur écrire ! (voir cette page)

Monsieur, Madame le Député,

Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation et porte parole du Gouvernement, vient de participer à la manifestation, devant l'Assemblée nationale, réclamant le vote rapide du texte en faveur de l'ouverture des magasins le dimanche. Cette initiative me laisse sans voix. Mais pas sans réaction ! : je n'ai pas souvenir avoir déjà vu un membre du Gouvernement manifester devant le Parlement !... Quel populisme ! Quel manque de respect pour le travail du législateur !...

Mais elle m'amène à vous écrire, sans plus attendre, pour vous exprimer mon désaccord devant le compromis auquel certains membres de l'UMP ont consenti avant Noël, certes au nom de la cohérence du parti, mais, au détriment du dimanche !
 

* En effet, vous avez pu croire qu'ouvrir les magasins 8 ou 10 dimanches par an c'était beaucoup mieux que tous les dimanches prévus initialement dans la proposition de loi Mallié : il n'empêche que vous avez mis le doigt dans l'engrenage puisque la limite des 5 dimanches par an est dépassée. A quand la prochaine étape ?

* Les préfets pourront désormais autoriser l'ouverture de magasins sans avoir besoin de l'autorisation des conseils municipaux. Or, comme chacun sait, le préfet est le représentant de l'Etat, et donc sensible à la volonté de son chef.

* Le fait de permettre ainsi aux commerces - qui n'ont pas jusqu'à maintenant respecté la loi -de rentrer dans la légalité n'est pas autre chose que le blanchiment de faits délictueux. 

De plus ces mesures - loin de n'être que des mesures purement techniques - vont ébranler le dimanche qui est, pour reprendre l'expression de l'historien Alain Corbin, la « charpente temporelle de la société ».

C'est à vous, élu, de veiller à ce que le lien social - qui constitue la charpente de notre société - ne soit pas menacé par une politique qui le fragiliserait davantage.

Tout a déjà été dit sur l'importance du dimanche pour la vie familiale, associative. Il rythme les semaines et il est un point de repère partagé par la grande majorité des Français. Il suffit de penser à toutes les expressions populaires : « Bon dimanche ! », « Vivement dimanche ! ».

Tout a été déjà dit sur le peu d'impact de cette mesure sur la machine économique : ce qui sera dépensé le dimanche réduira d'autant la consommation de la semaine ; la liberté laissée soi-disant à l'employé d'accepter ou de refuser le travail le dimanche est un leurre, face à la pression d'un employeur ; seul le besoin financier amènera des salariés à accepter pareille mesure et, comme chacun sait, ce sont très souvent des femmes élevant seules des enfants qui seront obligées de les laisser livrés à eux-mêmes.

Tous ceux qui, dans l'histoire, se sont attaqués au dimanche y ont finalement renoncé devant les résistances rencontrées. Résistez donc ! Vous pouvez, vous aussi, gagner ce combat.

Commentaires (3)add comment

Sophie said:

Est-ce l'immobilisme américain (ou les magasins ouvre le dimanche) qui permet une dette de 10% du PIB (3xplus qu'en France) ? La tentative de passer en force sur le sujet est la conséquence d'un état qui a autorisé et permis l'ouverture illégale pendant des années. Le chiffre de 41000? à la seconde est faut et ne sert qu'à répandre la peur. Attention, quand les français comprenne la supercherie, ils se réveillent et savent agir. Rendez-vous le 29 pour défendre, l'emploi, les salaires, le dimanche. L'homme providentiel qui souhaitait tout changer seul a fait le tour et s'embête désormais à son poste. Il n'a pourtant rien réglé. Il souhaite désormais une fonction et une notoriété internationale. Va-t-il changer de nationalité ? De pays peut-être afin d'assouvir son envie d'un achat le 7è jour.
 
Abus
    pas intéressant
    intéressant
janvier 23, 2009
Avis : +0

yann said:

Dans une démocratie,la liberté du citoyen s'exerce dans le respect de la loi. Or, la loi interdit, sauf exceptions, le travail des salariès le dimanche. Pour supprimer démocratiquement cette règle (à supposer que ce soit possible, vu nos engagements internationaux), il y aurait lieu, plutôt que de jouer aux apprentis sorciers, de s'assurer qu'une telle suppression correspond bien à la volonté majoritaire des français et pas uniquement au souhait de M.Verthuit, du président et de quelques groupes de pression.
Mais, au fait, sommes-nous dans une démocratie? La démocratie est-elle compatible avec la concentration de fait, sans contrôle pendant cinq ans, de tous les pouvoirs entre les mains d'une seule personne, fût-elle élue au suffrage universel?
 
Abus
    pas intéressant
    intéressant
janvier 23, 2009
Avis : +1

Verthuit said:

Ce qui constitue la charpente de notre société monsieur, c'est une population qui travaille et qui en est fière, et non pas des individus qui passent leur temps à discutailler du sexe des anges. Le dimanche quoi qu'on en dise est un jour comme les autres et n'a pas à être sacralisé. Vous parlez de vie familiale et associative : mais il y a des millions de célibataires et d'individus qui ne sont pas dans des associations, des milliers d'étudiants qui adorent travailler le dimanche, des salariés qui ont besoin de gagner plus en travaillant plus (le dimanche). La pression de l'employeur ? : c'est très simple pour un inspecteur du travail de déterminer si oui ou non les salariés de telle entreprise sont forcés ou on le choix. Il suffit simplement de flanquer des amendes dissuasives aux patrons qui ne respectent pas le libre choix de leurs salariés. Vous savez Mr, il y a toujours les meilleures raisons du monde pour tous ces tenants de l'immobilisme radical qui sévit en France depuis 50 ans et qui fait que notre pays est à la traine quand les autres avancent. Leur seule motivation est que surtout rien ne change. On vit perpétuellement en crise et malgrè tout il ne faut toucher à rien afin de continuer à péricliter. Ce discour n'est pas acceptable. Cet immobilisme qui refuse tout progrès et toute réforme est responsable de la dette publique de 2 000 milliards que nous trainons comme le pire des boulets, qui nous retire toute marge de manoeuvre dans la lutte pour vaincre cette terrible crise et recouvrer une croissance digne. C'est cet immobilisme qui plombe l'avenir de nos enfants en leur faîsant peser sur le dos une dette de 41 000 euros à la seconde même où ils voient le jour. La seule chose que demandent les gens comme moi qui défendent farouchement le travail du dimanche, c'est de laisser LE CHOIX. Celui qui ne veut pas travailler ne doit en aucune manière en empêcher celui QUI LE VEUX. Ca s'appelle la démocratie.

 
Abus
    pas intéressant
    intéressant
janvier 22, 2009
Avis : +0

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