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1er et 11 novembre : grande liquidation des jours fériés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le blog de HB, 27/11

Au Portugal, c’est chose faite ! La Toussaint n’est plus jour férié. En France, sous les coups de boutoir des seules grandes enseignes, la braderie des temps non marchands, objets de tant de convoitises, commence à son tour. Dimanches des vacances de la Toussaint, 1er et 11 novembre, tout est bon à prendre. À preuve, la dernière page du Parisien arborant sa promesse de réduction le week-end dernier : 15% de remise pour 100 € d’achat à qui se déplaçait chez Castorama les vendredi 24, samedi 25 et... dimanche 26. Quant à Carrefour, Carrefouraprès Intermarché et Auchan, des sites supposés de bons plans annoncent avec gourmandise l’ouverture « exceptionnelle » de ses magasins les 1er et 11 novembre. 

 

Ces remises du dimanche doivent nous faire réfléchir. Depuis quelques années, elles fleurissent : parking gratuit le dimanche, 15€ de remise le dimanche, 50% de remise sur les jouets de Noël achetés l’un des dimanches de décembre. Mais rien n'est gratuit  ! Bien souvent, quand il y a réduction ou gratuité, le produit, c'est le consommateur lui-même ! Nous ne citerons pas les enseignes mais dans ce domaine de l’appât, elles se valent toutes dans leur propension à imaginer et à organiser à grande échelle ce qui peut ferrer le client, seules à pouvoir ordonner l’offensive de cette manière si belliqueuse. Allons-nous céder et nous laisser acheter, enterrant les jours fériés les uns après les autres ? Contrairement à ce qui est asséné, il n’est pas vrai que la France soit en tête des nations par le nombre de ses jours fériés.

 

Les réductions, orchestrées par les grands médias, si décevantes soient-elles, nous donnent malgré tout confirmation d’un argument juste et bon que les opposants au travail le dimanche avancent depuis longtemps. La consommation du dimanche, comme celle de nuit, n’existe pas. Elle est à créer de toutes pièces. Les petites parts de marché existantes ce jour-là, tenues par les petits commerces, doivent être captées et augmentées. D’où ces promotions de tous ordres avec lesquelles ces derniers ne peuvent rivaliser. Et ce n’est, sans doute, qu’un début, le projet de loi pour l’activité s'annonçant pour la fin de l'année. Une dérégulation inouïe ! Raison pourquoi il faut résister à ces offres vénales pour la déconstruction sociale et humaine qu'elles signifient. H.B.

 

***Jours-feries-copie-1.png

Lire, pour aller plus loin, deux articles de fond remarquables, en arrière-plan de cette question du travail le dimanche, la nuit, les jours fériés :

·         Sur le site du Monde  (article payant) « Au Royaume Uni, les damnés des « zero hour contracts »(Les ZHC ne garantissent aucune heure de travail aux salariés)

·         Sur le site de La Tribune « Travail : l’automatisation en question »

 
Bataille d’arguments à gauche sur le travail du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son intention de faciliter le travail le dimanche. Le sujet divise toujours dans les rangs du PS. Revue de détail des différents arguments échangés.

Il semble bien loin le temps où les députés PS s’élevaient à l’unisson contre le travail dominical, comme dans cette vidéo publiée en 2008 . Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son projet de loi pour l'activité. Il comprend notamment un élargissement de la possibilité de travailler le dernier jour de la semaine. Les commerces non alimentaires pourront ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande, et jusqu'à douze dimanches par an au total. Emmanuel Macron a également expliqué que les salariés seraient mieux payés s'ils travaillent le dimanche.

Les arguments pour
Une réforme créatrice d’emplois
Emmanuel Macron a estimé dimanche que "simplifier le travail le dimanche va créer des milliers d'emplois". "Cela va aider des gens qui sont au chômage, qui ne touchent même un SMIC à gagner davantage", a-t-il assuré. Même constat du côté de Bruno Le Roux pour qui "il y a bien entendu des gisements d'emplois sur le travail le dimanche".  "Mais il faut que les zones soient bien identifiées et les choses simplifiées", a expliqué le chef des députés PS sur RTL lundi.
 
Commentaire CAD : non seulement il n'existe aucun argument macro-économique démontrant la création d'emploi par le travail du dimanche, mais en plus il existe des risques de destruction d'emploi net ! Si tout le monde sera d'accord pour que les choses soient simplifiées, la meilleure manière d'y parvenir est d'abroger la loi Mallié, qui est venue mettre un désorde kafkaien dans une législation qui était auparavant simple et équilibrée. Ce n'est pas ce qui se pépare dans les cartons du ministère. 

De nouvelles recettes liées au tourisme
Les défenseurs de l’extension du travail dominical insistent également sur la nécessité d’augmenter les dépenses des touristes étrangers en France. L’argument est notamment défendu par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en charge du Tourisme. "Il y a quelques années on pouvait discuter : est-ce opportun ou pas? Mais aujourd'hui, il nous semble que, compte tenu du flot de touristes qui existe et qui ne vont pas attendre le jeudi pour venir consommer; et d'autre part compte tenu du développement du e-commerce, il n'y a plus de choix", a-t-il plaidé en septembre dernier. 
 
Commentaire CAD : l'argument du e-commerce, régulièrement resservi, est d'une totale absurdité : en effet, les grandes enseignes, qui veulent ouvrir, ont déjà leur site Internet. Par ailleurs, toutes les enseignes peuvent ouvrir un site Internet. Enfin, la totalité des sites Internet vendant des produits physiques, même s'ils peuvent à titre dérogatoire travailler le dimanche, n'effectuent les livraisons qu'en jours ouvrés. Par ailleurs, la réflexion serait à différencier par segments : il ne viendrait à personne l'idée d'acheter un poisson rouge par Internet. En ce qui concerne les supposées transfert de touristes qui iraient acheter des parfums français à Londre sous prétexte que le Séphora des Champs n'est pas ouvert jusqu'à minuit, il s'agit d'une affirmation purement fantaisiste, comme les "milliers d'emplois" promis par le député-dentiste Mallié,  jusqu'à ce que le Ministre veuille bien nous montrer d'où il tire ses informations.  
 
Les arguments contre
Une mise en danger des petits commerce
Certains élus PS insistent sur la menace que constitue l’extension du travail le dimanche pour les petits commerces. C’est le cas d’Anne Hidalgo,qui considère, qu’une "négociation sociale et territoriale" est nécessaire avant une telle réforme. "Je continue à le dire : si on avait autorisé le travail du dimanche dans les grandes surfaces alimentaires autour de Paris, nous n'aurions pas maintenu un commerce de centre-ville qui est très générateur d'emplois", a expliqué la maire de Paris en avril.

Un choix de société
Certains socialistes mettent enfin en avant l’importance de maintenir un jour dans la semaine qui ne soit pas dévolu à la consommation ou au travail. "Je suis opposée au travail du dimanche, mais ce n’est pas une question d’acquis des travailleurs. Pour moi c’est un choix de société", a ainsi expliqué Martine Aubry lundi sur RTL. "Est-ce que notre société consommer 24 heures sur 24? Est-ce qu’on n' a pas une journée que l'on peut passer en famille avec des amis, pour la culture, le sport, rêver?", a-t-elle ajouté.  
 
Les réformateurs ringards Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'Huma, Mardi, 21 Octobre, 2014 L'éditorial de Maud Vergnol
 
Il y aurait donc d’un côté les «modernes» Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable.
Il y aurait donc d’un côté les « modernes » Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable. Ceux qui n’ont pas peur d’user les semelles de leurs chaussures Louboutin à arpenter les couloirs de Bruxelles pour leur « opération séduction », nous dit-on. Et de l’autre, la « vieille gauche », « la gauche archaïque », celle des « sans-dents » et des « illettrées », celle qui ose croire encore au progrès social et qui refuse le grand bond en arrière. Pourtant, ceux qui se présentent comme les chantres de la modernité prennent la route de l’histoire en sens inverse. L’incurie du gouvernement face au chômage de masse en est l’illustration parfaite. Ainsi, il faudrait « libérer » l’activité, en généralisant le travail du dimanche, casser les derniers droits des salariés, baisser l’indemnisation des chômeurs et les transformer en travailleurs pauvres. Qu’importe, pour les « modernes », que le problème du chômage soit ailleurs, dans les trois vraies maladies du pays que sont l’austérité, le pompage des richesses par le capital et l’affaiblissement de l’État, pourvu que l’« armée industrielle de réserve » continue de permettre aux financiers de regonfler leurs marges. Après deux ans de silence, Martine Aubry impose depuis deux jours une autre musique en critiquant durement l’orientation politique du gouvernement Valls. « Détricoter au XXIe siècle les progrès du XXe siècle est une étrange option pour la modernité », dénonce celle qui avait recueilli 30 % des voix à la primaire socialiste de 2011, loin devant l’actuel locataire de Matignon. « Il serait assez curieux, avec la crise sous les yeux, de s’amouracher à contretemps d’illusions qui démoralisent notre pays. Les tentatives de Tony Blair et de Gerhard Schröder sont derrière nous », estime la maire de Lille, qui a finalement consenti à venir renforcer les voix qui s’insurgent à gauche, depuis le début du quinquennat, contre les orientations suicidaires de François Hollande.

 
Le travail du dimanche : hérésie ou stupidité ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Agoravox, 20/10 - SALTZ 

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Et revoilà sur tous les tons l'homélie au travail du dimanche, panacée pour retrouver la santé de la sainte croissance.

Le grand-prêtre l'a dit et tous les officiants du petit écran s'en viennent prêcher la bonne parole, en répétant qu'il serait hérétique de les contredire et en présentant des interviews au ras des caniveaux, appelés pour cela « radio-trottoir ».

Surprise devant une caméra, une pauvre Madame Michu déclare sans conviction, comme si on lui avait soufflé le texte, être contente de pouvoir faire ses courses le dimanche parce que son travail et ses déplacements lui prennent trop de temps en semaine.

Et pour faire objectif, une autre dame lui succède en s'y opposant au nom de la vie de famille.

Voilà qui est bien pesé. Autant de secondes pour chacun des deux avis. Une voix pour, une voix contre.

Que les valeurs qui soutiennent chacune de ces positions ne soient pas de même nature, peu importe. La société de consommation est mise à égalité avec la vie privée. L'important est le demi-point espéré de PIB, pas les millions de vie désunies.

La question est basique : Que préfères-tu ? Faire du lèche-vitrine et la queue dans un magasin ? Ou te retrouver avec ceux que tu aimes ? Pour ces gens-là, la réponse va de soi : Aller dépenser mon argent, évidemment.

Pour faire faire passer la pilule, le commentateur - je n'ose pas dire le journaliste - ajoute que les travailleurs dominicaux seront des volontaires et qu'ils seront payés double.

Quand on a été salarié dans l'industrie et dans la grande distribution, on sait que le mot volontariat a la même acception que dans l'armée. Pour ceux qui n'ont pas fait leur service militaire, un volontaire est en réalité un désigné d'office. Quand le chômage te menace, ta liberté de répondre par un oui ou par un non est franchement limitée.

Quant au doublement des salaires, n'est-ce pas ce même commentateur qui évoquait la suppression du Smic ?

Alors à terme, deux fois plus que quoi ?

Il faut que les princes qui nous gouvernent aient un certain aplomb pour oser affirmer qu'un surcroît de travail allaient relancer le PIB et redresser le pays.

Aucune théorie économique ne l'a prouvé, et de toutes façons l'économie n'est une science que dans la bouche de ceux qui le revendique, pas dans celle des spécialistes des « sciences dures », c'est à dire des sciences authentiques.

D'abord rien n'est moins sûr, économiquement.

Ensuite, supprimer des libertés, la liberté d'avoir un jour de repos et la liberté de se réunir en famille ou entre amis, pose le problème de l'organisation sociale, de ses fondements purement financiers et du sens de la vie.

S'attaquer à la famille, c'est atomiser l'individu pour qu'il soit plus malléable. L'évolution des allocations familiales va dans le même sens. Le discours officiel est net : pour que le pays soit fort, faisons comme l'Allemagne, et arrêtons de faire des bébés, sans appréhension du déclin démographique. 

Le travail était une valeur, pas seulement dans la France de Pétain. C'est par lui que la société pouvait survivre. Il était indispensable et c'était normal que chacun participe.

En moins d'un siècle, les temps ont changé.

Le travail de l'homme est mis en concurrence avec le travail des robots et autres automates.

Une armée de comptables a été remplacée par un simple tableur.

Les véhicules sont de plus en plus autonomes, et pas seulement les lignes de métro.

Les magasins sont accessibles sans personne via internet. On peut faire son shopping jour et nuit, voir la marchandise et payer, et les entrepôts se vident de magasiniers et les drones de livreurs sont expérimentés.

Mais le gouvernement est en retard. Profondément conservateur, il n'a pas prévu de loi pour les véhicules sans conducteur qui sont actuellement expérimentés, et, de peur du futur, il bloque les VTC au bénéfice des taxis dont les chauffeurs espèrent un gain non de leur labeur mais de la spéculation sur leur licence.

Le travail n'est plus accessible, et par conséquent ce n'est plus une valeur. Combien de millions de personnes aimeraient en avoir ? Et travailler est loin d'être la meilleure façon de s'enrichir, voire de survivre. Il suffit de demander aux salariés SDF.

Cette évolution a changé l'image du travail. Un artisan me disait que les jeunes ne pensaient plus à s'enrichir en travaillant mais en achetant un bien immobilier et en le revendant. A défaut d'être une valeur, la spéculation était la nouvelle règle. Avec l'inversion de la courbe de la pierre, est-ce toujours vrai ?

Mais revenons aux princes qui nous gouvernent et à leur état d'esprit qui s'est révélé quand ils ont changé le nom de « gestion du personnel » en « ressources humaines ».

Il est devenu flagrant que le personnel devenait une ressource au même titre que le matériel ou la matière première.

Ce n'est plus qu'une variable qu'on ajuste au gré de la conjoncture, sans affect.

Ce manque d'humanité débouche sur des principes de gestion clairs :

pour faire baisser le coûts des salaires, il faut un certain niveau de chômage et maintenir la crainte d'un licenciement dans le contexte difficile de recherche d'emploi

il faut supprimer toutes les contraintes des entreprises vis à vis du travail : temps, horaires, salaires, durée hebdomadaire, durée dans la vie humaine, ...

La fin d'une vie de travail arrive avec la retraite, mais là aussi l'ajout des conditions pour l'obtenir répond à la même logique. Le nombre de trimestres validés augmentent, et comme les études se prolongent et que le calcul de la pension est calculé sur un nombre d'années toujours plus grand, la retraite arrive de plus en plus tard avec une pension de plus en plus faible.

La précarité est un bon moyen de contenir le peuple, y compris les cadres et la classe moyenne qui sont rétrogradés dans la plèbe.

C'est un retour à marche forcée vers le passé, vers l'Ancien Régime, et bientôt vers l'Antiquité.

L'Ancien Régime, c'était le temps des taillables et corvéables à merci. (NDLR : pas exactement : les taux de prélèvements actuels sont beaucoup plus élevés que sous l'Ancien Régime)

La corvée était un travail obligatoire non payé : la suppression du lundi de Pentecôte a été le premier pas symbolique, avec l'acquiescement des partis et des syndicats dits de gauches (NDLR : la corvée était un impôt perçu de manière non pécuniaire, à cause de la rareté de la monnaie à cette époque. Elle est tombée en désuétude au XI° siècle)

L'épisode affligeant de l'écotaxe, votée à l'unanimité, qui se termine par un dédit de plus d'un milliard d'euros à une entreprise privée, révèle un autre retour à l'époque pré-révolutionnaire :

c'est le retour des fermiers généraux chargés de la collecte des impôts indirects

Encore un grand pas en arrière, dans le silence général.

Le travail du dimanche, hérésie ou stupidité ?

Non.

C'est l'application du slogan « Le changement, c'est maintenant ».

Oui, mais vers quoi ?

Vers l'époque du servage, avec en ligne de mire l'esclavage.

 

 
Emmanuel Macron : "simplifier le travail le dimanche va créer des milliers d'emplois" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Il n'est pas impossible que, sous des dehors poupins, le précédent emploi de M. Marcon n'ait été gourou dans une secte étrange et fantaisiste.

C'est du moins ce qui peut se déduire de sa position sur le travail dominical, où il proclame incantation sur incantation, comme s'il croyait que les mots avaient le pouvoir de créer une réalité fantasmée. Il n'y manque plus que la danse de la pluie.

C'est ainsi qu'il énonce "On sait déjà que l'on créera forcément de l'emploi, des milliers d'emplois"

C'est mot pour mot ce qu'avait promis le Docteur Maillé, rédacteur de la loi qui créa la première brèche dans le repos dominical, sous l'ère Sarkozy, loi d'exception légalisant une zone de non doit à Plan de Campagne, étendue aux PUCE. Maillé est un dentiste, aussi n'avait-il pas hésité, lui, à promettre "des dizaines de milliers d'emplois". Que l'on attend toujours.

N'en déplaise au ministre, l'emploi ne se crée pas par incantation, ou par truismes scandés.

N'en déplaise au ministre, ce n'est pas en obligeant les libraires à travailler le dimanche qu'il va pouvoir concurrencer Amazon.

N'en déplaise au ministre, proposer de tels bricolages en face de la question du chômage, ce n'est pas sérieux.

 
 
Le ministre de l'économie a détaillé sa volonté de simplifier le travail le dimanche. "Dans la situation actuelle, où nous avons 10% de chômage, il faut faire le maximum pour recréer de l'emploi, de l'activité et aider les gens", a-t-il notamment scandé. 

Loin de proposer une déréglementation complète du travail dominical, le ministre propose de donner plus de flexibilité sur le terrain, aux maires chargés de de donner les autorisations d'ouverture. "Les magasins doivent pouvoir ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an, et au minimum cinq, c'est important pour l’activité." 

Des salariés payés double

"Aujourd'hui, le travail le dimanche est une réalité régulière ou occasionnelle pour 30% des Français", a-t-il ajouté. "Les Français consomment aussi le dimanche, c'est pour cela qu'il faut simplifier le dispositif et mieux protéger les salariés." 

Emmanuel Macron a donc expliqué que les salariés seraient mieux payés s'ils travaillent le dimanche. "Être payé double sera la règle pour les entreprises de plus de 11 salariés", a-t-il dit, précisant que le travail dominical s'organiserait toujours dans les entreprises sur la base du volontariat. 

On sait déjà que l'on créera forcément de l'emploi, des milliers d'emplois Emmanuel Macron
  
Le ministre a également insisté sur la nécessité pour les zones touristiques à fort potentiel de pouvoir profiter des opportunités du dimanche, listant notamment les grands boulevards parisiens, le Mont-Saint-Michel ou encore les grandes gares. 

Sur ce thème qui divise grandement à gauche, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité qu'implique la conjoncture économique actuelle pour certains travailleurs. Sans vouloir supprimer ce "temps consacré à la famille", il a ainsi expliqué que la réforme pourrait aider de nombreux Français. "Cela va aider des gens qui sont au chômage, qui ne touchent même un SMIC à gagner davantage.
 
Travail du dimanche : les commerces des zones touristiques inquiets Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
ÉCONOMIE - Le ministre de l'Economie a annoncé que les travailleurs du dimanche pourraient être payés double.

Dans son chapelet de mesures égrenées mercredi, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a annoncé une bonne nouvelle aux employés du dimanche travaillant dans les zones touristiques : la possibilité d'être payé double. La loi Maillé de 2009, dernière en date sur le travail dominical, ne le prévoyait pas.

Salaire doublé dans les zones touristiques ? Plus précisément, le ministère de l'Economie a annoncé mercredi "l'introduction d'une compensation financière pour les salariés d'entreprises comptant plus de 11 employés (payé double)". Les personnels concernés ? Tous ceux travaillant dans les zones touristiques et thermales. Il en existe une quarantaine actuellement en France et la dernière loi de 2009 n'avait pas prévu pour eux de compensation financière à leur travail dominical.
Que dit la loi Maillé de 2009 ? Les employés de commerces bénéficient théoriquement, depuis la loi Maillé de 2009, de salaires doubles pour leur travail du dimanche. Mais dans la majeure partie des cas, ils ont négocié avec leur direction des augmentations de salaire moindres ou des primes.
Seuls les employés des zones commerciales sont concernés par cette loi, ceux des zones touristiques et thermales en sont exclus. Emmanuel Macron souhaite donc gommer cette différence.
 
Les commerçants inquiets. Même si les petits commerces ne sont pas concernés, les commerçants se disent quand même inquiets. "Les commerçants n'auront pas la possibilité de payer double leurs salariés, ils fermeront leurs portes et créeront du chômage", prédit Gérard Atlan, président du Conseil du Commerce de France contacté par Europe 1. "Cela sera sûrement vrai dans les stations balnéaires, les stations de sport d'hiver où on a peu de temps pour réaliser le chiffre d'affaires de l'année et on se dit 'comment va-t-on faire ?', s'est-il alarmé.
Les commerçants des zones touristiques et thermales espèrent que comme dans les zones commerciales, ils auront la possibilité de négocier avec leurs salariés la hausse des salaires.
 
La CGT est sur ses gardes. Contacté par Europe 1, le syndicat n'est pas emballé. Il prédit que si négociations il y a, les patrons vont concéder des augmentations de salaires minimales en utilisant la menace de fermeture définitive en cas de refus des employés.
Et même si les employés obtiennent des augmentations satisfaisantes, le syndicat craint qu'au bout de quelques mois ou quelques années, les employeurs utilisent le chantage à la fermeture pour revenir aux salaires antérieurs.
 
Travail dominical: Les syndicats montent au front contre la proposition de Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

20 minutes, 15/10

TRAVAIL Le ministre a proposé ce mercredi d'autoriser jusqu'à 12 ouvertures dominicales par an...

La CFDT, la CFTC et FO ont réaffirmé mercredi leur ferme opposition au travail le dimanche après que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a proposé d'autoriser jusqu'à 12 ouvertures dominicales dans son projet de loi sur l'activité. Lors de la présentation des grandes lignes de son projet de loi pour l'activité, le ministre a notamment annoncé que les magasins non alimentaires pourraient ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande et jusqu'à 12 dimanches par an, selon la décision des maires des communes.

«De la poudre aux yeux»

«Sur ce sujet, la CFTC est prête à montrer les dents, ils serait bon que le ministre, s'il veut bouger les choses, passe par les partenaires sociaux», a réagi auprès de l'AFP Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. «Si on veut nous faire croire que résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France passe par l'ouverture de quelques grandes surfaces le dimanche, c'est de la poudre aux yeux».

«La mort du commerce en proximité»

De son côté, Force ouvrière a dénoncé dans un communiqué une «remise en cause du repos dominical» qui «menace de nombreux emplois dans le commerce». «Les propositions de passer à 12 dimanches au lieu de 5 et de permettre aux gares d'ouvrir leurs commerces le dimanche, ne favorisent que les grandes enseignes, c'est la mort du commerce en proximité des gares et en centre-ville», a assuré le syndicat.

Pour la CFDT, «les intentions affichées par le ministre de l'économie, (..) semblent en décalage total avec les attentes de l'ensemble du monde salarial». «Le projet annoncé est loin de moderniser l'économie et risque de renforcer le clientélisme politique en donnant aux maires la capacité d'accorder 12 ouvertures dominicales et, d'une manière plus cynique, de les obliger à le faire en créant une concurrence intercommunale», assure le syndicat dans un communiqué. L'ouverture dominicale risque également «de pénaliser les salariés des petites entreprises en leur retirant tout droit à compensation et toute liberté de refuser une modification substantielle de leur contrat de travail», souligne la CFDT. 

 
Vers une extension du travail du dimanche et de nuit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

 
Commerce Le gouvernement veut faire passer de cinq 
à douze par an les « dimanches du maire » et étendre 
les zones de dérogation permanente au repos dominical. 
Il prévoit de créer des zones de « tourisme international » autorisant travail du dimanche et de nuit.

Les salariés pris dans le casse-tête d’horaires de travail atypiques goûteront la formule. D’après le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, le problème ou « blocage » est que « la plupart de ceux qui veulent travailler le dimanche ou en soirée n’en ont pas le droit ». C’est donc pour « libérer » ces salariés que le gouvernement s’apprête à étendre les possibilités de travail du dimanche et de travail de nuit (entre 21 heures et 6 heures du matin selon le Code du travail), même s’il pense faire passer la pilule en parlant de travail « en soirée ».

Les grandes lignes du futur projet de loi « pour l’activité », présentées hier par le ministre lors d’une conférence de presse, frappent fort en matière de déréglementation du travail. Comme le préconisait le rapport Bailly remis en décembre dernier au gouvernement, le nombre de « dimanches du maire » où les commerces peuvent ouvrir passerait de cinq à douze par an, dont cinq seraient « garantis ». Autrement dit, les maires ne pourront plus s’opposer totalement à l’ouverture dominicale des commerces sur leur territoire. Les actuelles zones touristiques et périmètres d’usage de consommation exceptionnel (Puce), où l’ouverture dominicale des commerces est autorisée toute l’année, seront « aménagées » avec « ajout du critère de potentiel économique ». Une formulation assez floue pour que de telles zones puissent être créées partout en France autour des centres commerciaux, alors que les Puce étaient réservées aux agglomérations de plus d’un million d’habitants. Comme le suggérait le rapport Bailly, le gouvernement annonce une « compensation » pour les salariés qui seraient payés double le dimanche, mais uniquement dans les entreprises de plus de onze salariés. Un leurre, d’après Karl Ghazi de la CGT commerce : « On voit mal les employeurs payer durablement leurs salariés à 200 %. Soit ils se rattraperont en baissant les effectifs, soit ils reporteront le coût sur le consommateur, soit ils remettront à terme ces majorations en question. »

Mais le projet dépasse la feuille de route du rapport Bailly, avec la possibilité d’ouvertures dominicales dans les « principales gares » – une « dizaine » en France, a précisé le ministre de l’Économie. Et surtout, il prévoit la création de « zones touristiques de dimension internationale à fort potentiel économique », où « le travail en soirée et le dimanche doit pouvoir être autorisé si accord majoritaire et volontariat contre compensation (payé double) ». Une innovation qui répond au cas des grands magasins du boulevard Haussmann à Paris, qui n’ont jamais décroché le classement en zone touristique, et aux enseignes des Champs-Élysées comme Sephora, qui vient d’être condamnée à fermer à 21 heures, faute de démontrer la nécessité de faire travailler ses salariés la nuit. Karl Ghazi dénonce le « lobbying de Sephora, qui comme par hasard vient de relancer une négociation sur un accord sur le travail de nuit, en anticipant sur ce projet de loi. Il y a une coordination évidente entre ces patrons et le gouvernement ».

Les critères de ces zones de tourisme international seraient définis par décret, puis la délimitation par arrêté « après concertation avec les élus » locaux, a précisé le ministre hier, en soulignant le caractère « sensible » de la question. Allusion à la situation dans la capitale, où le Conseil de Paris a refusé en 2010 le classement du boulevard Haussmann en zone touristique, et doit se prononcer début décembre sur les travaux d’une mission d’évaluation en cours sur la question.

 

 
E-mail Travail du dimanche: le reniement de trop ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 
"Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai !" François Hollande, avril 2012.

"Il faut simplifier le travail le dimanche et en soirée à trois conditions : volontariat, accord majoritaire et compensation de salaire." Emanuel Macron, 15 octobre 2014

En voulant banaliser le travail du dimanche dans les zones touristiques, le gouvernement procède à un nouveau reniement. Le reniement de trop ?

Depuis des années, les partisans du laisser-faire concernant le travail du dimanche, dont fait partie maintenant l'actuel gouvernement font miroiter un gain pour la croissance. Ils raisonnent comme si le chiffre d'affaire en plus qui serait réalisé le dimanche viendrait en addition du chiffre d'affaire réalisé les autres jours de la semaine. Selon le ministre de l'économie et des finances, ce cadeau à quelques entreprises et grands magasins peut « libérer les énergies et s'attaquer aux trois maladies françaises : la défiance, la complexité et le corporatisme ». Et ces grands groupes de faire monter les enchères en termes d'emplois créés sans citer d'étude sérieuse pour étayer ces chiffres.

Et depuis des années, nous attendons toujours que les partisans du travail le dimanche démontrent avec des chiffres et des arguments solides le bénéfice d'une telle révolution sociale et sociétale. Dernier apparu des arguments en faveur de la banalisation du travail le dimanche à Paris, la fuite supposée des touristes qui, nous dit-on, seraient légion à quitter Paris pour faire du shopping à Londres le dimanche, reste encore à prouver.

Et étant donné le climat économique, entre chômage record et pouvoir d'achat en berne, on ne voit pas ce qui pousserait les parisiens et plus généralement les Français à dépenser plus. Ils ne manquent pas de temps pour dépenser, ils manquent d'argent, ce que cette réforme ne traitera pas.

Actuellement 29% des salariés travaillent occasionnellement le dimanche.Ils ne sont que 7 % à le faire habituellement. Mais on oublie bien vite que le commerce n'est qu'un moyen au service d'une fin qui le dépasse, la condition humaine. Le travail du dimanche, c'est une inversion des priorités effarante, la prise de pouvoir du marchand et du commerce sur la vie de famille, le vivre ensemble - des enjeux qui leur sont pourtant infiniment supérieurs. La possibilité d'acheter tous les jours de la semaine et à toute heure n'est pas une liberté supplémentaire, mais une forme d'assujettissement aux biens de consommation que les écologistes récusent.

Conserver dans le code du travail la mention que le repos hebdomadaire est donné le dimanche, c'est garantir aux citoyens qu'ils seront une majorité à avoir le même jour de repos, car la vie sociale et familiale nécessite une coordination des emplois du temps, peu compatible avec la généralisation du travail dominical.

Enfin, reste la question des zones touristiques à Paris, qui sont soumises à une réglementation moins stricte en matière de travail dominical. Pour les écologistes, il est très dangereux de vouloir toucher à ces zones, pour les agrandir ou pour en augmenter le nombre. Mettre le doigt dans cet engrenage, c'est accepter la logique de concurrence des quartiers parisiens et rentrer dans une logique de dumping social des territoires. Les salarié-e-s des grands magasins ne s'y trompent pas et se mobilisent contre cette logique. Ne nous trompons pas, c'est bien à leurs côté que la gauche et les écologistes ont leur place.
 
Yves Contassot 
Conseiller de Paris écologiste 
 
Martine Aubry parle enfin... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le JDD,19/10

INTERVIEW - Martine Aubry parle enfin. L'ancienne candidate à la primaire socialiste exprime dans le JDD ses inquiétudes et critiques sur la politique menée. Extraits.

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Emmanuel Macron a annoncé qu’il légiférerait sur le travail du dimanche, est-ce une bonne idée ?

Croire qu’il y a là des gisements d’emplois est un mirage. Le pouvoir d’achat ne va pas s’accroître par miracle parce que l’on consomme un jour de plus. Dans la plupart des cas, les extensions se feraient au détriment du petit commerce – si essentiel à la vitalité de nos quartiers – et donc, in fine, aussi de l’emploi. Et puis surtout, pour moi, il s’agit de choisir dans quelle société nous voulons vivre. La consommation doit-elle être l’alpha et l’oméga de notre vie? Ne peut-on préserver un jour dans la semaine pour soi, pour sa famille, pour la culture, pour le sport? 

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS