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Travail le dimanche, la fuite en avant Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-10-2009

Sud Ouest, Barbabé Chaix, 18/10/09

Ils étaient plus d'une centaine la semaine dernière et ils seront sûrement le même nombre, ce matin dès 9 h 30, à manifester devant le Super U de Podensac, contre la nouvelle ouverture de l'hypermarché le dimanche. Une ouverture qui n'a rien à voir avec la nouvelle législation, puisque les magasins dits « à prédominance alimentaire » sont depuis longtemps autorisés à ouvrir le dimanche.

Beaucoup ne s'en privent d'ailleurs pas. C'est la raison que met en avant Elie-Jacques Gayffier, propriétaire du Super U de Podensac, pour justifier ses ouvertures dominicales : « Tout le monde doit être logé à la même enseigne, dit-il. S'ils (Ndlr, les pouvoirs publics) font fermer les autres ce jour-là, je ferme aussi. »

Une concurrence acharnée

C'est donc apparemment par nécessité, face à une concurrence acharnée, que ce patron qui, étrangement, se dit « foncièrement opposé au travail le dimanche », s'est vu « contraint » d'ouvrir.

C'est par nécessité également que les Intermarchés de Langoiran et de Cadillac, désormais au pied du mur, devraient être forcés d'ouvrir le dimanche avant la fin de l'année. Une perspective qui pousse les employés de ces magasins à manifester aussi, tandis que leurs patrons les préparent à un inexorable travail dominical. « Jusqu'à présent, il était hors de question que l'on ouvre, précise Christine Dominguez, déléguée du personnel d'Intermarché Cadillac. C'est lui (Ndlr, Elie-Jacques Gayffier) qui a lancé la guerre, alors nous ferons pression sur Super U jusqu'à ce qu'il ferme. » De là à afficher un soutien sans faille pour le personnel, il y a un pas qui n'a pas été franchi. La semaine dernière, les manifestants ont ainsi dû rayer sur leurs tracts l'allusion à la solidarité de leur direction.

Une chose est sûre, la mobilisation des employés de ses concurrents rend le patron du Super U furieux : « Qu'ils manifestent chez eux si leurs patrons ouvrent ! Je ne vois pas pourquoi ils viennent m'emm... ! » D'après lui, les manifestants portent préjudice à son commerce en empêchant les gens d'entrer. Il qualifie d'ailleurs le chiffre d'affaires de dimanche dernier de « ridicule ».

Dur pour le petit commerce

Une bonne nouvelle pour les employés d'Intermarché, déterminés. « C'est très bien comme ça, dit Christine Dominguez. Si la fréquentation est mauvaise, il fermera peut-être. » Liliane Ballot, la présidente de l'Association des commerçants de Cadillac assiste à cette guerre des enseignes et s'inquiète pour son secteur d'activité : « Nous, les petits commerces, allons en prendre un coup. »

Un point de vue qu'Elie-Jacques Gayffier ne partage pas : « Un bon boucher reste un bon boucher. S'ils vendent dans la semaine, ils vendront le dimanche. » Liliane Ballot en doute : « Si tout ouvre le dimanche, les gens ne consommeront pas plus. Ils ne consommeront pas plus que ce dont ils ont besoin. »

Alors, sur fond de course au chiffre entre des grandes surfaces, qui se forcent à ouvrir les unes après les autres sept jours sur sept, le commerce indépendant, encore dynamique dans ce secteur rural craint de connaître le même sort que dans certaines autres cités. Avec, au-delà, la crainte de voir la vie des bourgs et des villages perdre en densité et en convivialité, et pas seulement le dimanche...

 
Lyon a parlé d’une seule voix contre le travail dominical ?? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-10-2009

C'est un article assez mal venu que nous livre La Croix sur la situation de Lyon.

Avancer l'hypothèse que l'opposition de Lyon au travail dominical relèverait d'une « convergence entre convictions religieuses et philosophiques [...] l’humanisme religieux et l’humanisme laïc, fortement ancré dans la franc-maçonnerie. » relève soit de la désinformation, soit d'un angélisme naïf : tout le monde connait l'engagement forcené de Xavier Bertrand, franc-maçon militant, pour le travail du dimanche. Les motifs sont plutôt économiques et électoraux, à chercher dans ce que dit le député Meunier "si le verrou de Lyon sautait, les villes de la région suivaient, et déclenchaient un effet “métastase” inacceptable.".

Mais écrire dans cet article que "la majorité [des élus], élus de droite en tête, se sont en effet mobilisés contre l’ouverture dominicale" est une demi-vérité au goût amer : il faut rappeler que sans le vote des députés et sénateurs UMP du Rhône (et d'Alsace-Lorraine), qui ont voté POUR la loi Mallié-carabistouille, alors qu'ils en avaient refusé l'application sur leur territoire, cette loi ne serait pas passée.  

La Croix, 12/10/09

La tradition humaniste de la capitale du Rhône lui a permis d’échapper à la loi assouplissant le recours au travail du dimanche (NDLR : il ne s'agit pas d'un assouplissement, mais d'une extension du régime dégoratoire)

Touche pas à mon dimanche ! Sans tambour ni trompette, Lyon a discrètement forgé un consensus pour échapper à la loi assouplissant la législation sur le travail dominical, adoptée en juillet dernier. Avec un mot d’ordre rassembleur, « préserver la vie familiale », résume Amar Lagha, chargé du commerce à la CGT du Rhône, en écho aux déclarations des parlementaires, des commerçants, et aux propos du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, dans une tribune parue début décembre dans Le Monde.

Étonnant attelage. « Pour une fois, les élus ont exceptionnellement répondu à nos courriers, s’amuse le syndicaliste. Ils étaient sur la même ligne que nous ! » Si certains des 14 députés du Rhône ont observé un mutisme prudent, la majorité d’entre eux, élus de droite en tête, se sont en effet mobilisés contre l’ouverture dominicale, rejoints par leurs collègues des départements voisins, soucieux de protéger leur propre commerce de proximité.

« C’est l’un des rares sujets d’unanimité entre droite et gauche », souligne Jean-Louis Touraine, premier adjoint au maire de Lyon. Pour quelle raison ? « Inutile de se le cacher, répond l’élu socialiste. Que les gens soient croyants ou non, certaines valeurs demeurent ancrées chez les habitants, pour qui le dimanche est la journée du rassemblement familial. »

« L’exception, c’est le travail dominical »

L’unanimisme lyonnais sur la question témoignerait ainsi d’une « convergence entre convictions religieuses et philosophiques », souligne Luc Champagne, animateur des Semaines sociales de France à Lyon, berceau du catholicisme social. « Deux courants humanistes dialoguent ici, l’humanisme religieux et l’humanisme laïc, fortement ancré dans la franc-maçonnerie. »

Lyon aurait-elle fait plier Paris ? Philippe Meunier s’en défend vigoureusement, même si le député de l’Est lyonnais reconnaît que « l’ensemble des acteurs du corps social ont réagi dans le même sens. Le texte peut laisser croire que Lyon est une exception, mais l’exception, c’est le travail dominical, insiste le meneur de la fronde. Je suis un député de la Nation, je représente le peuple souverain, je légifère pour la France. Seulement si le verrou de Lyon sautait, les villes de la région suivaient, et déclenchaient un effet “métastase” inacceptable. »

Il n’empêche. L’exposé des motifs de la loi sur le repos dominical, qui autorise, entre autres, l’ouverture dans les unités urbaines de plus d’un million d’habitants, indique en toutes lettres qu’« il n’existe pas d’usage de consommation le samedi et le dimanche dans l’agglomération lyonnaise », qui s’en voit ainsi – pour l’heure – exemptée. Une véritable curiosité législative.

« La culture catholique est peut-être un peu plus forte »

Les commerçants lyonnais en sont tous d’accord : il n’y a pas foule le dimanche rue de la République, la grande artère du centre-ville. De fait, les commerces de l’agglomération ne demandent en moyenne que trois ouvertures exceptionnelles par an, quand la loi leur en autorise cinq. Et aucun magasin n’a jamais violé la loi.

« Est-ce rentable d’ouvrir ? c’est la seule question qu’un professionnel se pose, et la réponse est non », assure le directeur d’un important centre commercial, hostile à l’ouverture dominicale. « Contrairement à ma direction nationale », glisse-t-il. D’ailleurs, lors d’une réunion à la chambre de commerce et d’industrie (CCI), « personne n’était en faveur de la loi, rapporte Bruno Tarlier, son vice-président. Ni les grandes enseignes, ni les hypermarchés, ni les petits commerçants, de l’hyper-centre ou de la périphérie », détaille-t-il.

Les responsables politiques ont suivi. Y compris Gérard Collomb, bien que le maire (PS) de Lyon se soit gardé de monter au créneau sur le sujet, soucieux de ménager l’avenir et les intérêts des grands centres commerciaux inaugurés dans le Grand Lyon ou en passe de l’être (Carré de soie, Confluence, OL Land). Ajoutant toutefois, lui aussi, que « la culture catholique est peut-être un peu plus forte qu’ailleurs ».

La pratique religieuse n’a pas été un argument

Pour autant, si l’humanisme lyonnais a formé le terreau sur lequel a poussé l’hostilité à la loi, il n’a pas joué les premiers rôles. Excepté la tribune du cardinal Barbarin, le sujet n’a pas été porté par l’archevêché, où l’on ne mentionne que de « rares contacts » à ce sujet avec les décideurs.

Si la question a été effleurée en novembre, au cours d’une réunion du « G9 » qui réunit les responsables religieux lyonnais, il n’a pas été abordé au sein de Concorde et solidarité, qui les réunit cette fois autour du maire. Et la question de la pratique religieuse dominicale n’a pas été un argument mis en avant par les parlementaires.

« Il n’y a pas eu de débat idéologique », rapporte aussi Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement de Lyon, qui, comme « élu local attaché à la décentralisation », se félicite de la décision adoptée par le « Parlement national », qui a fait valoir « la différenciation des territoires. Pour une fois, le législateur n’a pas mis tout le monde sous la même enseigne. Cela prouve que des élus avec un fort ancrage local sont capables de se faire entendre. »

Pour Georges Cellerier, président des commerçants de la Presqu’île, « la détermination des commerçants a été entendue et a trouvé une réponse politique ». À l’inverse, Amar Lagha fait part de l’« inquiétude » de la CGT. « Pour nous, il ne s’agit en aucune manière d’une victoire pour Lyon, mais d’une défaite pour la France, estime-t-il. Cette loi remet en cause l’égalité républicaine. Et c’est grave. »

Bénévent TOSSERI (à Lyon)

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En Allemagne, les jours fériés islamiques font débat Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-10-2009

Le Figaro, 15/10/09

La communauté turque veut favoriser l'intégration des immigrés.

Les représentants de la communauté turque en Allemagne pensent avoir trouvé une solution pour favoriser l'intégration des musulmans outre-Rhin : l'adoption de jours fériés islamiques pour tous les écoliers allemands, quelle que soit leur religion. Cette proposition a déclenché une vive polémique en Allemagne, où les autorités cherchent à favoriser l'intégration des immigrés espérant ainsi compenser en partie un taux de natalité en forte baisse.

Pour le président de la communauté turque en Allemagne, Kenan Kolat, s'il n'est pas possible d'offrir à tous les écoliers un jour férié pour chaque fête du calendrier musulman, il faudrait au moins en choisir un seul. «Je trouverais bien que l'on puisse accorder une journée de congé à tous les enfants allemands pour la fête musulmane qui marque la fin du Ramadan, l'Aïd-el-Fitr, a lancé Kolat dans un appel dans «Berliner Zeitung». Ce serait un signe de tolérance.» Kolat, qui représente les quelque 2,1 millions de musulmans turcs vivant en Allemagne, a souligné que la société allemande doit «tendre la main » aux immigrés, afin de favoriser leur intégration. Et d'ajouter que de nombreux Turcs pratiquant l'Islam acceptent de dresser chez eux des sapins de Noël, bien qu'ils y soient opposés a priori, «par amour pour leurs enfants ».

Kolat a reçu le soutien de plusieurs organisations locales musulmanes. Notamment à Berlin, où plus d'un élève sur deux est musulman dans certains quartiers. La célèbre avocate turque spécialisée dans les droits des femmes, Seyran Ates, est opposée à cette initiative. «Les gens simples en Allemagne vont penser : “Mon dieu, mais les Turcs veulent toujours plus de droits spécifiques. Il faut que cela s'arrête. Où est le jour de la fête juive  ?”» Ates estime que de telles initiatives auront pour seul effet de favoriser la montée de l'extrême droite en Allemagne. Le conseil central des musulmans s'est lui aussi prononcé contre cette mesure, mercredi.

La prière à l'école

Fin septembre, une décision de justice dans la ville-État de Berlin avait déjà provoqué une polémique sur la place de l'Islam à l'école. Yunus M., un lycéen musulman âgé de 16 ans, avait obtenu le droit de prier dans son établissement. Depuis la décision du juge, une salle de classe doit lui être ouverte chaque jour, afin qu'il puisse se recueillir dans le calme et se tourner vers La Mecque pour accomplir sa prière. Fils d'un allemand converti à l'islam et d'une mère turque, Yunus avait expliqué au tribunal : «les cinq piliers de l'islam sont très importants pour moi et les cinq prières en font partie.» Yunus avait raconté qu'il se lève même les jours de congés à 6 h 30, pour effectuer sa prière avant de se recoucher.

Le Sénat de Berlin a fait appel de la décision. «À Berlin, l'État régional est dans l'obligation d'autoriser l'enseignement de la religion à l'école, rien de plus», argue Margarete Mühl-Jäckel, avocate des autorités berlinoises. Elle estime que cette décision crée l'impression que chacun à droit à une salle de prière à l'école. «Les capacités en salles sont insuffisantes pour cela», ajoute-t-elle. «Cette mesure ne favorise pas l'intégration, mais la ségrégation», juge pour sa part Brigitte Burchardt, directrice d'école à Berlin.

 
Le Sénat ne contournera plus les syndicats Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
15-10-2009

Le titre de l'article du Figaro nous paraît bien optimiste. En effet, lorsque le mensonge public est érigé en système politique (cf le Président de la République qui affirme par trois fois qu'un côté des Champs est ouvert dimanche et l'autre pas, ou les affaires défrayant la chronique ces derniers jours), il devient difficile d'accorder du crédit aux discours.

En l'occurrence, il s'agit de réparer un mensonge de plus relatif à la loi Carabistouille : en présentant la proposition Mallié comme une initiative parlementaire, alors qu'il est officiel que le Dr Mallié n'est qu'un sombre porteur d'eau dans cette affaire, le Château s'exonérait de l'obligation de consulter les partenaires sociaux, ce que ces derniers n'ont évidemment pas apprécié. Mais, promis juré, nous dit Gérard Larcher, dès que le Gouvernement envisagera de légiférer sur la couleur du ciel ou le sens du vent, les syndicats seront consultés !

Le Figaro, 14/10/09

Les syndicats gardent un souvenir désagréable de la loi/ sur l'ouverture des commerces le dimanche : le sentiment de /'être «fait avoir» par la procédure utilisée. Depuis 2007, en effet, à chaque fois que le gouvernement compte légiférer sur un thème social, il a l'obligation de demander aux partenaires sociaux s'ils souhaitent d'abord négocier sur la question. Avec la promesse implicite que, en cas d'accord entre patronat et syndicats, leurs conclusions seront transposées dans la loi.

La procédure a été esquivée, l'été dernier, sur la question du travail dominical. Il a suffi pour cela de confier à un député le soin de changer les règles du jeu : les parlementaires, eux, lorsqu'ils déposent une proposition de loi, ne sont en rien tenus d'offrir d'abord aux partenaires sociaux la possibilité de se saisir du sujet. En l'occurrence, c'est l'élu UMP des Bouches-du-Rhône Richard Maillé qui avait joué les faux nez du ministre du Travail, Brice Hortefeux, pour «zapper» des syndicats ouvertement hostiles à l'extension des ouvertures dominicales.

Le fiasco du CPE

Le président du Sénat, Gérard Larcher, veut éviter que l'épisode ne se reproduise à l'avenir. D'autant plus qu'il s'agit de contourner la loi sur le dialogue social rédigée par le ministre du Travail de l'époque, un certain… Gérard Larcher, pour «renouer le fil» avec les syndicats après le fiasco du CPE. Il a donc détaillé mercredi, devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), son idée de réforme du règlement du Sénat : toute proposition de loi sénatoriale sur un sujet social sera d'abord envoyée aux partenaires sociaux. Ils auront quinze jours pour décider de négocier, ou non, sur le sujet. Si tel est le cas, ils auront deux ou trois mois supplémentaires devant eux. Chaque étape sera validée par la Conférence des présidents du Sénat (présidents de groupe, de commission et de séance). Il restera possible d'échapper à ce cheminement en cas d'«urgence sociale».

«Cette méthode peut contribuer à ce que personne n'ait l'impression d'être trompé» , estime Gérard Larcher. Il en a expliqué la teneur à son homologue de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui, selon lui, s'est montré «plutôt positif».

 
Le catho se rebiffe ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-10-2009
Ci-dessous réponse d'un lecteur à Mgr Barbarin (Cardinal Archevêque de Lyon) dans le courrier du Secours catholique :

Lettre au cardinal Barbarin

Votre interview parue dans le mensuel Messages du secours catholique n°637 juillet-août 2009, p.9 se termine ainsi : « l’expression : “travailler plus pour gagner plus” relève d'une logique saine. Elle rappelle la beauté du travail et l'importance d'une juste rémunération pour celui qui se donne dans sa profession. »

Je suis très surpris et même choqué que vous puissiez parler de logique saine, alors que, de toute évidence et dans l'opinion de tous les Français, il s'agit de travailler davantage pour gagner davantage d'argent.

La logique de cette formule me paraît être celle de l'argent et non de l'Évangile. Affirmer qu'elle est saine, c'est bafouer l'Évangile. Pourquoi oubliez-vous l'ouvrier de la onzième heure, lui qui gagne autant en travaillant moins ?

Dire qu'elle est saine, c'est donner une gifle à tous ceux qui se battent contre le travail du dimanche pour différentes raisons, en particulier pour que ce jour reste le jour du Seigneur, pour refuser ce monde de la consommation, du métro-boulot-dodo-conso, et aussi une gifle à tous ceux qui sont au chômage.

La priorité aujourd'hui n'est pas de travailler plus, mais de donner du travail à ceux qui n'en ont pas : les deux millions et demi de chômeurs. Voilà la vraie logique au plan économique.

M.F.G. Levallois-Perret (Hauts de Seine)

 
Embauches discriminatoires, c'est parti Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-10-2009

Travail Dimanche, 11 octobre 2009

On se souvient que le bon docteur Mallié avait juré ses grands dieux que le travail du dimanche serait interdit aux grandes surfaces alimentaires, "pour protéger le petit commerce" (ce qui était reconnaître que le travail du dimanche porterait tort à tous les autres commerces, amusant paradoxe).

Ce qu'il n'a pas dit, c'est que les conditions d'implantation des magasins de grandes enseignes ont été considérablement assouplies par la loi dite de modernisation de l'économie.

Pour ces enseignes, la loi Carabistouille est une opportunité idéale : ils ont les moyens de s'organiser pour ouvrir 7/7, et ainsi font une concurrence sauvage aux commerces traditionnels de leur zone de chalandise, qui n'ont pas les moyens d'ouvrir en permanence.

Et c'est parti pour les annonces discriminatoires, comme celle-ci, relevée cette semaine sur le Carrefour City de l'avenue de Malakoff (Paris XVI°) : à côté de l'affiche annoncant que Carrefour City est ouvert le dimanche de 9H à 20H, l'affiche de recrutement précise qu'il faut envoyer son CV, mais aussi ses disponibilités. Essayez de préciser dans vos dispos que vous n'êtes pas disponible le dimanche, juste pour voir !

Voilà le visage concret du volontariat à la sauce Mallié, et de la loi Carabistouille.

 
Jeux en ligne : controverse sur la fin du modèle français Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-10-2009

Les jeux en ligne n'ont rien à voir avec le travail du dimanche ? Pas tout à fait.

Cette nouvelle loi controversée - encore une - illustre aussi la puissance des lobbies sur un parlement godillot, qui renonce semble-t-il à sa mission d'élaboration d'un modèle français, pour céder à toutes les sirènes du pouvoir ou de l'argent.

Le Monde, 10/10/09

L'examen du projet de loi sur l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne s'est achevé, vendredi 9 octobre, à l'Assemblée nationale. Sous l'oeil attentif des lobbies installés en tribune, le débat a revêtu une tournure très politique. Emaillé d'échanges tendus, parfois à la limite de la violence. A l'image d'Eric Woerth, en réponse à Aurélie Filippetti (PS, Moselle), qui avait déploré que "l'intérêt général (soit) une fois encore dissout au profit des intérêts de quelques "happy few"" : "Votre intervention, lâche froidement le ministre du budget, c'est du bas niveau, c'est du caniveau !"

Le gouvernement aurait souhaité contenir la discussion sur un terrain technique, en présentant son projet comme "une voie médiane", un outil permettant de poser des "règles" dans le cadre d'une "ouverture maîtrisée". Les principaux orateurs opposés à ce texte ont voulu le placer sur un autre plan. "Ce texte pose la question des valeurs que nous voulons pour notre société, a posé d'emblée Gaëtan Gorce (PS, Nièvre). Si nous reculons sur le thème de l'intérêt général, nous créons une situation dans laquelle nous banalisons le jeu, nous considérons que le jeu est une activité économique profitable pour les uns, même si elle ne l'est pas pour les autres, et sur laquelle l'Etat n'a plus à intervenir. Cette évolution-là nous pose des questions sur l'idée que nous nous faisons de notre société."

"Une question est dans tous les esprits : pourquoi ?", s'est interrogé François Bayrou (non-inscrit, Pyrénées-Atlantiques). "Pourquoi abandonnez-vous le modèle français ? Pourquoi l'Etat renonce-t-il à assumer sa mission de maîtrise et de régulation ? Il n'y a, je regrette de le dire, qu'une réponse à cette question : c'est pour faire entrer des opérateurs privés sur le marché juteux du jeu. C'est donc un choix de société que vous allez faire et très nombreux sur ces bancs sont ceux qui ne le partagent pas et le combattront", a conclu le président du MoDem, vivement applaudi sur les bancs de la gauche.

"C'EST ANTI-FRANÇAIS"

Le projet du gouvernement, en effet, n'échappe pas au soupçon d'avoir été élaboré sous la pression d'opérateurs déjà en ordre de bataille et en attente d'une législation plus tolérante pour pouvoir lancer leurs offres. C'est en citant quelques noms parmi les principaux bénéficiaires - "Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, Patrick Le Lay, Vincent Bolloré, François Pinault, Dominique Desseigne, Patrick Partouche, Alexandre Balkany..." - que Mme Filippetti s'est attiré la violente réplique de M. Woerth. "Vous avez cité des noms, mais il faut aller plus loin. Dites-nous si ce sont des criminels, des repris de justice !", s'est emporté le ministre. "C'est anti-français !", s'est exclamé le rapporteur pour avis, Etienne Blanc (UMP, Ain).

En autorisant une "offre légale", le gouvernement dit vouloir "assécher l'offre illégale". Selon le ministre du budget, "une cinquantaine d'opérateurs" devraient demander l'agrément auprès de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL). Celle-ci sera formée d'un collège de sept membres, nommés par décret, et d'une commission consultative de 18 membres comprenant 2 "défenseurs des joueurs", 4 représentants du monde sportif, 2 du monde hippique, quatre opérateurs, 2 membres des associations familiales et 2 des associations de consommateurs. "Le projet de loi fait entrer le lobby des opérateurs dans l'autorité indépendante", s'indigne M. Gorce.

Aux yeux de l'opposition, l'examen du projet de loi a mis en évidence la faiblesse des réponses que celui-ci apporte sur les problèmes d'addiction au jeu, de blanchiment d'argent, de conflits d'intérêts quand les opérateurs de paris en ligne sont également engagés dans le parrainage d'équipes, ainsi que sur les menaces que ce texte fait peser sur le financement du sport et de la filière équine. Le vote solennel aura lieu mardi 13.

 
Parfumeries ouvertes le dimanche : pas tous d'accord Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
05-10-2009

Depuis le 10 août 2009, la loi offre à certains magasins la possibilité d'ouvrir le dimanche, notamment dans les zones touristiques dans lesquelles le travail, ce jour-là, « est de droit sans doublement du salaire ni repos compensateur ». Mais la délibération débattue l'autre jour en conseil municipal, n'était pas en relation avec cette nouvelle législation.

« En effet, a expliqué l'adjointe au tourisme, France Aouizerate, le préfet nous informe habituellement des demandes de dérogation du repos dominical formulées par les industriels de la parfumerie grassoise. Pour simplifier les choses, depuis 2003, les parfumeurs expriment leurs besoins pour trois ans. En l'espèce, la loi de 2009 sur le repos dominical n'est pas applicable. C'est donc le régime antérieur qui fait référence. »

L'assemblée communale avait donc à s'exprimer sur les demandes de dérogation à l'obligation du repos dominical, présentées par les établissements Fragonard, Galimard et Molinard. Ces demandes concernent bien évidemment le personnel qui assure la visite des usines et salles d'exposition et la vente des parfums.

« Le volontariat est une illusion »

Patrice Cattaert (Grasse à tous), avec sa double casquette de conseiller d'opposition et de syndicaliste, a tenu à élargir le débat... « Dans ces demandes émanant des trois parfumeries grassoises, référence est faite au code du travail. Mais il n'y a pas un mot sur les conséquences pour les salariés de ces établissements. Pourtant, il y en a : une vie familiale souvent perturbée et difficile à gérer, surtout lorsque les enfants sont encore petits, une vie sociale compliquée. Cela sans qu'une véritable compensation soit apportée. »

L'élu reconnaît certes qu'il s'agit là de sociétés « emblématiques de l'histoire et de l'activité économique de Grasse. Mais, affirme-t-il, les compensations salariales pour le travail du dimanche ne dépassent jamais 50 % de majoration. Et le principe du volontariat n'est que pure illusion. »

France Aouizerate, on s'en doutait un peu, n'est pas du même avis. « Ces trois établissements, a-t-elle spécifié, génèrent des emplois. Et heureusement qu'ils sont ouverts le dimanche pour accueillir les touristes. Par ailleurs, je n'ai pas connaissance que l'ouverture dominicale ait provoqué un tollé parmi le personnel de Fragonard, Galimard et Molinard. Je pense plutôt que les employés sont heureux d'avoir du boulot. »

N'empêche, Guy Bargain, lui aussi élu d'opposition, n'en démord pas : « Ce sont des magasins comme d'autres, n'imposant pas dans une mesure de nécessité, tel qu'un service de transports en commun ou une clinique, que soit accordée une dérogation à la garantie du repos dominical. Admettre cette opportunité mercantile pour de simples établissements d'accueil et magasins de parfumerie revient à reconnaître tacitement l'abolition pure et simple du dimanche comme jour férié s'imposant à tout un chacun. »

La délibération est adoptée à la majorité (voix contre de Guy Bargain et Patrice Cattaert, abstention de Paul Euzière, Marcelle Monzeglio et Bernadette Bétheuil pour Grasse à tous, et du groupe socialiste)

 
« Vivement dimanche ! » Table ronde au lycée Franklin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-10-2009

Liberté Politique - 2 octobre 2009

La proposition de loi Mallié, quoi qu'en disent ses fervents supporters, cherche la libéralisation du travail le dimanche. Mais le premier jour de la semaine n'est pas à vendre. Quatre de ses défenseurs se partagent la parole pour aider à redécouvrir le sens du « repos dominical » dans ses enjeux théologiques, anthropologiques et sociaux.

Une analyse de ce qui pourrait être un changement de civilisation…

Dans le cadre du cycle « Questions de société », la rencontre « Vivement dimanche », aura lieu le mardi 6 octobre 2009 à 20h30. 

Avec Joseph Thouvenel, CFTC, Jacques Arènes, psychanalyste, Thierry Lamboley s.j., directeur de la rédaction de Vers Dimanche.com et Hélène Bodenez, professeur à Franklin, chroniqueur à Liberté politique.com. 
 

Centre culturel Franklin
12 rue Benjamin Franklin
75116 Paris
Entrée 9 euros.

 
Et pan ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-10-2009

Sévère observation de l'Archevêque de Paris, qui n'hésite pas à pointer de son doigt épiscopal la responsabilité de ses troupes. Le sel de la terre se serait-il affadi ?

La Croix, 30/09/09

[...]

Vous insistez sur la messe du dimanche, alors que ce jour devient de plus en plus banalisé dans la société…

"Si on a pu ainsi bousculer le dimanche, c’est peut-être parce qu’un certain nombre de chrétiens ne savaient pas quoi en faire ni montrer pourquoi ils y tiennent…"

[...]

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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
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