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Le travail du dimanche en question

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Confrontations

Il faut s'enrichir de nos différences, dit-on. Pas toujours facile ! Mais c'est toutefois ce que tentent ces personnalités, qui débattent de la question du travail dominical.

Bonne lecture !



Thouvenel versus Carabistouille Suggérer par mail
30-07-2009

Grand débat sur BFM du 29 juillet 2009.

Thouvenel contre Tonton Carabistouille (alias Richard Mallié) et Mougeotte (avocat de Castorama).

Même à deux contre un, Thouvenel fait un carton.

 
Eckert v/s Mallié Suggérer par mail
21-07-2009

Un débat contradictoire entre Richard Mallié, député des Bouches du Rhôle, surnommé Tonton Carabistouille, et Christian Eckert, député de Meurthe et Moselle : bien mené et éloquent, organisé le 16 juillet sur BFM.

 
Michel Fauquier et Michel Onfray : d'accord pour refuser le travail du dimanche Suggérer par mail
13-07-2009

Rue89 | Pascal Riché | 12/07/2009

Eco89 a interrogé l'historien chrétien Michel Fauquier et le philosophe athée Michel Onfray sur cette question.

Le débat en vue d'étendre le travail le dimanche a pris fin vendredi à l'assemblée, et le vote de la proposition de loi est prévu mercredi. Des dérogations nouvelles au repos dominical sont prévues, dans le commerce, pour les agglomérations de Paris, Lille et Marseille et pour les communes touristiques et thermales.

Passionnés, les échanges ont porté sur les modalités de cette loi, son efficacité économique, les garanties pour les travailleurs (compensation, volontariat)… Mais l'affaire va beaucoup plus loin si celle-ci préfigure, comme le craignent certains, l'abandon du dimanche comme journée collective de repos.

L'institution d'une journée de repos commune est-elle indispensable à une vie harmonieuse en société ? La ville doit-elle absolument s'arrêter, offrir cette plage collective de calme ? Ou ne faut-il se battre que pour le principe d'un repos hebdomadaire individualisé ?

Nous avons voulu ouvrir le débat avec les riverains d'Eco89. Pour l'engager, j'ai demandé à deux intellectuels, l'un chrétien, l'autre athée, de nous donner leur point de vue : l'historien Michel Fauquier et le philosophe Michel Onfray.

POUR le repos dominical : Michel Fauquier, Historien

Michel Fauquier, pour le repos dominicalLe premier est historien, auteur d'une « Lettre ouverte du dernier des chrétiens au premier des Français » (ed Tempora), une adresse à Nicolas Sarkozy concernant le repos dominical. Selon lui, cette journée est une respiration indispensable au maintien du « tissu humain ».

 

Pour Michel Fauquier, les raisons pour lesquelles les religieux et les syndicalistes défendent ce repos hebdomadaire sont les mêmes : il s'agit dans les deux cas de défendre le bonheur humain, et de placer un garde-fou contre « l'esclavage ». Il rappelle au passage que le commandement divin du sabbat est lié à la fin de la servitude du peuple d'Israël en Egypte.

 

Selon l'historien, le travail du dimanche risque de devenir une « drogue » dont il sera difficile de se débarasser si on l'autorise. Le risque est de « détricoter » le contrat social et de conduire à une perte des repères des citoyens. Mais sans qu'on ne s'en rende vraiment compte : « Le malheur que l'on aura créé ne sera même pas très sensible. »

 

Il ne comprend pas les raisons qui poussent le gouvernement à la libéralisation du travail le dimanche : cette loi est « politiquement dangereuse pour les élus locaux, économiquement inefficace et socialement désastreuse » : « Je ne comprends rien à cette affaire, sinon à ce qu'il y ait des intérêts économiques en jeu. »

POUR le repos dominical : Michel Onfray, philosophe

Michel Onfray, pour le repos dominical

Michel Onfray, philosophe hédoniste et antilibéral, est lui aussi opposé au projet de loi, qui reflète à ses yeux la politique « de destruction des acquis sociaux par les libéraux de droite comme de gauche ». Selon lui, Sarkozy reste dans sa logique : « favoriser les dominants » en faisant « travailler plus » les gens.

En revanche, le philosophe n'est pas attaché à la sacralité du jour de repos « commun » à tous. S'il juge nécessaire de se battre pour le dimanche, journée « acquise », c'est pour ne pas « lâcher la proie pour l'ombre » :

« Le rapport de force n'est pas en faveur des gens qui travaillent : aucun syndicat ne peut aujourd'hui imposer, par exemple, qu'au cas où le dimanche serait travaillé, un jour de récupération dans la semaine soit payé le double »

 

Mais idéalement, selon lui, il faudrait que les gens puissent choisir le jour qui leur conviendrait le mieux. Et la nécessité d'un regroupement de la famille au grand complet un même jour de la semaine ne lui semble pas être la panacée.

Lorsque le père prend un jour différent de la mère, ce qu'il appelle le modèle « deux dimanches dans la semaine », c'est peut-être même bénéfique pour les enfants.

 

 

A vous de nous dire ce que vous en pensez. Et très bon dimanche !

 
Richard Mallié v/s Christian Eckert Suggérer par mail
07-07-2009
France Info, 7/7/09

Débat entre Richard Mallié et Christian Eckert.

On y sent la fatigue de Tonton Carabistouille, qui n'hésite pas à jouer au martyr, voire d'insulter son interlocuteur, plutôt que de lui opposer des arguments intelligents.

 
Lefebvre v/s Ayrault Suggérer par mail
06-07-2009

Metro France 5/7/09

"Il s'agit de répondre à l'attente de beaucoup de Français"

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, revient sur le travail du dimanche.

Selon vous, le repos dominical restera la règle avec la proposition de loi Maillé ?
Frédéric Lefebvre (UMP). Bien sûr. C’est une règle, mais une règle à laquelle il y a déjà des exceptions. Or celles-ci ne sont plus adaptées à la réalité d’aujourd’hui. La proposition de loi met en avant la volonté des salariés et répond à l’attente de beaucoup de Français.

N’y a-t-il pas, comme le craignent les socialistes, un risque d’extension des communes touristiques, et à terme une généralisation du travail le dimanche ?
Les socialistes, comme toujours, font des procès d’intention. Ils pratiquent l’amalgame en essayant de faire croire que c’est une généralisation, que 6 000 communes seraient concernées, alors que l’auteur de la proposition de loi a été très clair : ça ne concerne que 500 communes.

Il y a tout de même un manque de clarté sur la définition des zones et communes touristiques…
Il y a la volonté, y compris dans la majorité, et c’est le but des discussions au Parlement, de préciser les choses pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Mais clairement, l’objectif n’est pas la généralisation. Le sujet est surtout de répondre aux attentes de beaucoup de Français qui aujourd’hui dans des zones touristiques voudraient travailler et ne le peuvent pas.

L’opposition dénonce aussi l’inégalité de statut qui s’installerait entre les différents salariés du dimanche…
L’inégalité, c’est la situation d’aujourd’hui. Comme il n’y a pas de vraies règles, les salariés en font les frais. Plus il y aura des règles claires, plus les entreprises devront jouer le jeu. C’est la défense des salariés que de vouloir réguler ce travail le dimanche.

Le texte laisse une partie des députés UMP sceptiques. Ça ne va pas être compliqué de les mobiliser ?
Il y a eu des réticences sur le texte initial et beaucoup de discussions dans la majorité, mais aujourd’hui on est arrivé à un texte qui est un compromis. Il a le soutien de la quasi-totalité des parlementaires UMP.

"Le modèle social français serait atteint dans son cœur"

Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, s'oppose au projet de loi UMP sur le travail du dimanche.

Pourquoi la proposition de loi UMP est-elle dangereuse selon vous ?
Jean-Marc Ayrault (PS). Tout le monde pensait que ce nouveau texte serait à minima, qu’il règlerait simplement les situations de fait, comme à Plan de Campagne, à côté de Marseille, où on travaille le dimanche malgré l’interdiction. Or c’est une proposition de loi beaucoup plus grave avec des dispositions supplémentaires qui concernent les communes de type touristique.

Il y en a potentiellement 6 000 en France selon les chiffres du ministère du tourisme. Si le texte demeure en l’état, le travail le dimanche n’y sera plus à titre exceptionnel et sur la base du volontariat, mais de plein droit. Le salarié qui refuserait de s’y soumettre pourrait être licencié. Avec cette extension du travail le dimanche, le modèle social français serait atteint dans son cœur.

Vous dénoncez aussi une inégalité de statut pour les salariés du dimanche…
Ceux qui travaillent déjà le dimanche ne bénéficieraient pas des avantages que le texte prévoit pour certains cas, Plan de campagne et quelques autres. Beaucoup de ces salariés ont réagi en nous disant : « si certains sont payés double le dimanche, nous demandons aussi à l’être ». Cela pose des problèmes d’égalité constitutionnelle. Le texte de l’UMP est brouillon, mal fait, mais il a des conséquences sociales graves. C’est une escroquerie sociale.

Pour vous, c’est un choix de société qui va être débattu cette semaine ?
Je le crois. La banalisation du repos dominical, c’est un choix de société. Le dimanche, beaucoup de Français veulent consacrer du temps à leur famille, à la vie associative, culturelle, et même cultuelle.

Vous avez écrit aux députés UMP. Comment ont-ils réagi ?
Ca a jeté le trouble au sein de la majorité. Beaucoup de députés UMP me l’ont dit à titre individuel. J’espère que ce texte ne sera pas voté tel quel. La majorité a encore le temps de se ressaisir.

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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
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