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Le travail du dimanche en question

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Urgent et important (12/01/2012) :
NewsRing organise un débat sur le travail dominical.
Prenons la parole !
 

La chronique de Maître Lecourt

Nous ouvrons ici un espace dédié à Maître Lecourt, qui plaida victorieusement contre Conforama.

Il a toute liberté pour y écrire, exposer un point de vue, ou éventuellement... répondre à vos questions.

Vous pouvez adresser un mail à Maître Lecourt en cliquant sur ce lien.



L'Etat assigne Leroy-Merlin pour faire cesser le travail du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
29-06-2009

Lorsqu'une enseigne de cette importance récemment condamnée à 3.6 millions d'euros continue de ne pas appliquer le droit du travail, on voit mal ce que la personne qui se sera vue refuser cet emploi pourra espérer lorsqu'elle essaiera, à titre individuel, de faire respecter ses droits...

Une première dans le Val d'Oise, l'inspection du travail a décidé d'utiliser la voie civile pour assigner la société LEROY MERLIN pour qu'elle cesse d'employer les salariés le dimanche.

Cette procédure fait suite à l'annulation de la dérogation préfectorale obtenue par l'enseigne par le Tribunal Administratif de CERGY PONTOISE en avril dernier à la suite de la procédure engagée par Force Ouvrière et au refus de la société LEROY MERLIN d'appliquer la Loi depuis cette date malgré cette énième décision judiciaire.

L'inspection du travail a donc entrepris un référé dominical. Elle demande, pour le compte du Trésor Public, une astreinte de 100.000 Euros par dimanche en infraction pour un établissement LEROY MERLIN du Val d'Oise.

Le dossier sera évoqué demain 30 juin à 11 heures devant le Président du Tribunal de Grande Instance de PONTOISE au Palais de Justice (en salle 11 selon nos renseignements).

 
Les dominos de Madame Debré Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-04-2009

Le Tribunal Administratif de CERGY PONTOISE, dans trois jugements rendus dans le courant du mois d’avril, vient de donner, à ma connaissance, la première véritable illustration de l’extension du travail dominical amorcée par l’amendement Debré. 

Comme Cassandre, j’ai annoncé que les premiers effets pervers du dispositif issu de la Loi Chatel du 3 janvier 2008 et de son désormais célèbre amendement Confokéa ne tarderaient pas à se faire sentir. Cela devrait faire réfléchir les partisans de la proposition de Loi de Monsieur Mallié qui tend à enfoncer plus encore le repos dominical des salariés. 

Même remaniée autant qu’elle l’a été pour la rendre moins agressive, elle sera vite dépassée par la réalité. Les parlementaires devraient ne pas le perdre de vue et mesurer, avant qu’il ne soit trop tard, les conséquences du débat qui s’engage. 

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Nouvelles judiciaires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
20-04-2009

Mesdames et Messieurs, 

Par différents jugements notifiés dans le courant de la semaine dernière, le Tribunal Administratif de CERGY PONTOISE s’est prononcé sur la série de dérogations préfectorales au repos dominical accordées par le Préfet du Val d’Oise au dernier trimestre de l'année dernière. 

- Le Tribunal a tout d’abord annulé les dérogations au repos dominical dont bénéficiait la société LE GRAND CERCLE 95. Cette société est une librairie/papeterie à qui une injonction a été délivrée en décembre par la Cour d’Appel de Versailles et qui, après avoir bénéficié d’un délai, est sous le coup d’une astreinte qui a commencé à courir depuis début mars. 

Elle s’était rendue notamment célèbre par la visite controversée de X. Bertrand, alors Ministre du Travail, accompagné de Luc Chatel, au moment même où l’enseigne publiait une offre d’emploi dont un critère déterminant était le travail dominical. L’enseigne a annoncé sa fermeture aux salariés vendredi dernier, tout en laissant, « à l’insu de son plein gré », la place à des salariés « bénévoles » qui continuent à ouvrir ce commerce. Il ne fait aucun doute que la recette de cette journée sera redistribuée. 

- Le Tribunal a également annulé les dérogations préfectorales concernant les enseignes de bricolage :

-          La société LEROY MERLIN

-          La société CASTORAMA 

Le Tribunal Administratif a repris les arguments développés par les syndicats FO et CFTC tenant au fait que les enseignes de bricolage ne pouvaient se prévaloir de la dérogation obtenue par le secteur de l’ameublement, puisqu’ils sont insusceptibles de se trouver en concurrence avec ce dernier. 

- Par contre, le Tribunal a admis la validité des dérogations préfectorales accordées aux sociétés BOULANGER et PLANETE SATURN. 

Pour cela, le Tribunal a estimé que les enseignes de l’ameublement vendent également des produits électro-ménagers et font une concurrence directe et importante aux enseignes spécialisées de ce secteur compromettant ainsi leur fonctionnement en engendrant un risque de détournement de clientèle. 

Rappelons que la dérogation concernant l’ameublement est une dérogation permanente de plein droit, valable sur la France entière, sans aucune contrepartie pour les salariés.

Il suffit qu’une des enseignes de l'ameublement ouvre le dimanche pour qu’une enseigne de cet autre secteur puisse demander une dérogation pour pouvoir en faire autant, et cela sur la France entière au moment même où les ouvertures dominicales sont à l'étude et déjà en phase d'expérimentation chez IKEA.

Pourtant, les débats parlementaires avaient exclu d’étendre le bénéfice de la dérogation au secteur de l’équipement de la maison. Le Tribunal, en admettant de fait qu’une dérogation temporaire puisse avoir un effet permanent, crée de manière prétorienne une nouvelle dérogation permanente contre l’avis des parlementaires qui feraient bien de prendre garde aux conséquences induites par la faiblesse de leur connaissance de l'état du droit positif et d'ouvrir sur ce sujet un débat parlementaire qui soit de qualité. 

Le Tribunal a au passage jugé que cette dérogation, par son caractère temporaire était conforme à la convention de l’OIT. S'il a ainsi admis l’application directe de cette convention, ce dont on peut se féliciter, il ne semble pas en avoir mesuré toutes les conséquences. En effet, tant que la dérogation permanente durera, les enseignes concernées auront un droit à obtenir une dérogation temporaire, ce qui revient, de fait, à rendre cette dérogation permanente. 

Force Ouvrière met à l’étude la possibilité de contester les jugements et il est probable qu'elle saisira la Cour Administrative d'Appel de Versailles sur ce qui me semble bien une violation de la convention de l'OIT et du principe du repos dominical. Il est également possible que l'OIT soit saisie de ce dossier. 

En attendant qu’il soit statué sur les recours probables, la dérogation préfectorale obtenue par ces deux enseignes, dont les effets étaient suspendus, va s’appliquer et les enseignes concernées devraient donc ouvrir le dimanche, pour celles qui ne l’avaient pas déjà anticipé. 

Il est certain que les enseignes du même type (ex : DARTY) vont pouvoir désormais s'engouffrer dans cette brèche et augmenter ainsi le nombre de salariés du dimanche.

Ce risque important d'extension avait été dénoncé par les organisations syndicales lors de l'adoption de la Loi du 3 janvier 2008 et de l'amendement baptisé "CONFOKEA". 

Plus anecdotique mais néanmoins significatif, le Tribunal, dans sa décision, a également admis la validité de la consultation du Préfet qui s’était borné à demander l’avis du MEDEF, sans demander l’avis de l’UDPME et de l’UPA, estimant que leur intérêt à la consultation n’était pas démontré. Les syndicats patronaux concernés apprécieront sans aucun doute à sa juste valeur leur disqualification judiciaire, comme leurs adhérents, petits patrons et artisans. Ces derniers se voient donc exclus du débat... 

- Le Tribunal a également annulé la dérogation concernant l’établissement de Montigny les Cormeilles de la société BOULANGER en raison de la consultation irrégulière opérée par le Préfet dans le cadre de l’instruction de la demande. 

Cette irrégularité avait pourtant été signalée lors des premiers recours engagés par Force Ouvrière contre les arrêtés rendus en 2007 dans le secteur de l’ameublement et obligera l’enseigne à formuler de nouveau une demande de dérogation auprès du Préfet qui n'a pas tiré la leçon de ses précédents échecs. 

Vincent Lecourt

 
Nouvelle dérogation fantaisiste pour Casto Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
04-02-2009

Le préfet du Val d'Oise vient d'attribuer une nouvelle dérogation, très intéressante, au magasin Castorama d'Eragny sur Oise.

Regardez bien la motivation de l'arrêté, elle vaut le coup et montre que rien n'arrête la logique de l'extension du travail du dimanche.

Rien de plus facile, en effet, pour un Préfet, d'autoriser le travail du dimanche pour les magasins de bricolage : il suffit de dire que c'est un magasin d'ameublement !

En effet, à la lecture de l'arrêté, on apprend, avec un certain étonnement, que Casto, c'est 74% d'ameublement et de jardinerie ! Mon oeil ! Vendre des planches et des clous, ce n'est pas du mobilier, même si cela permet d'en créer.

On se demande, avec de tels chiffres, pourquoi ces enseignes n'appliquent pas la convention collective du négoce de l'ameublement, si c'est leur principale activité.

Autre point amusant, les conditions de renouvellement de la dérogation. Ces conditions sont "qu'il y existe une dérogation pour l'ameublement et pour les jardineries". Autrement dit, voici comment créer une nouvelle dérogation permanente. C'est évidemment valable sur la France entière puisque l'ameublement et la jardinerie bénéficient partout d'une dérogation...

Chaque Préfet peut ainsi prendre ce type d'arrêté dans son département en adoptant les mêmes considérations.

On ne remerciera jamais assez Madame Debré pour l'amendement ConfoKea (amendement ameublement à la loi Chatel), toujours pas corrigé malgré la promesse qui en avait été faite.

Vincent Lecourt

Lire aussi :
- l'arrêté du préfet du Val d'Oise (113 KB)
- Article de VO News sur le lien lire la suite

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Quatrième version de la proposition Mallié : toujours catastrophique... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
10-12-2008

La proposition de Monsieur Mallié ne cesse d’évoluer en fonction de différents lobbies. 

Pour éviter la Fronde des départements de l’Est, on les sort du dispositif. Autant de députés de moins à voter contre et à convaincre. 

On promet également aux députés de la ruralité qui ont davantage à craindre en termes électoraux des petits commerçants que des grandes enseignes qu’ils ne seront pas impactés. Déjà, certains déclarent qu’ils sont rassurés. Ils ne devraient pourtant pas l’être. 

Parmi les soixante députés UMP qui ont affirmés fortement leur désaccord sur le terrain des principes, avec des arguments bien trempés, on compte déjà un petit nombre qui les oublient dès lors qu’ils sont exclus du dispositif et qui ont désarmé devant les amicales pressions des promoteurs du texte. 

Pourtant, cette énième version reste, à mon sens, tout aussi catastrophique que la première. 

En voici les raisons...

 

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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
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