Accueil arrow Les dossiers chauds arrow L'amendement ConfoKea
Plan du site | Rechercher | Contact | Qui sommes nous | Liens

Cliquez sur ce lien pour recevoir par mail les derniers articles parus !

Le travail du dimanche en question

↑ copier cette bannière

 

Urgent et important (12/01/2012) :
NewsRing organise un débat sur le travail dominical.
Prenons la parole !
 

L'amendement ConfoKea
Amendement ConfoKea : petites magouilles entre amis Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-12-2007

Un article de Thibault Mortier, publié sur Agoravox, faisant une synthèse sur l'amendement ConfoKea

Dans la nuit du 13 décembre 2007 était proposé au Sénat par la belle-soeur de Bernard Debré, un amendement visant à autoriser l’ouverture dominicale des établissements de commerce de détail d’ameublement.

Le Sénat a adopté cet amendement scandaleux. On reste sans voix devant cette soumission apparente des plus hautes instances de l’Etat à la puissance des lobbies marchands, transformant la démocratie en un théatre abject. Démonstration.


 

La guerre du dimanche : un point de situation

Il est nécessaire de revenir sur l’histoire récente pour comprendre l’arrivée inopinée de cet amendement au Sénat, en procédure d’urgence.

L’Etat, depuis de nombreuses années, s’était montré d’un laxisme complet relativement à l’ouverture dominicale de certains centres commerciaux : un centre commercial est d’abord un contribuable profitable, avant d’être un justiciable...

Début 2007, la situation s’inverse : certains syndicats, notamment la CFTC, FO et la CGT, engagent des actions contre les enseignes illégalement ouvertes, et les gagnent quasiment toutes. Dans le courant de l’été, les enseignes (Conforama, IKEA, Fly, Alinéa, Casa, Atlas, Crozatier, et autres Usine Center) sont généralement condamnées à verser des astreintes relativement importantes, calculées sur la base des chiffres d’affaires réalisés pendant les ouvertures illégales.

Les astreintes sont des sommes dissuasives qui n’ont pas vocation première à être payées : pour qu’elles soient versées, il faut une action judiciaire en liquidation d’astreintes, la liquidation n’étant généralement prononcée qu’en présence du refus manifeste du contrevenant sanctionné de se conformer à la loi.

Les enseignes ont réagi fortement : organisation de manifestations bidon à l’aide de salariés mercenaires (Conforama, septembre 2007), conférences de presses (Ikea, Confo, But et Alinéa, octobre 2007), rendez-vous avec Luc Chatel puis Christine Lagarde (Conforama, Ikea, septembre 2007), articles de presse, interviews, etc. Conforama a fait travailler pas moins de cinq cabinets différents d’avocats pour présenter une ligne de défense...

En position de force, les syndicats n’ont pas abusé de cette stratégie gagnante : ils ont proposé aux enseignes de ne pas demander la liquidation des astreintes, en échange d’un retour à une situation légale.

Pourtant, ils se sont heurtés à un refus hautain des enseignes, préférant persister à ouvrir illégalement le dimanche, en toute insouciance. Devant ce refus, FO a annoncé qu’il allait demander la liquidation des astreintes obtenues contre Ikea (communiqué de presse du 11 décembre), Casa et Alinéa.

L’amendement 66 rectifié Ter : une commande ConfoKea

Le 13 décembre, madame Debré déposait en urgence devant le Sénat un amendement qui pourrait permettre à ces enseignes, condamnées et superbement méprisantes, d’échapper au paiement des astreintes auquel leur seule attitude délictueuse les conduit.

Le code du Travail dispose que le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche. Il prévoit à ce principe, fort heureusement, un certain nombre de dérogations basées sur la nécessité absolue (par exemple les hôpitaux), la nécessité relative (par exemple les activités à feux continus), ou l’utilité sociale (par exemple l’ouverture des commerces alimentaires de détail).

L’amendement ConfoKea prévoit d’ajouter au code du Travail une dérogation supplémentaire concernant les établissements de commerce de détail d’ameublement (alors même que le nombre de dérogations déjà existantes est un des arguments avancés par le lobby ConfoKea).

Plusieurs éléments laissent à penser que cet amendement (plaisamment surnommé « amendement ConfoKea »), qu’aucune nécessité apparente autre que le copinage de haute volée ne vient justifier, a été commandé au gouvernement par les lobbies marchands (qui peuvent d’ailleurs suivre l’état de leur commande grâce au site internet du Sénat, ô progrès !).

Tout d’abord, la concomitance des événements : annonce de FO le 11/12, dépôt de l’amendement le 13/12. Même si l’on croit au hasard, on ne peut s’empêcher de penser qu’il a des sollicitudes suspectes !...

Ensuite, l’incongruité de l’amendement. Il est en effet complètement incohérent avec le planning social, ce dossier devant être abordé lors de la conférence du 19 décembre prochain. Par ailleurs, il bouscule aussi le Conseil économique et social, qui doit publier un nouveau rapport sur ce sujet.

Enfin, le choix injustifié de la procédure d’urgence : aucune urgence n’existe sur ce dossier, hormis le problème posé aux enseignes par la liquidation des astreintes.

Cerise sur le gâteau, il est à noter que l’attitude hautaine des enseignes, refusant de se conformer à la loi malgré les condamnations à répétition qui leur avaient été signifiées, tend à démontrer que ces enseignes savaient par avance qu’elles obtiendraient de l’appareil législatif des dispositions qui leur seraient favorables.

L’analyse des débats au Sénat vient conforter cette opinion : c’est Luc Chatel, secrétaire d’Etat représentant du gouvernement, qui y dévoile crûment le motif gouvernemental : « Il faut une concertation des partenaires [...], mais il est un secteur où il y a urgence, où les entreprises condamnées pour ouverture dominicale paient des astreintes alors qu’elles ouvraient auparavant 52 dimanches par an. Le gouvernement est donc favorable à cet amendement », intervention à laquelle le docile sénateur Cornu, rapporteur de la commission, répond : « La commission l’est aussi par conséquent » (ce qui n’était d’ailleurs pas parfaitement exact), illustrant la collusion apparente entre le Sénat et le gouvernement.

Malgré le rappel du sénateur Dussaut : « Le Parlement n’a pas pour rôle de valider des comportements illégaux, ni de prendre parti dans des affaires en cours devant la justice » , le Sénat, dominé par le groupe UMP, a adopté l’amendement ConfoKea.

Du cocufiage social considéré comme un des beaux-arts

Les syndicats se sont immédiatement insurgés contre ce vote, parlant d’ester en justice au motif de la non-conformité de l’amendement à la loi 2007-130 de modernisation du dialogue social (communiqué CFTC du 15/12).

Cette loi avait été votée en ce début d’année, le 31 janvier 2007. Elle se voulait un gage de bonne foi donné par le gouvernement, après la crise désastreuse du CPE : le gouvernement s’engageait à privilégier le dialogue social plutôt que les basses manœuvres dans la manière de conduire les réformes en France, louable intention s’il en est.

Cette loi établit dans son article L 101-1 que « tout projet de réforme envisagé par le gouvernement [...] fait l’objet d’une concertation préalable ». Toutefois, cette disposition n’est pas applicable en cas d’urgence, mais dans ce dernier cas, le gouvernement doit motiver l’urgence.

Il est évident que l’urgence est un critère qui ne pouvait pas être retenu par le gouvernement : la seule urgence visible étant d’obtenir la non-condamnation des enseignes ConfoKea, le gouvernement aurait sans doute été quelque peu gêné de présenter cet argument. Il n’a de toute façon pas satisfait à son obligation de motivation préalable à l’adoption de la procédure d’urgence.

L’astuce cocufiante porte en fait sur le premier point de la loi, qui précise qu’elle ne concerne que les réformes envisagées par le gouvernement. En l’occurrence, s’agissant - officiellement - de l’initiative d’une sénatrice (dont il faut reconnaître que la fibre sociale est moins visible que son appartenance à l’UMP et à la famille du président de l’Assemblée...), il ne s’agit plus - officiellement - d’une initiative gouvernementale, mais d’une initiative parlementaire, ce qui sort l’amendement ConfoKea du champ d’application de la loi 2007-130 ! Et hop, passez muscade, mais il fallait y penser.

On comprend aisément que les organisations syndicales puissent éprouver quelques démangeaisons à subir cet élégant cocufiage.

Dans un pays où d’éminents spécialistes expliquent doctement que le traité européen est trop compliqué pour qu’il soit soumis à l’intelligence défaillante du peuple, on comprend qu’il est parfaitement logique que de nouveaux grands électeurs, intelligents ceux-ci, et véritablement désintéressés, viennent se substituer aux capacités insuffisantes des petits.

Quelques références :

 

 
Amendement ConfoKea : FO écrit aux députés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-12-2007

De notre correspondant FO :

Paris, le 17 Décembre 2007

Monsieur le Député,

Nous venons vers vous pour vous communiquer quelques éléments, que vous n'avez peut-être pas encore en votre possession, en relation avec l'amendement présenté par Madame DEBRE au Sénat le 13 décembre.

Cet amendement au projet de loi CHATEL sur la consommation est présenté sous la forme d'un article additionnel à l'article L. 221-9 du code du travail, que vous trouverez ci-après.

Comme vous pourrez le constater, cet article ne prévoit ni contrepartie financière, ni volontariat.

Madame DEBRE argue que la convention collective du NEGOCE DE L'AMEUBLEMENT prévoit le volontariat et la majoration des dimanches travaillés. En fait l'article 33 de ladite convention prévoit une majoration de 100 % et un repos compensateur, pour tout travail exceptionnel du dimanche dans le cadre des dérogations prévues au code du travail. Il s'agit bien là de l'article L. 221-19 du code du travail qui vise les cinq dérogations exceptionnelles au repos dominical dans le secteur du commerce. L'argument de Madame DEBRE n'en est donc pas un.

Si cet amendement était adopté il serait contraire au slogan du Président de la République "travailler plus pour gagner plus".

Ce n'est pas que notre organisation syndicale soutienne ces propos du Président mais nous avons de plus en plus de mal à voir de la cohérence dans tous ces amendements, projets de loi ou proposition de loi qui se contrarient les uns les autres.

La dangerosité de cet amendement réside également dans le fait qu'il pourrait s'étendre à d'autres branches du commerce sans que les salariés bénéficient d'avantages sociaux liés à ces ouvertures dominicales et sans pouvoir en aucun cas refuser de travailler le dimanche, qui perdrait de ce fait, son caractère structurant pour la vie familiale, associative et citoyenne.

Pour notre organisation syndicale, nous tenons à vous rappeler notre opposition à tout projet de loi qui libéraliserait le travail dominical et qui contraindrait légalement les salariés sachant qu'aujourd'hui c'est l'aspect financier qui les contraint le plus. Il est d'ailleurs à noter que dans la convention collective précitée 7 niveaux de la grille de salaires minima sont en dessous du SMIC et que nous avons dû faire appel au Ministère pour contraindre les employeurs de la branche à reprendre les négociations.

Nous vous remercions de l'attention que vous avez porté à notre courrier et espérons que vous le prendrez en compte dans les prochains débats concernant cet important sujet.

Nous vous adressons, Monsieur le Député, nos salutations respectueuses.

Françoise NICOLETTA
Secrétaire fédéral Responsable du Commerce  

Lire la suite...
 
Amendement ConfoKea : demain, à qui le tour ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-12-2007

Communiqué de presse CFTC Commerce

TRAVAIL DU DIMANCHE DANS L’AMEUBLEMENT

ET DEMAIN À QUI LE TOUR ?

 

Stupéfaction…

Comme un lapin sorti du chapeau d’un magicien, le Sénat adopte, la nuit dernière, un amendement sur le travail du dimanche dans l’ameublement, au prétexte d’une convention collective protectrice…

Une ouverture tous les dimanches et sur tout le territoire !!! Même Laurence Parisot, patronne des patrons, n’en demandait pas autant !!! 

La CFTC s’insurge contre un tel amendement et demande son retrait immédiat ! A Luc Chatel de prendre ses responsabilités !

 

Interrogations…

·        Quel est le rapport entre le travail du dimanche dans l’ameublement et le contenu du projet de loi sur la consommation dans lequel il s’inscrit ??

·        Pourquoi un tel amendement alors même que la plupart des professionnels du secteur de l’ameublement  n’étaient pas demandeurs ??

·        Pourquoi cet amendement avant la conférence sociale prévue le 19 décembre prochain à l’Elysée où précisément l’un des quatre thèmes au programme était le travail du dimanche ??

  

Peut-on encore parler de dialogue avec les partenaires sociaux ? Ou faut-il s’habituer à nous trouver devant le fait accompli ??

 

Contact : Eric SCHERRER, Coordinateur Commerce à la fédération CSFV-CFTC 06 62 46 25 43

Fédération Commerce Services Forces de Vente (CSFV), 251 rue du faubourg Saint-Martin, 75010  Paris

 

Magasins d'ameublement ouverts le dimanche: la CFTC dit non

PARIS, 14 déc 2007 (AFP) - La CFTC a exigé vendredi le "retrait immédiat" de l'amendement adopté par le Sénat dans la nuit et visant à autoriser l'ouverture le dimanche des "établissements de commerce de détail d'ameublement".

"La CFTC s'insurge contre un tel amendement et demande son retrait immédiat ! A Luc Chatel (le secrétaire d'Etat à la Consommation) de prendre ses responsabilités", invite la fédération CFTC du commerce, des services et des forces de vente dans un communiqué.

"Quel est le rapport entre le travail du dimanche dans l'ameublement et le contenu du projet de loi sur la consommation dans lequel il s'inscrit ?", s'interroge-t-elle.

"Pourquoi cet amendement avant la conférence sociale prévue le 19 décembre prochain à l'Elysée où précisément l'un des quatre thèmes au programme était le travail du dimanche ?", poursuit-elle.

"Une ouverture tous les dimanches et sur tout le territoire: même Laurence Parisot, patronne des patrons, n'en demandait pas autant !", s'exclame la CFTC.

reb/jba/cb AFP

 
Amendement ConfoKea : Ballon d'essai Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-12-2007

Le Républicain Lorrain, 15 décembre 2007

Il émerge parfois au Parlement des amendements "cavaliers", hors contexte du projet de loi en cours d'examen. C'est le cas de celui adopté dans la nuit de jeudi à vendredi au Sénat dans le cadre du projet de loi sur la consommation et visant à autoriser l'ouverture le dimanche des commerces de détail de vente d'ameublement. Présenté par l'UMP, cet amendement a été soutenu par le gouvernement en raison de son "urgence". Une urgence surtout soulignée par les grandes enseignes de ce secteur qui cumulent depuis des semaines plusieurs centaines de milliers d'euros d'astreintes en persistant à rester ouvertes le dimanche en dépit de la loi sur le "repos dominical".

Cette autorisation surprise répond d'abord aux fortes pressions du lobby surnommé "Confokea" qui agite depuis des semaines la menace de suppressions d'emplois en cas de maintien de l'interdiction. Mais elle est aussi un signal politique clair et un ballon d'essai à l'approche d'un débat général sur une déréglementation accrue du travail le dimanche. Vieux de plus d'un siècle, le repos dominical n'est déjà plus un dimanche pour tous. Près d'un quart des Français actifs travaillent le dimanche en fonction des dizaines de dérogations concernant les activités à "feux continus", les zones touristiques ou les périodes de fêtes. Un pas supplémentaire devrait être franchi avec la prochaine conférence sociale convoquée par Nicolas Sarkozy, favorable au travail dominical "sur une base volontaire et payé double".

Cette perspective promet d'être polémique. Car même si le travail le dimanche a tendance à se banaliser, la crainte est forte parmi les Français de voir progressivement disparaître le seul jour de la semaine pleinement consacré aux activités familiales. Les prétendues vertus économiques du dimanche travaillé, en termes de croissance, sont également remises en cause par les syndicats et les petits commerces s'estimant menacés de mort par une ouverture profitant essentiellement aux grandes surfaces.

Alors que la commission Attali sur la croissance préconise une déréglementation totale, Jean-Pierre Raffarin assure déjà qu'il n'y aura pas de majorité parlementaire pour voter la suppression du repos dominical. Dans ce contexte sensible, la sagesse recommande une démarche pragmatique évitant l'acceptation aveugle du fait accompli et privilégiant l'expérimentation et le retour d'expériences.

Louis BIGOT.

 
Amendement ConfoKea : Communiqué de la CGT Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
16-12-2007

Communiqué de presse

C’est en catimini qu’un amendement autorisant les ouvertures des magasins d’ameublement, d’équipement de la maison et de bricolage, est déposé au sénat et introduit dans le projet de loi « développement de la concurrence ».

Pour la Cgt, vouloir régler la question du travail du dimanche, sans concertation et négociation, est une injustice pour des milliers de salariés du commerce.

Nous ne le répèterons jamais assez, le repos dominical est un enjeu de cohésion sociale pour les salariés.

Alors que 53% des français sont opposés au travail du dimanche, nous demandons un véritable débat national sur le repos dominical.

La Cgt est opposée à la libéralisation totale des ouvertures des commerces le dimanche.

Ce jour de repos ne doit pas être banalisé !

Montreuil le 13 décembre 2007

Contact :

Fédération du Commerce et des Services Cgt : 01.48.18.83.11

Michèle CHAY – Secrétaire Générale : 06.20.84.18.47

 
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 Suivante > Fin >>

Résultats 21 - 25 sur 36

Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS - 04 67 96 11 72 / 06-07-15-79-57
Le wiki (accès réservé)