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Pétition pour le Dimanche

Déjà plus de 107.000 signatures ! Vous aussi, signez la pétition du CAD.

La pétition présentée par le CAD a obtenu plus de 107.000 signatures authentifiées (au contraire de la pétition-bidon du Dr Carabistouille !)
- Pétition électronique : 99.000 signatures au 01/10/13
- Pétition papier : 8.107 signatures au comptage du 15/01/12
   Merci à tous ceux qui out téléchargé et fait signer la pétition papier, voir cette page !

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TRAVAIL du DIMANCHE = WEEK-END COMPLET à travailler. Ne confondez pas faire vos courses le dimanche et travailler le ...
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Travail du dimanche: le gouvernement pré...
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Travail du dimanche: le gouvernement pré...
Le repos dominical n'est pas pour les plus pauvres et décision du Conseil d'Etat Le pape François a appelé les ch...
Citations

Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai !.

François Hollande

Président de la République Française - Mai 2012

Tous ouverts ou tous fermés, mais tous égaux.

 

Jean-Claude Bourrelier

Patron de Bricorama

De mauvaises lois sont la pire sorte de tyrannie.

Edmund Burke
Ecrivain

Le débat qui nous occupe est infiniment [...] profond [...] Nous sommes bien face à un choix de société qu’il nous faut trancher.

Jean-Marc Ayrault
Premier Ministre
Extrait de la discussion du 7 juillet 2009 à l’Assemblée Nationale

Je m'oppose absolument et formellement au travail du dimanche qui détruit la vie de famille et se met au service d'un consumérisme aveuglé.

Jean-Luc Mélenchon
Ancien ministre, député européen, sénateur, conseiller général
candidat 2012 à la présidence de la République

Dans la semaine, il y a six jours pour avoir, et un jour pour être.

Hervé Mariton
Ingénieur des Mines
Député UMP de la Drôme

Le travail du dimanche n'enrichit pas.

Proverbe italien

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Le travail du dimanche en question

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Gattaz demande à Valls d'ouvrir le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
03-09-2014

MONSIEUR GATTAZ, NOUS VOUS DEFIONS PUBLIQUEMENT DE PRODUIRE UNE SEULE ETUDE CREDIBLE DEMONTRANT QUE LE TRAVAIL DU DIMANCHE CREE UN SEUL EMPLOI NET.

NOUS VOUS AVONS DEJA JETE CE DEFI IL Y A 6 MOIS, VOUS N'AVEZ JUSQUE LA PAS OSE NOUS REPONDRE.

FAUTE DE REPONSE, NOUS SERONS OBLIGES DE PENSER QUE VOUS MENTEZ.

SCIEMMENT. 

 

L'Express, 26/08/2014

Gattaz: le gouvernement doit engager "une vraie stratégie de redressement" de la France

Par LEXPRESS.fr, publié le 

Paris, 26 août 2014 - Le président du Medef Pierre Gattaz a appelé mardi le nouveau gouvernement à "engager une vraie stratégie de redressement" de la France qui doit faire sa "révolution culturelle" et "accepter que l'entreprise est le coeur de l'économie".

 

Interrogé par le quotidien Les Echos sur ce qu'il attendait du nouveau gouvernement nommé mardi soir, le patron des patrons a répondu: "qu'il continue la politique en faveur de la compétitivité des entreprises qui découle du Pacte de responsabilité et qu'il engage une vraie stratégie de redressement du pays". 

"La France doit faire sa révolution culturelle, accepter (le fait) que l'entreprise est le coeur de l'économie, que celle-ci est mondialisée, et que nous sommes dans une économie de marché", a-t-il lancé à la veille du premier jour de l'université d'été du Medef au cours duquel le Premier ministre Manuel Valls doit prononcer un discours très attendu. 

"Les +frondeurs+ sont l'expression d'une gauche qui n'a pas accepté cette réalité", a-t-il dit en référence à la gauche de la gauche au Parlement et aux ministres critiques, Arnaud Montebourg en tête, qui ont provoqué la démission du gouvernement. Un changement de gouvernement destiné à conforter la ligne politique en faveur de l'offre, visant à redresser l'économie en s'appuyant sur les entreprises.  

Estimant que la politique de soutien de la demande en subventionnant la consommation des ménages pratiquée "par les gouvernements successifs" pendant "des décennies" "ne marche pas", il a affirmé que pour les Français "la première mesure de pouvoir d'achat serait de leur offrir un emploi". 

Il a précisé que le Medef rendrait public mercredi son projet "France 2020" et cité des "idées pour lever les freins à la croissance" et créer des emplois, comme le travail du dimanche ou la réforme des seuils sociaux -- qui imposent des obligations aux entreprises à partir d'un certain nombre de salariés, avec pour effet pervers de dissuader nombre de patrons de faire croître leur entreprise.

 

 
Ouverture du dimanche : ne sacrifions pas le commerce indépendant ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
02-09-2014
Communiqué CGPME
Le gouvernement envisage de légiférer par ordonnances sur le travail du dimanche.

Les ordonnances visent en cas d'urgence à accélérer la mise en place de réformes. En ce sens, il est positif que le gouvernement manifeste sa volonté d'agir vite.

Pour autant, on peut légitimement s'interroger sur l'urgence concernant le travail dominical et le lien direct avec la croissance alors qu'on sait qu'un achat effectué le dimanche ne sera pas fait le lundi, le pouvoir d'achat du consommateur n'étant pas extensible.

Sur le fond si la CGPME n'est pas opposée à un toilettage du travail dominical notamment sur la définition des zones touristiques, elle s'oppose à une généralisation brutale qui reviendrait à sacrifier le commerce indépendant sur l'autel du commerce intégré de la grande distribution.

Le commerce de proximité, lien social unique, doit avoir les moyens de continuer à exister et de faire valoir ses nombreux atouts dans un cadre concurrentiel équilibré face à une grande distribution disposant de moyens financiers colossaux. Une commune sur deux n'a déjà plus un seul commerce …

Jean-François Roubaud s'entretiendra de ce sujet lors d'un prochain échange avec Emmanuel Macron, ministre de l'Economie.
 
Charles Beigbeder : «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les POUR
30-08-2014

Alors que NKM, voulant incarner une droite boboisée dont elle s'acharne à croire qu'elle existe suffisamment pour lui assurer un avenir politique, s'inscrit dans le projet de dérégulation du repos dominical actuellement porté par l'exécutif, effectuant ici un nouveau volte-face, il faut signaler cet article de Charles Beigbeder, qui pourrait surprendre.

En effet, le serial-entrepreneur qu'est Beigbeder (Poweo, Agrogeneration, Selftrade, Happytime...) aurait pu chanter, à l'unisson de Nicolas Sarkozy, NKM, ou maintenant Hollande et Valls, un ènième couplet sur la nécessité de travailler sept jours sur sept, au nom d'une vision mercantile de l'existence humaine, et des intérêts particuliers de quelques uns. Pas du tout.

Cet entrepreneur, qui sait de quoi il parle quand il parle de travail, affirme ici une vision humaniste du travail, dans laquelle "c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse". Vérité simple qui devrait être partagée par tout le monde, mais dont beaucoup, à mesure qu'ils deviennent riches, s'éloignent proportionnellement. Et il redit l'affirmation de la quasi-totalité des économiste, et que nous répétons sans relâche : "l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie". Bravo, Charles, voilà des frondeurs comme on les aime ! 

FIGAROVOX/TRIBUNE 29/8/2014  - Alors que Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré jeudi que «Paris pourrait davantage s'ouvrir au travail dominical», Charles Beigbeder rappelle que le dimanche est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels.

 


Charles Beigbeder est entrepreneur, investisseur et chef d'entreprise. Il est également conseiller municipal dans le VIIIème arrondissement de Paris.


dimanche.jpg

 

«Paris pourrait davantage s'ouvrir au travail dominical pour que le dimanche, les touristes fassent les magasins à Paris plutôt qu'à Londres», a estimé hierNathalie Kosciusko-Morizet (propos publiés aujourd'hui par Direct-Matin). De son côté, Manuel Valls, a précisé, lors de l'université d'été du MEDEF, le 27 août dernier, que le gouvernement allait assouplir la législation concernant le travail dominical, dans la ligne des rapports remis par Jean-Paul Bailly en décembre 2013 et Gilbert Cette en avril dernier.

Face à l'égarement conjoint d'une «droite bobo» et d'une gauche libérale, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités déjà ébauchées sur mon blog, il y a un an.

D'abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l'homme qui n'est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d'intelligence et de volonté, capable de sentiments et d'affections et dont l'horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. «Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé» résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. «L'homme ne se nourrit pas seulement de pain» précise de son côté l'Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S'il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l'homme et non l'homme pour le travail. Le jour chômé vient nous le rappeler. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissement qu'il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu'a si bien analysée Max Weber dans son ouvrageL'éthique protestante ou l'esprit du capitalisme?

Ensuite, le repos dominical est une conquête des Chrétiens pour faire prévaloir la liberté religieuse et permettre la célébration de la messe dominicale. Institué par l'empereur Constantin en 321, il mit du temps à pénétrer les mœurs mais sous l'impulsion de l'Église, il s'incorpora tellement à l'organisation de notre société que la Convention ne put l'abolir lorsqu'elle institua le calendrier révolutionnaire et le culte décadaire (les decadi étant censés remplacer les dimanches). On n'efface pas d'un trait de plume plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. C'est donc tout naturellement que le calendrier grégorien fut progressivement réintroduit sous l'Empire et que la Restauration rétablit le repos dominical en 1814. En 1879, la IIIème République laïciste tentera une seconde fois d'abroger le repos dominical, dans un souci manifeste d'effacer toute référence chrétienne dans l'organisation de la société. Peine perdue, moins de 30 ans plus tard, en 1906, le repos dominical était à nouveau sanctuarisé sous l'effet conjugué des députés catholiques et des militants socialistes. Revenir sur cette disposition aujourd'hui porterait donc une atteinte grave à la liberté religieuse des Chrétiens qui n'auraient plus la faculté de pratiquer librement leur culte. On avance certes l'objection d'une libéralisation sur la base du volontariat des salariés, de sorte que personne ne soit contraint de travailler contre son gré le dimanche. Mais qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte?

Troisième vérité, le repos dominical est un équilibre tiré de l'histoire, un héritage culturel de notre civilisation chrétienne, qui permet, au-delà des convictions personnelles de chacun, le maintien de notre cohésion sociale. En effet, l'objection classique à l'argumentation tirée de la nécessité de garantir la liberté religieuse de chacun, consiste à avancer que dans une société laïque, marquée par la diversité des croyances, le repos dominical est une discrimination qui ne profiterait qu'aux seuls Chrétiens, alors que les citoyens de confession juive ne peuvent opter pour le samedi, ni les Musulmans pour le vendredi, ou les non-croyants pour le jour de leur choix. Et de proposer un système à la carte, où chacun pourrait choisir son jour chômé en fonctions de ses convictions religieuses ou de ses convenances personnelles. Mais comment ne pas voir qu'une telle réforme sonnerait le glas de notre cohésion sociale et effriterait la société en une multitude de communautarismes toujours plus revendicatifs qu'ils s'estiment minoritaires et bafoués? Il est bon et indispensable qu'une société respire à l'unisson: non l'unisson des croyances où chacun dispose de sa pleine liberté, mais la communion des rythmes, principale garantie de l'harmonie sociale. Ainsi, au-delà des convictions religieuses de chacun, le dimanche est en France le jour choisi pour faire respirer la société et respecter la nature spirituelle de l'homme, parce la France est un pays de tradition chrétienne, marqué dans son histoire, comme dans son patrimoine et ses mentalités par plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. Il est juste et bon qu'un employeur permette à ses salariés, dans la mesure des adaptations possibles, de s'absenter ponctuellement pour pratiquer le culte de leur choix (par exemple en se rendant à la Mosquée le vendredi midi). De même pour le culte juif, où la question ne se pose quasiment pas en pratique, puisque le samedi, héritage du secteur bancaire confirmé par les accords de Matignon en 1936, est chômé pour beaucoup de salariés. Mais, au-delà des convictions religieuses de chacun, il est fondamental que le dimanche reste sanctuarisé en France, il en va de notre histoire, de notre cohésion sociale, de notre culture et de notre civilisation. Derrière la volonté de remettre en cause le repos dominical, n'y a-t-il pas de la part d'une certaine élite mondialisée une indifférence voire un rejet de nos racines?

Enfin, quatrième vérité, l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie. Cet argument, brandi tant par le personnel politique boboïsé que par le MEDEF, est doublement fallacieux: il oublie d'abord que pour le salarié, l'augmentation du temps de travail peut souvent conduire à son étalement dans le temps sans création de richesse supplémentaire, et que pour le consommateur, l'ouverture des magasins le dimanche lui permet d'étaler ses achats dans le temps, sans augmentation notable de la consommation, qui est d'abord limitée par le faible pouvoir d'achat des Français. De plus, j'entends souvent les promoteurs du sabordage dominical invoquer une liberté supplémentaire pour le consommateur, mais ils oublient de rappeler que derrière celui qui peut librement faire ses courses le dimanche, il y a un ou plusieurs salariés qui n'ont peut-être pas choisi de leur plein gré d'effectuer une journée de travail supplémentaire au détriment de leur vie familiale. Si dérogations il doit y avoir, ce ne doit être qu'au cas par cas, en fonction d'une nécessité impérieuse des citoyens et non pour la satisfaction de leurs caprices. Beaucoup de dérogations existent d'ailleurs déjà et il serait dangereux de vouloir traiter un micro-problème par une législation de portée générale.

Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative. Il est aussi un frein à la fragilité narcissique de ceux qui trouvent dans les activités multiples et la frénésie de loisirs un lieu de compensation illusoire à leur vide intérieur. «L'appétit effréné de vie, qui ne donne aujourd'hui aucune paix aux hommes, finit dans le vide d'une vie perdue» affirmait le pape émérite Benoît XVI en 2007. Sans cette boussole du repos dominical, on donnerait raison à Bernanos qui prophétisait à juste titre que «la civilisation moderne […] est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure».

 
Ordonnances sur le travail du dimanche: indignation du Parti de gauche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
30-08-2014

Le Parti de gauche a reproché samedi au gouvernement de "vouloir dissoudre la démocratie" en recourant aux ordonnances sur le travail du dimanche, dans un communiqué publié sous le titre "Pire que la droite".
Le futur projet de loi sur la croissance comportera à la fois des mesures d'application directes et "des habilitations à agir par ordonnances, par exemple sur le repos dominical", a indiqué le cabinet de Manuel Valls.
"Le gouvernement de Manuel Valls s'apprête à légiférer par ordonnance sur le travail du dimanche. Même Nicolas Sarkozy n'avait pas osé", s'indigne dans le communiqué Martine Billard, secrétaire nationale du PG.
"Mais le gouvernement Valls II n'est plus sûr d'avoir une majorité au Parlement pour faire adopter ses mauvais coups. Visiblement le cours libéral de Hollande ne supporte même plus l'existence du Parlement. Mais le retour devant des électeurs qui n'ont jamais voté pour de telles orientations politiques étant trop dangereux, il préfère dissoudre la démocratie à coup d'ordonnances et pourquoi pas demain de 49-3", poursuit-elle.
"Un pouvoir qui ne tient plus que par de tels artifices constitutionnels est un pouvoir qui a perdu sa légitimité. Sa durée de vie est maintenant comptée", conclut Martine Billard.



 
La gouvernement Valls 2 veut casser le repos dominical par ordonnance Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
25-08-2014

France TV Info, 25/8

Hausse de la TVA, travail du dimanche... l'exécutif explore des pistes explosives

"Libération" révèle mardi un document selon lequel Matignon envisage plusieurs réformes qui divisent la gauche.

[...]

Le travail du dimanche

Ce qui est envisagé. D'après le document consulté par le quotidien, dans un chapitre intitulé "croissance et pouvoir d’achat", le gouvernement "envisage de libéraliser le travail du dimanche et compte s’attaquer à 'certaines mesures [sur le]marché du travail'", écrit Libération. Le journal croit savoir que le couple exécutif entend légiférer par ordonnance sur ce thème sensible.

Pourquoi ça s'annonce compliqué. Le débat n'est pas nouveau et a déjàempoisonné l'agenda du gouvernement en septembre 2013. Une mission de concertation finit par être confiée à Jean-Paul Bailly pour "examiner les faiblesses du dispositif actuel" et "éclairer les enjeux de l'ouverture de certains commerces".Ses conclusions ont été rendues le 2 décembre 2013 et, en les réceptionnant, Jean-Marc Ayrault promettait un "nouveau cadre législatif" "courant 2014", mais surtout de garder la spécificité du dimanche "qui ne doit pas devenir un jour comme les autres". 

 

 

 
Hollande travaille à l'ouverture des magasins le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
23-08-2014

Le grignotage du repos dominical continue, par ceux-là même qui avaient protesté vivement lors de la mise en application de la loi Mallié. Avec les mêmes groupes de pression en coulisse, et sur le devant de la scène, les mêmes arguments mille fois entendus.

Rappelons le tout d'abord, il a été démontré mille fois que le travail du dimanche ne crée aucune croissance, et aucun emploi. Il est même probable qu'il en détruise. Nous mettons publiquement quiconque au défi de produire une seule étude sérieuse qui démontre le contraire. 

Pour ce qui concerne le boulevard Haussmann, on connaît les noms qui sont derrière les enseignes qui y exercent leur commerce, Galeries Lafayette et Printemps,  notamment. Au nom de quoi Madame Moulin, Monsieur Pinault, ou autre magnat, pourraient-ils prétendre à une dérogation du droit en leur faveur, introduisant des conditions de concurrence déloyale envers les autres magasins du secteur, à l'instar de la concurrence déloyale déjà instaurée dans le secteur du bricolage (voir affaire Bricorama - Nous faisons notre l'injonction de JC Bourrelier, PDG de Bricorama, qui s'était exclamé "tous ouverts ou tous fermés, mais tous pareils.") ? 

Le manque de sérieux de l'arguement du ministre en charge du tourisme est effrayant : "Un touriste mécontent est un touriste qui ne reviendra pas". Au lieu de réduire la politique à des slogans marketing, que le ministre veuille bien nous donner des arguments plus solides : s'il était démontré que certains touristes était allés ailleurs dans le monde au motif que le BHV ou les galeries Lafayettes sont fermés le dimanche, combien sont-ils ? Et quelle sera la baisse de chiffre d'affaire des magasins du secteur, et, partant, le nombre de fermetures, dus à la concurrences déloyale de ces grandes enseignes ? Vraiment, l'ouverture du dimanche est-elle la seule mesure envisagée, pour maintenir notre position dans les toutes premières destination mondiales ?

Les tenants du travail dominical restent confrontés à un problème qu'ils ne peuvent résoudre : n'osant pas aborder frontalement une contestatation sociale consécutive à l'abaondon du principe, mais également pour calmer (tromper ?) les esprits, ils ont été contraints de réaffirmer que le repos dominical était un droit. Comment faire coexister ce droit avec les impératifs d'un commerce ouvert le dimanche ? C'est impossible.

La loi Mallié avait déjà introduit dans le droit un désordre que nous n'avions cessé de dénoncer à l'époque, complexifiant une loi claire et équilibrée et introduisant les germes des problèmes actuels. Cinq années plus tard, le rapport Bailly nous donne raison, qui constate que "personne ne s'y retrouve".

Mais cinq ans plus tard, au lieu de procéder à l'abrogation pure et simple de la loi Mallié, contre laquelle nous nous souvenons tous du vibrant discours de Jean-Marc Ayrault, le ministre de l'économie s'apprète à y introduire encore plus de souplesse, terme marketing qui signifie en réalité désordre, concurrence déloyale, loi illisible et complexe, et au final obligation de travailler le dimanche, à terme sans compensation.

Quelles règles du jeu pour ouvrir les magasins le dimanche ? © reuters - 2014

Doper la croissance et par tous les moyens. C'est le message que François Hollande veut faire passer à son gouvernement et au pays dans un entretien ce mercredi dans les colonnes du monde. Et le chef de l'Etat remet sur le tapis la question du travail dominical, et par conséquent de l'ouverture des magasins. 

Le président de la République précise que le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, présentera en septembre un "projet de loi sur le pouvoir d'achat" réformant les professions réglementauées et les conditions d'ouverture des magasins le dimanche.

 

Les précisions de Manuel Ruffez dans le journal de 19 heures de Patrick Boyer :

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Il déclare que la loi comprendra "des mesures de simplification des normes d'urbanisme et adaptera la réglementation sur l'ouverture des commerces".

Aller vers plus de flexibilité

Ce projet est "dans l'air" depuis de nombreux mois. Le 19 juin, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères en charge des questions du tourisme l'avait déjà évoqué très explicitement lors d'assises réussissant près de 400 professionnels : 

Le gouvernement souhaite qu'à Paris, après concertation avec les partenaires concernés, certaines zones comme le boulevard Haussmann puissent être classées "zone touristique d'affluence exceptionnelle" afin d'y permettre l'ouverture de commerces le dimanche. La même souplesse est souhaitable dans les principales gares de France.

 

L'ouverture de plus de magasins le dimanche est un sujet récurrent des professionnels du tourisme. Ils plaident pour une flexibilité dans les zones principales touristiques face à l'interdiction du travail dominical. Les syndicats défendent eux le repos dominical des salariés.


Le boulevard Haussman, quartier des grands magasins, figure parmi les zones de Paris les plus fréquentées par les touristes étrangers, apporteurs de devises. Et Laurent Fabius s'est déjà prononcé il y a quelques semaines en faveur d'une flexibilité des horaires d'ouverture le dimanche. Il reste à définir aujourd'hui les cas précis. Et c'est tout l'enjeu d'une loi. 

Concernant une ouverture des commerces le dimanche dans les gares principales de France, le ministre en charge du tourisme souligne que "l'attractivité se joue d'abord dans les aéroports, dans les gares. La logique est simple: un touriste mécontent est un touriste qui ne reviendra pas". 

Ne pas travailler le dimanche doit rester un droit

Pour la rédaction du texte, le gouvernement pourra s'appuyer sur les conclusions du rapport Bailly. Le président de la Poste signalait en introduction que le dimanche restait un  "jour différent", en précisant que "Ne pas travailler le dimanche doit rester un droit".

 

Son rapport évoquait d'abord un constat. Celui qu'aujourd'hui, personne ne s'y retrouve. La situation est illisible, et qu'elle crée des inégalités entre salariés et même entre secteur d'activité. Le rapport préconisait donc la création de zones géographiques dans lesquelles l'ouverture du dimanche serait possible.

Des droits spécifiques pour les salariés

Deux types de zones se distinguaient : les zones touristiques et les zones économiques. Et dans ces secteurs, les salariés concernés auraient des droits spécifiques comme des compensation salariales, compensation de repos, et encadrement du volontariat.


En dehors de ces zones, Jean-Paul Bailly proposait de passer de cinq dimanches d'ouverture par an à douze. C'est à dire sept accordés par les maires, cinq à la volonté des commerçants.

 

Ce rapport Bailly avait été commandé par Jean-Marc Ayrault après la fronde de plusieurs enseignes de bricolage, en tête Castorama et Leroy Merlin. Ces deux grandes surfaces spécialisées ont continué à ouvrir leur magasin le dimanche, malgré plusieurs interdiction de justice.

 

Maintenant, il faut voir comment Arnaud Montebourg, Ministre de l'Economie, va le mettre en musique puisque c'est lui qui présentera ce projet de loi. Le gouvernement devra aussi trouver des accords sociaux et mettre en place des mesures de compensation vis à vis des salariés devant travailler ces jours précis de l'année.


 
Travail dominical : La justice ordonne à un magasin de fermer le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
23-08-2014

La boulimie des intérêts commerciaux ne connaît plus de bornes : devant les appétits mercantiles des enseignes, le Sénat va carrément modifier le droit local d'Alsace-Moselle.

Ouest France Lundi 28 juillet 2014 19:15

 

La justice a ordonné lundi à un supermarché du Bas-Rhin de fermer les dimanches et les jours fériés, en mettant en avant le respect du droit local.

Le juge des référés de la chambre civile du tribunal de grande instance de Saverne (Bas-Rhin) a sommé ce supermarché de Wingen-sur-Moder (nord-ouest de Strasbourg) de fermer les dimanches et jours fériés, sous peine d'une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée.

Cette enseigne, propriété de la SAS « Carrefour Proximité France », avait été assignée par une association de commerçants locaux, le « groupement commercial du Bas-Rhin ».

Dans son délibéré, le tribunal de Saverne a aussi jugé recevable la plainte de plusieurs syndicats d'employés, qui pourront prétendre à une indemnité.

Carrefour fait appel de la décision

Le groupe Carrefour a indiqué lundi soir qu'il faisait appel de cette décision. Le géant de la distribution a souligné que « l'enseigne n'est pas l'exploitant du magasin » alsacien en question, lequel est géré par un « commerçant indépendant ».

Un droit local plus strict...

Le droit local hérité de la période d'annexion allemande (1870-1918) impose dans les deux départements alsaciens et dans celui de la Moselle un principe de fermeture le dimanche, n'autorisant des dérogations que sous conditions.Depuis l'année dernière les magasins de proximité de petite surface sont toutefois autorisés à ouvrir trois heures le dimanche matin dans le Bas-Rhin.

Ailleurs en France le principe est également celui du repos dominical, mais avec un système de dérogations bien plus large pour les commerces alimentaires.

...Qui a tendance à s'assouplir

Dans le département lorrain de la Moselle, la préfecture autorise depuis le 16 juillet les commerces d'alimentation générale d'une surface de vente inférieure à 120 m² à ouvrir les dimanches et jours fériés pendant un maximum de cinq heures le matin.

Le 19 juin, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à réformer le droit local d'Alsace-Moselle.

Ouest-France 

 

 
Mais au fait, pourquoi travaillons-nous cinq jours par semaine? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Documents
23-08-2014

Slate, 21/08/2014

La question est d'actualité avec les retours de vacances: au fait, pourquoi travaillons-nous cinq jours par semaine avant de nous reposer deux jours? The Atlantic note que la première occurrence du mot «week-end» est apparue en 1879 dans un magazine anglais, selon le dictionnaire Oxford:

«Dans le Staffordshire, si une personne quitte sa maison à la fin de la semaine de travail, le samedi après-midi, pour passer sa soirée de samedi et son dimanche avec des amis loin de chez elle, on dit alors d'elle qu'elle passe le week-end quelque part.» 

Certains Anglais passaient en effet leur dimanche à boire et jouer, si bien que le «lundi saint» est devenu le jour où ils se remettaient de leur journée arrosée. Les employeurs en ont eu assez et leur ont accordé une demi-journée le samedi après-midi pour pouvoir aller à l'Eglise le dimanche et se détendre avant.

Il a ensuite fallu quelques décennies afin que certains patrons accordent deux jours complets à leurs salariés. En 1908, une usine de Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis a été la première à le faire car les employés de confession juive travaillaient le dimanche pour rattraper le jour pris pour le shabbat. Les catholiques, offensés que certains travaillent le dimanche, s'en sont plaints. Pour contenter tout le monde, les samedi et dimanche sont devenus des jours de repos. La Grande Dépression a achevé de laisser aux travailleurs deux jours car cela permettait de créer des emplois en cette période économiquement difficile.

Si les usines de Nouvelle-Angleterre ont fait faillite, la semaine de cinq jours est toujours en place au XXIe siècle. L'économiste John Meynard Keynes prédisait pourtant en 1928 que nous ne travaillerions que 15 heures par semaine en 2028 grâce aux évolutions de la technologie.

 

 

Une des explications tient au fait que la majorité des entreprises ont adopté cette semaine de cinq jours partout dans le monde, et que les patrons rechignent à se dire qu'ils gagneraient à ne faire travailler leurs équipes que quatre jours par semaine. Au Royaume-Uni, le président de la faculté de santé publique estime pourtant que travailler cinq jours est mauvais pour la santé des travailleurs.

Larry Page, chez Google, vante lui l'idée d'une semaine écourtée. Le patron du site Basecamp l'a déjà mise en place dans son entreprise et en est enchanté«Le travail achevé en quatre jours est meilleur que celui fait en cinq.»

 
François Hollande et les ouvertures du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
22-08-2014

 |  PAR  GERARDFILOCHE

« On aura nos dimanches » (J.-J. Goldmann in album « Rouge »)

« Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-­à-­dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! » François Hollande, le 17 avril 2012 à Lille

Faire travailler des femmes pauvres et précaires le dimanche ?

 

En 2011 Xavier Bertrand et Luc Châtel ont prôné la suppression du principe de repos dominical, et Sarkozy et l’UMP ont soumis aux députés la proposition de loi Maillé qui visait déjà à remplacer la civilisation du loisir par la civilisation du caddie. Sarkozy, pour mieux déréglementer la durée du travail, s’était attaqué à nos dimanches. C’est cette loi de droite qui fut adoptée et qui réglemente le travail du dimanche et les ouvertures exceptionnelles de magasins depuis 2011.

 

Et c’est d’après cette loi et ses applications versatiles que tantôt des juges accordent des dérogations, les confirment et les infirment. Pourtant si les juges ont des doutes, ils devraient se référer aux conventions internationales que la France a signé à l’OIT : car l’Organisation internationale du travail a épinglé la France sur le travail dominical, estimant que la hausse des dérogations au repos hebdomadaire obéit à des « préoccupations économiques » sans prendre en compte l’ "impact" social pour les salariés.   La commission d’experts de l’OIT pour l’application des conventions et des recommandations « ne peut que constater l’élargissement progressif des dérogations autorisées par la législation à ce principe.

Rappelant que le travail du dimanche concernait près de 6,5 millions de salariés en 2008 selon une étude publiée en 2009 par le département statistique du ministère français de l’Emploi (Dares), les experts de l’OIT estiment des 2011 que ces données sont « loin d’être négligeables ».

Selon la commission, « ce qui reste à démontrer est l’impossibilité d’appliquer le régime normal de repos hebdomadaire qui rendrait nécessaire le recours au travail dominical ».

Ils pointent notamment le cas de l’ouverture dominical des magasins d’ameublement pour souligner que la dérogation au repos hebdomadaire « répond à des préoccupations économiques, liées à la concurrence et aux souhaits des consommateurs ».

« Les considérations sociales, quant à elles, à savoir l’impact de cette dérogation sur les travailleurs concernés et leurs familles, ne paraissent pas avoir été prises en compte ou en tout cas pas au même titre que les considérations économiques », poursuit leur rapport.

En conséquence, la commission de l’OIT « demande au gouvernement français de poursuivre l’examen avec les partenaires sociaux » de la nouvelle législation sur le travail dominical « sur le plan pratique, en tenant compte des considérations tant sociales qu’économiques ».

Le Medef et le patronat des grandes surfaces n’ont pourtant pas cesse de violer la loi et, comme depuis 20 ans, continuent de faire du lobbying pour ouvrir le dimanche… et la nuit. Et ils continuent même contre la loi Sarkozy-Maillé. Les Monop’ ou le BHV poussent pour ouvrir jusqu’à 22 h, et s’ils obtiennent satisfaction, ils pousseront pour ouvrir toute la nuit. Les chaines type Leroy Merlin contreviennent a la loi chaque dimanche depuis de longues années. Il y a va de la vie de 4 millions de salariés du commerce et assimilés.

Une nouvelle offensive, la dixième depuis 20 ans, surgit en septembre 2013 ou une chaine de parfums manipule quelques-uns de ses salariés… pour vendre du parfum la nuit ! (sic) La chaine organise une pseudo pétition de ses salariés autour d’une militante de l’UMP. Bien sur les salariés qui la signent ne VEULENT pas travailler la nuit, ils veulent la majoration de salaire accordé la nuit !

Inouï : Sephora est allé jusqu’à pousser ses salariés a « attaquer les syndicats ». qui défendaient la loi ! ET les grands médias d’enfourcher à fond le « buzz » là dessus. Hélas les salariés  ne perçoivent pas que si tous les magasins étaient ouverts la nuit, ils perdraient la modeste majoration « exceptionnelle » qui leur est donnée.

Le consentement d’un salarié à l’exploitation illégale qu’il subit ne donne aucune légitimité à cette exploitation. Le conseil d’état a toujours refusé de considérer que l’accord des salariés au travail du dimanche était un argument pour les patrons. En droit du travail le contrat se définit un » lien de subordination juridique permanent » : il n’y a pas de volontariat, c’est l’employeur seul qui décide du travail du dimanche ou de nuit, et qui verse ou pas la prime… J’ai vu des juges du tribunal d’instance de Paris qui refusaient d’entendre des salariés en audience lorsque ceux-ci étaient « cités » comme témoin par leur employeur en faveur du travail du dimanche : ils ne peuvent prêter serment car ils sont dépendants du patron.

Le Medef s’est fait le défenseur mensonger des entreprises, des salariés et des consommateurs : mais les petites entreprises n’ont pas intérêt à l’ouverture, elles périront. Les salariés n’ont pas intérêt à se faire exploiter jour et nuit et le dimanche, ils y souffriront et sans aucun avantage à la fin. Les consommateurs usagers finiront par être forcés de payer les plages d’ouverture plus longues, sans avoir davantage de sous dans leurs portefeuilles pour acheter plus.

 

C’est une forme de vandalisme social que de vouloir casser le repos dominical : celui-ci, collectif, est structurant socialement, tant pour la famille que la vie citoyenne, les loisirs, la vie associative, culturelle, sportive, etc. Le progrès véritable serait  d’imposer deux jours de repos hebdomadaires pour tous. Pas de supprimer le seul qui existe. 
Certes, dans les secteurs de la santé, des transports, de certaines industries à feu continu et commerces précis (alimentation), des activités culturelles, le travail du dimanche s’impose. Mais la volonté doit être de limiter et non d’étendre ces cas. Pourquoi achèterait-on des fringues, des meubles ou autres produits non urgents le dimanche alors qu’on pourrait le faire le vendredi ou le lundi si les durées du travail réelles se rapprochaient vraiment des 35 h ?

Ce seront des femmes pauvres et précaires qui finiront par travailler le dimanche. et quelques étudiants désargentés. En aucun cas il ne s’agira de « volontaires ». On nous raconte des craques : le « volontariat » n’existe pas en droit du travail : seul le patron décide, jamais le salarié qui est « subordonné ».

Certains patrons ouvrent déjà, dit-on. Mais ce sont des contrevenants ! Sur environ 700 000 commerces, il y aurait 22 000 ouvertures autorisées, et quelques milliers de plus en fraude. Ceux-ci ne peuvent se prévaloir de leur turpitude et doivent être sanctionnés. Actuellement  5 % des Français travaillent régulièrement le dimanche, et 20 % épisodiquement. Le système actuel oscille de façon équilibrée entre fermeté (interdiction) et souplesse (dérogations contrôlées).

L’offensive de la droite pour forcer au travail le dimanche s’appuie sur des « promesses » de compensation salariale. Certes, les salaires sont beaucoup trop bas et il faut les augmenter : mais pas en dégradant les conditions de repos.

Ceux des salariés qui réclament de « généraliser le travail le dimanche » ne comprennent pas que leur majoration (d’ailleurs souvent limitée à 30 % parfois 50 % très rarement 100 %) est due au caractère exceptionnel de l’ouverture, mais qu’elle sera remise en cause s’il y a généralisation.

On nous dit que c’est pour stimuler le commerce : c’est stupide, cela fera disparaître des emplois. Le pouvoir d’achat n’étant pas extensible, ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas les autres jours. Seules les grandes surfaces tireront leur épingle du jeu. Il a été calculé que les petits commerces y perdraient 30 000 emplois (c’est ainsi que toutes les associations de petits commerçants sont CONTRE la généralisation de l’ouverture le dimanche). Les embauches qui auront lieu le dimanche se traduiront par des réductions d’effectifs le lundi et les autres  jours…

Les sondages sérieux sont clairs : bon an mal an 85 % des Français se prononcent CONTRE le fait de travailler eux-mêmes le dimanche. Infirmières ou traminots souffrent déjà pour obtenir dans les plannings surchargés, une fois toutes les 5 ou 6 semaines, un dimanche en famille…  Pourquoi faire subir cela aux autres, quand ce n’est pas nécessaire ? Défendons le droit au repos dominical adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 1906. Mieux : revendiquons le rétablissement de la semaine de cinq  jours, avec deux jours de repos consécutifs légaux pour tous. On travaillera mieux… pour travailler tous.

Alors comment comprendre que François Hollande re ouvre la question ?  Qu'il lui soit rappelé les positions répétées sur ce sujet du parti qu'il dirigeait, constamment opposées aux ouvertures des commerces le dimanche. Qu'il lui soit projeté le "clip" du groupe parlementaire PS qui brocardait les ouvertures non nécessaires du dimanche. Qu'il lui soit mis en evidence les arguments qui depuis 20 ans dans toute la gauche, contredisent la bataille du Medef pour mettre fin au repos dominical.

Gérard Filoche

 
François : pas de travail le dimanche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-07-2014

2014-07-05 Radio Vatican

(RV) Un pacte pour le travail : c'est le souhait exprimé par le Pape François lors de son premier rendez-vous à Campobasso, chef-lieu de la région du Molise, dans le centre-sud de l'Italie. Lors d'une rencontre avec le monde du travail au sein de l'université régionale, il s'est adressé aux travailleurs et aux entrepreneurs de cette région pour leur exprimer sa proximité par rapport « au drame du chômage »« Tant de postes de travail pourraient être récupérés grâce à une stratégie mise en place avec les autorités nationales qui sache cueillir les opportunités offertes par les normes nationales et européennes. » Et d'encourager son public à aller de l'avant.
« C'est un des plus grands défis de notre époque : se convertir à un développement qui sache respecter la création ». Le Pape François a ainsi résumé l'importance qu'il y avait à promouvoir la formation des jeunes afin de « répondre aux nouvelles questions complexes que la crise économique actuelle pose, sur le plan local, national et international ».
Autre défi du monde du travail : « concilier le temps de travail avec le temps passé avec la famille »« C'est un point qui permet de discerner, d'évaluer la qualité humaine du système économique dans lequel nous nous trouvons » a-t-il ajouté.
Le Pape en profite pour revenir sur le thème du travail dominical, « qui n'intéresse pas seulement les croyants mais qui intéressent tout le monde comme choix éthique »« Le dimanche sans travail affirme que l'économie n'a pas la priorité sur l'humain, sur la gratuité et sur les relations non commerciales, sur les relations familiales et amicales, et, pour les croyants, sur la relation avec Dieu et avec la communauté ». Et de poser cette question : « travailler le dimanche est-ce une vraie liberté ? ».

 
Le bonheur appartient… à ceux qui ne travaillent pas le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
20-07-2014

Slate.fr   Malik Bozzo-Rey et Xavier Landes Economie mis à jour le 20.07.2014 à 9 h 58

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Les défenseurs du travail dominical s'appuient généralement sur l'argument du choix individuel et du bonheur engendré par le fait de gagner plus. Une analyse qui néglige le fait que nos choix ne sont pas forcément rationnels.

Il y a quelques semaines, l'un d'entre nous publiait une tribune sur l'importance de prendre au sérieux la recherche sur le bonheur pour de multiples raisons. Parmi les domaines dans lesquels une telle recherche peut compter, il y a le travail dominical, sujet éminemment sensible en France.

Il y a quelques mois, les actions en justice de Leroy Merlin et Castorama ont ravivé ce débat qui couve depuis des années. Partisans et opposants de l'ouverture dominicale se sont affrontés et il est à parier qu'ils s'affronteront encore. Quoi qu'il en soit, nous pensons que la recherche sur le bonheur soulève en la matière des questions essentielles qui sont trop souvent négligées.

En général, les défenseurs du travail dominical s'appuient sur deux arguments.

Le premier énonce que travailler le dimanche devrait être autorisé car il exprimerait un choix individuel, une liberté fondamentale qui ne saurait être remise en cause. Le fait de travailler le dimanche devrait donc relever de relations libres entre agents au sein d'un environnement compétitif -le marché du travail.

Le second affirme que le travail supplémentaire rendrait les employés plus heureux. En permettant à ces derniers de «gagner plus», il les rendrait plus satisfaits, c'est-à-dire, en simplifiant, «plus heureux». Nous voyons donc que les arguments s'appuient sur deux éléments: la liberté et le bonheur.

Gagner plus ne rend pas forcément plus heureux

Concentrons-nous sur l'argument qui énonce que travailler le dimanche rend les gens plus heureux, car cela leur procure un revenu supplémentaire (en supposant que ce soit le cas) -ce qui semble d'ailleurs être une source de motivation suffisante, selon une enquête BVA d'octobre 2013.

À y regarder de plus près, un tel argument ne tient pas la route parce qu'il assimile de manière abusive accroissement des revenus et augmentation du bonheur. Or, cette affirmation est démentie par les études sur le bonheur.

Celles-ci démontrent en effet deux choses. D'une part, le surtravail représente une source majeure d'insatisfaction pour les employés (avec d'autres activités telles que les trajets maison-travail). D'autre part, les gains de revenus dus au surcroît de travail ne rendent pas forcément les gens plus heureux.

Au contraire, de nombreuses enquêtes (par exemple celle menée par le CEPS de l'Université de Princeton en 2006 [1]) ont démontré que de tels gains ne procurent qu'un accroissement de satisfaction marginal -voire inexistant- au-delà d'une certaine somme. Gagner plus d'argent ne rend pas nécessairement plus heureux.

Une grande capacité à nous tromper

Mais alors, pourquoi continuerions-nous à prendre des décisions et à agir comme si gagner plus allait augmenter notre bonheur? Une réponse est offerte par l'économie comportementale et la psychologie qui insistent sur la place des biais cognitifs, des «erreurs de jugement», dans nos prises de décision. En l'occurrence, les travaux de Daniel Kahnemanet Daniel Gilbert montrent que nous avons une grande capacité à nous tromper sur ce que nous souhaitons et sur ce qui nous rendra heureux.

Dans un tel contexte, nous voulons «travailler plus», dimanche inclus, car nous sommes persuadés que plus de revenus se traduira par plus de bien-être et donc plus de bonheur. Ce qui est en général faux, surtout dans les cas où les revenus supplémentaires se «paient» d'une présence accrue au travail. En effet, l'excédent engrangé à la suite d'une activité rémunérée plus longue ne compense en général pas la perte de bonheur associé au fait de passer plus de temps avec nos amis ou notre famille.

Ensuite, l'une des découvertes les plus fondamentales de la recherche sur le bonheur tient à l'adaptation dite «hédonique». De nombreuses recherches (comme celles de Tania Burchardt) montrent que les individus finissent par s'adapter aux accroissements successifs de leurs revenus, passé un certain seuil (qui correspond à la couverture des besoins de base). En d'autres termes, plusieurs mois (parfois quelques années) après un gain de revenu, la satisfaction individuelle retrouve son niveau d'avant gain.

Une explication possible concerne la compétition pour le statut que les individus se livrent.Une grande partie de la pression à consommer, et donc à gagner plus, provient de cette compétition dite «distinctive» ou «ostentatoire». Les individus tentent d'obtenir la reconnaissance de leur statut social au travers de ce qu'ils consomment (censé signaler ce qu'ils gagnent): j'agis en fonction d'un bénéfice espéré qui est l'évolution positive de ma place dans le contexte compétitif qu'est le monde du travail et, plus généralement, au sein de mes cercles de relations. Mais si tout le monde travaille et donc consomme plus, les gains individuels à long terme sont nuls puisque tout le monde adoptant la stratégie, l'avantage compétitif est annulé.

Garde-fou contre des erreurs

Par conséquent, que l'on se réfère aux enquêtes sur le bonheur ou aux travaux sur les biais cognitifs, travailler le dimanche n'engendrera pas, en règle générale, le gain ou l'augmentation de bonheur promis et attendu.

L'interdiction de travailler le dimanche ne doit alors plus être considérée comme une interférence abusive de l'État dans les choix individuels, mais comme un garde-fou contre des biais cognitifs qui menacent le bonheur individuel et collectif, contre la capacité que nous avons à nous tromper avec persistance pour notre plus grand malheur. Dans les faits, en supprimant l'option du travail le dimanche, l'État s'assure que les individus n'iront pas trop loin, portés par leur désir de distinction. Le raisonnement est exactement le même en ce qui concerne l'encadrement des heures supplémentaires.

Dès lors, les récents débats sur la régulation du travail le dimanche oublient de mentionner cette dimension essentielle du rôle de l'État: altérer le contexte dans lequel les individus font des choix afin de bloquer des options qui pourraient s'avérer désastreuses pour le plus grand nombre. Il s'agit du même argument pour la détermination d'un montant d'heures légal, l'interdiction de travailler dans des conditions trop dangereuses (même pour un salaire très élevé) et ainsi de suite. En agissant de la sorte, l'État garantit aux individus un contexte de choix caractérisé par des options qui ne conduiront pas à une compétition dommageable pour le bonheur des personnes concernées et, in fine, du plus grand nombre.

Nécessité matérielle

Au final, on pourrait toujours rétorquer que travailler le dimanche ne doit pas se juger en fonction du bonheur ou de la satisfaction que cela apporte, mais en fonction de la nécessité dans laquelle se trouvent de nombreux individus de travailler un jour supplémentaire (parfois mieux rémunéré que la normale).

Mais dans ce cas, il est pour le moins bizarre de considérer que travailler le dimanche est l'expression de la liberté des individus alors que, précisément, le travail dominical s'explique par la nécessité matérielle dans laquelle se trouve le travailleur. Il n'est pas possible d'affirmer en même temps que l'on travaille le dimanche par choix et par nécessité: il faut choisir. Étrangement, personne ne se prononce sur ce point.

En conclusion, il est loin d'être évident que l'autorisation du travail dominical puisse se justifier par le bien-être des travailleurs. Travailler le dimanche (et gagner plus) ne rend pas plus heureux. C'est d'ailleurs souvent un choix fait sous contrainte et donc à mille lieues d'une décision libre.

C'est pourquoi nous pensons qu'il serait peut-être bon de se questionner sur les vraies raisons qui poussent certains à accepter de travailler le dimanche et d'autres à exiger de laisser les commerces ouverts sept jours sur sept. Enfin, la question du travail dominical démontre que la recherche sur le bonheur est riche en enseignements.

1 - Les auteurs de cette étude incluent Daniel Kahneman, psychologue, prix Nobel d'économie en 2002, et Alan Krueger, économiste, ancien assistant secrétaire du trésor américain sous la première administration Obama. Retourner à l'article

Malik Bozzo-Rey et Xavier Landes

 
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Le travail du dimanche en question :
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