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Pétition pour le dimanche

Plus de 100.000 personnes protestent contre la banalisation du travail du dimanche, via la pétition proposée par le CAD. Plus de 780 pages de témoignages. Député-e-s, écoutez la France qui bosse.

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La tribune du CAD

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le CAD a combattu, autant que ses moyens le lui permettent, un projet reniant orthogonalement la parole du Président de la République ainsi que du Parti Socialiste, et poursuivant scrupuleusement le travail de déconstruction sociale engagé sous la législature précédente. Collectif citoyen, le CAD est atterré de cette démonétarisation de la parole politique, qui a fait dans l'histoire le lit de tous les extrêmes.

Au lieu de songer aux mesures propres à endiguer la production d'environ 30.000 nouveaux chômeurs par mois, propres à inverser la courbe du chômage, le ministre de l'Economie a choisi de rester crispé sur un catalogue de mesures disparates, sans autres conséquences qu'un recul social en matière de droit du travail, et tellement peu crédible globalement qu'il a dû être imposé par la violence d'un article 49.3.

Même si nous saluons son engagement personnel, M. Macron est resté inflexible face à sa propre majorité. Inflexible face aux courants réalistes du PS. Inflexible face à la Mairie de Paris. Mais surtout inflexible face aux salariés dont 82% de ceux qui travaillent le dimanche disent qu'ils le vivent comme une contrainte, et qui pour 40%, de ce fait, sont confrontés à des difficultés de couple ou de famille (rapport Reynié 2009).

Le Ministre de l'Economie n'a pas craint, empruntant à M.Attali, pourtant non-élu, de mélanger de idées inabouties, sans rapport entre elles et ne dépendant même pas toutes de son ministère, pour les faire discuter dans des séances marathon, et les imposer à un Parlement sous saturation. En matière commerciale, cela s'appelle de la vente forcée. C'est illégal.

En matière d'emploi, le CAD avait publiquement défié M. Macron, ainsi que M. Gattaz, de démontrer que la dérégulation dominical créait UN SEUL emploi net : ce défi n'a jamais été relevé.

La grande distribution a déjà prévenu que la dérégulation du dimanche ne créant aucune croissance, elle n'entendait créer aucun emploi. Les grands magasins du boulevard Haussmann, dont la hausse de chiffre d'affaire est estimée à 10%, pourraient au mieux créer 2000 emplois. Mais combien de boutiques devront fermer, du fait de cette concurrence déloyale ? Combien d'autres vont devoir fermer aux Halles, sur lequel Unibail-Rodamco, par la voix de son PDG, réclame déjà la création d'une ZTI ?

Le CAD ne peut que prendre acte de cette nouvelle marche, forcée, vers l'établissement d'un monde toujours plus marchandisé, expression ultime des courants de pensée ultra-libéraux, et de politiques coupés du Peuple.

Mais pour sa part, le CAD continuera à défendre avec détermination, et avec tous les français de bonne volonté, cette liberté dominicale et sociale qu'est le repos hebdomadaire.

 Paris, le 17 février 2015 à 17:15. 

Jean DIONNOT, Président
Hélène BODENEZ, Vice président
Etienne NEUVILLE, Secrétaire Général 

 

 

Dimanche : pas avant 2016 à Haussmann Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Les Dossiers - Dimanche à Paris

Promulgation de la loi, décrets, accord social: le chemin reste long avant que les grands magasins n’ouvrent tous les dimanches.
Quand le Printemps et les Galeries Lafayette pourront-ils ouvrir tous les dimanches boulevard Haussmann à Paris? Alors que la loi Macron est votée solennellement ce mardi à l’Assemblée nationale, la question est d’importance. Car l’ouverture dominicale des grands magasins est devenue le marqueur de la volonté de réforme affichée par le ministre de l’Economie. Et pour les grands groupes de distribution, ce sera bien là l’une des rares avancées d’un texte qui est « loin d’encourager l’activité », comme le dit un représentant.
Du côté des enseignes de grands magasins, la mise en œuvre concrète des nouvelles dispositions sur le travail dominical ne devrait pas intervenir avant le début 2016. « Nous espérions commencer à ouvrir tous les dimanches cet été, mais cela semble impossible désormais » constate Claude Boulle, président de l’Union du commerce de centre-ville. L’été, c’est-à-dire juillet et août, qui constituent dorénavant le pic de ventes, avant Noël, pour les Galeries Lafayette Haussmann, en raison de la fréquentation des touristes.
 
Si le cap est désormais mis sur le début 2016, c’est tout simplement parce que la loi Macron doit finir d’être examinée par le Sénat dont les travaux seront entrecoupés par les élections départementales fin mars. Selon toute vraisemblance, la loi ne pourra être promulguée avant cet été. Suivront les décrets d’application et l’arrêté donnant les critères de délimitation des zones touristiques internationales dans l’une desquelles s’insérera le boulevard Haussmann. Au ministère de l’Economie, on rappelle qu’Emmanuel Macron s’est engagé à ce que tous les décrets soient publiés avant la fin de l’année. Il faudra ensuite, même s’il ne sera pas nécessaire d’aboutir à un avis conforme, mener une concertation avec la ville de Paris sur la délimitation des zones internationales et leur complémentarité avec les zones touristiques « simples » qui demeurent, elles, du ressort de la mairie.
 
Restera alors aux grands magasins à trouver un accord social avec leurs représentants du personnel. Un véritable chemin de croix compte tenu du fait que la CGT et la CFDT sont majoritaires et membres du Clic-P, qui combat l’extension des horaires d’ouverture le dimanche et en soirée. « Il existe des moyens de surmonter les blocages » estime un connaisseur du dossier. Les syndicats se trouveront sous la pression croisée des employeurs et des politiques qui souhaitent voir l’ouverture dominicale se concrétiser. Mais encore faut-il parvenir à un accord. Au final, le début 2016 apparaît comme un horizon possible, mais pas forcément facile à atteindre.
De leur côtés, les distributeurs alimentaires pourront continuer à ouvrir le dimanche jusqu’à 13 heures comme la loi l’autorise depuis presque cent ans. Mais ils devront payer leur personnel ce jour là 30 % de plus. « Même le rapport Bailly jugeait que c’était inutile » regrette Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution.
 
Travail du dimanche : la dictature du tout-économique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La PPL Mallié, version 4 - Projet Macron

Pas facile, de s'appeler Sens Commun et de faire partie de l'UMP, le parti qui a initié contre vents et marées, le travail de M. Macron ! 

Sens Commun, 17/2

La loi Macron, qui doit être votée ce mardi dans son ensemble (après le vote de plusieurs de ses volets ce weekend), prévoit notamment l’assouplissement du travail en soirée et le dimanche avec :
  • ouverture 5 dimanches par an des commerces sans autorisation, 12 avec autorisation,
  • ouverture des magasins jusqu’à minuit en zone touristique,
  • versement par le commerce d’une compensation salariale en cas de travail du dimanche.
 
Le souhait d’apporter plus de flexibilité au sein de l’économie et en soutien à nos entreprises est louable. Mais beaucoup d’économistes sont très réservés sur les bénéfices réels d’une telle réforme et les conclusions des rares études d’impact menées sont divergentes, ce qui aurait dû inciter à la prudence.

Même en imaginant un effet économique positif, ne se fera-t-il pas principalement aux dépens du petit commerce ? Certes, l’ouverture le dimanche restera une option et non une obligation. Mais, concurrence oblige, tous les magasins préfèreront ouvrir de peur de voir leur clientèle aller ailleurs. La loi Macron aura un impact restreint sur la structure de charges des grandes enseignes parce qu’elles seront capables de lisser ces heures de travail supplémentaires sur l’ensemble des salariés. Les petits commerces en revanche, faute de pouvoir faire travailler leurs quelques salariés 7 jours sur 7 – ce qui est heureusement interdit –, seront contraints d’embaucher une personne supplémentaire, ce qui pèsera lourdement sur leur équilibre financier. L’emploi sera donc créé de manière artificielle chez les petits commerçants qui devront étaler leur activité sur 7 jours au lieu de le faire sur 6. Cette loi favorisera donc quasi exclusivement les grandes enseignes.
 
Aux considérations économiques s’ajoutent les problématiques sociales. Les salariés du commerce sont en majorité des femmes vivant en grande banlieue et qui devront alors aménager avec difficulté un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Le volontariat finira par se transformer en obligation à travers de fortes incitations ou des discriminations à l’embauche. Les enfants et les couples seront les premiers pénalisés : à l’heure où la cellule familiale est fragilisée, où les rythmes de vie s’accélèrent, les dimanches ne seront plus ce moment où l’activité ralentit et où la vie familiale peut se consolider.

En fait, cette loi est emblématique d’une tendance à l’ultra-libéralisme qui met au centre non pas l’Homme mais le profit supposé. Sur le fond, elle ne changera peut-être pas les choses de façon drastique, peut-être même aura-t-elle quelques effets bénéfiques, mais elle consacre d’ores et déjà le principe selon lequel l’activité commerciale est plus importante que le reste et doit pouvoir fonctionner non-stop, sans exception.

Cette idéologie, cette vision de la société pose la question de la France que nous voulons. À Sens Commun, nous défendons une économie au service de l’Homme et non de l’Homme au service de l’économie. C’est pourquoi nous dénonçons, à l’instar de nombreux citoyens français et hommes politiques de droite comme de gauche, le vote de ces mesures sur le travail du dimanche. Il n’y a pas de travail épanouissant et pas d’équilibre familial sans préservation d’un espace de repos.

Il existe d’autres moyens de favoriser l’activité et la croissance. De nombreux outils pourraient plus utilement remplir ce rôle d’assouplissement de notre économie : flexibilité du temps de travail, défiscalisation des heures supplémentaires… Pourquoi choisir de tout sacrifier à l’économie ?
 
Loi Macron : qui votera pour, qui votera contre ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La PPL Mallié, version 4 - Projet Macron

 


Les députés se prononceront dès 16h15 sur le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques.

Pendant trois semaines, les députés ont discuté et amendé les quelque 200 articles de laloi MacronMardi, l’Assemblée se prononcera sur le texte par un scrutin public, qui pourrait être serré.

Les 196 heures de débats ont-elles fait évoluer les positions ? Qui votera pour le texte ? Qui s’abstiendra ? Qui votera contre ?

A quelques heures du scrutin, LCP.fr dresse un état des lieux.

Le PS divisé

Manuel Valls a été clair. Lundi matin, le Premier ministre a mis la pression sur les députés socialistes tentés de ne pas voter le texte : "Quand on est parlementaire de la majorité (…) on s’abstiendrait ? On voterait contre ce texte ? Non. Moi, j’en appelle à la responsabilité de chacun. Les postures, c’est fini, maintenant, on vote le texte ! "

Un message adressé notamment à Benoît Hamon, qui avait annoncé la veille qu’ilvotera contre le texte. Interrogés par LCP.fr, Christian Paul et Laurent Baumel, les chefs de file des députés frondeurs socialistes, ont annoncé qu’ils allaient en faire de même.

En tout, "plusieurs dizaines" de socialistes s’apprêtent à voter contre le projet de loi, estime Christian Paul. L’élu refuse de donner un chiffre précis mais rappelle que les amendements de suppression des articles 80 (travail du dimanche) et 101 (plans de sauvegarde de l’emploi) ont été signés par 50 à 60 députés PS. "Chacun votera en son âme et conscience", conclut le socialiste.

La plupart des autres frondeurs interrogés assurent ne pas avoir encore pris leur décision. Seul Philippe Noguès, le député du Morbihan, déclare qu’il votera contre. Dimanche, sur Twitter, Pouria Amirshahi, le député des Français de l’étranger, avait fait la même annonce.

Denys Robiliard, un autre frondeur, votera quant à lui pour le texte. Et pour cause… L’élu socialiste du Loir-et-Cher est l’un des rapporteurs du projet de loi. Il assure néanmoins que s’agissant de l’issue du scrutin, rien "n’est joué d’avance".

Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée, ne semble pas inquiet. Samedi, il déclarait au micro de LCP que le projet de loi est "un bon texte" qui "recueillera une majorité".

Les trois députés chevènementistes voteront contre

Jean-Luc Laurent, Marie-Françoise Bechtel et Christian Hutin, les trois députés chevènementistes - qui siègent avec le groupe socialiste - voteront pour leur part contre le texte->http://www.lcp.fr/actualites/politi…].

UMP : un vote contre… à quelques exceptions près

Sur instruction de Nicolas Sarkozy, une très large majorité de députés UMP voteront contre le texte. Parmi eux, il y aura Benoist Apparu, l’élu de la Marne qui a pourtant longtemps hésité.

A ce stade, au moins trois députés UMP voteront pour le texte : Hervé Mariton, qui avait été l’un des premiers à sortir du bois, Frédéric Lefebvre, qui a réitéré ce week-end sur Twitter sa promesse de le faire et Olivier Carré. L’élu du Loiret estime que "ce n’est pas le grand soir, mais le projet de loi Macron fait avancer les choses".

Pas de consigne de vote à l’UDI

Comme l’a révélé LCP.fr, les députés UDI seront "libres de leur vote". A titre personnel, leur chef de file à l’Assemblée, Philippe Vigier, s’abstiendra. Idem pour son collègue Francis Vercamer.

En revanche, Jean-Christophe Fromantin, l’élu des Hauts-de-Seine et Meyer Habib, le député des Français de l’étranger, voteront pour. "Il y aura une dizaine de votes contre et 13 ou 14 abstentions", estime par ailleurs Philippe Vigier.

Le Front de gauche votera contre

André Chassaigne, le président du groupe GDR à l’Assemblée, a été l’un des orateurs les plus virulents au texte lors de son examen en séance publique. L’élu du Puy-de-Dôme avait annoncé il y a plusieurs semaines que les élus du Front de gauche voteraient contre la "bombe à Macron".

Les écologistes dans le brouillard

Cécile Duflot avait décidé de "mettre en échec" la loi Macron. Seulement, François de Rugy, le co-président du groupe écologiste à l’Assemblée, ne voit pas les choses du même œil. Après l’examen du texte en commission spéciale, il assurait que son groupe pourrait s’abstenir en cas d’évolution favorable lors de son passage dans l’hémicycle.

La position des écologistes sera donc formellement arrêtée mardi matin, lors de leur réunion de groupe. Eric Alauzet, le député du Doubs, assurait dans la nuit de samedi à dimanche, au micro de LCP, que les votes de ses collègues "se partageront entre le contre et l’abstention".

Les radicaux de gauche voteront pour

Alain Tourret, l’un des rapporteurs du texte, l’avait promis : les députés RRDP voteront pour le projet de loi.

Via un communiqué publié sur le site du Parti radical de Gauche, Joël Giraud, l’élu des Hautes-Alpes, a réaffirmé que les députés radicaux de gauche restaient "solidaires du gouvernement". 

 
Le député HILLMEYER s'engage pour le dimanche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les POUR
From: "Francis Hillmeyer" < Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
To: <pierre.d***@free.fr> 
Sent: Saturday, February 07, 2015 2:49 PM 
Bonjour, 
Je me suis toujours opposé au travail dominical. 
Bien amicalement, 
Francis HILLMEYER 
Député du Haut-Rhin 

 
Le député REITZER s'engage pour le dimanche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les POUR
From: "Jean-Luc Reitzer" < Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
To: "pierre d***" 
Sent: Monday, February 09, 2015 10:01 AM 
Subject: RE:Menace sur le repos dominical 
Bonjour, 
Le Député a bien pris connaissance de votre message et vous remercie. 
Il tient à vous dire qu'il partage totalement votre position. 
Bien cordialement 
Le cabinet parlementaire 

 
Benoit Hamon écrit au CAD Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La PPL Mallié, version 4 - Projet Macron
Monsieur le Président, Madame La Vice-présidente , Monsieur le Secrétaire Général,

La loi croissance et activité, plus communément baptisée du nom de son auteur, loi Macron, propose une série de modifications législatives aussi disparates que la libéralisation du transport par autocar, une réforme du permis de conduire, la privatisation des aéroports de Nice et Lyon, l’ouverture du capital du LFB , le laboratoire qui commercialise les médicaments dérivés du sang, la liberté d’installation pour les notaires et les huissiers de justice ou l’extension des exceptions au repos dominical. Pris séparément, chacun des 200 articles très différents de ce projet de loi, équivaut à une mini loi qui explique les débats approfondis, parfois vifs qui entourent ce texte.

Ce projet a déjà beaucoup évolué grâce au travail parlementaire. Sur le travail le dimanche, il faut saluer les avancées enregistrées par le rapporteur du texte le député Stéphane Travert qui a obtenu le principe de garanties salariales pour tous et l’application du principe « pas d’ouverture sans accord social préalable ». Ces avancées sont positives mais ne suffisent pas à lever mon opposition personnelle à l’extension des exceptions au repos dominical.

Le repos dominical est un acquis fondamental. Il repose sur le principe selon lequel nos compatriotes ont un droit garanti à disposer d’un jour, le dimanche, pour faire autre chose, que produire, travailler, consommer, acheter ou vendre. Bien sûr, des exceptions existent. Mais pour l’essentiel, ces activités relèvent de la continuité indispensable du service public (hôpital, police) ou d’activités marchandes destinées aux loisirs ou à la restauration. Ce droit au repos dominical vise à permettre aux français de faire société, de faire famille, de se retrouver.

Je considère donc que l’extension du travail le dimanche est une triple erreur : économique, sociale et sociétale. 

Erreur économique, d’abord, car le bonus en croissance et en emplois est insignifiant. Aucune étude d’impact n’est en mesure de prouver que les emplois créés dans les grands magasins le dimanche ne seront pas compensés par les destructions d’emplois dans les commerces de centre-ville. Ceci s’explique parfaitement par le fait qu’à pouvoir d’achat identique, les sommes dépensées le dimanche par les français ne le seront plus en semaine. L’hypothèse la plus vraisemblable est l’accélération de transferts de chiffre d’affaire des commerces de proximité vers les grands magasins.

Erreur sociale, ensuite, car on ne peut pas défendre sérieusement l’idée que ceux qui travaillent le dimanche le choisissent majoritairement par préférence pour cette organisation de travail. Les salariés du dimanche se recrutent principalement chez les mères célibataires et les étudiants. C’est par nécessité que ces français travaillent le dimanche. Ainsi, plutôt que de combattre la précarité qui conduit une femme seule à travailler le dimanche quand son enfant est à la maison et à se reposer le lundi quand celui-ci est à l’école, on préfère étendre les exceptions au repos dominical. La situation des étudiants salariés n’est pas meilleure. Les étudiants qui doivent travailler pour se payer leurs études sont ceux qui échouent le plus aux examens. Le travail est dans ce cas un obstacle à la réussite dans l’enseignement supérieur. Le travail le dimanche n’est donc pas « une chance » pour ces étudiants qui réussiraient mieux à l’université si notre politique de bourses, de prêts et de logements étudiants était plus ambitieuse. J’ajoute enfin que plus les salariés qui travaillent le dimanche seront nombreux, moins les avantages qu’ils en tirent seront significatifs.  Ce qui est rare est cher. Moins le travail le dimanche sera rare, moins il sera bien rémunéré.

Erreur sociétale, enfin, car nous accompagnons la transformation de notre société dans la spirale d’une marchandisation toujours plus intense. Nos enfants sont,  dès leur plus jeune âge, des acheteurs compulsifs, cibles de centaines de messages publicitaires, que les parents et les enseignants doivent parfois “désintoxiquer”. On reproche parfois aux Français de consommer de l’hôpital, voire de l’école. La société de consommation s’est immiscée partout dans nos vies. Bien sûr, il faut protéger le consommateur et renforcer ses droits. Mais nous sommes aussi citoyens, parents, bénévoles et notre épanouissement ne passe pas seulement par la construction de nouveaux temples de la consommation ouverts 7 jours sur 7. Je vois là une forme de régression culturelle qui m’inquiète.

Pour ces trois raisons, je voterai l’amendement que j’ai déposé avec plusieurs députés, qui propose de supprimer les articles sur l’extension du travail le dimanche. 

Veuillez agréer, Madame, Messieurs, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Monsieur Benoît HAMON
Député des Yvelines
Membre de la Commission des Affaires étrangères

126 rue de l’Université
75007 PARIS

 
GB - En dépit de l'ouverture du dimanche, Tesco annonce 43 fermetures et 1000 suppressions d'emplois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
Tesco, le leader de la grande distribution annonce la fermeture de 43 de ses supermarchés et le renoncement à 49 projets d'ouverture.

Depuis de très nombreuses années, cette grande chaîne de distribution a pratiqué l'ouverture complète le dimanche, mais aussi, pour certains de ses magasins, l'ouverture 24h/24h.

Ses pratiques de développement agressives (Tesco a fait le vide des petits commerces de proximité dans sa zone de chalandise), jumelées à l'habilité de ses conseillers fiscaux qui ont habilement utilisé toutes les ressources de l'optimalisation fiscale  "légale", n'ont pas empêché cette catastrophe économique.

La loi Macron qui sera soumise au vote mardi, va permettre à nos grands groupe de la distribution, de marcher sur les traces de la distribution britannique, dans le sens d'une libéralisation de l'ouverture le dimanche. Il aurait été intéressant de considérer l'exemple britannique, ses répercussion sur les commerces de proximité (fermetures et suppressions d'emplois), son impact réel sur la création de postes (la Grande Bretagne a même introduit le fameux contrat 0 heures, utilisé par Tesco).

Ce débat sur le travail du dimanche aura été cocasse (Sic). Au moins, il m'aura permis d'entendre ce lundi 16 février au matin dans le 7/9 de France Inter la députée PS Mme. Colette Capdevielle, dans son plaidoyer (c'est une avocate) en faveur de l'ouverture le dimanche. Au nom de la liberté, elle se refusait à se voir imposer de profiter spécifiquement du dimanche pour les activités de loisir, de distraction, associatives....La question ne se pose pas uniquement en ces termes, si le jeudi, le vendredi ou le samedi avaient été protégés jusqu'ici, il y aurait toujours eu quelques intérêts particuliers pour remettre en cause cette digue.
 
Nous avons aussi eu droit à monsieur Bruno Le Maire (UMP), qui lui au contraire s'opposait à la loi Macron, au prétexte que celle-ci ne garantissait pas de compensation suffisante pour les salariés.... Visiblement, pris d'un coup de fatigue, pas encore bien réveillé à cette heure, il oubliait complètement que la loi votée, en son temps par le gouvernement de monsieur Sarkosy, qu'il avait soutenu, était à l'origine du vote de la loi Mallié (10 août 2009), qui permettait justement dans certaines zones, de faire travailler les salariés le dimanche, sans imposer de compensation salariale.

Alors encore merci à monsieur Macron, pour ces opportunités.
Respectueusement.
François Rault

Sources :

suppressions d'emplois
http://www.ouest-france.fr/royaume-uni-tesco-pourrait-supprimer-10000-postes-3193858

fermeture de 43 de ses supermarchés et le renoncement à 49 projets d'ouverture
http://www.theguardian.com/business/2015/feb/15/tesco-supermarket-plans-management-cull-
http://www.theguardian.com/business/2015/feb/03/betrayed-by-tesco-kirkby-bridgwater-wolverhampton-let-down-by-supermarket-regeneration

Evasion fiscale
http://taxjustice.blogspot.fr/2008/02/tescos-tax-tricks.html
http://taxjustice.blogspot.fr/2010/04/tesco-at-it-again.html

Ouvertures de nuit 7j/7 (dont le dimanche)
http://www.travail-dimanche.com/expertises-tudes-r-flexions/tesco-ouvert-la-nuit-et-24-heures-24-un-exemple-suivre.html 

Le contrat 0 heures "zero hour contract"
http://en.wikipedia.org/wiki/Zero-hour_contract

France Inter 2015/02/16
http://www.franceinter.fr/emission-le-79-bruno-le-maire-je-voterai-contre-la-loi-macron
 
Le député WOERTH : contre le repos du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les CONTRE
 
------ Message d'origine ------
De : Éric Woerth
À : Françoise V***
Envoyé 16/02/2015 18:15:55
Objet : Tr : Travail dimanche
Chère Madame,

Vous avez attiré mon attention sur le travail dominical et je vous remercie.

J'ai pris connaissance de votre message avec toute l'attention qu'il mérite. Je suis personnellement favorable au travail du dimanche, à condition bien sûr qu'il respecte un certain nombre de conditions telles que le respect d'un temps minimal de repos et qu'il permette à ceux qui sont volontaires pour travailler d'être mieux payés. J'observe d'ailleurs que beaucoup de nos concitoyens y sont prêts et y voient l'opportunité d'améliorer sensiblement leur pouvoir d'achat.

Je vous prie d'agréer, chère Madame, l'expression de ma considération distinguée.

Eric Woerth
 
Le député TERRASSE, champion de la langue de bois sur le DImanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les CONTRE
Pascal TERRASSE
Député de l'Ardèche
Paris, 5/2/15
 
Cher Monsieur,
Vous avez bien voulu attirer mon attention sur le projet de loi pour l'activité et la croissance, et plus particulièrement sur le dispositif concernant l'autorisation du travail le dimanche. Je vous en remercie.
C'est avec un vif intérêt et une grande attention que j'ai pris connaissance de votre correspondance.
Vos propos, exprimés de manière apaisée, ne manqueront pas d'alimenter mes propres réflexions. Conscient de l'intérêt que vous portez à ce sujet, je ne manquerai de rester très attentif au débat.
Demeurant à votre disposition, je vous prie d'agréer, cher Monsieur, mes respectueuses salutations.
 
Le député de LA VERPILLIERE s'engage pour le Dimanche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les POUR
De : Charles de la Verpillière-Député [mailto: Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Envoyé : lundi 16 février 2015 14:07
À : Marie-Françoise D***
Objet : Re- Non au travail dominical
 
Bonjour,

J’ai bien reçu votre message et je partage vos préoccupations. 

Je ne voterai pas la « loi Macron ».

Très cordialement.
Charles de la Verpillière
Député de l'Ain

 
Le député DASSAULT : langue de bois sur le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Les CONTRE
------ Message d'origine ------
De : Olivier Dassault< Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir >
À : Françoise V***
Envoyé 16/02/2015 17:20:23
Objet : travail du dimanche loi Macron en discussion au Parlement

Madame,

J'ai bien reçu votre courriel.
J'ai donc pu prendre bonne note de votre position relative au travail du dimanche concerné par la loi Macron actuellement en discussion au Parlement.

Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Olivier Dassault

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS