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Pétition pour le dimanche

Plus de 100.000 personnes protestent contre la banalisation du travail du dimanche, via la pétition proposée par le CAD. Plus de 780 pages de témoignages. Député-e-s, écoutez la France qui bosse.

La pétition

Temps réel : au 6/05 à 00:25 = 119600 signatures confirmées ! (papier+électronique)
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Après les librairies Hachette, les transports, les crèches? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Extrait de l'article de terraeco.net "Le débat sur le travail le dimanche s'est cantonné au niveau productiviste"

Le débat sur le travail le dimanche s’est cantonné au niveau productiviste, du commerce, du shopping. La ville en continu est un processus amorcé, qu’il est difficile d’enrayer. On oublie que l’on touche à des choses interdépendantes : les espaces sur l’ensemble de la ville vont évoluer. Qui va travailler le dimanche ? Ceux qui déjà ne peuvent se permettre de faire autrement, qui vivent souvent en zones excentrées. Or, le dimanche, il y a souvent moins de transports en commun : il faudra certainement penser à élargir les horaires. Cela veut aussi dire qu’il va falloir penser à ouvrir les crèches le dimanche, etc. Cet effet boule de neige se pose aussi au niveau de la concurrence entre les villes. Si à Paris les commerces sont ouverts le dimanche, des villes de banlieue ou même comme Reims ne vont-elles pas se dire qu’il y a un manque à gagner ? Ce sont des choix à faire qui nécessitent une forte volonté politique. C’est aussi une question de rapport de force : la loi Macron autorise la création de zones touristiques internationales sans avoir recours à l’autorité municipale
 
 
 
En amont des discussions au Sénat, le lobbying s'intensifie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Arnaud Nourry, le PDG d’Hachette Livre, pointe la concurrence des sites de vente en ligne pour justifier sa préférence pour l’ouverture des librairies le dimanche.

Pour ou contre ? Le PDG d’Hachette Livre, Arnaud Nourry, s’est prononcé samedi pour l’ouverture des librairies le dimanche face à la concurrence des sites de vente en ligne, ouverts tous les jours.    Lire la suite

                                                                                                                                                                                          

 
 
Didier Guillaume épinglé par Désintox sur Arte ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Vu dans le journal 28 mn d'Arte : le patron des sénateurs socialistes affirme que trois Français sur dix travaillent tous les dimanches de l’année. Une affirmation loin d'être exacte, et que Désintox se presse de vérifier ! "Didier Guillaume s'est largement emballé à vouloir défendre coûte que coûte la Loi Macron."
   
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Les corps intermédiaires contre le développement du travail dominical Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Le 3 mars 2012, le candidat Hollande a déclaré en pleine campagne électorale « le Président de la République aura besoin des corps intermédiaires ». Les corps intermédiaires sont, selon les propres mots de M. Hollande, « les citoyens qui s'organisent, associations, syndicats, organisations professionnelles ». Trois ans plus tard, le ministre de l'économie et le président de la République entrent en fronde contre les corps intermédiaires loués par François Hollande. Plusieurs millions d’adhérents sont contre la loi Macron et le développement du travail le dimanche qu'elle promet.

Organisations syndicales, professionnelles et de métiers 

CGT

SUD

CFDT

CFE/CGC

SECI-UNSA

CFTC

SOLIDAIRES

L'Union Professionnelle Artisanale UPA

Le Syndicat de l'enseignement professionnel Public SNUEP-FSU

La chambre syndicale des métiers et de l'artisanat de Paris

L'Union Nationale des Syndicats de Détaillants de Fruits Légumes et Primeurs

La Fédération Nationale de l'Habillement

La CGPME pour le commerce de détail alimentaire

Le Groupement Commercial 67 (60 associations de commerçants)

 

Des organisations féminines

L'Association « Osez le féminisme

Le Collectif National des Droits des Femmes CNDF

Femmes Egalité

Coordination des Associations pour le Droit à l'Avortement et à la Contraception CADAC

La Marche Mondiale des Femmes

Les Effrontées

 

Des Associations familiales

L'UNAF

Les AFC

Le Conseil Départemental des Associations Familiales Laïques

Familles de France

 

Des Autorités spirituelles

Monseigneur André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Haîm Korsia, grand rabbin de France.

L'assemblée des évêques orthodoxes de France.

Le pasteur Clavairoly de la Fédération protestante de France fonde « sa compréhension de la société dans un ensemble référentiel qui n'est pas exclusivement de l'ordre de la consommations ».

 

Des présidents de grands groupes de distribution et de chaînes

Serge Papin, System U.

Georges Plassat, Carrefour.

Edouard Leclerc, Magasins Leclerc.

Christophe Rollet, Point S.

 

Le Haut Conseil à L'Egalité entre les Femmes et les Hommes

se demande quant à lui « quelle liberté réelle aura une femme en situation de précarité de renoncer à travailler le dimanche ».

 

Le Conseil d'Etat

lui-même jusqu'à son retournement de veste politique récent n'a longtemps pas été convaincu par l'ouverture des commerces le dimanche.

 

Sur le chapitre travail du dimanche de la loi Macron, il vaut mieux dans un grand élan démocratique, dans l'esprit du 11 janvier, renoncer maintenant en écoutant les citoyens que de persister sur un chemin inefficace, injuste et destructeur de liens sociaux.

 

 

 
Les menaces de mort contre Emmanuel Macron étaient une blague Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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On s'en souvient, M. Macron avait fait frémir l'Assemblée en révélant que des menaces de mort lui avaient été adressées. Martyr de la République, il s'apprêtait à faire face à son sort, avec courage, mais le soutien de la police, convoquée tout exprès. Les citoyens, tremblants devant leur postes de TV, se dirent qu'il allaient se passer quelque chose : depuis que le suicide pour malversation, corruption ou faillite ne fait plus partie des moeurs des élus - seulement des "zexcuses" dument calibrées par les agences de com, la politique ne passionne plus.

Las...

Il ne s'agissait que d'une carabistouille de plus. Le jeune ministre n'a pas encore le calme des vieilles troupes, et son baptème du feu législatif ressemble bien à une déroute. Il a encore un demi-siècle pour apprendre le sang-froid, tout le monde ne peut pas en dire autant. 

Ci-dessous la photo qui a été prise pour une menace de mort par M. Macron. A pleurer de rire. 

 

Libé, 20/02/15

VU SUR LE WEBLe ministre de de l'Economie avait révélé devant l'Assemblée les avoir reçues. Tout est parti d'une photo postée sur les réseaux sociaux dans le cadre de la campagne d'un collectif de notaires opposés à la loi Macron.

L'affaire remonte au 2 février, en plein débats sur la loi Macron.  Le ministre de l’Economie secoue l'Assemblée en révélant avoir reçu des menaces de mort.

Derrière ces «menaces», un notaire corse qui officie à Ajaccio. France Inter, a retrouvé cet homme, Dominique Bartoli. Il explique que tout est parti d'une photo postée sur les réseaux sociaux dans le cadre de la campagne des «Furibards», un collectif de notaires, très opposé à la loi Macron.

Dominique Bartoli en fait partie et a posé comme nombre de ses confères avec un message pour dénoncer une loi qu’ils estiment être une remise en cause profonde de leur profession. Sur la pancarte du notaire corse, on peut lire : «A vendre. Notaire furibard, 40 ans, itinérant, connaît tous les chemins de son pays. Permis de chasse pour plumes, battues, Macrons, R.Ferrand [député PS, rapporteur de la loi Macron, ndlr]. Plasticages possibles.» C’est ce texte que le ministre de l’Economie a interprété comme une menace de mort. 

La photo qui incrimine Me Dominique Bartoli. 

Me Bartoli s'est justifié sur France Inter : «Je n’ai jamais eu l’intention de menacer qui que ce soit et surtout pas un ministre de la République. [...] Je n'ai jamais adressé [directement] ce tweet à monsieur, le ministre. En réalité, c’est toute une série de 140 photos qui sont quasiment identiques avec des messages différents. Le mien était un petit peu décalé étant moi-même Corse. Et j’ai voulu moi-même me moquer de mes origines et des clichés sur les Corses. Ce sont des phrases reprises du film L’Enquête corse.»  Le notaire corse a expliqué que le message se voulait décalé et humouristique. Il s'excuse et déplore une blague «potache» qui voulait faire rire et non pas «faire peur».

Emmanuel Macron a porté plainte et Dominique Bartoli a été convoqué au commissariat d'Ajaccio. Entendu par les policiers le jeudi 5 février, il en est ressorti libre et ne fait l’objet à ce jour d’aucune poursuite. «Les personnes que j'avais en face de moi ont très bien compris qu'il s'agissait d'une campagne. [...] Je ne comprend pas qu'on ait pu prendre ma photo pour une menace.»  

A cause de cet incident, Dominique Bartoli pourrait être sanctionné par le Conseil régional des notaires et perdre son droit d'excercer. 

 
Les bonnes manières d’Emmanuel Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Aurélie Trouvé, ancienne co-présidente d’ATTAC, a eu une excellente formule pour désigner la loi Macron : «  c’est un gros tas composé de petites merdes » et elle aurait pu rajouter, en paraphrasant Napoléon, « enrobé dans de la  soie » (1). Car même si ce texte « phare» du quinquennat Hollande a finalement été adopté brutalement, sans vote, grâce à la procédure du 49.3, c'est-à-dire par le fait du prince,  il avait pourtant été présenté avec beaucoup de douceur par le ministre de l’Economie. Emmanuel Macron avait pris des gants pour violenter notre législation sociale et environnementale, pour casser les rigidités de la société française. Il faut dire que « chat échaudé craint l’eau froide » et l’on se souvient de cet épisode malheureux dans la trajectoire de « l’étoile montante » du gouvernement : lors d’une émission de radio, le ministre avait traité les anciens salariés des abattoirs GAD d’illettrés ;  il s’était ensuite excusé platement  devant la représentation nationale.  Cette fois, cet homme pressé a exprimé son mépris pour le salariat protégé et indolent, si nuisible à la compétitivité de nos industries, de façon élégante et non agressive, avec beaucoup de civilité. Emmanuel Macron a donné de sa personne et fait preuve de diplomatie. Les médias ont loué son sens de l’écoute, son attitude conciliante, sa disponibilité, son humeur égale. Le jeune ministre a su reconnaître habilement  quelques erreurs et consentir quelques reculs     (sur le secret des affaires par exemple). Pour casser un si grand nombre de droits sociaux et environnementaux dans le cadre d’un seul texte, et en ayant l’air de ne pas y toucher, il fallait y mettre  les formes.  Il fallait évidemment « une approche pleinement, socialement démocrate », clamer sur tous les tons que cette loi était « de gauche » et mettre l’accent sur les petites avancées pour avaliser les grands reculs. On a ainsi étendu  le travail du dimanche en assurant que la réforme  "systématisait et harmonisait les règles de compensation de manière très protectrice pour les salariés". On a donné la possibilité au  gouvernement de réformer le droit de l’environnement par ordonnances afin d’accélérer les grands projets de construction mais en s’engageant  généreusement à associer le Conseil national de la transition écologique  ( le CNTE) et en garantissant que les principes fondamentaux du code de l'environnement ne seraient pas remis en cause. Bref, on a rogné des droits acquis  en prétendant sécuriser, on a fragilisé en prétendant protéger.

Mais, finalement, ces précautions oratoires n’auront  pas suffi : les députés de droite ont refusé de voter une loi « de gauche » et les députés socialistes frondeurs ont trouvé qu’une loi « de gauche » de cet acabit aurait pu être votée par la droite. « Ce coup de jeune pour notre société » a finalement débuté avec un coup de sang du ministre et un passage en force au moyen du « 49.3 », symbole de l’archaïsme de nos institutions. Les bonnes manières se sont effacées pour laisser place à la brutalité.  La compétitivité de nos entreprises ne pouvait attendre, il fallait aller vite.

L’équipe en place est bien décidée à faire ingurgiter, de gré ou de force, au corps social français l’ensemble de la posologie libérale prescrite par l’idéologie dominante et la technocratie bruxelloise.

Manuel Valls va pouvoir donner libre cours à son tempérament. Il montre sa main de fer ; et il prévient : le gouvernement « va continuer à travailler, à réformer plus vite et plus fort », « s'il faut de nouveau utiliser cette arme que me donne la Constitution, nous le ferons, bien évidemment, parce que nous ne pouvons pas perdre de temps, et qu'il faut réformer notre pays et lever les blocages »

Les bonnes manières sont définitivement oubliées. De toutes façons, les artifices de communication et les sourires ne réussissent plus à masquer l’injustice d’une politique qui détruit peu à peu nos droits et nos biens communs  pour permettre une exploitation de l’homme et de son environnement sans contrainte ainsi que  l’obscénité d’une pratique gouvernementale qui, au mépris de l’éthique la plus élémentaire, s’appuie sur la manifestation populaire du 11 janvier pour tenter de susciter un faux consensus permanent.
  
(1)   Napoléon avait insulté Talleyrand, lui reprochant de l’avoir trahi, en lui lançant : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie »
 
La CFDT au secours de la loi Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Activités syndicales

Lu sur le blog de Gabas - Mediapart

cfdt_des_choix_des_actes.jpgArticle publié dans Le Canard Enchaîné du 25 février 2015

La décision est tombée brutalement : le 11 février, la direction de la CFDT a mis sous tutelle son syndicat du commerce d’Ile-de-France, l’un des plus importants de la confédération, avec 4500 adhérents.


Laurent Berger n’y est pas allé de main morte. Le siège de ce syndicat, jusqu’à présent implanté au coeur du quartier des grands magasins, est transféré dans les locaux de la confédération, et la situation des délégués sera « réexaminée » dans le cadre de cette « administration provisoire ». En clair, leur mandat peut sauter, et leurs patrons auront le champ libre pour les virer. Bigre ! Auraient-ils tapé dans la caisse ou, pis, fait rénover leurs appartements aux frais du syndicat ?


En fait, le couperet s’est abattu au lendemain d’une lettre adressée par Emmanuel Macron par l’Alliance du commerce, le syndicat patronal qui représente les Galeries Lafayette, le Printemps, le Bon Marché et le BHV. Dans ce courrier, les patrons des principaux magasins de la future « zone touristique internationale » sonnaient le tocsin au sujet de l’un des amendements de la loi Macron. Celui-ci prévoit que, même dans les zones touristiques, le travail du dimanche devra passer par un accord social, notamment sur les compensations salariales. Mais cet accord ne peut pas s’appliquer si des syndicats représentant au total plus de 50 % des salariés s’y opposent.


Or, dans ce secteur des grands magasins, la CGT et la CFDT réunies dépassent largement ces 50 % aux élections et sont résolument hostiles au travail le jour du Seigneur. Ces deux syndicats ont même fondé conjointement le Clic P, une structure syndicale qui milite, justement, contre le boulot dominical, et n’ont pas hésité à trainer devant les tribunaux les patrons qui en usaient illégalement.Les deux confédérations risquaient donc de négocier durement, voire de bloquer tout accord.

En plaçant pour un an son syndicat sous tutelle, Laurent Berger retire une terrible épine du pied d’Emmanuel Macron, puisque, dans aucune des boites concernées, la CGT ne dispose à elle seule de la majorité absolue. Sûr que les patrons des grands magasins vont lui élever une statue !

 

 

 
L'épisode du "49.3" fragilise le réformisme de Valls et électrise le groupe PS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La PPL Mallié, version 4 - Projet Macron

Il ne suffit pas d'éructer pour convaincre, ni de grimacer pour mettre au pas les intelligences. Nombre de concitoyens, à subir chaque jour les rodomontades de M. Valls, oscillant entre Tartarin et Fouquier-Tinville, ne sont pas sans regretter le précédent Premier ministre, qui ne jugeait pas nécessaire d'avoir recours à la violence, aux menaces, et la propagande pour avoir des convictions, et y travailler. Comme le rappelait Benoît Hamon, la politique ne se réduit pas à des postures.

Et pour le jeune ministre, M. Macron, dont l'engagement a été salué par tous, il devra cependant apprendre que beaucoup de travail et beaucoup de bruits autour d'une mauvaise loi ("un gros paquet de petites merdes", selon le mot d'Aurélie Trouvé, paraphrasant presque Napoléon à propos de Talleyrand) ne suffisent pas à la transformer en bonne loi. Il y aurait fallu soit énormément plus d'habileté, soit juste un peu plus de bon sens et un peu moins de cynisme.

 
 
Le Point, 21/02
 
Le projet de loi Macron a été adopté jeudi à l'Assemblée mais le recours au "49.3" réduit les marges de manoeuvre du gouvernement pour faire passer ses futures réformes et risque de déchirer un peu plus le groupe PS, bien loin de "l'esprit du 11 janvier".

- Une majorité toujours plus 'incertaine' -

Fragilisée par les frondeurs et la perte de sièges aux législatives partielles, la majorité socialiste s'était étriquée au fil du quinquennat. Mais "tous les textes sont passés, tous les textes passeront", assurait-on au gouvernement. Jusqu'à présent, l'écart le plus faible pour l'adoption d'un texte était de 18 voix, le 21 octobre (programmation des finances publiques 2014-2019). Le gouvernement pensait cette fois disposer d'une majorité de seulement "3 à 6" voix, jugée trop "incertaine" pour risquer un vote. Cette majorité se serait de surcroît appuyée sur une dizaine de votes de l'UDI et de l'UMP. Surtout, pour la première fois, un groupe significatif de députés PS était parti pour voter contre, quand la "fronde" s'était jusque-là cantonnée entre 30 et 40 abstentions. Selon des sources concordantes, 25 députés du groupe PS s'apprêtaient à voter contre et "12 ou 13" à s'abstenir.

- Des précautions à prendre pour les futures réformes -

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, l'article 49.3 permettant de faire adopter un texte sans vote ne peut être utilisé, hors textes budgétaires, qu'une seule fois par session à l'Assemblée. Il peut toutefois être utilisé à plusieurs reprises pour le même texte, ce qui permettra notamment au gouvernement de s'en resservir pour une deuxième lecture de la loi Macron. "S'il faut de nouveau utiliser cette arme que me donne le Constitution, nous le ferons bien évidemment", a dit Manuel Valls. Mais il n'aura plus de joker pour les autres textes prévus d'ici fin juin. "La réforme territoriale et la loi santé, ce ne sont pas les mêmes clivages. Et le texte sur le renseignement, c'est l'unité nationale", se rassure un conseiller. Reste le projet de loi sur le dialogue social, dont Manuel Valls doit dévoiler les grandes lignes mercredi et qui pourrait passer par une session extraordinaire en juillet.

- Un groupe à couteaux tirés avant le congrès -

"C'est clair: ils ne comptent pas s'arrêter. Ils considèrent avoir marqué des points", déplore un des adversaires des frondeurs, visant notamment Benoît Hamon. Avec d'autres, l'ex-ministre de l'Education, déjà détonateur de l'implosion du gouvernement "Valls I" fin août, dénonçait le peu de concessions faites par Emmanuel Macron sur les compensations au travail du dimanche. Postures "tacticiennes" avant le congrès du PS, déplorent les légitimistes. "C'est une victoire à la Pyrrhus" pour le gouvernement et cet épisode "va laisser des traces" au-delà des frondeurs, juge un parlementaire non aligné. Selon lui, "soit l'exécutif a l'intelligence d'apaiser" les choses, soit "ça va continuer cette guerre larvée et on va tous y perdre".

Plusieurs députés ont évoqué des sanctions contre les frondeurs voire leur exclusion du PS, une issue qui ne paraît pas convaincre à Solférino, où certains redoutent les effets d'une "décision arbitraire". Le bureau national de mardi doit "traiter" de ce débat. Aucun frondeur n'a voté la motion de censure.

- Manuel Valls et l'esprit du 11 janvier qui se disperse -

Le 13 janvier, Manuel Valls faisait lever tout l'hémicycle lors de son discours post-attentats. Moins d'un mois et une semaine plus tard, avec un 49.3 et une motion de censure (même sans danger) le contraste est saisissant. Le Premier ministre, comme de nombreux ministres, pensait avoir mis derrière lui les débats internes au PS et les rumeurs sur son départ de Matignon avant 2017. Martelant toute la semaine qu'il continuerait à réformer "sans relâche", il a appelé à la "responsabilité". Ceux qui pensent que "nous ne pouvons pas continuer l'oeuvre des réformes" ou que la majorité a "éclaté" se trompent "totalement", a-t-il dit vendredi. Quant à Emmanuel Macron, dont c'était le baptême parlementaire, le recours au 49.3 constitue un rappel aux réalités du rapport de forces politique, dans une carrière marquée par une ascension continue. Même si le ministre, jamais élu, a gagné le respect des députés en participant au débat pendant 180 heures à l'Assemblée et en acceptant de nombreux amendements. 
 

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS