Accueil
Plan du site | Rechercher | Contact | Qui sommes nous | Liens
Pétition pour le Dimanche

Déjà plus de 107.000 signatures ! Vous aussi, signez la pétition du CAD.

La pétition présentée par le CAD a obtenu plus de 107.000 signatures authentifiées (au contraire de la pétition-bidon du Dr Carabistouille !)
- Pétition électronique : 99.000 signatures au 01/10/13
- Pétition papier : 8.107 signatures au comptage du 15/01/12
   Merci à tous ceux qui out téléchargé et fait signer la pétition papier, voir cette page !

Suivez le CAD sur Twitter

Derniers commentaires
APPEL A MANIFESTATION
Dommage de faire cette manif sous semaine alors qu en temps qu employés du commerce ,nous travaillons .la manif un dima...
En réponse à la tribune échevelée de Gui...
A rapprocher de la déclaration édifiante du patron de Bricorama ( qui a regretté ensuite de l'avoir écrit ) selon l...
Hypermarchés Leclerc : le bras de fer co...
Mes respects monsieur le Directeur, en espérant que vous allez plier tous ces supermarchés qui ouvrent et qui sont fav...
Charles Beigbeder : «Le repos dominical ...
affiche de la cftc... entre temps, ils ont signé le travail du dimanche dans le bricolage... comme la cfdt et la cgc
Volontaires d'office
TRAVAIL du DIMANCHE = WEEK-END COMPLET à travailler. Ne confondez pas faire vos courses le dimanche et travailler le ...
Le Dr Carabistouille efface ses traces
Biensur que c 'est son choix sinon elle prendzs la porte alors elle a le choix soit bosse soit dégage.
300 personnes manifestent contre l’ouver...
Je suis contre le travail du dimanche, pour certaines raisons : 1 ère ce ne sont que les étudiants ou pe...
Bricolage: magasins ouverts dimanche mal...
Contrairement à ce que colporte Le Point, la loi n'accorde à aucun établissement "le droit d'ouvrir cinq dimanches...
Travail du dimanche: le gouvernement pré...
Encore des arguments d'employeurs contre un décret pérénisant le travail le dimanche pour le négoce du bâtiment "...
Travail du dimanche: le gouvernement pré...
Le repos dominical n'est pas pour les plus pauvres et décision du Conseil d'Etat Le pape François a appelé les ch...
Citations

Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai !.

François Hollande

Président de la République Française - Mai 2012

Tous ouverts ou tous fermés, mais tous égaux.

 

Jean-Claude Bourrelier

Patron de Bricorama

De mauvaises lois sont la pire sorte de tyrannie.

Edmund Burke
Ecrivain

Le débat qui nous occupe est infiniment [...] profond [...] Nous sommes bien face à un choix de société qu’il nous faut trancher.

Jean-Marc Ayrault
Premier Ministre
Extrait de la discussion du 7 juillet 2009 à l’Assemblée Nationale

Je m'oppose absolument et formellement au travail du dimanche qui détruit la vie de famille et se met au service d'un consumérisme aveuglé.

Jean-Luc Mélenchon
Ancien ministre, député européen, sénateur, conseiller général
candidat 2012 à la présidence de la République

Dans la semaine, il y a six jours pour avoir, et un jour pour être.

Hervé Mariton
Ingénieur des Mines
Député UMP de la Drôme

Le travail du dimanche n'enrichit pas.

Proverbe italien

Cliquez sur ce lien pour recevoir par mail les derniers articles parus !

Le travail du dimanche en question

↑ copier cette bannière

 

Chercher via Google
Il y a actuellement 3 invités en ligne
Articles les plus commentés
Articles les plus lus
Espace membres





Mot de passe oublié ?
(cela permet essentiellement d'être averti de nouveaux messages de commentaires)
Recommandé par
Le dimanche, j'y tiens !
Recommandé par des Influenceurs
Syndication
Pour l'ouverture numérique des magasins le dimanche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
28-10-2014
Ci dessous un article d'une remarquable pertinence, sur la question de la prétendue "concurrence d'Internet", l'argument-massue répétée ad intoxeam par les tenants du travail domincal, dont le dernier en date n'est que Laurent Fabius.

Le Monde, 22/10/14

Le gouvernement a annoncé le mercredi 15 octobre un nouvel élargissement du travail dominical [le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, a présenté les grandes lignes de son projet de loi pour relancer l'activité].

L'ouverture physique des magasins le dimanche est un combat d'arrière-garde. Au XIXe siècle déjà, on avait imposé le travail du dimanche aux salariés au nom des mêmes contraintes économiques et de la lutte contre le chômage ! Rien n'accrédite la thèse selon laquelle l’extension de l’ouverture dominicale des commerces créera des emplois.

L’exemple de la Bourse de Paris est instructif. A la fin des années 1990, il a été décidé d’ouvrir notre place boursière tous les jours fériés où les places anglo-saxonnes fonctionnent au nom de la modernité, de la compétitivité et de la création d’emplois. Quinze ans après, les faits parlent d'eux-mêmes.

L’ouverture de la Bourse de Paris les jours fériés n’a permis d’atteindre aucun de ces objectifs. Elle n’a eu pour effet que de perturber la vie des salariés concernés et d’alourdir les coûts de fonctionnement des sociétés de bourse.

L'OUVERTURE DOMINICALE DES MAGASINS EST UN LEURRE

L'ouverture des magasins le dimanche ne suscitera aucun rebond de la consommation des ménages si les Français continuent à voir leur pouvoir d'achat stagner ou décliner. Quant aux ventes prétendument manquées auprès des touristes étrangers, elles sont trop limitées pour avoir un véritable effet sur l’emploi.

Ayons un train d’avance plutôt que de retard ! A l'heure du commerce en ligne, nos distributeurs doivent investir dans les dernières technologies permettant aux clients de réaliser les achats qu'ils souhaitent par Internet tous les jours de la semaine sans nuire aux repos dominical des salariés. Et s'agissant des visiteurs étrangers qui repartent par les vols du dimanche soir ou du lundi matin, une logistique adaptée permettra d’éviter toute perte de ventes.

Dans la lutte contre le chômage, l'ouverture dominicale des magasins est un leurre. L'Allemagne démontre au contraire qu'il n'y a nul besoin d'ouvrir les magasins le dimanche pour avoir un faible taux de chômage. Pour vaincre le chômage de masse à la Française, il faut s'attaquer à ses vraies causes : les rigidités du marché du travail, les 35 heures, les dépenses publiques non maîtrisées ou la crise de confiance qui paralyse le marché immobilier.

L'instauration d'un contrat unique pour l'ensemble des salariés comme le recommande notre nouveau prix Nobel Jean Tirole aurait beaucoup plus d'impact sur l’emploi. Il est d’autant plus important de ne pas céder à la facilité du renoncement au repos dominical qu’il serait lourd de conséquences pour notre société.

VALEURS ESSENTIELLES ET BESOINS LÉGITIMES

Dans une France déstabilisée et plus éclatée que jamais, il est crucial d’entretenir et de développer tous les moments de communion citoyenne. Le dimanche est le jour de la vie commune. Il est celui des fêtes, des repas et promenades en famille, du vote aux élections, des devoirs faits et revus avec les enfants, des rencontres sportives amicales, du culte et de la pratique de beaucoup d’autres activités sociales.

Remettre en cause le principe du repos dominical, c'est porter une nouvelle atteinte à cette cohésion nationale dont l'équilibre est aujourd'hui si fragile. Comme le disait le général de Gaulle, «la vie n'est pas le travail, travailler sans cesse rend fou ! ». L'élargissement du travail le dimanche n'est pas une libération. Invoquer la liberté du travail pour le motiver est une mystification.

A ce compte, on peut justifier toute les exploitations. Il y aura toujours des salariés prêts à travailler dans les pires conditions, à toute heure, 14 juillet, 1er mai et 1er janvier compris pour plus d'argent. Ne prétendons pas les libérer en les asservissant. C'est l'honneur de nos sociétés de fixer des règles et des limites pour éviter l'exploitation des citoyens les plus vulnérables.

La révolution numérique nous offre tous les moyens nécessaires pour concilier les valeurs essentielles qui fondent notre société et les besoins légitimes de consommation et d’activité. Utilisons-les plutôt que de nous battre avec les armes du passé !

François Vigne, président du Rassemblement républicain pour la France 

 
Travail du dimanche : l'hypermarché Leclerc renonce à l'ouverture Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
28-10-2014

La Dépèche, 23/10/14

L'hypermarché de Roques a décidé hier d'arrêter d'ouvrir le dimanche matin. Plusieurs syndicats se préparaient à manifester pour s'opposer au travail dominical.

Coup de théâtre hier soir. L'hypermarché Leclerc de Roques-sur-Garonne a annoncé qu'il arrêtait d'ouvrir ses portes le dimanche matin comme il le faisait depuis la mi-septembre. En décidant d'ouvrir, le patron de l'enseigne avait jeté un pavé dans la mare dans ce long et épineux dossier. En juin, la justice avait autorisé super et hypermarchés à ouvrir le dimanche, faisant voler en éclat l'accord historique sur la fermeture (lire encadré). Près de 60 % des quelque 220 supermarchés de la Haute-garonne auraient profité de cette possibilité. Du coup, le président du Leclerc, Pascal Payraudeau, expliquant qu'il était soumis à une concurrence accrue, avait ouvert à son tour tout en demandant le retour à une fermeture pour tous.

Manif dimanche ?

«L'hypermarché Leclerc Roques a toujours été favorable au repos dominical et milite pour une réglementation régissant les ouvertures du dimanche matin pour éviter toute concurrence déloyale», indique Pascal Payraudeau dans un communiqué en annonçant une concertation «entre les différents acteurs représentatifs de la profession au niveau départemental».

Mais, on le sait, un des acteurs de la grande distribution, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), est pour l'ouverture. C'est elle qui a obtenu la décision de justice. Et le consensus ne paraît pas plus facile aujourd'hui qu'hier… Entre-temps, la future loi sur la croissance, qui prévoit d'étendre à douze dimanches la possibilité d'ouvrir toute la journée, aura peut-être changé la donne.

Depuis qu'il ouvrait, le patron du Leclerc Roques a-t-il reçu des injonctions de l'Inspection du travail pour fermer ? Les syndicats le disent. Hier, la Direction du travail n'a pas donné suite à nos appels. Côté syndicats de salariés, que nous avons contactés avant la décision du Leclerc, la riposte se préparait. La CGT et FO avaient décidé d'organiser une manifestation devant l'enseigne dimanche. «On ne résout pas la question de l'emploi par le travail du dimanche mais en augmentant le pouvoir d'achat et donc les salaires», estime Cédric Caubère pour la CGT. «Tous les hypers vont faire la même chose», redoute Martine Saint-Cricq, secrétaire de la fédération alimentation FO. La CFDT devait se décider aujourd'hui. Pour Laurent Jeudi (CFDT des services), «le repos hebdomadaire doit rester la norme.»

La fin d'un accord «historique»

Le 19 juin dernier, lorsque le tribunal administratif de Toulouse, précédé déjà par des années de bataille judiciaire, casse l'arrêté préfectoral qui impose à tous les commerces alimentaires de plus de 400 m2 (super et hyper) de fermer le dimanche matin, il met fin à une longue idylle au sein de la profession. Depuis plus de vingt ans, les cinq organisations syndicales représentatives mais aussi les syndicats patronaux signent chaque année un accord pour limiter les ouvertures exceptionnelles à deux dimanches et trois jours fériés. Un accord «historique», selon les signataires. Fort de ce consensus, le préfet avait décidé la fermeture des super et hyper le dimanche matin. Objectif des divers acteurs : limiter la concurrence et respecter le repos dominical. C'était sans compter sur un des acteurs de la grande distribution, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui a réclamé -et donc obtenu- la possibilité d'ouvrir. Voilà la situation actuelle. C'est dans ce contexte que les négociations en vue d'un nouvel accord vont s'ouvrir ce mardi 28.

 
25 octobre 1915 : le repos dominical des prisonniers doit être respecté Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Humour
28-10-2014

 

Finalement, le seul métier qui risque d'échapper, au moins pour un temps, aux appétits des grandes enseignes de la distribution, c'est... prisonnier de guerre ! 

Le Figaro, 24/10

À la suite de l'appel du Pape Benoît XV, soucieux du sort des prisonniers, les gouvernements des nations en guerre se sont engagés à respecter scrupuleusement le repos dominical de ceux-ci, rapporte Le Figaro du 25 octobre 1915.

«Le Pape, dans son empressement constant à procurer tout le soulagement possible au sort des prisonniers de guerre, a considéré récemment comme opportun d'adresser un appel chaleureux à tous les gouvernements des nations belligérantes, afin que, s'inspirant des principes de la religion et de l'humanité, lesdits gouvernements s'accordent pour décider que, dans tous les endroits sans exception où se trouvent des prisonniers de guerre, le repos dominical soit observé d'une façon absolue.

Nous sommes heureux d'annoncer que tous les gouvernements ont signifié de très bon gré leur adhésion à l'appel pontifical. Bien que beaucoup de ces gouvernements donnassent déjà un jour de repos aux prisonniers, le dimanche ou quelque autre jour de la semaine, tous ont pris l'engagement formel et réciproque d'assurer à tous les prisonniers le repos dominical, si nécessaire pour la vie physique et qui permet en même temps l'observance des devoirs religieux» écrit Le Figaro du 25 octobre 1915.  

 

 

 
Le travail dominical met les chrétiens d'accord Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
28-10-2014

La Vie, 24/10/14

Face aux velléités politiques de permettre l'extension du travail du dimanche, les différences entre chrétiens se font moins visibles.

 

Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron est formel : « Simplifier le travail du dimanche va créer des milliers d'emplois ».Cette affirmation économique est contestée cette semaine dans La Vie par de nombreux acteurs sociaux, comme Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens).

Débat économique, le travail dominical est aussi une question théologique. Le dimanche chômé provient de la tradition chrétienne, et de l'héritage juif. « Le shabbat est justifié en mémoire du septième jour de la Création et de la sortie d'Egypte. Le premier renvoie les hommes à leur condition d'êtres crées et limités. La seconde est une offre de libération, à l'égard de l'esclavage du travail, mais surtout à l'égard de soi », commente, dans La Vie, Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à la faculté de Théologie protestante de Strasbourg. Sauvé de l'esclavage en Egypte, l'homme peut s'adonner à l'adoration de Dieu, en tant qu'homme libéré de l'abrutissement du travail.

Le dimanche chrétien est donc une vieille institution humaine,qui existe de par son origine théologique. Le fait qu'elle a été déchristianisée, dès la Terreur, lorsqu'on supprima le calendrier chrétien, mais que l'on décida de maintenir le « décadi », le dimanche républicain, confirme son ancrage dans la société sécularisée.

Ce sont toutefois les chrétiens qui défendent avec le plus d'ardeur et de cohérence le dimanche chômé. En septembre 2013, l'abbé Pierre Amar, du diocèse des Yvelines, appelait ainsisur le PadreBlog à préserver le dimanche, « digue d'humanité » : «Si la digue saute, le verrou jusqu’ici imposé à la puissance économique fera de nous tous des victimes. Il nous faut un "jour off" pour rendre visite à des voisins ou des parents, taper dans un ballon, jouer aux cartes, aller courir, lire un bouquin, vivre un engagement associatif, prier… bref, un espace de gratuité pour rappeler que l’homme ne se réduit pas à sa capacité de production ou de consommation. »

De son côté, le pasteur James Woody, de l'Oratoire du Louvre, se retrouve sur la même ligne, malgré son appartenance revendiquée au courant libéral, à rebours des positions éthiques défendues par l'abbé Amar. Preuve que ce patrimoine commun est plus fort que les clivages : « C’est un jour que l’on peut utiliser pour élargir son horizon social, rencontrer de nouvelles personnes ou prendre du temps avec sa famille. Voilà notamment pourquoi la généralisation de l’ouverture des magasins le dimanche poserait problème. Notre vie n’est pas plus réussie si l’on consomme toujours plus. »

Cette unanimité pourrait-elle se transformer en mobilisation civique ? En janvier 2014, l'écrivain Sébastien Lapaque s'étonnait dans La Vie que la défense du dimanche n'ait pas autant rassemblé les foules de fidèles que les batailles dans le sillage de la Manif pour tous : « Si c’est la famille millénariste que voulaient protéger ceux qui sont bruyamment descendus dans la rue pour dire qu’ils ne lâcheraient rien, ils déploieraient autant d’énergie à défendre le repos du septième jour prescrit par le Seigneur dans le livre de l’Exode. »

Selon Frédéric Rognon, il ne s'agit pourtant rien de moins qu'un « enjeu missionnaire » : « Les chrétiens ne doivent pas suivre le monde, ils sont là pour alerter, pour appeler à la vigilance », nous confie-t-il.

La récente réédition du Jour du Seigneur, rédigé en 1871 par l'écrivain catholique breton Ernest Hello, pourrait les inspirer. Rien de nouveau dans ce magistral pamphlet, au contraire, il ne rajeunit personne. Mais il assène avec une force que l'on peine à retrouver l'impérieuse nécessité de préserver le dimanche chômé : « Dieu a donné aux hommes tous les jours de la semaine, et il s'en est réservé un », résume-t-il. L'homme a besoin de limites, de respecter ses rythmes ? « Il faut donner et recevoir, travailler et se reposer, ou bien il faut mourir. Le repos n'est pas seulement compatible avec le travail. Il lui est absolument et rigoureusement nécessaire. Quand vous concevrez la mer avec un flux sans reflux, vous concevrez l'homme avec un travail sans repos. »

Et de prophétiser le basculement d'une société atomisée, sans cadres communs, dans un état de barbarie : « L'état barbare consiste dans le développement arbitraire et injuste des fantaisies de la communauté. Dans la barbarie, la société ne protège personne contre elle-même, car elle n'existe pas ; elle est remplacée par la communauté. Le monstre, qui est le plus fort, et qui s'appelle tous, opprime et tue chacun. »

Avec de tels inspirateurs, les chrétiens, tous unis pour défendre le dimanche chômé,célébrant la libération de l'esclavage d'Egypte, feraient bien de mettre en garde les décideurs de ne pas imiter les Pharaons.

 
1er et 11 novembre : grande liquidation des jours fériés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
28-10-2014

Le blog de HB, 27/11

Au Portugal, c’est chose faite ! La Toussaint n’est plus jour férié. En France, sous les coups de boutoir des seules grandes enseignes, la braderie des temps non marchands, objets de tant de convoitises, commence à son tour. Dimanches des vacances de la Toussaint, 1er et 11 novembre, tout est bon à prendre. À preuve, la dernière page du Parisien arborant sa promesse de réduction le week-end dernier : 15% de remise pour 100 € d’achat à qui se déplaçait chez Castorama les vendredi 24, samedi 25 et... dimanche 26. Quant à Carrefour, Carrefouraprès Intermarché et Auchan, des sites supposés de bons plans annoncent avec gourmandise l’ouverture « exceptionnelle » de ses magasins les 1er et 11 novembre. 

 

Ces remises du dimanche doivent nous faire réfléchir. Depuis quelques années, elles fleurissent : parking gratuit le dimanche, 15€ de remise le dimanche, 50% de remise sur les jouets de Noël achetés l’un des dimanches de décembre. Mais rien n'est gratuit  ! Bien souvent, quand il y a réduction ou gratuité, le produit, c'est le consommateur lui-même ! Nous ne citerons pas les enseignes mais dans ce domaine de l’appât, elles se valent toutes dans leur propension à imaginer et à organiser à grande échelle ce qui peut ferrer le client, seules à pouvoir ordonner l’offensive de cette manière si belliqueuse. Allons-nous céder et nous laisser acheter, enterrant les jours fériés les uns après les autres ? Contrairement à ce qui est asséné, il n’est pas vrai que la France soit en tête des nations par le nombre de ses jours fériés.

 

Les réductions, orchestrées par les grands médias, si décevantes soient-elles, nous donnent malgré tout confirmation d’un argument juste et bon que les opposants au travail le dimanche avancent depuis longtemps. La consommation du dimanche, comme celle de nuit, n’existe pas. Elle est à créer de toutes pièces. Les petites parts de marché existantes ce jour-là, tenues par les petits commerces, doivent être captées et augmentées. D’où ces promotions de tous ordres avec lesquelles ces derniers ne peuvent rivaliser. Et ce n’est, sans doute, qu’un début, le projet de loi pour l’activité s'annonçant pour la fin de l'année. Une dérégulation inouïe ! Raison pourquoi il faut résister à ces offres vénales pour la déconstruction sociale et humaine qu'elles signifient. H.B.

 

***Jours-feries-copie-1.png

Lire, pour aller plus loin, deux articles de fond remarquables, en arrière-plan de cette question du travail le dimanche, la nuit, les jours fériés :

·         Sur le site du Monde  (article payant) « Au Royaume Uni, les damnés des « zero hour contracts »(Les ZHC ne garantissent aucune heure de travail aux salariés)

·         Sur le site de La Tribune « Travail : l’automatisation en question »

 
Bataille d’arguments à gauche sur le travail du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
22-10-2014
 
Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son intention de faciliter le travail le dimanche. Le sujet divise toujours dans les rangs du PS. Revue de détail des différents arguments échangés.

Il semble bien loin le temps où les députés PS s’élevaient à l’unisson contre le travail dominical, comme dans cette vidéo publiée en 2008 . Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son projet de loi pour l'activité. Il comprend notamment un élargissement de la possibilité de travailler le dernier jour de la semaine. Les commerces non alimentaires pourront ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande, et jusqu'à douze dimanches par an au total. Emmanuel Macron a également expliqué que les salariés seraient mieux payés s'ils travaillent le dimanche.

Les arguments pour
Une réforme créatrice d’emplois
Emmanuel Macron a estimé dimanche que "simplifier le travail le dimanche va créer des milliers d'emplois". "Cela va aider des gens qui sont au chômage, qui ne touchent même un SMIC à gagner davantage", a-t-il assuré. Même constat du côté de Bruno Le Roux pour qui "il y a bien entendu des gisements d'emplois sur le travail le dimanche".  "Mais il faut que les zones soient bien identifiées et les choses simplifiées", a expliqué le chef des députés PS sur RTL lundi.
 
Commentaire CAD : non seulement il n'existe aucun argument macro-économique démontrant la création d'emploi par le travail du dimanche, mais en plus il existe des risques de destruction d'emploi net ! Si tout le monde sera d'accord pour que les choses soient simplifiées, la meilleure manière d'y parvenir est d'abroger la loi Mallié, qui est venue mettre un désorde kafkaien dans une législation qui était auparavant simple et équilibrée. Ce n'est pas ce qui se pépare dans les cartons du ministère. 

De nouvelles recettes liées au tourisme
Les défenseurs de l’extension du travail dominical insistent également sur la nécessité d’augmenter les dépenses des touristes étrangers en France. L’argument est notamment défendu par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en charge du Tourisme. "Il y a quelques années on pouvait discuter : est-ce opportun ou pas? Mais aujourd'hui, il nous semble que, compte tenu du flot de touristes qui existe et qui ne vont pas attendre le jeudi pour venir consommer; et d'autre part compte tenu du développement du e-commerce, il n'y a plus de choix", a-t-il plaidé en septembre dernier. 
 
Commentaire CAD : l'argument du e-commerce, régulièrement resservi, est d'une totale absurdité : en effet, les grandes enseignes, qui veulent ouvrir, ont déjà leur site Internet. Par ailleurs, toutes les enseignes peuvent ouvrir un site Internet. Enfin, la totalité des sites Internet vendant des produits physiques, même s'ils peuvent à titre dérogatoire travailler le dimanche, n'effectuent les livraisons qu'en jours ouvrés. Par ailleurs, la réflexion serait à différencier par segments : il ne viendrait à personne l'idée d'acheter un poisson rouge par Internet. En ce qui concerne les supposées transfert de touristes qui iraient acheter des parfums français à Londre sous prétexte que le Séphora des Champs n'est pas ouvert jusqu'à minuit, il s'agit d'une affirmation purement fantaisiste, comme les "milliers d'emplois" promis par le député-dentiste Mallié,  jusqu'à ce que le Ministre veuille bien nous montrer d'où il tire ses informations.  
 
Les arguments contre
Une mise en danger des petits commerce
Certains élus PS insistent sur la menace que constitue l’extension du travail le dimanche pour les petits commerces. C’est le cas d’Anne Hidalgo,qui considère, qu’une "négociation sociale et territoriale" est nécessaire avant une telle réforme. "Je continue à le dire : si on avait autorisé le travail du dimanche dans les grandes surfaces alimentaires autour de Paris, nous n'aurions pas maintenu un commerce de centre-ville qui est très générateur d'emplois", a expliqué la maire de Paris en avril.

Un choix de société
Certains socialistes mettent enfin en avant l’importance de maintenir un jour dans la semaine qui ne soit pas dévolu à la consommation ou au travail. "Je suis opposée au travail du dimanche, mais ce n’est pas une question d’acquis des travailleurs. Pour moi c’est un choix de société", a ainsi expliqué Martine Aubry lundi sur RTL. "Est-ce que notre société consommer 24 heures sur 24? Est-ce qu’on n' a pas une journée que l'on peut passer en famille avec des amis, pour la culture, le sport, rêver?", a-t-elle ajouté.  
 
Les réformateurs ringards Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
22-10-2014
L'Huma, Mardi, 21 Octobre, 2014 L'éditorial de Maud Vergnol
 
Il y aurait donc d’un côté les «modernes» Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable.
Il y aurait donc d’un côté les « modernes » Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable. Ceux qui n’ont pas peur d’user les semelles de leurs chaussures Louboutin à arpenter les couloirs de Bruxelles pour leur « opération séduction », nous dit-on. Et de l’autre, la « vieille gauche », « la gauche archaïque », celle des « sans-dents » et des « illettrées », celle qui ose croire encore au progrès social et qui refuse le grand bond en arrière. Pourtant, ceux qui se présentent comme les chantres de la modernité prennent la route de l’histoire en sens inverse. L’incurie du gouvernement face au chômage de masse en est l’illustration parfaite. Ainsi, il faudrait « libérer » l’activité, en généralisant le travail du dimanche, casser les derniers droits des salariés, baisser l’indemnisation des chômeurs et les transformer en travailleurs pauvres. Qu’importe, pour les « modernes », que le problème du chômage soit ailleurs, dans les trois vraies maladies du pays que sont l’austérité, le pompage des richesses par le capital et l’affaiblissement de l’État, pourvu que l’« armée industrielle de réserve » continue de permettre aux financiers de regonfler leurs marges. Après deux ans de silence, Martine Aubry impose depuis deux jours une autre musique en critiquant durement l’orientation politique du gouvernement Valls. « Détricoter au XXIe siècle les progrès du XXe siècle est une étrange option pour la modernité », dénonce celle qui avait recueilli 30 % des voix à la primaire socialiste de 2011, loin devant l’actuel locataire de Matignon. « Il serait assez curieux, avec la crise sous les yeux, de s’amouracher à contretemps d’illusions qui démoralisent notre pays. Les tentatives de Tony Blair et de Gerhard Schröder sont derrière nous », estime la maire de Lille, qui a finalement consenti à venir renforcer les voix qui s’insurgent à gauche, depuis le début du quinquennat, contre les orientations suicidaires de François Hollande.

 
Travail dominical, la franchise Point S réagit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014

AC Franchise, 20/10

Christophe Rollet, Directeur Général de Point S, réagit aux propositions du ministre de l'Economie, énoncées dans le cadre de son projet de loi pour l'activité.

« Avec ces propositions, l'Etat semble se présenter comme libéral, avant-gardiste, et pro-commerce, pro-salarié et pro-entreprise. En réalité, ces mesures, si elles sont prises, vont à l'encontre des besoins des salariés, des entreprises et du commerce. »


Christophe Rollet, Directeur Général de Point S, un des leaders du marché de l'entretien automobile, exprime à nouveau son inquiétude face aux propositions du gouvernement concernant le travail dominical et réagit aux mesures énoncées par le ministre de l'Economie mercredi dernier.
 
Le gouvernement veut porter de cinq à douze les « dimanches du maire »
Christophe Rollet, dont l'enseigne a expérimenté le travail dominical, commente : « Quel que soit le nombre accordé, cela ne changera rien au chiffre d'affaires des commerces : les consommateurs n'ont pas plus d'argent à dépenser et les magasins feront le même chiffre sur 7 jours que sur 6. D'autre part, d'une ville à l'autre, les dimanches travaillés pourront ne pas être les mêmes, ce qui ne pourra que compliquer encore la situation.»
Dans certaines zones touristiques, le travail dominical devrait être payé double
« C'est évidemment une bonne mesure pour les salariés bien qu'imposée fiscalement, ce qui est regrettable, si le travail dominical est effectivement basé sur le volontariat et non imposé... ce qui sera difficile pour les commerces employant un petit nombre de salariés. » Christophe Rollet ajoute : « Mais côté commerçant, cela va rendre plus difficile la rentabilité de l'entreprise qui, en ouvrant le dimanche, devra doubler ses charges y compris salariales. »
Pour préserver les petits commerces, les entreprises de moins de 11 salariés ne seraient pas concernés par cette mesure : « Ce sont pourtant elles qui seront les plus touchées ! » souligne Christophe Rollet. « Le nombre de petits commerces situés dans une galerie marchande est bien supérieur à la seule grande enseigne qui ouvre le dimanche, et là encore, les commerçants comme leurs salariés vont se retrouver otages et contraints de venir travailler. Est-ce que la majorité des salariés et des commerçants souhaite vraiment travailler le dimanche dans ces conditions ?»
A nouveau, Christophe Rollet remarque que les décisions du gouvernement concernant le travail dominical n'engendrent que des situations confuses. Il rappelle l'urgence d'une loi qui permette une concurrence saine et non déloyale entre enseignes du même secteur et entre les différents secteurs. Une loi qui réponde aux attentes des commerçants, mais aussi à celles de leurs salariés et des consommateurs, « ces derniers étant, au final, ceux qui assumeront les coûts engendrés par ces ouvertures dominicales qui auront immanquablement une répercussion sur les prix. »


A propos de Point S
Fondée en 1971, l'enseigne Point S est l'un des leaders du marché de l'entretien auto en France et leader du marché mondial du pneumatique. En France, Point S fédère plus de 440 points de vente, avec un chiffre d'affaires de 410 millions d'euros. A l'international, Point S, implanté dans 27 pays, compte plus de 3 000 points de vente.

 
L'ouverture du dimanche va-t-elle "casser le petit commerce" ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014
Nouvel Obs le 20-10-2014 à 20h16
 
En avril dernier, avec d'autres commerçants de la région, Philippe Dauberte manifestait en Haute-Garonne contre l'ouverture d'un supermarché le dimanche à Martres-Tolosane. Perché sur son escabeau, il s'emparait du porte-voix pour dénoncer la fin programmée des petits commerces : "J'avais l'air un peu ridicule mais le ridicule ne tue pas, la preuve, je suis toujours là pour me battre". Lundi 20 octobre, sur France Inter, Martine Aubry est à son tour montée au créneau contre le travail dominical. La maire de Lille prévient : "On va casser le petit commerce". Vraiment ?

Dans le petit bourg de Boussens, à quelques kilomètres de Martres-Tolosane, Philippe Dauberte en fait chaque semaine l'expérience. Car depuis que le Super U a obtenu l'autorisation d'ouvrir le dimanche, le chiffre d'affaires de son épicerie indépendante, qui s'élevait à 2.000 euros ce journée-là, est tombé à 300 euros. Un résultat qui n'évolue plus depuis : "Ce n'est pas intéressant d'ouvrir le dimanche pour une si petite somme mais je le fais pour que la proximité ne disparaisse pas", explique ce quinquagénaire qui a "l'épicerie dans la peau."

Un écart de prix peu significatif

Le choc est d'autant plus rude que son Urssaf est calculé sur l'année précédente. Son chiffre d'affaires a chuté mais ses charges sont pour l'instant restées les mêmes.

Cela fait 28 ans que je fais ce métier et, aujourd'hui, je ne peux même plus me rémunérer."

Philippe Dauberte en est convaincu :

Les clients ont remplacé le jour de leurs achats mais ils ne consomment pas plus".

Le dimanche était un jour important pour son commerce. Son incompréhension est d'autant plus grande qu'il juge cette concurrence injuste. La grande surface a les moyens de faire du matraquage publicitaire alors que l'écart de prix avec son épicerie n'est pas si élevé. "C'est inscrit dans l'esprit des gens mais ils ne voient pas qu'on arrive pourtant à être compétitifs" : il a fait l'expérience de comparer deux paniers identiques, avec 12 produits, achetés chez lui et au supermarché : 25,69 euros dans son épicerie, 25 euros au supermarché.

Pour s'en sortir, l'épicier de Boussens, 1.000 habitants, vient de trouver un nouvel investisseur pour cinq ans : "C'est un gros risque que je prends. Mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Devenir chef de rayon dans une grande surface ?" Philippe Dauberte ne pourrait pas se passer du contact avec ses clients, des discussions sur la politique, le foot, les gamins… Pour le moment, il tient parce que sa femme a un travail en dehors de l'épicerie :

On vit avec son salaire. Je ne suis pas fier. Humainement parlant, c'est très difficile. Je ne peux même plus m'acheter une paire de chaussures."

En avril, les commerçants de la région avaient créé une association, Articom 31, elle a été dissoute depuis, sous la pression des grandes enseignes. "Le problème des commerçants, c'est qu'ils sont très indépendants. C'est chacun de son côté". L'expérience lui a pourtant permis de réaliser qu'il n'était pas seul à subir l'impact de l'ouverture dominicale du supermarché.

Contraint d'ouvrir sept jours sur sept

Avant ce bouleversement, l'épicerie de Boussens était fermée le lundi. L'occasion pour son patron de voir les fournisseurs, de choisir :

Je veux connaître le gars qui fait mon saucisson. "Cochonou", je ne sais pas qui c'est !"

Ce ne sera désormais plus possible : pour tenter de compenser ses pertes le dimanche, il sera ouvert sept jours sur sept. Il reste à voir si les clients répondront présents. Il reste persuadé que l'épicier reste un besoin : "ça évite la voiture, on peut y envoyer son gamin sans crainte!"

L'argument de la création d'emplois avec l'ouverture du dimanche ne le convainc pas : "Cette histoire dure depuis plus d'un an et la courbe du chômage ne baisse pas, elle s'aggrave."

A Boussens, la pharmacie se bat aussi, le tabac se bat aussi… "Ici, on a tout pour être bien mais ce petit monde ne vit pas comme il faut. Alors, on va tous devoir fermer ? On perd notre vie de village, il faut nous laisser un peu de place !" L'épicier en appelle à la population:

Ce sont les clients et pas les politiques qui font la société. La proximité, on a tous besoin de ça."

Il fait tout pour tenir car ce n'est pas dans sa nature de se laisser aller. Mais se sent abandonné. "J'ai écrit à tout le monde, même à Carole Delga, la secrétaire d'Etat chargée du Commerce. Elle habite à quatre kilomètres d'ici mais elle n'est jamais venue. Il n'y a rien qui bouge."
 
L'ouverture le dimanche est une menace pour les commerçants indépendants Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014

L'Express, 20/10 - BERNARD MORVAN

Le ministre de l'Économie souhaite assouplir les conditions d'ouverture des commerces le dimanche. Mais cette mesure, si elle est décidée sans concertation, risque d'entraîner la mort des magasins indépendants de centre-ville.

Est-ce vraiment la volonté politique actuelle de faire définitivement disparaitre le commerce indépendant de centre-ville au détriment de l’emploi et du lien social qu’il sous-tend ? De ne privilégier que la périphérie au profit exclusif des grandes enseignes, uniformisant tout sur son passage et sacrifiant des centres-villes qui ne cessent de se vider ?

Et que dire des risques sociétaux d’une telle démarche ? À force de rafistoler par petits morceaux une réglementation kafkaïenne, on prend le risque de compromettre encore plus la cohésion sociale que nos commerces de proximité entretiennent en déshumanisant l’acte d’achat. Ces relations entre les générations et les cultures sont un facteur de stabilité de la société, dont nos commerces sont les garants.

Aujourd’hui, les maires ont toute possibilité d’autoriser les commerçants employant des salariés à déroger au repos dominical, mais ces possibilités sont loin d’être entièrement utilisées ! Il existe plus de 600 zones d’intérêt touristiques ou thermales, 32 PUCE (périmètre urbain de consommation exceptionnelle), situés dans trois agglomérations de plus d’un million d’habitants, des secteurs entiers tels que le bricolage, la jardinerie, l’ameublement, les commerces de détail alimentaires ouverts le dimanche jusqu’à 13h, et bien entendu, les 5 dimanches pour tous les acteurs employeurs du commerce, à discrétion du maire.

Il faut savoir par ailleurs que les salariés ne sont pas traités à la même enseigne, puisque ceux travaillant le dimanche en zones touristiques n’ont pas de majoration de salaire ni de récupération. En effet, dans les zones touristiques la notion de "dimanche" disparaît... Mais les commerçants, afin de ne pas pénaliser leurs salariés, ont ajusté les salaires en fonction de ce travail du dimanche, il y a déjà des années de cela. Qu’adviendra-t-il ce ces derniers lorsqu’on leur demandera de majorer ces salaires ?

Si le Gouvernement voit un levier de croissance dans la création de nouvelles zones touristiques, il doit fortement prendre garde aux conditions sociales qu’il inscrira en contrepartie dans sa loi, et comprendre le risque qui découlerait de cette décision venant ainsi détruire un équilibre fragile établi dans les zones touristiques actuelles, avec les pertes d’emplois qui ne manqueront pas de s’ensuivre...

De même, si la loi aboutissait à une augmentation du nombre de dérogations dominicales dans les zones non touristiques, il est certain que les commerces indépendants de centre-ville qui emploient des salariés n’auraient pas les moyens humains et financiers de suivre le rythme d’ouverture des plus gros acteurs, créant ainsi un facteur discriminant supplémentaire.

Y aurait-il une demande pressante d’élargissement de ces zones provenant des territoires ? En Haute-Garonne, un accord signé par toutes les parties prenantes concernées – syndicats de salariés et syndicats patronaux, l’Association des maires de la Haute-Garonne, et la Direction générale du Travail de Haute-Garonne – vient limiter les ouvertures des commerces les dimanches et jours fériés et tordre le cou à l’idée véhiculée par certains qu’il faudrait libéraliser encore plus les ouvertures pour les commerçants qui salarient.

Et on voudrait nous faire croire que le débat est national ? De plus, le nombre de dérogations au repos dominical n’est pas non plus une réponse. On veut donc en revenir à la définition des zones touristiques, notamment dans la capitale, pénalisée et directement concurrencée par Londres grâce à un accès facilité par le TGV. Attention : contrairement à l’idée reçue, 80 % des commerces parisiens sont des commerces indépendants de proximité. Ce nombre exceptionnel provient d’une politique assumée d’urbanisme commercial qui a favorisé la diversité, l’emploi et le lien social dans la capitale. Prenons garde à ne pas les détruire...

La revitalisation des centres-villes est une préoccupation majeure de la Fédération Nationale de l'Habillement, qui au travers de son Plan Marshall présente actuellement aux autorités compétentes 58 propositions afin d’éviter de voir disparaître les centres-villes, les uns après les autres, et la question du dimanche y figure en bonne place. Si jamais la solution passait par une redéfinition des zones touristiques, la France des régions pourrait enfin respirer et se battre pour revitaliser ses commerces de centres-villes, véritables réservoirs d’emplois, garants des liens sociaux et de proximité entre les citoyens.

Bernard Morvan est le président de la Fédération Nationale de l’Habillement

 
Le travail du dimanche : hérésie ou stupidité ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014

Agoravox, 20/10 - SALTZ 

coup-de-gueule.jpg

Et revoilà sur tous les tons l'homélie au travail du dimanche, panacée pour retrouver la santé de la sainte croissance.

Le grand-prêtre l'a dit et tous les officiants du petit écran s'en viennent prêcher la bonne parole, en répétant qu'il serait hérétique de les contredire et en présentant des interviews au ras des caniveaux, appelés pour cela « radio-trottoir ».

Surprise devant une caméra, une pauvre Madame Michu déclare sans conviction, comme si on lui avait soufflé le texte, être contente de pouvoir faire ses courses le dimanche parce que son travail et ses déplacements lui prennent trop de temps en semaine.

Et pour faire objectif, une autre dame lui succède en s'y opposant au nom de la vie de famille.

Voilà qui est bien pesé. Autant de secondes pour chacun des deux avis. Une voix pour, une voix contre.

Que les valeurs qui soutiennent chacune de ces positions ne soient pas de même nature, peu importe. La société de consommation est mise à égalité avec la vie privée. L'important est le demi-point espéré de PIB, pas les millions de vie désunies.

La question est basique : Que préfères-tu ? Faire du lèche-vitrine et la queue dans un magasin ? Ou te retrouver avec ceux que tu aimes ? Pour ces gens-là, la réponse va de soi : Aller dépenser mon argent, évidemment.

Pour faire faire passer la pilule, le commentateur - je n'ose pas dire le journaliste - ajoute que les travailleurs dominicaux seront des volontaires et qu'ils seront payés double.

Quand on a été salarié dans l'industrie et dans la grande distribution, on sait que le mot volontariat a la même acception que dans l'armée. Pour ceux qui n'ont pas fait leur service militaire, un volontaire est en réalité un désigné d'office. Quand le chômage te menace, ta liberté de répondre par un oui ou par un non est franchement limitée.

Quant au doublement des salaires, n'est-ce pas ce même commentateur qui évoquait la suppression du Smic ?

Alors à terme, deux fois plus que quoi ?

Il faut que les princes qui nous gouvernent aient un certain aplomb pour oser affirmer qu'un surcroît de travail allaient relancer le PIB et redresser le pays.

Aucune théorie économique ne l'a prouvé, et de toutes façons l'économie n'est une science que dans la bouche de ceux qui le revendique, pas dans celle des spécialistes des « sciences dures », c'est à dire des sciences authentiques.

D'abord rien n'est moins sûr, économiquement.

Ensuite, supprimer des libertés, la liberté d'avoir un jour de repos et la liberté de se réunir en famille ou entre amis, pose le problème de l'organisation sociale, de ses fondements purement financiers et du sens de la vie.

S'attaquer à la famille, c'est atomiser l'individu pour qu'il soit plus malléable. L'évolution des allocations familiales va dans le même sens. Le discours officiel est net : pour que le pays soit fort, faisons comme l'Allemagne, et arrêtons de faire des bébés, sans appréhension du déclin démographique. 

Le travail était une valeur, pas seulement dans la France de Pétain. C'est par lui que la société pouvait survivre. Il était indispensable et c'était normal que chacun participe.

En moins d'un siècle, les temps ont changé.

Le travail de l'homme est mis en concurrence avec le travail des robots et autres automates.

Une armée de comptables a été remplacée par un simple tableur.

Les véhicules sont de plus en plus autonomes, et pas seulement les lignes de métro.

Les magasins sont accessibles sans personne via internet. On peut faire son shopping jour et nuit, voir la marchandise et payer, et les entrepôts se vident de magasiniers et les drones de livreurs sont expérimentés.

Mais le gouvernement est en retard. Profondément conservateur, il n'a pas prévu de loi pour les véhicules sans conducteur qui sont actuellement expérimentés, et, de peur du futur, il bloque les VTC au bénéfice des taxis dont les chauffeurs espèrent un gain non de leur labeur mais de la spéculation sur leur licence.

Le travail n'est plus accessible, et par conséquent ce n'est plus une valeur. Combien de millions de personnes aimeraient en avoir ? Et travailler est loin d'être la meilleure façon de s'enrichir, voire de survivre. Il suffit de demander aux salariés SDF.

Cette évolution a changé l'image du travail. Un artisan me disait que les jeunes ne pensaient plus à s'enrichir en travaillant mais en achetant un bien immobilier et en le revendant. A défaut d'être une valeur, la spéculation était la nouvelle règle. Avec l'inversion de la courbe de la pierre, est-ce toujours vrai ?

Mais revenons aux princes qui nous gouvernent et à leur état d'esprit qui s'est révélé quand ils ont changé le nom de « gestion du personnel » en « ressources humaines ».

Il est devenu flagrant que le personnel devenait une ressource au même titre que le matériel ou la matière première.

Ce n'est plus qu'une variable qu'on ajuste au gré de la conjoncture, sans affect.

Ce manque d'humanité débouche sur des principes de gestion clairs :

pour faire baisser le coûts des salaires, il faut un certain niveau de chômage et maintenir la crainte d'un licenciement dans le contexte difficile de recherche d'emploi

il faut supprimer toutes les contraintes des entreprises vis à vis du travail : temps, horaires, salaires, durée hebdomadaire, durée dans la vie humaine, ...

La fin d'une vie de travail arrive avec la retraite, mais là aussi l'ajout des conditions pour l'obtenir répond à la même logique. Le nombre de trimestres validés augmentent, et comme les études se prolongent et que le calcul de la pension est calculé sur un nombre d'années toujours plus grand, la retraite arrive de plus en plus tard avec une pension de plus en plus faible.

La précarité est un bon moyen de contenir le peuple, y compris les cadres et la classe moyenne qui sont rétrogradés dans la plèbe.

C'est un retour à marche forcée vers le passé, vers l'Ancien Régime, et bientôt vers l'Antiquité.

L'Ancien Régime, c'était le temps des taillables et corvéables à merci. (NDLR : pas exactement : les taux de prélèvements actuels sont beaucoup plus élevés que sous l'Ancien Régime)

La corvée était un travail obligatoire non payé : la suppression du lundi de Pentecôte a été le premier pas symbolique, avec l'acquiescement des partis et des syndicats dits de gauches (NDLR : la corvée était un impôt perçu de manière non pécuniaire, à cause de la rareté de la monnaie à cette époque. Elle est tombée en désuétude au XI° siècle)

L'épisode affligeant de l'écotaxe, votée à l'unanimité, qui se termine par un dédit de plus d'un milliard d'euros à une entreprise privée, révèle un autre retour à l'époque pré-révolutionnaire :

c'est le retour des fermiers généraux chargés de la collecte des impôts indirects

Encore un grand pas en arrière, dans le silence général.

Le travail du dimanche, hérésie ou stupidité ?

Non.

C'est l'application du slogan « Le changement, c'est maintenant ».

Oui, mais vers quoi ?

Vers l'époque du servage, avec en ligne de mire l'esclavage.

 

 
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >>

Résultats 1 - 11 sur 2706

Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
Collectif des Amis du Dimanche, 10 rue Denis Poisson, 75017 PARIS - 04 67 96 11 72 / 06-07-15-79-57
Le wiki (accès réservé)