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Pétition pour le Dimanche

Déjà plus de 107.000 signatures ! Vous aussi, signez la pétition du CAD.

La pétition présentée par le CAD a obtenu plus de 107.000 signatures authentifiées (au contraire de la pétition-bidon du Dr Carabistouille !)
- Pétition électronique : 99.000 signatures au 01/10/13
- Pétition papier : 8.107 signatures au comptage du 15/01/12
   Merci à tous ceux qui out téléchargé et fait signer la pétition papier, voir cette page !

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Travail du dimanche: le gouvernement pré...
Le repos dominical n'est pas pour les plus pauvres et décision du Conseil d'Etat Le pape François a appelé les ch...
Citations

Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai !.

François Hollande

Président de la République Française - Mai 2012

Tous ouverts ou tous fermés, mais tous égaux.

 

Jean-Claude Bourrelier

Patron de Bricorama

De mauvaises lois sont la pire sorte de tyrannie.

Edmund Burke
Ecrivain

Le débat qui nous occupe est infiniment [...] profond [...] Nous sommes bien face à un choix de société qu’il nous faut trancher.

Jean-Marc Ayrault
Premier Ministre
Extrait de la discussion du 7 juillet 2009 à l’Assemblée Nationale

Je m'oppose absolument et formellement au travail du dimanche qui détruit la vie de famille et se met au service d'un consumérisme aveuglé.

Jean-Luc Mélenchon
Ancien ministre, député européen, sénateur, conseiller général
candidat 2012 à la présidence de la République

Dans la semaine, il y a six jours pour avoir, et un jour pour être.

Hervé Mariton
Ingénieur des Mines
Député UMP de la Drôme

Le travail du dimanche n'enrichit pas.

Proverbe italien

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Le travail du dimanche en question

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Bataille d’arguments à gauche sur le travail du dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
22-10-2014
 
Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son intention de faciliter le travail le dimanche. Le sujet divise toujours dans les rangs du PS. Revue de détail des différents arguments échangés.

Il semble bien loin le temps où les députés PS s’élevaient à l’unisson contre le travail dominical, comme dans cette vidéo publiée en 2008 . Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière son projet de loi pour l'activité. Il comprend notamment un élargissement de la possibilité de travailler le dernier jour de la semaine. Les commerces non alimentaires pourront ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande, et jusqu'à douze dimanches par an au total. Emmanuel Macron a également expliqué que les salariés seraient mieux payés s'ils travaillent le dimanche.

Les arguments pour
Une réforme créatrice d’emplois
Emmanuel Macron a estimé dimanche que "simplifier le travail le dimanche va créer des milliers d'emplois". "Cela va aider des gens qui sont au chômage, qui ne touchent même un SMIC à gagner davantage", a-t-il assuré. Même constat du côté de Bruno Le Roux pour qui "il y a bien entendu des gisements d'emplois sur le travail le dimanche".  "Mais il faut que les zones soient bien identifiées et les choses simplifiées", a expliqué le chef des députés PS sur RTL lundi.
 
Commentaire CAD : non seulement il n'existe aucun argument macro-économique démontrant la création d'emploi par le travail du dimanche, mais en plus il existe des risques de destruction d'emploi net ! Si tout le monde sera d'accord pour que les choses soient simplifiées, la meilleure manière d'y parvenir est d'abroger la loi Mallié, qui est venue mettre un désorde kafkaien dans une législation qui était auparavant simple et équilibrée. Ce n'est pas ce qui se pépare dans les cartons du ministère. 

De nouvelles recettes liées au tourisme
Les défenseurs de l’extension du travail dominical insistent également sur la nécessité d’augmenter les dépenses des touristes étrangers en France. L’argument est notamment défendu par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en charge du Tourisme. "Il y a quelques années on pouvait discuter : est-ce opportun ou pas? Mais aujourd'hui, il nous semble que, compte tenu du flot de touristes qui existe et qui ne vont pas attendre le jeudi pour venir consommer; et d'autre part compte tenu du développement du e-commerce, il n'y a plus de choix", a-t-il plaidé en septembre dernier. 
 
Commentaire CAD : l'argument du e-commerce, régulièrement resservi, est d'une totale absurdité : en effet, les grandes enseignes, qui veulent ouvrir, ont déjà leur site Internet. Par ailleurs, toutes les enseignes peuvent ouvrir un site Internet. Enfin, la totalité des sites Internet vendant des produits physiques, même s'ils peuvent à titre dérogatoire travailler le dimanche, n'effectuent les livraisons qu'en jours ouvrés. Par ailleurs, la réflexion serait à différencier par segments : il ne viendrait à personne l'idée d'acheter un poisson rouge par Internet. En ce qui concerne les supposées transfert de touristes qui iraient acheter des parfums français à Londre sous prétexte que le Séphora des Champs n'est pas ouvert jusqu'à minuit, il s'agit d'une affirmation purement fantaisiste, comme les "milliers d'emplois" promis par le député-dentiste Mallié,  jusqu'à ce que le Ministre veuille bien nous montrer d'où il tire ses informations.  
 
Les arguments contre
Une mise en danger des petits commerce
Certains élus PS insistent sur la menace que constitue l’extension du travail le dimanche pour les petits commerces. C’est le cas d’Anne Hidalgo,qui considère, qu’une "négociation sociale et territoriale" est nécessaire avant une telle réforme. "Je continue à le dire : si on avait autorisé le travail du dimanche dans les grandes surfaces alimentaires autour de Paris, nous n'aurions pas maintenu un commerce de centre-ville qui est très générateur d'emplois", a expliqué la maire de Paris en avril.

Un choix de société
Certains socialistes mettent enfin en avant l’importance de maintenir un jour dans la semaine qui ne soit pas dévolu à la consommation ou au travail. "Je suis opposée au travail du dimanche, mais ce n’est pas une question d’acquis des travailleurs. Pour moi c’est un choix de société", a ainsi expliqué Martine Aubry lundi sur RTL. "Est-ce que notre société consommer 24 heures sur 24? Est-ce qu’on n' a pas une journée que l'on peut passer en famille avec des amis, pour la culture, le sport, rêver?", a-t-elle ajouté.  
 
Les réformateurs ringards Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
22-10-2014
L'Huma, Mardi, 21 Octobre, 2014 L'éditorial de Maud Vergnol
 
Il y aurait donc d’un côté les «modernes» Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable.
Il y aurait donc d’un côté les « modernes » Valls, Sapin et autres Macron, réformateurs au sourire impeccable. Ceux qui n’ont pas peur d’user les semelles de leurs chaussures Louboutin à arpenter les couloirs de Bruxelles pour leur « opération séduction », nous dit-on. Et de l’autre, la « vieille gauche », « la gauche archaïque », celle des « sans-dents » et des « illettrées », celle qui ose croire encore au progrès social et qui refuse le grand bond en arrière. Pourtant, ceux qui se présentent comme les chantres de la modernité prennent la route de l’histoire en sens inverse. L’incurie du gouvernement face au chômage de masse en est l’illustration parfaite. Ainsi, il faudrait « libérer » l’activité, en généralisant le travail du dimanche, casser les derniers droits des salariés, baisser l’indemnisation des chômeurs et les transformer en travailleurs pauvres. Qu’importe, pour les « modernes », que le problème du chômage soit ailleurs, dans les trois vraies maladies du pays que sont l’austérité, le pompage des richesses par le capital et l’affaiblissement de l’État, pourvu que l’« armée industrielle de réserve » continue de permettre aux financiers de regonfler leurs marges. Après deux ans de silence, Martine Aubry impose depuis deux jours une autre musique en critiquant durement l’orientation politique du gouvernement Valls. « Détricoter au XXIe siècle les progrès du XXe siècle est une étrange option pour la modernité », dénonce celle qui avait recueilli 30 % des voix à la primaire socialiste de 2011, loin devant l’actuel locataire de Matignon. « Il serait assez curieux, avec la crise sous les yeux, de s’amouracher à contretemps d’illusions qui démoralisent notre pays. Les tentatives de Tony Blair et de Gerhard Schröder sont derrière nous », estime la maire de Lille, qui a finalement consenti à venir renforcer les voix qui s’insurgent à gauche, depuis le début du quinquennat, contre les orientations suicidaires de François Hollande.

 
Travail dominical, la franchise Point S réagit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014

AC Franchise, 20/10

Christophe Rollet, Directeur Général de Point S, réagit aux propositions du ministre de l'Economie, énoncées dans le cadre de son projet de loi pour l'activité.

« Avec ces propositions, l'Etat semble se présenter comme libéral, avant-gardiste, et pro-commerce, pro-salarié et pro-entreprise. En réalité, ces mesures, si elles sont prises, vont à l'encontre des besoins des salariés, des entreprises et du commerce. »


Christophe Rollet, Directeur Général de Point S, un des leaders du marché de l'entretien automobile, exprime à nouveau son inquiétude face aux propositions du gouvernement concernant le travail dominical et réagit aux mesures énoncées par le ministre de l'Economie mercredi dernier.
 
Le gouvernement veut porter de cinq à douze les « dimanches du maire »
Christophe Rollet, dont l'enseigne a expérimenté le travail dominical, commente : « Quel que soit le nombre accordé, cela ne changera rien au chiffre d'affaires des commerces : les consommateurs n'ont pas plus d'argent à dépenser et les magasins feront le même chiffre sur 7 jours que sur 6. D'autre part, d'une ville à l'autre, les dimanches travaillés pourront ne pas être les mêmes, ce qui ne pourra que compliquer encore la situation.»
Dans certaines zones touristiques, le travail dominical devrait être payé double
« C'est évidemment une bonne mesure pour les salariés bien qu'imposée fiscalement, ce qui est regrettable, si le travail dominical est effectivement basé sur le volontariat et non imposé... ce qui sera difficile pour les commerces employant un petit nombre de salariés. » Christophe Rollet ajoute : « Mais côté commerçant, cela va rendre plus difficile la rentabilité de l'entreprise qui, en ouvrant le dimanche, devra doubler ses charges y compris salariales. »
Pour préserver les petits commerces, les entreprises de moins de 11 salariés ne seraient pas concernés par cette mesure : « Ce sont pourtant elles qui seront les plus touchées ! » souligne Christophe Rollet. « Le nombre de petits commerces situés dans une galerie marchande est bien supérieur à la seule grande enseigne qui ouvre le dimanche, et là encore, les commerçants comme leurs salariés vont se retrouver otages et contraints de venir travailler. Est-ce que la majorité des salariés et des commerçants souhaite vraiment travailler le dimanche dans ces conditions ?»
A nouveau, Christophe Rollet remarque que les décisions du gouvernement concernant le travail dominical n'engendrent que des situations confuses. Il rappelle l'urgence d'une loi qui permette une concurrence saine et non déloyale entre enseignes du même secteur et entre les différents secteurs. Une loi qui réponde aux attentes des commerçants, mais aussi à celles de leurs salariés et des consommateurs, « ces derniers étant, au final, ceux qui assumeront les coûts engendrés par ces ouvertures dominicales qui auront immanquablement une répercussion sur les prix. »


A propos de Point S
Fondée en 1971, l'enseigne Point S est l'un des leaders du marché de l'entretien auto en France et leader du marché mondial du pneumatique. En France, Point S fédère plus de 440 points de vente, avec un chiffre d'affaires de 410 millions d'euros. A l'international, Point S, implanté dans 27 pays, compte plus de 3 000 points de vente.

 
L'ouverture du dimanche va-t-elle "casser le petit commerce" ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014
Nouvel Obs le 20-10-2014 à 20h16
 
En avril dernier, avec d'autres commerçants de la région, Philippe Dauberte manifestait en Haute-Garonne contre l'ouverture d'un supermarché le dimanche à Martres-Tolosane. Perché sur son escabeau, il s'emparait du porte-voix pour dénoncer la fin programmée des petits commerces : "J'avais l'air un peu ridicule mais le ridicule ne tue pas, la preuve, je suis toujours là pour me battre". Lundi 20 octobre, sur France Inter, Martine Aubry est à son tour montée au créneau contre le travail dominical. La maire de Lille prévient : "On va casser le petit commerce". Vraiment ?

Dans le petit bourg de Boussens, à quelques kilomètres de Martres-Tolosane, Philippe Dauberte en fait chaque semaine l'expérience. Car depuis que le Super U a obtenu l'autorisation d'ouvrir le dimanche, le chiffre d'affaires de son épicerie indépendante, qui s'élevait à 2.000 euros ce journée-là, est tombé à 300 euros. Un résultat qui n'évolue plus depuis : "Ce n'est pas intéressant d'ouvrir le dimanche pour une si petite somme mais je le fais pour que la proximité ne disparaisse pas", explique ce quinquagénaire qui a "l'épicerie dans la peau."

Un écart de prix peu significatif

Le choc est d'autant plus rude que son Urssaf est calculé sur l'année précédente. Son chiffre d'affaires a chuté mais ses charges sont pour l'instant restées les mêmes.

Cela fait 28 ans que je fais ce métier et, aujourd'hui, je ne peux même plus me rémunérer."

Philippe Dauberte en est convaincu :

Les clients ont remplacé le jour de leurs achats mais ils ne consomment pas plus".

Le dimanche était un jour important pour son commerce. Son incompréhension est d'autant plus grande qu'il juge cette concurrence injuste. La grande surface a les moyens de faire du matraquage publicitaire alors que l'écart de prix avec son épicerie n'est pas si élevé. "C'est inscrit dans l'esprit des gens mais ils ne voient pas qu'on arrive pourtant à être compétitifs" : il a fait l'expérience de comparer deux paniers identiques, avec 12 produits, achetés chez lui et au supermarché : 25,69 euros dans son épicerie, 25 euros au supermarché.

Pour s'en sortir, l'épicier de Boussens, 1.000 habitants, vient de trouver un nouvel investisseur pour cinq ans : "C'est un gros risque que je prends. Mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Devenir chef de rayon dans une grande surface ?" Philippe Dauberte ne pourrait pas se passer du contact avec ses clients, des discussions sur la politique, le foot, les gamins… Pour le moment, il tient parce que sa femme a un travail en dehors de l'épicerie :

On vit avec son salaire. Je ne suis pas fier. Humainement parlant, c'est très difficile. Je ne peux même plus m'acheter une paire de chaussures."

En avril, les commerçants de la région avaient créé une association, Articom 31, elle a été dissoute depuis, sous la pression des grandes enseignes. "Le problème des commerçants, c'est qu'ils sont très indépendants. C'est chacun de son côté". L'expérience lui a pourtant permis de réaliser qu'il n'était pas seul à subir l'impact de l'ouverture dominicale du supermarché.

Contraint d'ouvrir sept jours sur sept

Avant ce bouleversement, l'épicerie de Boussens était fermée le lundi. L'occasion pour son patron de voir les fournisseurs, de choisir :

Je veux connaître le gars qui fait mon saucisson. "Cochonou", je ne sais pas qui c'est !"

Ce ne sera désormais plus possible : pour tenter de compenser ses pertes le dimanche, il sera ouvert sept jours sur sept. Il reste à voir si les clients répondront présents. Il reste persuadé que l'épicier reste un besoin : "ça évite la voiture, on peut y envoyer son gamin sans crainte!"

L'argument de la création d'emplois avec l'ouverture du dimanche ne le convainc pas : "Cette histoire dure depuis plus d'un an et la courbe du chômage ne baisse pas, elle s'aggrave."

A Boussens, la pharmacie se bat aussi, le tabac se bat aussi… "Ici, on a tout pour être bien mais ce petit monde ne vit pas comme il faut. Alors, on va tous devoir fermer ? On perd notre vie de village, il faut nous laisser un peu de place !" L'épicier en appelle à la population:

Ce sont les clients et pas les politiques qui font la société. La proximité, on a tous besoin de ça."

Il fait tout pour tenir car ce n'est pas dans sa nature de se laisser aller. Mais se sent abandonné. "J'ai écrit à tout le monde, même à Carole Delga, la secrétaire d'Etat chargée du Commerce. Elle habite à quatre kilomètres d'ici mais elle n'est jamais venue. Il n'y a rien qui bouge."
 
L'ouverture le dimanche est une menace pour les commerçants indépendants Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Expertises, études, réflexions
21-10-2014

L'Express, 20/10 - BERNARD MORVAN

Le ministre de l'Économie souhaite assouplir les conditions d'ouverture des commerces le dimanche. Mais cette mesure, si elle est décidée sans concertation, risque d'entraîner la mort des magasins indépendants de centre-ville.

Est-ce vraiment la volonté politique actuelle de faire définitivement disparaitre le commerce indépendant de centre-ville au détriment de l’emploi et du lien social qu’il sous-tend ? De ne privilégier que la périphérie au profit exclusif des grandes enseignes, uniformisant tout sur son passage et sacrifiant des centres-villes qui ne cessent de se vider ?

Et que dire des risques sociétaux d’une telle démarche ? À force de rafistoler par petits morceaux une réglementation kafkaïenne, on prend le risque de compromettre encore plus la cohésion sociale que nos commerces de proximité entretiennent en déshumanisant l’acte d’achat. Ces relations entre les générations et les cultures sont un facteur de stabilité de la société, dont nos commerces sont les garants.

Aujourd’hui, les maires ont toute possibilité d’autoriser les commerçants employant des salariés à déroger au repos dominical, mais ces possibilités sont loin d’être entièrement utilisées ! Il existe plus de 600 zones d’intérêt touristiques ou thermales, 32 PUCE (périmètre urbain de consommation exceptionnelle), situés dans trois agglomérations de plus d’un million d’habitants, des secteurs entiers tels que le bricolage, la jardinerie, l’ameublement, les commerces de détail alimentaires ouverts le dimanche jusqu’à 13h, et bien entendu, les 5 dimanches pour tous les acteurs employeurs du commerce, à discrétion du maire.

Il faut savoir par ailleurs que les salariés ne sont pas traités à la même enseigne, puisque ceux travaillant le dimanche en zones touristiques n’ont pas de majoration de salaire ni de récupération. En effet, dans les zones touristiques la notion de "dimanche" disparaît... Mais les commerçants, afin de ne pas pénaliser leurs salariés, ont ajusté les salaires en fonction de ce travail du dimanche, il y a déjà des années de cela. Qu’adviendra-t-il ce ces derniers lorsqu’on leur demandera de majorer ces salaires ?

Si le Gouvernement voit un levier de croissance dans la création de nouvelles zones touristiques, il doit fortement prendre garde aux conditions sociales qu’il inscrira en contrepartie dans sa loi, et comprendre le risque qui découlerait de cette décision venant ainsi détruire un équilibre fragile établi dans les zones touristiques actuelles, avec les pertes d’emplois qui ne manqueront pas de s’ensuivre...

De même, si la loi aboutissait à une augmentation du nombre de dérogations dominicales dans les zones non touristiques, il est certain que les commerces indépendants de centre-ville qui emploient des salariés n’auraient pas les moyens humains et financiers de suivre le rythme d’ouverture des plus gros acteurs, créant ainsi un facteur discriminant supplémentaire.

Y aurait-il une demande pressante d’élargissement de ces zones provenant des territoires ? En Haute-Garonne, un accord signé par toutes les parties prenantes concernées – syndicats de salariés et syndicats patronaux, l’Association des maires de la Haute-Garonne, et la Direction générale du Travail de Haute-Garonne – vient limiter les ouvertures des commerces les dimanches et jours fériés et tordre le cou à l’idée véhiculée par certains qu’il faudrait libéraliser encore plus les ouvertures pour les commerçants qui salarient.

Et on voudrait nous faire croire que le débat est national ? De plus, le nombre de dérogations au repos dominical n’est pas non plus une réponse. On veut donc en revenir à la définition des zones touristiques, notamment dans la capitale, pénalisée et directement concurrencée par Londres grâce à un accès facilité par le TGV. Attention : contrairement à l’idée reçue, 80 % des commerces parisiens sont des commerces indépendants de proximité. Ce nombre exceptionnel provient d’une politique assumée d’urbanisme commercial qui a favorisé la diversité, l’emploi et le lien social dans la capitale. Prenons garde à ne pas les détruire...

La revitalisation des centres-villes est une préoccupation majeure de la Fédération Nationale de l'Habillement, qui au travers de son Plan Marshall présente actuellement aux autorités compétentes 58 propositions afin d’éviter de voir disparaître les centres-villes, les uns après les autres, et la question du dimanche y figure en bonne place. Si jamais la solution passait par une redéfinition des zones touristiques, la France des régions pourrait enfin respirer et se battre pour revitaliser ses commerces de centres-villes, véritables réservoirs d’emplois, garants des liens sociaux et de proximité entre les citoyens.

Bernard Morvan est le président de la Fédération Nationale de l’Habillement

 
Le travail du dimanche : hérésie ou stupidité ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014

Agoravox, 20/10 - SALTZ 

coup-de-gueule.jpg

Et revoilà sur tous les tons l'homélie au travail du dimanche, panacée pour retrouver la santé de la sainte croissance.

Le grand-prêtre l'a dit et tous les officiants du petit écran s'en viennent prêcher la bonne parole, en répétant qu'il serait hérétique de les contredire et en présentant des interviews au ras des caniveaux, appelés pour cela « radio-trottoir ».

Surprise devant une caméra, une pauvre Madame Michu déclare sans conviction, comme si on lui avait soufflé le texte, être contente de pouvoir faire ses courses le dimanche parce que son travail et ses déplacements lui prennent trop de temps en semaine.

Et pour faire objectif, une autre dame lui succède en s'y opposant au nom de la vie de famille.

Voilà qui est bien pesé. Autant de secondes pour chacun des deux avis. Une voix pour, une voix contre.

Que les valeurs qui soutiennent chacune de ces positions ne soient pas de même nature, peu importe. La société de consommation est mise à égalité avec la vie privée. L'important est le demi-point espéré de PIB, pas les millions de vie désunies.

La question est basique : Que préfères-tu ? Faire du lèche-vitrine et la queue dans un magasin ? Ou te retrouver avec ceux que tu aimes ? Pour ces gens-là, la réponse va de soi : Aller dépenser mon argent, évidemment.

Pour faire faire passer la pilule, le commentateur - je n'ose pas dire le journaliste - ajoute que les travailleurs dominicaux seront des volontaires et qu'ils seront payés double.

Quand on a été salarié dans l'industrie et dans la grande distribution, on sait que le mot volontariat a la même acception que dans l'armée. Pour ceux qui n'ont pas fait leur service militaire, un volontaire est en réalité un désigné d'office. Quand le chômage te menace, ta liberté de répondre par un oui ou par un non est franchement limitée.

Quant au doublement des salaires, n'est-ce pas ce même commentateur qui évoquait la suppression du Smic ?

Alors à terme, deux fois plus que quoi ?

Il faut que les princes qui nous gouvernent aient un certain aplomb pour oser affirmer qu'un surcroît de travail allaient relancer le PIB et redresser le pays.

Aucune théorie économique ne l'a prouvé, et de toutes façons l'économie n'est une science que dans la bouche de ceux qui le revendique, pas dans celle des spécialistes des « sciences dures », c'est à dire des sciences authentiques.

D'abord rien n'est moins sûr, économiquement.

Ensuite, supprimer des libertés, la liberté d'avoir un jour de repos et la liberté de se réunir en famille ou entre amis, pose le problème de l'organisation sociale, de ses fondements purement financiers et du sens de la vie.

S'attaquer à la famille, c'est atomiser l'individu pour qu'il soit plus malléable. L'évolution des allocations familiales va dans le même sens. Le discours officiel est net : pour que le pays soit fort, faisons comme l'Allemagne, et arrêtons de faire des bébés, sans appréhension du déclin démographique. 

Le travail était une valeur, pas seulement dans la France de Pétain. C'est par lui que la société pouvait survivre. Il était indispensable et c'était normal que chacun participe.

En moins d'un siècle, les temps ont changé.

Le travail de l'homme est mis en concurrence avec le travail des robots et autres automates.

Une armée de comptables a été remplacée par un simple tableur.

Les véhicules sont de plus en plus autonomes, et pas seulement les lignes de métro.

Les magasins sont accessibles sans personne via internet. On peut faire son shopping jour et nuit, voir la marchandise et payer, et les entrepôts se vident de magasiniers et les drones de livreurs sont expérimentés.

Mais le gouvernement est en retard. Profondément conservateur, il n'a pas prévu de loi pour les véhicules sans conducteur qui sont actuellement expérimentés, et, de peur du futur, il bloque les VTC au bénéfice des taxis dont les chauffeurs espèrent un gain non de leur labeur mais de la spéculation sur leur licence.

Le travail n'est plus accessible, et par conséquent ce n'est plus une valeur. Combien de millions de personnes aimeraient en avoir ? Et travailler est loin d'être la meilleure façon de s'enrichir, voire de survivre. Il suffit de demander aux salariés SDF.

Cette évolution a changé l'image du travail. Un artisan me disait que les jeunes ne pensaient plus à s'enrichir en travaillant mais en achetant un bien immobilier et en le revendant. A défaut d'être une valeur, la spéculation était la nouvelle règle. Avec l'inversion de la courbe de la pierre, est-ce toujours vrai ?

Mais revenons aux princes qui nous gouvernent et à leur état d'esprit qui s'est révélé quand ils ont changé le nom de « gestion du personnel » en « ressources humaines ».

Il est devenu flagrant que le personnel devenait une ressource au même titre que le matériel ou la matière première.

Ce n'est plus qu'une variable qu'on ajuste au gré de la conjoncture, sans affect.

Ce manque d'humanité débouche sur des principes de gestion clairs :

pour faire baisser le coûts des salaires, il faut un certain niveau de chômage et maintenir la crainte d'un licenciement dans le contexte difficile de recherche d'emploi

il faut supprimer toutes les contraintes des entreprises vis à vis du travail : temps, horaires, salaires, durée hebdomadaire, durée dans la vie humaine, ...

La fin d'une vie de travail arrive avec la retraite, mais là aussi l'ajout des conditions pour l'obtenir répond à la même logique. Le nombre de trimestres validés augmentent, et comme les études se prolongent et que le calcul de la pension est calculé sur un nombre d'années toujours plus grand, la retraite arrive de plus en plus tard avec une pension de plus en plus faible.

La précarité est un bon moyen de contenir le peuple, y compris les cadres et la classe moyenne qui sont rétrogradés dans la plèbe.

C'est un retour à marche forcée vers le passé, vers l'Ancien Régime, et bientôt vers l'Antiquité.

L'Ancien Régime, c'était le temps des taillables et corvéables à merci. (NDLR : pas exactement : les taux de prélèvements actuels sont beaucoup plus élevés que sous l'Ancien Régime)

La corvée était un travail obligatoire non payé : la suppression du lundi de Pentecôte a été le premier pas symbolique, avec l'acquiescement des partis et des syndicats dits de gauches (NDLR : la corvée était un impôt perçu de manière non pécuniaire, à cause de la rareté de la monnaie à cette époque. Elle est tombée en désuétude au XI° siècle)

L'épisode affligeant de l'écotaxe, votée à l'unanimité, qui se termine par un dédit de plus d'un milliard d'euros à une entreprise privée, révèle un autre retour à l'époque pré-révolutionnaire :

c'est le retour des fermiers généraux chargés de la collecte des impôts indirects

Encore un grand pas en arrière, dans le silence général.

Le travail du dimanche, hérésie ou stupidité ?

Non.

C'est l'application du slogan « Le changement, c'est maintenant ».

Oui, mais vers quoi ?

Vers l'époque du servage, avec en ligne de mire l'esclavage.

 

 
Emmanuel Macron : "simplifier le travail le dimanche va créer des milliers d'emplois" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014

Il n'est pas impossible que, sous des dehors poupins, le précédent emploi de M. Marcon n'ait été gourou dans une secte étrange et fantaisiste.

C'est du moins ce qui peut se déduire de sa position sur le travail dominical, où il proclame incantation sur incantation, comme s'il croyait que les mots avaient le pouvoir de créer une réalité fantasmée. Il n'y manque plus que la danse de la pluie.

C'est ainsi qu'il énonce "On sait déjà que l'on créera forcément de l'emploi, des milliers d'emplois"

C'est mot pour mot ce qu'avait promis le Docteur Maillé, rédacteur de la loi qui créa la première brèche dans le repos dominical, sous l'ère Sarkozy, loi d'exception légalisant une zone de non doit à Plan de Campagne, étendue aux PUCE. Maillé est un dentiste, aussi n'avait-il pas hésité, lui, à promettre "des dizaines de milliers d'emplois". Que l'on attend toujours.

N'en déplaise au ministre, l'emploi ne se crée pas par incantation, ou par truismes scandés.

N'en déplaise au ministre, ce n'est pas en obligeant les libraires à travailler le dimanche qu'il va pouvoir concurrencer Amazon.

N'en déplaise au ministre, proposer de tels bricolages en face de la question du chômage, ce n'est pas sérieux.

 
 
Le ministre de l'économie a détaillé sa volonté de simplifier le travail le dimanche. "Dans la situation actuelle, où nous avons 10% de chômage, il faut faire le maximum pour recréer de l'emploi, de l'activité et aider les gens", a-t-il notamment scandé. 

Loin de proposer une déréglementation complète du travail dominical, le ministre propose de donner plus de flexibilité sur le terrain, aux maires chargés de de donner les autorisations d'ouverture. "Les magasins doivent pouvoir ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an, et au minimum cinq, c'est important pour l’activité." 

Des salariés payés double

"Aujourd'hui, le travail le dimanche est une réalité régulière ou occasionnelle pour 30% des Français", a-t-il ajouté. "Les Français consomment aussi le dimanche, c'est pour cela qu'il faut simplifier le dispositif et mieux protéger les salariés." 

Emmanuel Macron a donc expliqué que les salariés seraient mieux payés s'ils travaillent le dimanche. "Être payé double sera la règle pour les entreprises de plus de 11 salariés", a-t-il dit, précisant que le travail dominical s'organiserait toujours dans les entreprises sur la base du volontariat. 

On sait déjà que l'on créera forcément de l'emploi, des milliers d'emplois Emmanuel Macron
  
Le ministre a également insisté sur la nécessité pour les zones touristiques à fort potentiel de pouvoir profiter des opportunités du dimanche, listant notamment les grands boulevards parisiens, le Mont-Saint-Michel ou encore les grandes gares. 

Sur ce thème qui divise grandement à gauche, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité qu'implique la conjoncture économique actuelle pour certains travailleurs. Sans vouloir supprimer ce "temps consacré à la famille", il a ainsi expliqué que la réforme pourrait aider de nombreux Français. "Cela va aider des gens qui sont au chômage, qui ne touchent même un SMIC à gagner davantage.
 
Travail du dimanche : les commerces des zones touristiques inquiets Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014
 
ÉCONOMIE - Le ministre de l'Economie a annoncé que les travailleurs du dimanche pourraient être payés double.

Dans son chapelet de mesures égrenées mercredi, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a annoncé une bonne nouvelle aux employés du dimanche travaillant dans les zones touristiques : la possibilité d'être payé double. La loi Maillé de 2009, dernière en date sur le travail dominical, ne le prévoyait pas.

Salaire doublé dans les zones touristiques ? Plus précisément, le ministère de l'Economie a annoncé mercredi "l'introduction d'une compensation financière pour les salariés d'entreprises comptant plus de 11 employés (payé double)". Les personnels concernés ? Tous ceux travaillant dans les zones touristiques et thermales. Il en existe une quarantaine actuellement en France et la dernière loi de 2009 n'avait pas prévu pour eux de compensation financière à leur travail dominical.
Que dit la loi Maillé de 2009 ? Les employés de commerces bénéficient théoriquement, depuis la loi Maillé de 2009, de salaires doubles pour leur travail du dimanche. Mais dans la majeure partie des cas, ils ont négocié avec leur direction des augmentations de salaire moindres ou des primes.
Seuls les employés des zones commerciales sont concernés par cette loi, ceux des zones touristiques et thermales en sont exclus. Emmanuel Macron souhaite donc gommer cette différence.
 
Les commerçants inquiets. Même si les petits commerces ne sont pas concernés, les commerçants se disent quand même inquiets. "Les commerçants n'auront pas la possibilité de payer double leurs salariés, ils fermeront leurs portes et créeront du chômage", prédit Gérard Atlan, président du Conseil du Commerce de France contacté par Europe 1. "Cela sera sûrement vrai dans les stations balnéaires, les stations de sport d'hiver où on a peu de temps pour réaliser le chiffre d'affaires de l'année et on se dit 'comment va-t-on faire ?', s'est-il alarmé.
Les commerçants des zones touristiques et thermales espèrent que comme dans les zones commerciales, ils auront la possibilité de négocier avec leurs salariés la hausse des salaires.
 
La CGT est sur ses gardes. Contacté par Europe 1, le syndicat n'est pas emballé. Il prédit que si négociations il y a, les patrons vont concéder des augmentations de salaires minimales en utilisant la menace de fermeture définitive en cas de refus des employés.
Et même si les employés obtiennent des augmentations satisfaisantes, le syndicat craint qu'au bout de quelques mois ou quelques années, les employeurs utilisent le chantage à la fermeture pour revenir aux salaires antérieurs.
 
Travail dominical: Les syndicats montent au front contre la proposition de Macron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014

20 minutes, 15/10

TRAVAIL Le ministre a proposé ce mercredi d'autoriser jusqu'à 12 ouvertures dominicales par an...

La CFDT, la CFTC et FO ont réaffirmé mercredi leur ferme opposition au travail le dimanche après que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a proposé d'autoriser jusqu'à 12 ouvertures dominicales dans son projet de loi sur l'activité. Lors de la présentation des grandes lignes de son projet de loi pour l'activité, le ministre a notamment annoncé que les magasins non alimentaires pourraient ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande et jusqu'à 12 dimanches par an, selon la décision des maires des communes.

«De la poudre aux yeux»

«Sur ce sujet, la CFTC est prête à montrer les dents, ils serait bon que le ministre, s'il veut bouger les choses, passe par les partenaires sociaux», a réagi auprès de l'AFP Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. «Si on veut nous faire croire que résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France passe par l'ouverture de quelques grandes surfaces le dimanche, c'est de la poudre aux yeux».

«La mort du commerce en proximité»

De son côté, Force ouvrière a dénoncé dans un communiqué une «remise en cause du repos dominical» qui «menace de nombreux emplois dans le commerce». «Les propositions de passer à 12 dimanches au lieu de 5 et de permettre aux gares d'ouvrir leurs commerces le dimanche, ne favorisent que les grandes enseignes, c'est la mort du commerce en proximité des gares et en centre-ville», a assuré le syndicat.

Pour la CFDT, «les intentions affichées par le ministre de l'économie, (..) semblent en décalage total avec les attentes de l'ensemble du monde salarial». «Le projet annoncé est loin de moderniser l'économie et risque de renforcer le clientélisme politique en donnant aux maires la capacité d'accorder 12 ouvertures dominicales et, d'une manière plus cynique, de les obliger à le faire en créant une concurrence intercommunale», assure le syndicat dans un communiqué. L'ouverture dominicale risque également «de pénaliser les salariés des petites entreprises en leur retirant tout droit à compensation et toute liberté de refuser une modification substantielle de leur contrat de travail», souligne la CFDT. 

 
Travail du dimanche : Macron agite l'épouvantail Amazon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Références - Carabistouilles
20-10-2014

Le Monde, 16/10

 

En opération séduction pour promouvoir son « projet de loi pour l'activité et l'égalité des chances économiques » présenté le 15 octobre en conseil des ministres, Emmanuel Macron défend notamment sa proposition d'élargir les dérogations à la règle du repos dominical. Invité de France Inter jeudi 16 octobre, le ministre de l'économie s'est hasardé à une comparaison un peu bancale.

Ce qu'il a dit :

« 25 % du chiffre d'affaires d'Amazon se fait le dimanche. On peut continuer à nevouloir laisser travailler que les multinationales anglo-saxonnes qui paient peu d'impôts dans notre pays le dimanche mais ça n'est pas la bonne solution. »

 

Voir à 7'45

POURQUOI ÇA N'A RIEN À VOIR

 

Jusque-là, l'extension des autorisations à ouvrir le dimanche était justifiée, dans les discours, soit par une raison spécifique à un secteur (la continuité du service pour les hôpitaux et les pompiers, la sauvegarde de produits frais…), soit par une forte affluence ce jour-là (les magasins de bricolage, les zones touristiques).

Sur France Inter, Emmanuel Macron a justifié l'extension de l'autorisation d'ouvrirle dimanche par l'activité commerciale d'Amazon, qui réaliserait 25 % de son chiffre d'affaires le dimanche. Contacté, le groupe américain de vente en ligne n'a pas encore répondu à notre demande pour vérifier ce chiffre. Le PDG de la FNAC, Alexandre Bompard avait lui aussi évoqué en novembre 2013 un chiffre de 20 à 25 % des revenus pour les sites de vente en ligne (et non pas seulement Amazon) le dimanche.

Plus globalement, le ministre de l'économie refuse que les entreprises françaises soient « doublées » par leurs concurrentes étrangères le dimanche. Problème : l'argumentaire de M. Macron n'a rien à voir avec le projet de loi qu'il a lui-même présenté mercredi, et ce à deux égards : 

 

  • Les boutiques en ligne, même françaises, restent ouvertes le dimanche

 

Premièrement, la comparaison avec Amazon est hasardeuse. Emmanuel Macron prend l'exemple d'un site Internet de vente en ligne, qui est par nature accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Mais c'est également le cas de tous les sites de vente français, sur lequel les internautes peuvent aussi réaliser leurs achats le dimanche, la nuit, les jours fériés... 

Quant aux salariés de l'entreprise, ils sont soumis à la législation actuelle en matière de repos dominical, qui prévoit une dérogation pour les entreprises d'« ingénierie informatique », pour lesquelles une continuité du service est nécessaire.  

 

  • Des autorisations élargies seulement dans les zones touristiques

 

Deuxièmement, Emmanuel Macron refuse de « ne laisser travailler que les multinationales anglo-saxonnes le dimanche » – laissant entendre que c'est forcément le cas et « oubliant » au passage les commerces déjà ouverts en France le dimanche. Avec ce discours, il ouvre la porte à une autorisation généralisée du travail dominical. Si l'on suit ce raisonnement, toutes les entreprises françaises devraient elles aussi rester ouvertes 7 jours sur 7 pour faireface à la concurrence de leurs homologues étrangères, notamment via Internet. 

Pourtant, le projet de loi présenté mercredi par Emmanuel Macron ne prévoit pas une telle mesure – qui rencontrerait probablement une levée de boucliers massive. Il se contente d'étendre les dérogations aux gares et aux « zones touristiques à fort potentiel économique ». Dans ces lieux, les commerces seront autorisés d'office à ouvrir cinq dimanches dans l'année, et jusqu'à douze avec le feu vert des maires 

 

 
Vers une extension du travail du dimanche et de nuit Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'actualité - Dernières nouvelles
20-10-2014

 

 
Commerce Le gouvernement veut faire passer de cinq 
à douze par an les « dimanches du maire » et étendre 
les zones de dérogation permanente au repos dominical. 
Il prévoit de créer des zones de « tourisme international » autorisant travail du dimanche et de nuit.

Les salariés pris dans le casse-tête d’horaires de travail atypiques goûteront la formule. D’après le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, le problème ou « blocage » est que « la plupart de ceux qui veulent travailler le dimanche ou en soirée n’en ont pas le droit ». C’est donc pour « libérer » ces salariés que le gouvernement s’apprête à étendre les possibilités de travail du dimanche et de travail de nuit (entre 21 heures et 6 heures du matin selon le Code du travail), même s’il pense faire passer la pilule en parlant de travail « en soirée ».

Les grandes lignes du futur projet de loi « pour l’activité », présentées hier par le ministre lors d’une conférence de presse, frappent fort en matière de déréglementation du travail. Comme le préconisait le rapport Bailly remis en décembre dernier au gouvernement, le nombre de « dimanches du maire » où les commerces peuvent ouvrir passerait de cinq à douze par an, dont cinq seraient « garantis ». Autrement dit, les maires ne pourront plus s’opposer totalement à l’ouverture dominicale des commerces sur leur territoire. Les actuelles zones touristiques et périmètres d’usage de consommation exceptionnel (Puce), où l’ouverture dominicale des commerces est autorisée toute l’année, seront « aménagées » avec « ajout du critère de potentiel économique ». Une formulation assez floue pour que de telles zones puissent être créées partout en France autour des centres commerciaux, alors que les Puce étaient réservées aux agglomérations de plus d’un million d’habitants. Comme le suggérait le rapport Bailly, le gouvernement annonce une « compensation » pour les salariés qui seraient payés double le dimanche, mais uniquement dans les entreprises de plus de onze salariés. Un leurre, d’après Karl Ghazi de la CGT commerce : « On voit mal les employeurs payer durablement leurs salariés à 200 %. Soit ils se rattraperont en baissant les effectifs, soit ils reporteront le coût sur le consommateur, soit ils remettront à terme ces majorations en question. »

Mais le projet dépasse la feuille de route du rapport Bailly, avec la possibilité d’ouvertures dominicales dans les « principales gares » – une « dizaine » en France, a précisé le ministre de l’Économie. Et surtout, il prévoit la création de « zones touristiques de dimension internationale à fort potentiel économique », où « le travail en soirée et le dimanche doit pouvoir être autorisé si accord majoritaire et volontariat contre compensation (payé double) ». Une innovation qui répond au cas des grands magasins du boulevard Haussmann à Paris, qui n’ont jamais décroché le classement en zone touristique, et aux enseignes des Champs-Élysées comme Sephora, qui vient d’être condamnée à fermer à 21 heures, faute de démontrer la nécessité de faire travailler ses salariés la nuit. Karl Ghazi dénonce le « lobbying de Sephora, qui comme par hasard vient de relancer une négociation sur un accord sur le travail de nuit, en anticipant sur ce projet de loi. Il y a une coordination évidente entre ces patrons et le gouvernement ».

Les critères de ces zones de tourisme international seraient définis par décret, puis la délimitation par arrêté « après concertation avec les élus » locaux, a précisé le ministre hier, en soulignant le caractère « sensible » de la question. Allusion à la situation dans la capitale, où le Conseil de Paris a refusé en 2010 le classement du boulevard Haussmann en zone touristique, et doit se prononcer début décembre sur les travaux d’une mission d’évaluation en cours sur la question.

 

 
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Le travail du dimanche en question :
entre productivité débridée et art de vivre, un vrai choix de société 
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